05.11.2009
L'actualité n'est vraiment pas gaie à huit semaines de Noël !
Aujourd’hui j’ai eu l’idée (saugrenue) de vouloir regarder l’émission du matin sur France 2 , dont l'animateur s'appelle William Leymergie. Pour être franc je n’ai pas regardé bien longtemps, tellement tout était d’une confondante niaiserie. Et dire que de nombreuses personnes sont des fidèles, paraît-il, de cette émission ! Rien qu’en écoutant le journal d’infos de 7 h, on avait déjà l’impression d’être de retour dans les actualités des années 50 ou 60, que l’on voyait au cinéma pendant l’entracte. Je passe sur la suite, car il n’y avait vraiment rien d’intéressant, ce qui m’a fait capituler au bout d’un quart d’heure. En tout cas s’il y a bien un reproche que Nicolas Sarkozy ne peut pas faire à France 2 le matin, c’est d’être un tant soit peu « subversif ». La maison semble bien gardée !
Cela étant, les Français semblent de plus en plus dubitatifs sur l’action du gouvernement, du moins si l’on en croit les sondages qui deviennent de plus en plus sévères pour le chef de l’Etat. Celui-ci a beau user continuellement de toutes les ficelles de la communication, y compris les plus grosses, les Français ne lui font plus confiance. Et ce ne sont pas les multiples affaires de ces dernières semaines qui vont lui permettre de redorer son blason, même s’il fait semblant de reconnaître (parfois) ses erreurs, comme sur la tentative de faire nommer son fils à la tête de l’EPAD. Pire même, les Français ont de plus en plus l’impression que le président de la République ne maîtrise plus rien, comme en témoignent les multiples couacs gouvernementaux, notamment à travers le DIC (voir mon blog sport), ou la taxe professionnelle. Enfin horreur, toujours d’après les sondages, la cote de Dominique de Villepin ne cesse de monter au point d’en faire un candidat de plus en plus crédible à l’élection présidentielle de 2012…avec les dégâts que cela peut faire supporter au candidat auto désigné de l’UMP, Nicolas Sarkozy.
A ce propos nous avons appris ce matin, que le président de la République participera fin novembre au Conseil national de l’UMP…pour donner le coup d’envoi de la campagne pour les élections régionales du mois de mars. Au passage, je ferais une simple remarque : comment des gaullistes pourraient-ils encore avoir envie de voter pour un homme qui bafoue à ce point les idées incarnées par le général de Gaulle ? Rappelons quand même que le général de Gaulle avait changé de Constitution…pour rompre avec le régime des partis ! Or là, nous avons un président qui se comporte sans vergogne comme un vulgaire chef de parti. Je comprends pourquoi les gaullistes authentiques se tournent de plus en plus vers Dominique de Villepin qui, au moins, essaie de maintenir ou de ressusciter les valeurs du gaullisme. Et je regrette sur ce plan que le MoDem se soit écarté de cette ligne tracée par le général de Gaulle, que François Bayrou avait si bien incarnée pendant la campagne présidentielle de 2007, ce qui n’est pas pour rien dans nos échecs électoraux récents.
Dans un tout autre domaine, j’ai lu avec amusement que Nicolas Sarkozy a affirmé, sans rire, que Rama Yade a « une difficulté à s’insérer dans une équipe, quelle qu’elle soit ». Une telle affirmation a de quoi faire sourire de la part de quelqu’un qui n’a cessé de démolir ses collègues du gouvernement, notamment entre 2002 et 2007, à commencer par Dominique de Villepin, ou encore Azzouz Begag quand il était ministre délégué à la Promotion de l’égalité des chances. Bref, Nicolas Sarkozy a, ou avait, tous les droits, mais pas les autres. Et puis peut-on reprocher à Rama Yade de ne pas pouvoir supporter B. Kouchner, Roselyne Bachelot ou Nadine Morano ? Moi qui ne suis pas au gouvernement, je suis totalement en phase avec elle sur ce plan. Comment d’ailleurs supporter quelqu’un comme B. Kouchner qui est passé sans sourciller d’un camp à un autre, juste pour pouvoir être ministre ? Quant à Roselyne Bachelot n’en parlons pas, sauf pour se rappeler ses prestations affligeantes comme ministre de l’Environnement sous le quinquennat précédent.
Autre nouvelle dont on ne parle guère sur France2 ou ailleurs, la forte augmentation de la fiscalité locale qui, cette année, dépasse 8% soit le double de l’an passé. Cette forte progression serait nécessitée entre autres par l’explosion des dépenses sociales. Cependant le plus inquiétant est à venir avec la suppression de la taxe professionnelle, car on ne voit pas comment l ‘Etat, « en faillite », pourrait compenser intégralement la perte de ressources engendrée par cette suppression. On n’est pas au bout de nos mauvaises surprises ! Et j’ai presque envie d’ajouter que nous ne sommes pas les seuls, car les Allemands qui ont cru intelligent de voter pour un gouvernement chrétien-démocrate et libéral, vont découvrir très vite que cette solution est loin d'être la panacée. Elle l’est d’autant moins, que la grande coalition avait permis à nos amis allemands d’affronter la crise avec des atouts suffisants, pour bénéficier à plein d’une reprise qui finira immanquablement par arriver.
Comment les électeurs allemands ont-ils pu en arriver à croire que le Parti libéral (FPD) représentait une alternative crédible au sociaux-démocrates du SPD ? Et d’ailleurs, à peine arrivés au pouvoir, les libéraux ont imposé à Angela Merkel des baisses massives d’impôts (26 milliards d’euros) qui, bien entendu, vont d’abord profiter aux plus riches, et ce au moment où les déficits sont en forte augmentation. Décidément les électeurs sont bien naïfs ! En Italie, les Italiens ont préféré, aux dernières élections législatives, faire revenir au pouvoir S. Berlusconi qui, pourtant, avait laissé le pays avec des déficits considérables avant d’être battu par Romano Prodi. En France, en 2007, on a préféré élire un illusionniste comme Nicolas Sarkozy, plutôt que François Bayrou dont le principal défaut était de vouloir faire en sorte que la dette n’explose pas. Dans les deux cas on en mesure hélas les résultats, et vu les orientations affichées par la coalition de droite au pouvoir en Allemagne, on en sera au même point très rapidement.
Et si le sujet n’était pas aussi sérieux, on en viendrait presque à trouver cocasse la réaction du très libéral ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, qui s’offusque de voir General Motors conserver Opel, après que le précédent gouvernement allemand ait négocié pendant des mois avec l’équipementier canadien Magna. Résultat, même si GM se refuse à estimer le nombre d’emplois menacés, le plan de la cession à Magna aurait permis de préserver plus d’emplois allemands qu’une restructuration pilotée par GM. Certes le gouvernement allemand va récupérer l’argent des contribuables (1,27 milliards d’euros), mais apparemment cela ne fait ni chaud ni froid à GM, dans la mesure où cette dernière comptait rembourser le prêt relais accordé par les autorités allemandes.
En outre, GM se sent capable aujourd’hui de financer la restructuration d’Opel, sans difficulté, par des fonds en provenance des Etats-Unis. Cela ne semble pas rassurer le gouvernement allemand qui estime que l’annonce de General motors était " inacceptable vis-à-vis des salariés à huit semaines de Noël", surtout après que ces derniers aient annoncés être prêts à accepter des sacrifices salariaux. Hélas, le libéralisme tel que l’admirent R. Brüderle et Nicolas Sarkozy (voir Gandrange) n’est pas pavé que de bonnes intentions !
Michel Escatafal
17:00 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


