26.11.2009
L'intérêt général en politique devrait toujours passer avant l'intérêt particulier
Ce qu’il y a d’étonnant avec Rama Yade c’est sa capacité à faire semblant de se rebeller…pour mieux arriver à ses fins. En cela cette jeune femme, tout juste trentenaire, a déjà tout compris du jeu politicien. Et justement c’est cela qui me gêne chez elle. Pas étonnant que les Guignols la brocardent sur ses pas en avant et en arrière. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, cette manie de la dame de faire semblant de s’opposer au pouvoir, en l’occurrence à Nicolas Sarkozy, juste assez pour que ce dernier se pose une question à son propos, mais en évitant d’aller trop loin…pour ne pas s’attirer durablement les foudres du chef de l’Etat. C’est habile reconnaissons-le, d’autant que Nicolas Sarkozy a autant besoin d’elle qu’elle a besoin de lui.
Certes il y a quelque chose d’agaçant avec ces perpétuels pas de danse que Rama Yade nous inflige chaque mois ou chaque semaine, pour finalement rentrer gentiment dans le rang…quand elle a obtenu ce qu’elle voulait. Ainsi on apprend aujourd’hui qu’elle a écrit au président de la République, avec l’aval du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, pour lui dire qu’elle ne veut pas « être une éternelle rebelle ». Du coup le chef de l’Etat, qui est aussi le patron de l’UMP, a accepté de l’investir dans les Hauts-de-Seine comme elle le souhaitait…mais aussi dans l’intérêt de l’UMP, car elle est la seule personnalité du gouvernement à être populaire, du moins si l’on en croit les sondages, ce qui va théoriquement donner du poids à la liste UMP dans ce département du 92 à coté de ce pauvre Santini. En tout cas, cela montre bien que la compétence n’est pas nécessairement le premier critère pour désigner les candidats à l’UMP…et ailleurs.
Cela dit j’aimerais bien que Rama Yade se serve de sa popularité, et de son côté incontournable vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, pour essayer de peser sur les décisions de celui-ci sur des sujets touchant à l’intérêt du pays. Par exemple sur la continuelle augmentation des dépenses et de la dette. Ce serait quand même plus utile que de penser uniquement à son propre intérêt. Or sur les déficits et la dette il y a urgence, et ce n’est pas le soi-disant grand emprunt qui va améliorer la situation, d’autant que les priorités énoncées pour ce grand emprunt ressemblent beaucoup à des dépenses qu’il aurait fallu de toute façon engager.
L’heure est d’autant plus grave, que nous nous précipitons à grande vitesse vers une dette publique qui va représenter 100% du PIB, ce que nous sommes nombreux à prédire depuis quelque temps. En tout cas si certains jugeaient ce chiffre exagéré, ce n’est pas le cas de l’OCDE, laquelle prévoit pour 2010 un déficit de 9% de la richesse nationale, et une dette représentant 90%. On n’est donc, hélas, pas si loin de mes funestes prévisions, et ce ne sont pas quelques coupes dans les dépenses courantes qui seront suffisantes pour enrayer la machine à faire des déficits. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement avec un gouvernement qui se refuse obstinément à revenir sur certaines mesures fiscales, dont on sait pourtant aujourd’hui qu’elles sont aussi inefficaces qu’inutiles. En outre, malheureusement pour nous, notre pays est constamment en période électorale, ce qui est rarement le moment pour prendre des mesures courageuses.
Pourtant ces questions on se les pose dans les pays voisins, ce qui ne nous rassure pas sur notre compétitivité dans la décennie à venir. Même les conservateurs britanniques semblent convaincus de la nécessité de mettre fin à la dérive de leurs finances publiques. Ils le sont tellement qu’ils balayent d’un revers de main l’argument selon lequel la réduction des déficits serait fatal à un retour de la croissance. Cet argument c’est surtout celui des travaillistes, même si dans le programme électoral de Gordon Brown, le Premier ministre sortant, il y a la promesse de réduire de moitié le déficit en quatre ans. Certes cela ne mange pas de pain de faire ce type de promesse, mais au moins cela figure dans le programme de la législature.
Gageons que le moment venu (en 2012), comme on peut déjà le constater avant l’ouverture de la campagne pour les prochaines élections régionales, les thèmes privilégiées de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy porteront davantage sur la sécurité, l’immigration ou l’identité nationale, que sur l’assainissement de nos finances publiques. Espérons simplement que les Français désigneront à ce moment, pour la conduite de leur pays, un de ceux pour qui cette situation est devenue intolérable, avec pour corollaire la mise en œuvre d’une politique infiniment plus courageuse que celle qui nous est infligée depuis bientôt trois ans. Je dis espérons, parce que je n’oublie pas que Georges Bush, par exemple, a été réélu en 2004 aux Etats-Unis. Et quand on voit dans quel état il a laissé le pays à son successeur cela fait froid dans le dos si, d’aventure, la France cédait de nouveau aux sirènes du sarkozysme.
Michel Escatafal
17:55 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
24.11.2009
Il faut, il n'y a qu'à...
La France est gouvernée, et tous les moyens sont mis en œuvre pour que nous le sachions. Alors on envoie au feu les ministres, en ce moment celui de l’Education nationale (Luc Chatel) et celle de la Santé (Roselyne Bachelot). Bien entendu le chef de l’Etat et du gouvernement, ministre de tous les ministères, Nicolas Sarkozy, prend sa part et même plus encore dans cette communication tous azimuts. Ainsi aujourd’hui le président de la République sera à Epinay-sur-Seine où il va, nous dit-on, évoquer dans un commissariat les problèmes liés à la sécurité, domaine dans lequel là aussi le pouvoir est en train de subir un échec cuisant. Pourtant avec les mesures que le ministre de l’Intérieur, Sarkozy Nicolas, avait prises dès 2002, on devait faire beaucoup mieux en termes de résultats que le gouvernement Jospin. On sait à présent que globalement il n’en est rien, preuve que le « faut qu’on, y a qu’à » et la communication à outrance ne sont pas suffisants.
En attendant on apprend ce matin que nombre d’enseignants de l’Education nationale sont en grève, parce qu’ils n’en peuvent plus de toutes les diminutions de poste dont cette administration est affectée, au point qu’on en est réduit à passer des petites annonces pour recruter en CDD des gens titulaires d’une licence…pour pallier au manque de professeurs. Au nom de quoi tous ces postes sont supprimés ? Réponse, pour faire des économies budgétaires. Dans le même ordre d’idées, pourquoi a-t-on créé les Pôles Emplois avec tous les problèmes que cela pose dans un contexte de chômage accéléré? Réponse, pour rationaliser et in fine pour faire des économies. Bref, on fait soi-disant des économies partout, dans l’enseignement, dans la police, dans la justice etc., et malgré tout jamais notre pays n’a atteint de tels niveaux de déficit et d’endettement public depuis la première guerre mondiale. Cherchez l’erreur !
