20.10.2009
Le bon commentateur est celui qui encense...
Ah ces journalistes, ce serait tellement mieux s’ils ne pouvaient pas commenter l’actualité ! Voilà en gros ce qu’a dit aujourd’hui encore Nicolas Sarkozy à propos de ceux qu’il appelle les « commentateurs », qui en plus n’ont pas besoin d’agir. En revanche lui il agit tous les jours, et d’ailleurs il a été élu pour le faire. Point à la ligne ! Voilà ce que pense notre président de la République de tous ceux qui commentent son action, ou plutôt qui ne sont pas là uniquement pour l’encenser.
Cela dit, il y a quelque chose de surréaliste en entendant parler Nicolas Sarkozy, tellement son discours est centré…sur lui-même avant de l’être sur son pays. « Je dois arrêter d'agir parce qu'il y en a un à gauche qui n'est pas content. Ils ne sont jamais contents. Et puis je dois arrêter d'agir aussi puisqu'il y en a un à droite qui n'est pas content ». Mais là où les bras m’en tombent c’est quand il affirme, le plus sérieusement du monde : « Si je dois attendre que tout le monde soit content pour agir, je repasserai à mon successeur le flambeau de tous les problèmes que j'ai trouvés et que j'aurais laissés dans le même état ». Là quand même il fait fort notre président, surtout quand il évoque l’héritage qu’il a reçu. Certes, je suis le premier à dire que l’on aurait pu et dû faire mieux, mais passer d’un déficit déjà trop lourd à l’époque de 36 milliards d’euros à 150 milliards, c’est quand même historique. J’en suis d’ailleurs à me demander si à force de lire les discours que lui fait Henri Guaino, il réalise parfois la portée de ses paroles.
D’ailleurs c’est une première dans l’histoire de notre république de voir un président critiquant autant ceux qui l’ont précédé dans les mêmes fonctions. Oh certes les uns et les autres, général de Gaulle compris, n’ont pas tout réussi pendant leur mandat mais je veux considérer qu’ils ont essayé de faire du mieux qu’ils pouvaient. Pourquoi faut-il que N. Sarkozy se comporte toujours comme un « petit chef » dans l’administration ou dans une entreprise, qui passe son temps à dénigrer ce qui a été fait avant son arrivée? Oui pourquoi la France s’est-elle donnée à un homme qui donne l’impression que l’expression du suffrage universel doit être à son unique avantage ? Désolé, mais dans une démocratie parlementaire, même l’opposition a des droits et c’est à cela qu’on reconnaît à un pays le droit de se dire démocratique.
Pour revenir à son périple haut-marnais, le président de la République a aussi lancé à la cantonade qu’il allait continuer à se déplacer. « Je dois aller sur le terrain voir ce qui se passe, je dois entendre ce que les gens disent, je dois expliquer ce qu'on fait, et je dois donner le moral aussi, comme si les seules nouvelles qui trouvaient gré aux yeux des commentateurs, c'est (sic) les mauvaises ». Outre le fait que cette dernière phrase n’est pas d’une grande qualité littéraire, et sans aucun doute hors discours, comment le chef de l’Etat peut-il dire qu’en allant sur le terrain il sera davantage au courant de ce qui se passe dans le pays profond, alors que chacun sait que les personnes qu’il rencontre sont triées sur le volet. D’ailleurs s’il prenait la peine d’écouter les gens, y compris ceux qui ne sont pas d’accord avec lui, peut-être ferait-il moins d’erreurs et tiendrait-il mieux les multiples promesses qu’il avait faites.
Je ne vais pas les rappeler toutes, mais ou en est-on de l’Etat irréprochable, la diminution du chômage, l’augmentation du pouvoir d’achat, l’école de la réussite, l’aménagement des banlieues, la fin de l’insécurité etc. Je pourrais continuer encore longtemps sur ce registre et, si j’étais cruel, je devrais rajouter de l’équilibre des finances publiques en 2012 au plus tard. Ah j’oubliais, il y a la crise, mais comme je ne cesse de le répéter la crise a bon dos, et malheureusement je suis certain que nous allons être parmi ceux qui vont le plus en souffrir. Mais comment des commentateurs un tant soit peu objectifs pourraient-ils cacher un tel échec global ?
Un dernier mot enfin, je viens d’apprendre que le procureur Marin vient de demander 18 mois de prison avec sursis à l’encontre de Dominique de Villepin. C’est une peine sévère, mais au moins il garderait ses droits civiques...qui pourrait lui permettre de se présenter à la prochaine élection présidentielle. Certains disent qu’une candidature avec une telle condamnation sur les épaules ne peut être que rédhibitoire. Et bien c’est un mauvais calcul, car chacun sait bien que nombreux sont les Français qui pensent qu’il s’agit d’un procès politique. En tout cas tout cela va faire du dégât à l’UMP, et les fameux 5 ou 7% que Nicolas Sarkozy pensait perdre en cas de candidature Villepin à la présidentielle, pourraient faire des petits et lui coûter beaucoup plus cher. Après tout il l’aura bien cherché, et il ne pourra pas accuser les commentateurs de commenter un procès qui n’aurait jamais dû avoir lieu sous cette forme.
Michel Escatafal
22:56 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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