27.05.2011
La politique doit retrouver ses lettres de noblesse
Au hasard de nos discussions sur la prochaine élection présidentielle, nombre de gens me posent des questions sur le couple Borloo-Morin, et un éventuel rapprochement avec le MoDem de François Bayrou. Et bien je leur réponds très simplement que je suis contre tout rapprochement entre François Bayrou et Borloo-Morin, ces derniers n'ayant aucune conviction. La preuve, si N. Sarkozy l'avait décidé, J.L. Borloo serait Premier ministre...et il serait très heureux de l'être après quatre ans passés en tant que n°2 du gouvernement. Cela me rappelle la manière dont F. Fillon s'était jeté dans les bras de N. Sarkozy en 2005… parce que J. Chirac et DDV ne l'avaient pas pris au gouvernement. Avec des gens de cet acabit, on sait ce qui nous attend, et cela se réalise au delà même de ce qui était attendu. Il suffit de voir l'état dans lequel se trouve la France par rapport à 2006.
En revanche, je suis pour un rapprochement Bayrou- de Villepin de dans la mesure où l'un et l'autre ne risquent pas de se laisser acheter. C'est déjà un signe! Ensuite, ils sont les seuls capables de rassembler, non pas au centre, mais autour d'eux. En plus, je pense que l’un comme l’autre font partie des gens prêts à servir la France et non s'en servir. Bref, ce sont les deux seuls hommes d'Etat susceptibles de diriger un pays comme la France, deux hommes qui ont un projet (très proche l'un de l'autre), deux hommes qui ne feront pas dans la démagogie pour attirer l'électeur, parce qu'ils savent qu'ensuite il faudra tenir les promesses. Or tenir ne serait-ce que quelques promesses démagogiques, c'est aller tout droit au FMI en raison de l’augmentation considérable de notre dette publique.
Tout cela pour dire qu'un ticket Bayrou-de Villepin aurait une certaine allure, et créerait une dynamique électorale qui pourrait permettre de retrouver le représentant de ce ticket au second tour. Certains vont me dire que nous ne sommes pas Etats-Unis, et qu’il faut choisir un candidat pour l’élection présidentielle. C’est vrai, mais je pense que les deux hommes doivent pouvoir travailler ensemble dans l’avenir, et rassembler de la droite modérée jusqu’à la gauche modérée, ce qui fait beaucoup de monde. Reconnaissons que F. Bayrou à l’Elysée et D. de Villepin à Matignon, cela aurait une autre allure que le coupe improbable composé de N. Sarkozy et F. Fillon !
Et cela m’amène de nouveau à évoquer le débat sur le système électoral pour élire les députés, puisque sans dose significative de proportionnelle il est impossible à des mouvements comme le MoDem ou République Solidaire, mais aussi les partis d’extrême-gauche ou le Front National, d’être représentés à l’Assemblée nationale en rapport avec leur poids dans les urnes. Cela signifie que pour ces partis ou mouvements, seule une accession à l’Elysée leur garantirait d’exister pendant cinq ans, autrement qu’à travers quelques interventions de leurs leaders respectifs. Une parodie de démocratie, qui convient parfaitement aux partis dits de gouvernement, l’UMP et le PS. !
Voilà c’est dit une nouvelle fois, et je suis de ceux qui vont beaucoup insister pendant la prochaine campagne présidentielle sur le nécessaire changement de système électoral (en y ajoutant le non-cumul des mandats), sous peine de voir notre pays condamné à la funeste alternance UMP-PS qui dirige le pays depuis trente ans, avec les résultats que l’on connaît. En outre ces deux partis n’hésitent même plus à faire apparaître leur connivence, sur des sujets tels que la présence ou non d’une personnalité ultralibérale comme directeur général du FMI. En disant cela, je fais évidemment allusion à l’annonce du soutien de Martine Aubry à Christine Lagarde pour remplacer DSK. Une annonce qui, par parenthèse, sonne comme un cruel désaveu à l’égard des députés socialistes qui ont saisi le procureur général à propos du règlement de l’affaire Tapie.
A ce propos je suis stupéfait de penser que certains ont parlé de faux-pas dans cet appui de Martine Aubry à la candidature Lagarde, alors qu’il s’agit en fait d’une grosse erreur, qui ne peut que laisser des doutes sur le comportement futur de Martine Aubry en cas d’accession à l’Elysée. A moins que, finalement, ce soit la preuve qu’entre l’UMP et le PS, il n’y ait aucune différence quant à leur façon d’envisager la gouvernance économique de notre pays. A titre personnel je fais partie de ceux qui croient à cette hypothèse, les socialistes étant de plus en plus compromis avec les idées véhiculées par le capitalisme le plus libéral ce qui, in fine, ne changerait pas grand chose avec les options économiques et fiscales en vigueur depuis quatre ans. Je comprends de plus en plus pourquoi les militants et sympathisants socialistes sont complètement déboussolés.
Espérons quand même que, dans un an, les électeurs manifesteront dans les urnes leur désir de voir redonner à la politique ses lettres de noblesse. Ce serait la meilleure nouvelle pour notre démocratie qui subit avec difficulté les assauts de la démagogie sous toutes ses formes. Et ce serait aussi le signe que les électeurs sont prêts à faire le nécessaire pour que la France s’engage enfin sur la voie du progrès, dans une économie de liberté où chacun jouerait le rôle qui doit être le sien, qu’il s’agisse de l’Etat ou des citoyens. Mais au fond n’est-ce pas plus facile d’écouterdes faiseurs de miracles qui ne pensent qu’à complaire à l’électorat et à garder leurs privilèges?
Michel Escatafal
12:21 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, de villepin, débats de société



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://michelescatafal.hautetfort.com/trackback/3586594
Écrire un commentaire