Cela paraît simpliste, mais c’est une réalité incontournable, et je ne suis pas seul à le dire. D’ailleurs il suffit d’entendre certains sénateurs proches de la majorité pour en être convaincus, notamment ceux qui regrettent qu’on ait accordé une TVA à 5,5% aux restaurateurs, privant ainsi l’Etat de 2,5 à 3 milliards d’euros. Mais qui, à part Nicolas Sarkozy, pensait que cette profession créerait 40.000 emplois et que les prix des repas baisseraient significativement ? Le type même d’une mesure absurde sur le plan financier, mal préparée, et purement démagogique. En étant un peu méchant, je dirais que nous sommes dans la droite ligne de ce qu’a toujours fait Nicolas Sarkozy, et de ce qu’il fait plus encore depuis qu’il est président de la République.
Cependant en termes de démagogie, ce pauvre François Fillon ne le cède en rien à son chef. Et si je dis cela, c’est après l’avoir entendu affirmer qu’il y avait trop de gardes à vue, et surtout s’interroger sur leur utilité. Là François Fillon touche le fond, car il semble oublier qu’il est (théoriquement) le chef du gouvernement et que nous sommes passés, entre 2002 et 2008, de 300.000 à 600.000 gardes à vue. Effectivement avec des chiffres pareils les Français ont le droit de se poser la question de leur utilité, mais pas le Premier ministre…à moins qu’il ne considère être responsable de rien dans le pouvoir. Après tout pourquoi pas ?
Parmi les autres nouvelles lues et entendues un peu partout dans les médias, la décision des autorités britanniques de rouvrir le dossier irakien, avec en filigrane le fait de savoir pourquoi Tony Blair a décidé d’engager son pays dans la guerre en 2003. Pauvres britanniques qui manifestement accumulent les avatars depuis quelques années, après avoir servi de modèle à tellement de dirigeants européens, à commencer par Nicolas Sarkozy. Rappelons simplement que la Grande-Bretagne fait encore plus mal que la France sur le plan des finances publiques (c’est dire !) avec un déficit dépassant 12% du PIB. La situation est tellement grave que l’association patronale britannique CBI, qui se veut apolitique mais qui a plus ou moins toujours soutenu le gouvernement travailliste, est en train de changer de camp c’est-à-dire de se jeter dans les bras des conservateurs…qui vont gagner presque à coup sûr les élections du printemps prochain.
En tout cas le directeur général du CBI, Richard Lambert, a appelé à une réduction rapide des déficits de l’Etat, considérant qu’à partir d’un certain niveau les déficits sont assimilés à du laxisme financier. En outre Richard Lambert ajoute que le prochain gouvernement aura des décisions très difficiles à prendre, pour « placer la Grande-Bretagne sur un chemin crédible pour rééquilibrer les finances publiques ». Et pour enfoncer encore un peu plus le clou, ce dirigeant patronal à qui on faisait remarquer que cette décision risquait d’étouffer la reprise a répondu : « C’est vrai, mais nous pensons que le risque de réduire le déficit trop tard est encore plus important ». Au fait qu’en pense Nicolas Sarkozy ? En tout cas Richard Lambert ne fait qu’affirmer, dans les propos que je viens de rapporter, ce que nous sommes nombreux à dire et écrire depuis que notre pays est engagé dans les graves dérives que l’on connaît en termes de finances publiques.
Michel Escatafal
14:08 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.11.2009
On ne gouverne pas le pays, parce qu’on ne se préoccupe que des élections à venir
Au moment où le président de la République fait resurgir le débat sur l’identité nationale, dont tout le monde reconnaît le caractère grossièrement électoraliste, on nous présente comme indispensable une réforme territoriale qui inquiète tout le monde, des élus jusqu’aux citoyens. Pourquoi d’ailleurs se lancer dans cette énième réforme, surtout dans la période de crise que nous vivons ? Difficile de répondre à cette question, sauf à admettre encore une fois que le pouvoir cherche à brouiller les cartes du paysage politique, et à détourner l’attention sur les multiples échecs de sa politique intérieure et extérieure. Pour durer et pouvoir se présenter avec des chances de succès à la prochaine élection présidentielle, il faut absolument que le pouvoir fasse diversion sur les problèmes qui affectent les Français. Alors tout est bon pour cela quitte à prendre quelques risques politiques, notamment la grogne des élus y compris ceux de son camp.
Certes les élus UMP sont, pour le moment, assez dociles, mais la contagion pourrait être forte assez rapidement, notamment quand la nécessité se fera sentir d’augmenter les impôts locaux…s’ils ne veulent pas tailler dans leurs budgets d’investissements ou sociaux. C’est surtout à ce niveau que les plus réfractaires à la réforme se feront le plus facilement entendre, et cela le président de la République ne devrait pas l’oublier. Evidemment, ayant été lui-même l’élu d’une ville et d’un département qui croule sous la richesse, certaines préoccupations de maires ou conseillers généraux de contrées pauvres doivent lui paraître bien lointaines, mais justement n’est-ce pas le rôle des élus que transmettre au « monarque républicain » les doléances des Français n’habitant pas les cités ou pullulent les grosses fortunes, d’autant que celles-ci sont de loin les moins nombreuses.
Le problème hélas de ces élus est qu’ils ne pensent qu’à leur réélection, et ce d’autant plus qu’ils ont plusieurs mandats. Je veux bien qu’ils se battent pour leur commune, pour leur canton, mais chacun sait bien qu’arrivés à un certain stade on se bat d’abord pour soi. C’est tout le problème du cumul des mandats…parce qu’à partir d’un certain niveau d’implication, on devient un professionnel de la politique. Comment dans ces conditions avoir le courage de dénoncer les décisions prises par un président de la République, sur le nom de qui on s’est fait élire quelques mois ou quelques années auparavant ? En fait le courage de ces élus ne se manifeste qu’à partir du moment où ils sentent clairement que leur leader ne représente plus pour eux l’avenir. Il suffit de voir les hésitations des élus UMP au moment où Dominique de Villepin devenait un candidat crédible à l’investiture présidentielle, et leur revirement total quand celui-ci n’avait plus aucune chance dès que Nicolas Sarkozy a réussi à reprendre le dessus.
