27.10.2009
Un évènement considérable...
Un évènement considérable est sur le point d’arriver en 2010, et pourtant l’information n’est quasiment pas reprise en France. Il est vrai que dans notre beau pays toutes les informations tournent autour de Nicolas Sarkozy et son gouvernement, avec des débats surréalistes comme celui qui resurgit sur l’identité nationale, ou encore des crimes abominables qui hélas font de temps en temps l’actualité, sans oublier les stupides comportements des supporteurs de football. Voilà où en est l’information dans notre pays. Et qu’on ne vienne pas me dire que j’exagère, car hier après-midi j’étais en voiture et j’ai écouté les informations à plusieurs reprises, avec chaque fois les mêmes litanies. Rien que sur l’affaire du report du match OM-PSG, il y a eu pas moins de trois interventions d’hommes politiques, dont celle du Premier ministre qui n’a vraiment rien d’autre à faire. « Panem et circenses » comme disait avec mépris Juvénal. Cela dit je reviens à mon propos initial, à savoir le fait que l’économie indienne dépasserait son homologue chinoise pour ce qui concerne la croissance en 2010.
En effet, les experts de la Banque Mondiale prévoient une croissance de 8% pour l’Inde l’année prochaine, et « seulement » si j’ose dire de 7,7% pour la Chine. C’est effectivement une véritable révolution, car depuis la fin des années 70 la Chine avait pris une avance considérable sur son voisin indien, lequel n’a réellement commencé à décoller qu’au début des années 90. D’ailleurs si l’on compare le PIB des deux pays, il y a encore une différence considérable entre eux puisque le PIB de la Chine est estimé à 4 200 milliards de dollars contre 1200 milliards à l’Inde. Toutefois, compte tenu des caractéristiques des deux économies, les experts sont persuadés que la crise a moins touché l’Inde que la Chine, cette dernière étant beaucoup plus tributaire des exportations.
A ce propos, essayons de voir à travers quelques statistiques les caractéristiques des deux géants asiatiques, en notant tout d’abord que leur population est aujourd’hui très proche, la Chine comptant à ce jour 1,34 milliards d’habitants contre 1,2 milliards à l’Inde. Et si l’on regarde la démographie des deux pays, il est vraisemblable qu’à court terme l’Inde aura non seulement rattrapé la Chine, mais l’aura dépassée, l’Inde ayant une population plus jeune puisque la tranche d’âge 0 à 14 ans représente 32% de la population totale contre 21,4% à la Chine. Dans le même registre, la Chine a 7,6% de sa population qui a plus de 65 ans contre 5,6% pour l’Inde. Surtout l’indice de fécondité est infiniment plus élevé en Inde (2,72) qu’en Chine (1,79), celui-ci se situant en deçà de celui de la France (1,92). Pour ce qui concerne l’espérance de vie, celle-ci reste plus élevée en Chine (71,8 ans) qu’en Inde (63,5 ans). Enfin, pour en terminer sur le sujet, la population urbaine est de 40,8% en Chine, nettement supérieure à celle de l’Inde qui atteint à peine 29%.
Sur le plan économique la Chine est numéro un mondial pour la production de blé, coton, pommes de terre, riz, thé, ovins, porcins et production halieutique. Toujours dans le domaine agricole la Chine est numéro deux pour le maïs et numéro trois pour la canne à sucre et les bovins. Au total l’agriculture représente 12% du PIB de la Chine, contre 48% pour l’industrie. Dans l’activité industrielle, la Chine est numéro un mondial pour le charbon, l’étain, le fer, le plomb et le zinc. La Chine a aussi la cinquième production de pétrole dans le monde et la quinzième pour le gaz naturel. A noter que la production hydroélectrique chinoise représente un peu plus de 15% de la production d’électricité, le nucléaire ne représentant qu’un peu plus de 2%. Enfin les services représentent pour leur part 40% de la richesse nationale.
Sur tous ces plans l’Inde n’a pas les mêmes caractéristiques. Déjà l’agriculture représente 18% de l’activité, mais l’Inde n’est numéro un mondial que dans la production de millet, et elle est numéro deux pour le blé, le bois, la canne à sucre, le riz, le thé et les bovins. Sur le plan des ressources minières, l’Inde est numéro trois pour le charbon, numéro quatre pour le fer, numéro vingt-trois pour le gaz naturel et vingt-deux pour la production de pétrole. Au total le poids de l’industrie représente à peine plus de 27% du PIB, soit nettement moins que pour la Chine (48%), mais les services y sont beaucoup plus présent (54% contre 40%), fruit d’une main d’œuvre très qualifiée. Sur le plan du tourisme la comparaison reste très défavorable à l’Inde, les recettes touristiques chinoises représentant 170 milliards de dollars en 2008 contre 8 petits milliards pour l’Inde.
Par ailleurs la Chine investit beaucoup plus à l’étranger (94 milliards de dollars) que son voisin indien (avec 21 milliards). Il est vrai qu’elle a les moyens avec des réserves de devises et d’or tout à fait considérables puisqu’on les évalue à plus de 1500 milliards de dollars, presque six fois plus que l’Inde (240 milliards de dollars). Enfin sur le plan des finances publiques on notera que la Chine a une dette publique de 18,9% contre 58,6% à l’Inde. Toutefois il faut se méfier du bon chiffre chinois, car le pays va avoir des besoins tout à fait considérables liés au vieillissement de la population. Comment les Chinois vont-ils pouvoir gérer leurs caisses de retraites ? C’est une des inconnues touchant à ce pays, avec aussi les mises aux normes environnementales sur lesquelles la Chine accuse un retard considérable. Cela démontre si besoin en était que la Chine reste encore un colosse aux pieds d’argile, malgré la vitesse de son développement. Quand à l’Inde, son retard est encore beaucoup plus considérable puisqu’elle se positionne au-delà du 120è rang sur 177 pays recensés pour ce qui concerne l’indice de développement humain.
Un dernier mot enfin, et là nous revenons à la politique française. J’ai appris ce matin que notre président de la République venait à Poligny (Jura) pour parler agriculture. Outre le fait que cette charmante contrée sera en état de siège, j’ai noté que Nicolas Sarkozy allait annoncer des aides à hauteur de 1 milliard d’euros. Cela étant j’ai aussi entendu de la part de professionnels que ces aides n’allaient évidemment pas toutes aller dans la poche des agriculteurs, mais que cela allait concerner toute la filière…donc aussi l’industrie agroalimentaire. On s’en serait douté ! Voilà comment on distribue les milliards que nous n’avons pas, et que nous devons emprunter. C’est hélas la caractéristique de ce pouvoir qui ne sait plus à quel saint se vouer pour faire encore illusion. Quel constat d’échec !
Michel Escatafal
08:41 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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