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17/07/2012

Ceux qui défendent les riches...et ne le sont pas du tout

En lisant la presse française ou en écoutant (un peu) les informations, on s’aperçoit que la droite a toujours autant de morgue malgré sa cuisante défaite dans les urnes en mai et juin. Oh certes, ce n’est pas parce que les socialistes sont au pouvoir que notre pays va du jour au lendemain régler tous ses problèmes, mais déjà nous avons un climat général dans le pays plus apaisé, malgré les mauvaises nouvelles économiques qui s’accumulent. Ensuite, l’habileté du président qui se veut « normal », mais qui ne l’est pas du tout, fait le reste, c’est-à-dire fait en sorte que l’on passe ce cap difficile sans trop de dommages sociaux. Enfin, il semble que F. Hollande soit décidé à jouer son va-tout dans les deux ou trois ans qui viennent pour réformer le pays…avant de commencer à lâcher du lest vers 2016 en vue de sa réélection. Bref, il veut réussir ce que n’a pas réussi G. Schroeder, le chancelier allemand jusqu’en 2005, battu d’extrême justesse aux élections fédérales cette même année. Des élections qu’il aurait presqu’à coup sûr remportées s’il n’avait pas décidé de les anticiper, en respectant simplement leur calendrier initial.

Cela signifie que F. Hollande a cinq années pleines pour réussir le pari d’être réélu en ayant fait bouger les choses en profondeur dans le pays, ce qui n’est pas arrivé depuis bien longtemps, n’en déplaise aux laudateurs de N. Sarkozy, lequel n’a fait que prendre des dispositions destinées aux plus riches…sur lesquelles il a même parfois fait machine arrière. Cela étant je ne vais pas comparer les deux derniers présidents de la République, parce qu’ils ne sont pas comparables, l’un (N. Sarkozy) étant une sorte de personnage agissant à l’instinct et à l’impulsion, réfléchissant après avoir pris une décision, alors que l’autre (F. Hollande) au contraire pèse et soupèse ses décisions avant de se lancer à l’abordage, en limitant au maximum les risques. Autre différence marquante, l’un (N. Sarkozy) fut largement surestimé par la presse quant à ses capacités, alors que l’autre (F. Hollande) fut à l’inverse très sous-estimé, y compris dans son propre parti, sans que l’on comprenne pourquoi.

En tout cas personne ne peut reprocher à F. Hollande de promettre la lune à ses concitoyens, dans la mesure où il connaît exactement les pouvoirs dont il dispose…et ceux qu’il n’a pas. Là où N. Sarkozy affirmait qu’on ne fermerait pas une usine (Gandrange), l’autre parle d’un plan inacceptable en l’état pour la fermeture de PSA-Aulnay. Cela ne veut pas dire pour autant que l’on ne fera rien pour Aulnay, mais cela signifie que l’Etat agira en fonction des pouvoirs dont il dispose, certes importants, mais insuffisants pour assurer la pérennité d’un site non rentable. C’est toute la différence d’approche entre deux présidents que tout oppose, F. Hollande étant sur ce plan infiniment plus rassurant que N. Sarkozy, parce qu’il ne promet rien qu’il ne puisse tenir, et parce qu’il essaie d’associer tout le monde à ses décisions, à commencer par les organisations professionnelles et syndicales. Personne aujourd’hui ne peut affirmer que la réussite de ces travaux sera au bout dans cinq ans, mais personne non plus ne peut dire que le visage économique et social de notre pays n’aura pas changé en 2017.

Ce qui n’aura pas changé en revanche, c’est l’avidité des riches ou de ceux qui aspirent à le devenir vite. Ceux-là vont se battre de toutes leurs forces pour conserver leurs privilèges, voire même pour les consolider. Il paraît même qu’ils sont prêts à quitter le pays pour préserver leurs biens, comme on peut le lire aujourd’hui sur le site web du journal Le Monde. Sur ce site en effet, on peut lire que d’après Sotheby's I. R. France, « un nombre important de familles françaises fortunées » sont prêtes « à quitter le pays ». Cependant, un peu plus loin dans cet article, on peut lire qu’au deuxième trimestre de cette année, le volume des ventes d’immeubles de prestige est en progression…de 2% par rapport à la même période de l’année précédente. Ouf, nous sommes rassurés, tous les riches ne partent pas avec leurs belles maisons ou leurs beaux immeubles sur le dos, même s’ils vont devoir acquitter un montant plus important au titre de l’impôt de solidarité sur la fortune, même si la fiscalité sera alourdie sur les grosses successions et donations, tout cela figurant parmi les premières mesures décidées par le gouvernement Ayrault. Pauvres riches !

A ce propos, il est amusant de voir la réaction des défenseurs de ces riches, dont la quasi-totalité ne l’est pas du tout, se demandant si toutes ces mesures fiscales ne vont pas appauvrir tout le monde. Ces gens ne doivent pas lire les journaux, car ils apprendraient qu’au cours des cinq dernières années, et malgré la crise, les très riches l’ont été encore plus et sont plus nombreux, alors que les pauvres croissaient et se multipliaient. En outre malgré le « bouclier fiscal », mesure emblématique du quinquennat Sarkozy, quasiment aucun des exilés fiscaux qui étaient partis ne sont revenus. Et j'ajouterais que si la France de F. Hollande faisait peur à ce point, de riches étrangers ne viendraient pas investir dans notre pays.

Un dernier mot enfin, à propos de la taxation des heures supplémentaires, que l’UMP présente comme une mesure ayant permis de faire gagner du pouvoir d’achat à nombre de Français. C’est vrai peut-être par certains côtés, mais d’une part cela s’est fait en période de crise avec une forte montée du chômage, ce qui est quand même une aberration, et d’autre part cette décision a eu un coût considérable pour les finances de l’Etat (environ 1.5 milliards d’euros par année), alors que nous accumulions les déficits budgétaires historiques. Est-ce vraiment de la bonne gestion comme l’UMP essaie de nous le faire croire ? N’est-ce pas aussi à cause de ces déficits que tous les Français, et pas seulement ceux qui faisaient des heures supplémentaires, ont eu à subir de multiples hausses de taxes pour limiter (un peu) le déficit budgétaire ? Décidément l’UMP prend les Français pour des idiots ! Certes ils ont élu N. Sarkozy en 2007, mais ils ont quand même rectifié leur erreur, puisqu’ils n’ont pas cessé d’infliger des défaites à cette UMP entre 2008 et 2012. Espérons qu’ils continuent à faire preuve de sagesse dans les années à venir, pour que ce parti soit éloigné du pouvoir le plus longtemps possible. Et avec lui ceux qui se disent centristes, qui n’ont absolument rien de centristes puisque leurs votes sont toujours identiques à ceux de l’UMP. Mais qui pouvait imaginer que des gens comme J.L. Borloo ou J. Arthuis n’étaient pas de droite ?RépondreSignaler ce commentaireRépondreSignaler ce commentaire

Michel Escatafal

 

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