Cela étant, et pour les raisons que je viens d’exposer, si Nicolas Sarkozy s’imagine que ces réformes destinées à assoir son pouvoir passeront comme une lettre à la poste, il risque de se tromper lourdement. Rappelons que la taxe professionnelle fournit plus de la moitié des revenus fiscaux des communes et des départements, et que sa suppression, dès l’an prochain, risque de plonger leurs finances dans le rouge. A ce propos, si l’on en croit le député socialiste Arnaud de Montebourg, de 25 à 40 départements seront dans l’incapacité de boucler leur budget en 2010 et 2011. Et il aurait pu ajouter que nombre de communes déjà surendettées auront énormément de mal à assurer le seul paiement de leurs intérêts sur emprunt. Et ce n’est pas la promesse de l’Etat de compenser la taxe professionnelle par de nouveaux impôts, sur les antennes de téléphones portables ou les transformateurs électriques par exemple, qui va rassurer les élus. On sait hélas ce que vaut ce type de promesse, d’autant que le pouvoir est lui-même confronté à des déficits abyssaux, lesquels ne peuvent que s’amplifier dans les années à venir…sauf à changer radicalement de politique, ce qui n’est pas envisageable avant 2012.
En revanche je serais un peu plus mesuré dans mes critiques sur la fusion entre les assemblées départementales et régionales. Certes les prérogatives ne sont pas les mêmes, mais avec des élus ne se consacrant qu’à leur mandat (toujours la nécessité d’un non-cumul), peut-être pourrions-nous réaliser certaines économies d’échelle intéressantes…au profit exclusif de ces collectivités. En revanche je suis farouchement hostile au mode de scrutin prévu pour désigner les élus territoriaux de cette nouvelle structure. Il est prévu en effet un seul tour, et celui qui arrive premier est élu, mode de scrutin qui favoriserait énormément le parti présidentiel, l’UMP. On comprend aisément dans ces conditions, l’hostilité de tous les autres partis à cette réforme qui, par parenthèse, montre à travers ce mode d’élection son caractère purement électoraliste.
Décidément avec Nicolas Sarkozy on est toujours dans le même schéma. On ne gouverne pas le pays, on ne se préoccupe pas des déficits et de la dette…mais on prépare sans cesse les prochaines élections. En outre toutes ces réformes qui privent les collectivités de ressources propres ne font que contribuer à ce que l’Etat continue à intervenir dans tous les domaines qu’il a pourtant délégués aux administrations régionales et locales. En outre c’est aussi le meilleur moyen de déconsidérer aux yeux des citoyens ceux qui seront obligés d’augmenter les impôts pour boucler leur budget, surtout s’ils veulent s’occuper du développement économique de leur collectivité. Or justement nombre de ces collectivités sont dirigées par l'opposition. C'est ce qui s'appelle penser à l'intérêt du pays!
Michel Escatafal
16:17 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
19.11.2009
Un investissement utile pour l’avenir…
Je viens d’apprendre par hasard en ouvrant ma page internet que la ministre des Finances de notre pays, Christine Lagarde, venait d’être désignée ministre des Finances de l’année en Europe par un jury du Financial Times. A priori cette récompense apparaît totalement incongrue, car depuis qu’elle occupe cette fonction la France voit ses déficits exploser, et cette année plus que jamais. Certes chacun sait qu’en France les ministres ont peu de pouvoir avec Nicolas Sarkozy comme président de la République, mais en dépassant 150 milliards de déficit la dame a au minimum fait preuve de peu de caractère, et au pire d’incompétence, dans la mesure où pour un ministre des Finances il est inconcevable de laisser les déficits et la dette enfler à une vitesse hallucinante.
Alors pourquoi cette distinction qui se veut prestigieuse ? Et bien cela s’explique très bien pour la raison que Christine Lagarde est avant tout un serviteur zélé du libéralisme, et particulièrement du libéralisme à l’anglosaxonne. Or le Financial Times est un journal britannique, donc toute politique qui va dans le sens d’un désengagement de l'Etat, avec pour conséquence le détricotage des services publics, est nécessairement bien vue par les ultra libéraux. En outre, et c’est une parenthèse, les Britanniques seraient mal venus de nous reprocher nos déficits, dans la mesure où eux aussi sont dans une situation extrêmement difficile, ce qui est normal en raison des effets dévastateurs de la crise financière compte tenu du poids de la City dans le PIB (plus de 10%). Une autre raison explique aussi cette première place de Christine Lagarde dans ce classement, à savoir le fait qu’elle parle parfaitement anglais puisqu’elle a longtemps été (une vingtaine d’années) avocat d’affaires aux Etats-Unis, ce qui lui vaut d’ailleurs l’admiration de notre président de la République.
Et cela m’amène à parler une nouvelle fois de cette manie qu’ont certaines de nos élites à promouvoir l’anglais de toutes leurs forces, au point que notre président de la République veut imposer l’apprentissage de certaines matières au lycée…en anglais. Certes cela n’a pas été dit de cette manière par Nicolas Sarkozy, mais il est inscrit dans les faits que les autres langues vont être de plus en plus marginalisées, y compris l’espagnol et l’allemand. Bien sûr on va me rétorquer que cela est aussi le cas dans les autres pays européens, au point que peu à peu on ne va plus parler qu’anglais dans les institutions européennes, y compris à la BCE alors que les Britanniques refusent obstinément leur adhésion à l’euro. Comprenne qui pourra !
Le plus étrange est que cette anglicisation rampante a pour motif le coût des traductions dans les 23 langues de l’Union Européenne. Or, et je le répète une fois encore, non seulement la différence de coût n’est pas si importante entre une traduction unique et dans toutes les langues de l’Union, mais le principal pays bénéficiaire de cette quasi obligation de parler et écrire anglais dans l’Union…est la Grande Bretagne qui en tire de juteux bénéfices. Dans ces conditions pourquoi ne pas décider dans l’Union Européenne de se créer une langue unique pour l’ensemble des pays de l’Union. Pour ma part en tant qu’ancien latiniste je serais très favorable au latin, même si certains de mes amis me reprochent mon penchant pour une langue morte depuis longtemps.
Certes je ne nie pas que de nos jours, où plus personne ou presque n’étudie le latin, cette idée paraît saugrenue, mais force est de constater que plusieurs langues dans les pays de l’U.E. ont pour origine le latin (français, italien, espagnol, portugais, roumain). Malgré tout je veux bien admettre que finalement l’espéranto serait une meilleure solution, d’autant que celui-ci est apparemment facile à apprendre, et est parlé partout dans le monde (environ un million de personnes). Pourquoi par exemple, alors que l’ensemble des pays de l’U.E. ont un nombre considérable de chômeurs avec des niveaux d’études élevés, ne pas décider de former à l’espéranto dans tous les pays de l’Union quelques milliers de ces jeunes gens en recherche d’emploi. Cette formation de masse pourrait prendre une dizaine d’années, soit jusqu’en 2020. Ensuite tous les jeunes ayant subi avec succès les formations à l’espéranto deviendraient à leur tour professeurs, pour enseigner cette langue dans tous les pays de l’U.E.
