22.10.2009
La mobilisation paie...
Jean Sarkozy renonce à la présidence de l’EPAD ! Décidément avec la famille Sarkozy nous ne sommes pas au bout de nos surprises, mais surtout cela démontre une fois pour toutes que la pression finit toujours par payer. Et c’est pourquoi je demeure convaincu que les Français ont tort de ne pas exercer leurs droits démocratiques, et ce même s’ils sont écoeurés par les comportements politiciens. La preuve il a suffi qu’une pétition circule et qu’elle rassemble des dizaines de milliers de signatures, pour que la polémique s’installe durablement au point de voir le pouvoir renoncer à un funeste projet. J’espère que cela servira de leçon pour l’avenir, et au passage j’en profite pour féliciter Christophe Grébert, à l’origine de cette pétition, sans qui cette affaire n’aurait pas eu le même retentissement.
C’est donc une belle victoire que la démocratie vient de remporter, et il était temps qu’on arrive enfin à faire reculer un pouvoir qui, de son côté, ne recule devant rien pour servir ses intérêts. C’est quand même une énorme marche arrière de la part du président de la République, et même si j’ai entendu un des porte-paroles de l’UMP (Paillet) affirmer, sans rire, que les Français vont apprécier ce renoncement de Jean Sarkozy, la conclusion de cette affaire est quand même un terrible constat d'échec pour son père. Et compte tenu du déroulement des débats dans le procès Clearstream, je me demande si courant janvier Nicolas Sarkozy ne va pas au devant d’une cruelle désillusion…qui sera évidemment tout bénéfice pour celui qui devait être « pendu à un croc de boucher ».
Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai de plus en plus le sentiment que la machine présidentielle, jusque là assez bien huilée, est en train de s’emballer et d’échapper à ceux qui la pilotent. Pendant deux ans et demi ce pouvoir a communiqué sur tout et n’importe quoi, ce qui lui a permis de faire illusion aux élections européennes. Seulement voilà, le règne de l’esbroufe n’a qu’un temps, et à force de retarder les échéances et les problèmes, ceux-ci finissent par s’imposer inexorablement. C’est la même chose quand une entreprise n’est pas gérée sérieusement, et c’est ce qui arrive à la maison France. Mais le plus étonnant est que tout le monde ou presque est convaincu que nous n’en sommes, hélas, qu’au début d’un processus de dégradation que plus rien ne semble pouvoir arrêter…sauf si le peuple se mobilise en masse.
En effet, aujourd’hui la preuve est faite qu’on peut faire quelque chose contre ce pouvoir et les réformes qu’il nous impose, par exemple celle concernant les collectivités territoriales avec un système électoral tout à l’avantage de l’UMP. Mais ce n’est pas tout, cette réforme va aussi entraîner un « casse » sans précédent des services publics…sous le fallacieux prétexte de faire des économies. Il serait temps en effet de penser à en faire, mais hélas je crains que ce ne soit un vœu pieux, crise ou pas crise. A partir du moment où on commence à parler comme à l’Elysée de bon déficit, plus rien ne pourra arrêter l’explosion des déficits et de la dette. En fait nous faisons ce que font les ménages qui essaient de compenser la baisse de leur pouvoir d’achat par l’emprunt.
La maison France n’a d’ailleurs pas fini de souffrir, car même si la croissance finit par être au rendez-vous, elle sera insuffisante pour donner du travail à ceux qui n’en ont plus, ce qui ne manque pas d’inquiéter aussi ceux qui ont encore un emploi. J’ai entendu cet après-midi que la manifestation organisée par la CGT avait rassemblé beaucoup de monde, ce qui signifie là-aussi que les choses bougent. Certes on nous dira si la croissance n’est pas au rendez-vous, ou au niveau espéré, que ce n’est pas la faute du gouvernement…mais celle de l’euro par exemple. Et c’est vrai que la chute du dollar (1 euro = 1,50 dollar) n’est pas vraiment une bonne nouvelle pour les entreprises exportatrices.
Cela étant dans d’autres pays on s’accommode très bien d’avoir une monnaie forte car, ne l’oublions pas, cela diminue le poids de notre facture énergétique (payée en dollar), et pour les entreprises le prix des produits importés hors zone euro. Par ailleurs cela augmente le chiffre d’affaires et les résultats des entreprises qui facturent en euro. Bref rien ne démontre, contrairement à ce que dit très souvent le président de la République, qu’un euro fort soit tellement pénalisant pour nos entreprises. Simplement il faut s’adapter et faire de gros efforts sur la recherche et le développement, et là l’Etat a un rôle à jouer…qu’il ne joue pas faute de moyens. On a beau tourner le problème dans tous les sens, rien ne va plus dans notre pays, et c’est uniquement la faute du pouvoir. Celui-ci est d’ailleurs tellement déconsidéré qu’il n’est même pas capable de faire appliquer dans son administration les idées loufoques qu’il ne cesse d’inventer. Parmi celles-ci la lecture obligatoire de la fameuse lettre de Guy Moquet. Bon week-end quand même !
Michel Escatafal
22:18 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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