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11/07/2012

La situation est difficile, mais pas désespérée...

Aujourd’hui, alors que les Français commencent leurs vacances,  du moins ceux qui peuvent se payer ce luxe car c’en est devenu un, je vais faire une petite revue de presse, qui nous donne une idée assez précise des préoccupations des gouvernants et des gouvernés. Je vais commencer par un domaine que les Français ne commentent pas souvent parce que cela relève de la finance, et chacun sait que dans notre pays l’économie et la finance se limitent bien souvent aux impôts et à la difficulté de boucler les fins de mois…ce qui est bien normal. Il n’empêche, il y a quand même un phénomène très inquiétant dont j’ai parlé ici même à plusieurs reprises, à savoir que la dette publique française est détenue presque aux deux-tiers par des étrangers, même si la proportion détenue par les résidents français progresse régulièrement depuis un an (en juin 2011 nous étions à 33.5% contre 36.2% en mars 2012). Pour mémoire, en l’an 2000, ce chiffre dépassait 80%. Ce n’est pas une évolution, mais presque une révolution !

Cela dit, les grands investisseurs préfèrent acheter de la dette française plutôt que d’autres moins sûres, ce qui permet à notre pays d’emprunter à des niveaux excessivement bas….contrairement à ce que nous avait prédit N. Sarkozy et l’UMP en cas de victoire à l’élection présidentielle de F. Hollande. Aujourd’hui, sur les emprunts à court terme, les investisseurs paient…pour prêter de l’argent à la France, comme du reste à l’Allemagne.  Quel pied de nez pour les cassandres de la nouvelle opposition ! Même les forumers du Figaro sont mal à l’aise pour commenter l’article de leur journal à ce sujet. C’est dire ! Plus rationnelle, bien entendu, est la réaction du Gouverneur de la Banque de France, C. Noyer, qui estime que cette situation inédite est à la fois « une bonne et une mauvaise nouvelle pour notre pays », comme le rapporte Libération. Bonne, parce que les investisseurs ou si l’on préfère les prêteurs ont confiance dans la capacité du gouvernement Ayrault à redresser les finances publiques du pays, mais mauvaise, parce que cela montre qu’il y a quelque chose d’irrationnel dans les marchés financiers de la zone euro…ce qui prouve encore une fois, qu’en créant la monnaie unique aussi vite on a mis la charrue avant les bœufs. Créer l’euro c’était bien, mais sans harmonisation des politiques budgétaires c’était incohérent…ce que nous étions nombreux à penser au moment du référendum sur le traité de Maastricht.

Passons à autre chose de peu réjouissant (encore!) pour le porte-monnaie de nombre de Français, avec cette décision du Conseil d’Etat « enjoignant le gouvernement, dans un délai d’un mois, d’augmenter rétroactivement les tarifs du gaz pour le dernier trimestre 2011 », en précisant que le Conseil d’Etat n’a fait qu’appliquer une loi…qu’il va falloir changer très rapidement, ce que le gouvernement veut faire. Encore une grosse épine laissée sous les pieds du nouveau gouvernement par l’ancien pouvoir, pour des raisons purement électoralistes. Décidément j’ai la nausée quand j’entends les responsables UMP défendre leur bilan et critiquer le nouveau gouvernement, alors que celui-ci n’a les pleins pouvoirs que depuis moins d’un mois. C’est même écœurant, quand on entend le soi-disant centriste, J.L. Borloo, estimant « inconcevable de faire payer la facture aux particuliers et aux entreprises ». Comme si nous n’étions pas dans un état de droit!

Certes J.L. Borloo n’était pas le Premier ministre à ce moment, lui qui aurait tellement voulu l’être, mais l’entendre sortir pareille ineptie dépasse l’entendement ! J’aurais préféré qu'il regrette que GDF ait été privatisé, contrairement à ce qu’avait promis N. Sarkozy, et que les accords entre l’Etat et GDF se soient faits dans des conditions qui pénalisent les usagers….comme chacun pouvait s’en douter. Au passage, je rappelle que F. Bayrou fut celui qui s’était le plus indigné parmi les personnalités politiques à propos de cette privatisation, même si l’on doit aussi souligner qu’en octobre 2006, F. Hollande avait demandé l’arrêt de la procédure législative de privatisation de Gaz de France. Pour rappel, J.L. Borloo était ministre à cette époque, comme il le fut ensuite jusqu’en novembre 2010. Il doit avoir la mémoire qui flanche et ne s’en souvient plus très bien, comme dit la chanson !

C’est d’ailleurs là le problème de cette opposition, qui paraît tellement butée qu’elle en devient ridicule. Toutes les prévisions faites depuis des années par ses responsables se sont avérées fausses, tout le temps qu’ils ont eu le pouvoir…et depuis qu’ils ne l’ont plus. Si j’avais un conseil à leur donner, ce serait d’abord de faire leur introspection, parce que persévérer à ce point dans l’erreur révèle quand même un sérieux problème, à moins que la droite UMP ne considère que le pouvoir lui soit acquis de droit…ce qui heureusement n’est pas le cas, parce qu’il faut bien reconnaître en toute objectivité qu’ils n’ont rien réussi pendant les cinq dernières années qu’ils ont eu le pouvoir. Même une réforme comme celle de l’autonomie des universités que nombre de gens, y compris de gauche,  semblaient approuver, s’avère finalement être un fiasco, dans la mesure où cinq ans plus tard, « près d’un quart des universités sont en situation de grave déficit », comme le souligne Libération sur son site web. Curieux que Valérie Pécresse,  si prompte à critiquer à tout propos le gouvernement Ayrault, oublie de souligner cet aspect d’une réforme qu’elle était chargée de mettre en place ! Sa seule excuse est qu’à l’UMP on ne sait pas ce que veut dire « autocritique ».

Un dernier mot enfin, pour noter que sur El País on apprécie davantage F. Hollande que sur certains journaux français. Sur le site web du quotidien espagnol, à propos de la rencontre à Londres entre F. Hollande et David Cameron, on peut en effet lire ceci : « Cameron avait l’air d’un étudiant en difficulté et nerveux, alors que Hollande a projeté l’image d’un professeur condescendant ». Et j’ajouterais qu’il paraissait même plus anglais que son interlocuteur grâce à un humour très « british » qui, toutefois n’a fait rire que les journalistes…et la reine Elisabeth. Cela a dû mettre en rage encore une fois les UMP, parce que F. Hollande s’est fait en peu de temps une image valorisante en Europe et dans le monde, contrairement il faut bien le dire à son prédécesseur. Comme quoi, ça sert quand même d’avoir été un premier de la classe et d’avoir collectionné les diplômes…surtout si on doit représenter son pays.

Michel Escatafal

 

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