Ainsi, à partir de 2021, on pourrait rendre obligatoire un enseignement totalement bilingue dans chaque pays, avec des formations dans la langue nationale et en espéranto, afin d’avoir dès 2030 des classes d’âge bilingues. Enfin, on pourrait décréter, qu’à partir de 2050, pour devenir député ou fonctionnaire européen il faudrait avoir une maîtrise totale de l’espéranto. Cela supprimerait toute référence à la langue d’un pays, mais aussi tous les coûts liés aux traductions dans les travaux des institutions européennes. Le type même d’un investissement pour l’avenir, qui se traduit par de considérables économies une fois mis en place ! En outre ce serait le meilleur moyen pour donner à nos enfants et petits-enfants une véritable identité européenne, puisque ceux-ci auraient en commun une langue parlée et écrite partout dans l’Union Européenne. Certes je sais bien qu’en faisant cette proposition, certains vont me dire qu’à terme notre langue et les autres langues nationales risquent de disparaître, ce qui est faux si on continue à pratiquer et à enseigner le bilinguisme. Je sais aussi que je vais de nouveau passer pour un doux rêveur, mais après tout, ceux qui ont créé l’Europe au lendemain de la deuxième guerre mondiale ne l’étaient-ils pas davantage encore ?
Michel Escatafal
09:03 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.11.2009
Devoir de réserve ou de résistance ?
La lauréate du Prix Goncourt 2009, Marie N’Diaye, n’y est pas allée par quatre chemins pour expliquer pourquoi elle a quitté la France pour s’installer à Berlin. Elle a en effet déclaré sans ambages que son départ était dû essentiellement à son dégoût de la France de Nicolas Sarkozy. Et cela a entraîné le courroux du député UMP Eric Raoult, lequel a cru bon d’affirmer que les écrivains qui ont obtenu le prix Goncourt étaient soumis… à un « devoir de réserve ». Apparemment ce député, de surcroît ancien ministre, ne sait manifestement pas en quoi consiste le devoir de réserve, car je ne vois pas à quel titre un écrivain y serait soumis, fut-il le lauréat du plus prestigieux de nos prix littéraires.
Certes Marie N’Diaye a fait fort dans sa critique de la politique de Nicolas Sarkozy touchant à l’immigration, mettant dans le même sac les ministres Besson et Hortefeux…qu’elle « trouve monstrueux », comme elle trouve « détestable cette atmosphère de flicage, de vulgarité » à propos de la France s’aujourd’hui. Je lui laisse la responsabilité de ses propos, sur lesquels elle est d’ailleurs un peu revenue, mais je ne vois pas comment dans un pays qui se veut démocratique on pourrait lui reprocher de les avoir tenus. Après tout elle n’a pas appelé au meurtre, ni à la révolution. Par ailleurs est-ce plus choquant de dire les choses de cette manière que parler de « nettoyage au karcher » dans les cités ? En tout cas une nouvelle fois notre pays est montré du doigt à l’étranger, et notamment en Afrique, où cette sortie d’Eric Raoult a beaucoup choqué.
Vouloir limiter la liberté des écrivains est quand même assez singulier de la part du pays des droits de l’homme. Plus grave encore, j’ai entendu peu de voix dans le parti gouvernemental pour condamner Eric Raoult, ce qui signifie qu’à l’UMP on est globalement d’accord avec lui, et avec celui qui a prononcé ces paroles désormais tristement célèbres et définitives : « La France on l’aime ou on la quitte » ! Cela étant, quand Marie N’Diaye tient les propos qu’elle a tenus, n’est-ce une manière d’affirmer avec force qu’elle aime son pays. En outre, pourquoi et au nom de quel principe devrait-on penser comme Eric Raoult…ou se taire, si l’on a eu le prix Goncourt ? Désolé Monsieur le Député, mais la liberté de parler et de penser ne se marchande pas, et dans ce cas ce n’est plus de devoir de réserve qu’il faut parler, mais de devoir de résistance.
De résistance on pourrait parler aussi à propos de notre mouvement, le MoDem, même si le sujet paraît infiniment moins sérieux. Mais résister à quoi me direz-vous ? Tout simplement à tous ces courants ou initiatives qui déroutent complètement les militants…et les électeurs. La preuve, nous n’arrivons pas à décoller sur le plan électoral, et la raison en est que nous n’avons plus de ligne directrice bien définie. A présent c’est la vice-présidente du MoDem et député européen, Corinne Lepage, qui lance son club citoyen « Terre démocrate », dont l’ambition est de bâtir « un projet de société ». Rien que ça !
Il paraît qu’ils étaient 250 à 300 pour assister au baptême de ce nouveau club. Il y avait nous dit-on des gens du MoDem, d’Europe Ecologie, des Verts, des socialistes, et même Christophe Ginisty qui vient de claquer la porte du MoDem pour le motif qu’il était en désaccord avec la politique de François Bayrou. Tout cela est d’autant plus désolant que je croyais, à tort apparemment, qu’il n’y aurait pas de courants au Mouvement Démocrate, comme autrefois à l’UDF et aujourd’hui plus que jamais au Parti Socialiste. A ce propos il y a tellement de courants au P.S. qu’il y a même des sous-courants, comme en témoignent les divers rassemblements organisés par les cadres du parti.
Et ceux-ci sont tellement nombreux qu’ils ont tous la tentation de réunir leurs maigres troupes dans des mouvements improbables, où se retrouvent les mêmes mouvances que lors du rassemblement organisé par Corinne Lepage pour son « machin », donc avec des responsables du MoDem (le plus souvent Marielle de Sarnez et Benhamias). Du coup on voit à chaque occasion ces socialistes se déchirer, comme hier Ségolène Royal et Vincent Peillon, au point que ce pauvre Jack Lang s’est cru obligé de faire la leçon…alors qu’il a déjà un pied et demi dans la majorité présidentielle. Et bien non, je ne veux pas que mon parti participe à ce spectacle consternant, et se comporte en supplétif des courants socialistes et écologistes. J’ai beaucoup plus d’ambition pour lui, la même qui a permis à François Bayrou d’obtenir 18,5% des voix à la présidentielle de 2007.
Michel Escatafal
11:59 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
12.11.2009
L'Europe a du mal à se trouver un président et un ministre
Aujourd’hui on nous annonce à grand renfort de publicité, toujours la sacro-sainte communication, le montant du grand emprunt, et les secteurs et priorités politiques d’avenir qui sont identifiés pour en bénéficier. Ce sera donc sans doute 35 milliards d’euros, destinés théoriquement aux investissements publics d’avenir. C’est beaucoup 35 milliards d’euros pour un pays en pleine dérive financière, mais finalement c’est peu quand on parle d’investissements dans la recherche, l’économie numérique, la bioéconomie, les énergies renouvelables, les villes de demain ou le soutien aux PME innovantes. Tout cela ressemble à un grand saupoudrage, sans que l’on sache exactement qui en profitera réellement. Néanmoins on n’a pas besoin d’être devin pour imaginer que cette manne ne va pas profiter intégralement aux entreprises, notamment les plus petites.
En tout cas tout cela ne va pas rassurer la Commission européenne sur nos déficits excessifs, même s’il y a sans doute longtemps que les technocrates de Bruxelles ne se font plus d’illusion sur la volonté du gouvernement français de respecter ses engagements européens. Et après cela on osera nous dire que Nicolas Sarkozy est un authentique européen ! D’ailleurs s’il l’était, il n’aurait jamais eu l’idée de penser à Tony Blair pour occuper le poste de président du conseil européen. Certes depuis quelque temps il semble avoir abandonné cette idée, mais il n’en reste pas moins qu’il y avait songé sérieusement. Et rien que cela signifie qu’il ne veut pas le meilleur pour l’Union Européenne.
Il faut être en effet peu ambitieux pour l’Europe, que vouloir proposer à la tête de son exécutif un homme profondément atlantiste, qui a emboîté sans état d'âme les pas de Georges Bush au moment de la guerre en Irak, en utilisant pour son pays les mêmes arguments mensongers. En outre, même s’il est un peu moins europhobe que certains autres hommes ou femmes politiques en Grande-Bretagne, cela ne l’a pas empêché de demander à l’époque où il était Premier ministre, un maximum de dérogations au nom de son pays pour voter les textes ou traités européens. De plus, jamais il n’a envisagé sérieusement de faire adhérer le Royaume-Uni à la zone euro. Enfin, dans le même ordre d’idées, les mots de fédéralisme ou confédéralisme sont pour lui à bannir du vocabulaire européen. Bref, ce monsieur n’a aucune réelle conviction européenne, et il serait pour le moins incongru qu’il préside le futur conseil européen.
Mais qui mettre alors ? Ce n’est évidemment pas à moi de le dire d'autant que les candidats sont nombreux , mais comme l’a dit le chef du groupe libéral au Parlement européen, le Belge Guy Verhofstadt, il faut que ce soit « un européen convaincu », ajoutant cette comparaison : « quand on choisit un nouveau pape, on prend un catholique ». Et le leader belge de préciser que ce président doit être « quelqu’un qui croit dans la méthode communautaire ». Paroles de bon sens s’il en est ! Résultat de toutes ces spéculations le 19 novembre, en notant au passage que le choix est loin d’être encore fait…car personne pour le moment ne semble s’imposer. Et pour ne rien arranger les Britanniques, nous dit-on, contribuent largement au blocage dans la mesure où ils considèrent que ce doit être Tony Blair et personne d’autre. Décidément ce personnage semble bien encombrant pour tout le monde !
Le plus triste dans cette affaire est que la politique est omniprésente dans ce choix, avec les rapports droite-gauche, sans parler des antagonismes latents entre petits et grands pays, ou entre pays de l’Ouest et ceux de l’Est. Dans ces conditions, il est aisé de comprendre que nous soyons nombreux à faire preuve de scepticisme sur le pouvoir réel qu’aura ce président, et s’il pourra revendiquer d’une manière ou d’une autre d’être le représentant de l’exécutif de l’Union Européenne. A titre personnel je n’y crois guère parce qu’il faudrait déjà une forte personnalité, assez imperméable aux suggestions ou critiques venant des dirigeants des grands pays de l’Union, et reconnu sur le plan international. Pour ma part j’aurais bien vu dans cette fonction Felipe Gonzales, ancien Premier ministre espagnol et européen authentique. Hélas, il paraît que ce ne peut être qu’un homme de droite ou assimilé comme l’est Tony Blair. En contre partie le portefeuille de "ministre" des Affaires étrangères de l'UE serait de gauche.
Où est l’Europe dans ces tractations, et ne vaudrait-il pas mieux une élection au suffrage universel ? Aux dernières nouvelles on parle toujours du Premier ministre belge, Van Rompuy, pour le poste de président…qui ne risquerait pas de faire de l’ombre à Angela Merkel ou Nicolas Sarkozy. Quant au « ministre » des Affaires étrangères, on évoque le nom de l’Italien Massimo d’Alema avec toutefois une restriction à son égard due…à son passé communiste, ce qui évidemment ne plaît pas aux ex-pays communistes de l’Est. Si en plus , le passé politique s’en mêle…Cela dit, on semble oublier que ce poste de « haut représentant » sera sans doute au moins aussi important que celui de président, pour être la voix et le visage de l’Europe. Et sur ce plan M. d’Alema a quelques références à faire valoir.
Michel Escatafal
13:30 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
10.11.2009
L’espoir... et le dérisoire


Une information importante ce matin a retenu mon attention, à savoir que la junte birmane pourrait libérer Aung San Suu Kyi avant les élections de l'an prochain, afin qu'elle puisse y jouer un rôle. C’est ce qu’a affirmé lundi un haut diplomate birman. Voilà une bonne nouvelle, même si celle-ci demande confirmation, car apparemment aucune date n’a été avancée. Nous sommes payés pour savoir dans notre pays, qu’entre les annonces et les actes il peut y avoir un pas qui ne sera jamais franchi. Combien d’annonces ont été faites par Nicolas Sarkozy, sans que celles-ci n’aient reçu le plus petit commencement de réalisation.
A ce propos, j’ai lu dans le Monde que le secrétaire d'Etat au Logement, Benoit Apparu, a annoncé la mise en place dans les six prochains mois d'un « référent personnel » pour chaque SDF. Voilà le type même de l’effet d’annonce, surtout quand on connaît la difficulté de suivre les SDF, et plus encore quand on apprend qu’il n’est précisé nulle part comment le gouvernement entend mettre cette mesure en pratique, comme ce fut si souvent le cas depuis deux ans et demi.
Autre annonce faite cette fois à grand renfort de publicité, les prévisions faites par le Premier ministre d’une croissance de 2,5%…en 2011. Quand on se rappelle toutes les annonces faites par François Fillon sur le sujet au cours de l’année 2008, et même début 2009, on nous permettra d’avoir des doutes, d’autant que les industriels ont encore revu à la baisse leurs prévisions d’investissements pour 2009, lesquels devraient enregistrer une chute de 22% d’après l’INSEE. Dans ces conditions nous avons le droit d’être sceptiques sur les prévisions de déficit budgétaire de ce même François Fillon ou d’Eric Woerth, le ministre du Budget, qui se traduisent cette année par une réalité deux fois supérieure aux estimations.
En tout cas, nouvelle humiliation pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement, la Commission européenne va demander une énième fois à la France de ramener dès 2013 son déficit sous les 3% du PIB, sachant très bien que c’est mission impossible. Cela n’empêche pas Eric Woerth d’affirmer , sans rire,que « nous serons à 3% de déficit en 2014 ». C’est comme si c’était fait ! Rappelons qu’en 2010 le déficit devrait atteindre, selon les prévisions gouvernementales 8,5%. Au passage, le ministre du Budget a réitéré son refus de toute augmentation des impôts, oubliant que la suppression de la taxe professionnelle allait fatalement avoir des répercussions sur les impôts locaux à payer par les ménages…à moins qu’Eric Woerth ne considère pas les impôts locaux comme des impôts. Avec de pareils apprentis-sorciers, il y a vraiment de quoi être optimistes !
Cependant, et cela n’est pas pour nous consoler, la France reste parmi les pays dont on parle le plus à l’étranger, à travers la personne de notre président de la République. Encore ce matin, en consultant les sites web des journaux étrangers, j’ai découvert avec stupéfaction que l’on évoquait la désormais fameuse épopée de Nicolas Sarkozy le soir du 9 novembre 1989, rapportée sur sa page Facebook, qui suscite les doutes d’une partie de la presse. Plusieurs journalistes en effet relèvent des bizarreries dans l’ordonnancement de cette escapade berlinoise, sans parler des explications plus ou moins contradictoires de certains accompagnateurs, ceux-ci ne se souvenant plus exactement de ce qu’ils ont vu ou fait ce jour-là, ce qui fait la joie de journaux comme El Pais, Il Messagero, ou le Guardian qui, pourtant, devraient commencer à s’habituer. Bref tout cela vire une nouvelle fois à la pantalonnade.
Heureusement pour lui, ses amis ou plutôt ses obligés, ont volé au secours de notre président de la République pour ne pas qu’on puisse l’accuser d’avoir menti, comme par exemple François Fillon qui a confirmé qu’il avait bien rencontré Nicolas Sarkozy ce jour-là, par hasard à Berlin. Cela dit, peu importe que Nicolas Sarkozy ait été ou non à Berlin ce soir-là. Là n’est pas le problème. En revanche, en quoi cette information mérite-t-elle que l’on communique la-dessus, alors que le seul et véritable événement le 9 novembre 1989 était la chute du mur. Une fois encore ,le président et ses conseillers n’ont pas réalisé que trop de communication tue la communication, et que les Français attendent de leur président qu’il prenne enfin la mesure des problèmes qui affectent notre pays, plutôt que susciter d’aussi ridicules controverses pour tirer la couverture à lui.
Un autre qui essaie de le faire, mais dans un autre domaine et beaucoup plus modestement, c’est le Premier ministre, lequel occupe ses loisirs en essayant des voitures de course. Il paraît même qu’il s’est montré « très curieux des systèmes de commandes de la 908 Peugeot » si l’on en croit le pilote Nicolas Minassian qui lui servait de guide. Il est vrai que François Fillon a tout loisir de s’occuper de ces choses, vu que ce n’est pas lui qui gouverne. Cela ne l’a pas empêché de dire à un journaliste qu’il était plus facile de piloter une 908, même s’il a fait une sortie de route, que diriger la France... qui va droit dans le gouffre. Vraiment, nous sommes bien gouvernés !!!
Michel Escatafal
14:45 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
08.11.2009
Réflexions personnelles à propos de la chute du mur de Berlin

Ces jours-ci le monde entier célèbre le vingtième anniversaire de la chute du mur de Berlin avec un certaine emphase, mais aussi avec peu d’enthousiasme. Je dis peu d’enthousiasme, parce que les espoirs ont été tellement déçus qu’il faut une certaine bonne volonté pour arriver à trouver quelques éléments réellement positifs, dans le symbole que représente la chute de ce mur pour les Allemands et le monde. Certes le peuple Est-allemand est plus libre qu’à l’époque horrible du communisme. Certes aussi le niveau de vie de ces mêmes Allemands de l’Est a progressé globalement, mais il reste quand même une grosse sensation de gâchis devant l’évolution du monde au cours des vingt dernières années en Allemagne, comme ailleurs.
Qu’avons-nous fait en Allemagne et en Europe de l’Est de cette liberté retrouvée ? Est-ce que notre monde est tellement meilleur depuis la fin de l’empire soviétique ? Beaucoup de questions se posent aujourd’hui que l’on n’osait même pas se poser à l’époque. J’irais même jusqu’à dire que nous n’avions pas le droit de nous les poser, tellement les médias et les politiques nous disaient que nous étions entrés dans une nouvelle ère. Mais quelle ère ? Pour ma part, je faisais partie des sceptiques sur la naissance d’un monde nouveau. Ceux qui m’ont connu à ce moment s’en souviennent, et écoutaient avec effroi ou presque mes paroles remplies de doute sur l’évolution de la société que nous allions offrir à l’ensemble du monde.
Et de fait, hélas, mes craintes se sont vérifiées, et je reconnais volontiers bien au-delà de ce que je craignais. Nous sommes en effet en plein dans le règne du capitalisme triomphant, et de l’ultra libéralisme arrogant. La preuve, malgré une crise sans précédent depuis 1929, ceux qui nous y ont conduits recommencent à faire comme si rien ne s’était passé, alors que leurs affaires ont été sauvées de la faillite…par l’argent du peuple. Les Etats ont renfloué à coup de milliards d’euros ou de dollars nombre de grandes banques ou de grosses entreprises multinationales, mais cela n’a pas empêché ces grosses entités de licencier par milliers leurs ouvriers ou employés, ou pour les banques de refuser d’ouvrir les vannes du crédit pour permettre aux PME de surmonter les effets de la crise.
Pire même, les firmes qui allaient bien ont aussi profité de l’aubaine pour réduire au maximum leurs effectifs, ou pour acheter à vil prix des affaires plus petites en « restructurant » au maximum…afin d’offrir de nouveau des rendements confortables aux actionnaires. Et dans la foulée les Etats qui se sont endettés, parfois à des niveaux très élevés, pour aider les grandes banques ou entreprises à passer le cap diminuent les dépenses publiques, notamment les services publics que le peuple a contribué à mettre en place…avec ses impôts et les divers prélèvements qui lui ont été imposés. Et c’est ainsi que dans certains pays, par exemple la France de Nicolas Sarkozy, on impose la fiscalisation des indemnités journalières au titre des accidents du travail, alors qu’on se refuse obstinément à revenir sur le bouclier fiscal à 50%.
En outre quand on regarde de près le monde actuel, on s’aperçoit que la guerre est plus que jamais présente dans plusieurs régions du monde, notamment au Moyen-Orient…parce que nous avons voulu y importer notre civilisation. Comme si celle-ci était la panacée ! Combien de dizaines, voire de centaines de milliers de morts en Irak depuis 2003 ? Et l’Afghanistan ? Le conflit entre Israël et les Palestiniens a-t-il évolué de manière positive depuis 1989 ? Nous connaissons tous plus ou moins les réponses à ces questions. En outre pourquoi cet acharnement à vouloir coûte que coûte faire semblant de croire que les troupes de l’OTAN vont l’emporter en Afghanistan, pays où les récentes élections à la mode occidentale ont montré à quel point le concept même de démocratie est dévoyé ?
Décidément nous sommes bien loin du monde radieux et triomphant qui devait illuminer notre planète, après la chute du mur de Berlin et la fin du communisme soviétique, et ce d’autant qu’on construit de nouveaux murs un peu partout et sur tout les continents, en Asie, en Afrique, et même entre états démocratiques et amis comme les Etats-Unis et le Mexique (photo de droite). Et tout cela pour empêcher des gens qui meurent de faim d’essayer d’entrer dans des pays où ils pensent avoir davantage de chances de survivre. Quelle tristesse ! Et il faut en plus qu’un pays comme le nôtre serve d’exemple pour mieux expulser ses « sans-papiers ». Qui oserait dire de nos jours que la France est le pays des droits de l’homme ?
Michel Escatafal
12:25 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
05.11.2009
L'actualité n'est vraiment pas gaie à huit semaines de Noël !
Aujourd’hui j’ai eu l’idée (saugrenue) de vouloir regarder l’émission du matin sur France 2 , dont l'animateur s'appelle William Leymergie. Pour être franc je n’ai pas regardé bien longtemps, tellement tout était d’une confondante niaiserie. Et dire que de nombreuses personnes sont des fidèles, paraît-il, de cette émission ! Rien qu’en écoutant le journal d’infos de 7 h, on avait déjà l’impression d’être de retour dans les actualités des années 50 ou 60, que l’on voyait au cinéma pendant l’entracte. Je passe sur la suite, car il n’y avait vraiment rien d’intéressant, ce qui m’a fait capituler au bout d’un quart d’heure. En tout cas s’il y a bien un reproche que Nicolas Sarkozy ne peut pas faire à France 2 le matin, c’est d’être un tant soit peu « subversif ». La maison semble bien gardée !
Cela étant, les Français semblent de plus en plus dubitatifs sur l’action du gouvernement, du moins si l’on en croit les sondages qui deviennent de plus en plus sévères pour le chef de l’Etat. Celui-ci a beau user continuellement de toutes les ficelles de la communication, y compris les plus grosses, les Français ne lui font plus confiance. Et ce ne sont pas les multiples affaires de ces dernières semaines qui vont lui permettre de redorer son blason, même s’il fait semblant de reconnaître (parfois) ses erreurs, comme sur la tentative de faire nommer son fils à la tête de l’EPAD. Pire même, les Français ont de plus en plus l’impression que le président de la République ne maîtrise plus rien, comme en témoignent les multiples couacs gouvernementaux, notamment à travers le DIC (voir mon blog sport), ou la taxe professionnelle. Enfin horreur, toujours d’après les sondages, la cote de Dominique de Villepin ne cesse de monter au point d’en faire un candidat de plus en plus crédible à l’élection présidentielle de 2012…avec les dégâts que cela peut faire supporter au candidat auto désigné de l’UMP, Nicolas Sarkozy.
A ce propos nous avons appris ce matin, que le président de la République participera fin novembre au Conseil national de l’UMP…pour donner le coup d’envoi de la campagne pour les élections régionales du mois de mars. Au passage, je ferais une simple remarque : comment des gaullistes pourraient-ils encore avoir envie de voter pour un homme qui bafoue à ce point les idées incarnées par le général de Gaulle ? Rappelons quand même que le général de Gaulle avait changé de Constitution…pour rompre avec le régime des partis ! Or là, nous avons un président qui se comporte sans vergogne comme un vulgaire chef de parti. Je comprends pourquoi les gaullistes authentiques se tournent de plus en plus vers Dominique de Villepin qui, au moins, essaie de maintenir ou de ressusciter les valeurs du gaullisme. Et je regrette sur ce plan que le MoDem se soit écarté de cette ligne tracée par le général de Gaulle, que François Bayrou avait si bien incarnée pendant la campagne présidentielle de 2007, ce qui n’est pas pour rien dans nos échecs électoraux récents.
Dans un tout autre domaine, j’ai lu avec amusement que Nicolas Sarkozy a affirmé, sans rire, que Rama Yade a « une difficulté à s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Une telle affirmation a de quoi faire sourire de la part de quelqu’un qui n’a cessé de démolir ses collègues du gouvernement, notamment entre 2002 et 2007, à commencer par Dominique de Villepin, ou encore Azzouz Begag quand il était ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Bref, Nicolas Sarkozy a, ou avait, tous les droits, mais pas les autres. Et puis peut-on reprocher à Rama Yade de ne pas pouvoir supporter B. Kouchner, Roselyne Bachelot ou Nadine Morano ? Moi qui ne suis pas au gouvernement, je suis totalement en phase avec elle sur ce plan. Comment d’ailleurs supporter quelqu’un comme B. Kouchner qui est passé sans sourciller d’un camp à un autre, juste pour pouvoir être ministre ? Quant à Roselyne Bachelot n’en parlons pas, sauf pour se rappeler ses prestations affligeantes comme ministre de l’Environnement sous le quinquennat précédent.
Autre nouvelle dont on ne parle guère sur France2 ou ailleurs, la forte augmentation de la fiscalité locale qui, cette année, dépasse 8% soit le double de l’an passé. Cette forte progression serait nécessitée entre autres par l’explosion des dépenses sociales. Cependant le plus inquiétant est à venir avec la suppression de la taxe professionnelle, car on ne voit pas comment l ‘Etat, « en faillite », pourrait compenser intégralement la perte de ressources engendrée par cette suppression. On n’est pas au bout de nos mauvaises surprises ! Et j’ai presque envie d’ajouter que nous ne sommes pas les seuls, car les Allemands qui ont cru intelligent de voter pour un gouvernement chrétien-démocrate et libéral, vont découvrir très vite que cette solution est loin d'être la panacée. Elle l’est d’autant moins, que la grande coalition avait permis à nos amis allemands d’affronter la crise avec des atouts suffisants, pour bénéficier à plein d’une reprise qui finira immanquablement par arriver.
Comment les électeurs allemands ont-ils pu en arriver à croire que le Parti libéral (FPD) représentait une alternative crédible au sociaux-démocrates du SPD ? Et d’ailleurs, à peine arrivés au pouvoir, les libéraux ont imposé à Angela Merkel des baisses massives d’impôts (26 milliards d’euros) qui, bien entendu, vont d’abord profiter aux plus riches, et ce au moment où les déficits sont en forte augmentation. Décidément les électeurs sont bien naïfs ! En Italie, les Italiens ont préféré, aux dernières élections législatives, faire revenir au pouvoir S. Berlusconi qui, pourtant, avait laissé le pays avec des déficits considérables avant d’être battu par Romano Prodi. En France, en 2007, on a préféré élire un illusionniste comme Nicolas Sarkozy, plutôt que François Bayrou dont le principal défaut était de vouloir faire en sorte que la dette n’explose pas. Dans les deux cas on en mesure hélas les résultats, et vu les orientations affichées par la coalition de droite au pouvoir en Allemagne, on en sera au même point très rapidement.
Et si le sujet n’était pas aussi sérieux, on en viendrait presque à trouver cocasse la réaction du très libéral ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, qui s’offusque de voir General Motors conserver Opel, après que le précédent gouvernement allemand ait négocié pendant des mois avec l’équipementier canadien Magna. Résultat, même si GM se refuse à estimer le nombre d’emplois menacés, le plan de la cession à Magna aurait permis de préserver plus d’emplois allemands qu’une restructuration pilotée par GM. Certes le gouvernement allemand va récupérer l’argent des contribuables (1,27 milliards d’euros), mais apparemment cela ne fait ni chaud ni froid à GM, dans la mesure où cette dernière comptait rembourser le prêt relais accordé par les autorités allemandes.
En outre, GM se sent capable aujourd’hui de financer la restructuration d’Opel, sans difficulté, par des fonds en provenance des Etats-Unis. Cela ne semble pas rassurer le gouvernement allemand qui estime que l’annonce de General motors était " inacceptable vis-à-vis des salariés à huit semaines de Noël", surtout après que ces derniers aient annoncés être prêts à accepter des sacrifices salariaux. Hélas, le libéralisme tel que l’admirent R. Brüderle et Nicolas Sarkozy (voir Gandrange) n’est pas pavé que de bonnes intentions !
Michel Escatafal
17:00 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
02.11.2009
Notre pays perd tous ses principes et tous ses repères
Notre pays est en train de devenir une véritable pétaudière, où tout est fait en dépit du bon sens et où il est permis de dire n’importe quoi sans que personne ne s’en offusque. Et si on trouve que j’exagère, je me contenterais de citer cette déclaration de l’Elysée qui vaut son pesant d’hypocrisie : « Il existe un principe qui est celui de la séparation des pouvoirs. Je suis le président de la République, successeur de Jacques Chirac. S'il y a bien quelqu'un qui ne peut présenter le moindre commentaire, c'est moi. Quels que soient les sentiments que j'ai pu avoir à l'endroit de Jacques Chirac, je ne peux faire aucun commentaire ». Bravo à notre président de la République de rappeler qu’il y a séparation des pouvoirs dans notre république, mais alors pourquoi parler devant des millions de téléspectateurs de « coupables » à propos des prévenus du procès Clearstream ? Plus c’est gros, plus c’est passe, comme dirait l’autre !
Cela étant je comprends que Nicolas Sarkozy puisse avoir de tels trous de mémoire dans la mesure où dans notre pays tout va de mal en pis. Et même la presse complaisante n’arrive plus à trouver des justificatifs à un pouvoir qui n’arrive plus à se justifier. Et comme toujours, quand les choses vont dans le mauvais sens, chacun dans la majorité essaie de faire semblant de se démarquer…pour essayer de préserver son avenir électoral. Quel dur métier d’être godillot ! Même Jean-Pierre Raffarin s’y met, avec ce qu’on appelle avec exagération « la fronde des sénateurs ».
D’autres vont même jusqu’à parler de révolte de « la droite cassoulet », tout cela à propos de la suppression de la taxe professionnelle qui va priver les collectivités locales d’une bonne partie de leurs ressources fiscales. Or, compte tenu des déficits publics abyssaux qui affectent le budget de l’Etat, chacun sait bien que celui-ci ne compensera pas le manque à gagner provoqué par la suppression de la T.P., comme l’a souligné Alain Juppé en disant que « proposer cela, c’est se foutre du monde ». En fait, députés et sénateurs ont peur qu’on leur reproche un jour de ne pas avoir réagi sur ce problème…surtout si à cause de cela les impôts locaux doivent augmenter. Certains vont finir par croire que ce n’est pas une sinécure d’être politicien ou « politicard » professionnel !
En revanche on n’a pas encore entendu la « droite cassoulet » sur le fait que la France va devoir importer de grandes quantités d’électricité cet hiver. On nous parle même de l’équivalent de production de quatre centrales nucléaires. Qu’est-ce que cela signifie ? Que l’on n’investit plus assez dans la production d’électricité, malgré les augmentations constantes des tarifs de l’électricité payé par les particuliers et les entreprises. Et si tout cela était la conséquence d’investissements douteux sur le plan technique et financier ? Au fait la vocation d’EDF n’était-elle pas d’abord d’assurer la suffisance en énergie de notre pays ? Bref, là encore les gens ne se rendaient pas compte de la chance extraordinaire d’avoir des entreprises nationales comme EDF ou GDF pour assurer notre approvisionnement électrique.
Hélas, malgré les promesses réitérées de Nicolas Sarkozy sur la non-privatisation de GDF, celle-ci est à présent effective. Quant à l’ouverture aux capitaux privés d’EDF, tout le monde sait bien que cela signifie à très court terme la privatisation pure et simple. Voilà les Français prévenus : l’électricité va augmenter dans les mois et les années à venir, et sans doute de manière significative. Il ne restera plus à certains qu’à s’éclairer à la bougie. Et dire que François Bayrou a été quasiment le seul à se battre pour éviter que l’on n’en arrive là, en proposant une grande entreprise publique EDF-GDF, au motif que c’était « l’effort des Français qui avait permis de construire le réseau jusqu’au plus petit village » ! Personne semble-t-il ne s’en rappelle, et c’est bien dommage.
En tout cas notre leader a bien fait de souligner ces derniers jours, qu’il était scandaleux que le nouveau PDG d’EDF ait pour projet de faire d’EDF, entreprise (encore) publique, le premier actionnaire de Véolia, son ancienne entreprise…dont il conserve la présidence du conseil d’administration. Pour François Bayrou, « on va mettre à la charge du consommateur d'électricité français le désendettement d'une entreprise privée », ajoutant que « ceci est absolument le contraire des principes qui jusqu'à maintenant avaient inspiré l'action de l'Etat dans ce domaine si sensible de l'électricité ». C’est sans doute cela aussi la fameuse « droite décomplexée » dont parlaient les thuriféraires de Nicolas Sarkozy. Décidément la France est en train de perdre tous ses principes et tous ses repères !
Michel Escatafal
10:03 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


