13.10.2009
On écoute et on entend de moins en moins !
Comme diraient les marins, « mauvais temps à la mer »! Cela pourrait s’appliquer à l’Elysée, car le vaisseau est en train de tanguer sérieusement. Hier je posais la question de savoir si le vent n’était pas en train de tourner, parce que le peuple français a de plus en plus l’impression que le temps s’accélère, au fur et à mesure que les échecs s’accumulent pour Nicolas Sarkozy. En effet, outre le fait que les finances publiques soient dans un état tel qu’on ne l’avait jamais connu en temps de paix, voire même en temps de guerre, toutes les décisions que prend le président de la République sont sujettes à polémiques. Et ces polémiques nous les retrouvons dans la presse étrangère, laquelle ne manque pas de mettre le doigt là où ça fait mal, comme si elle se vengeait de l’arrogance manifestée par le chef de l’Etat, dont on sait que son sport favori est de faire la leçon aux autres.
Aujourd’hui cette superbe est en train de tomber en lambeaux, au point qu’on ne l’entend plus beaucoup, laissant le soin à ses lieutenants ou ses vassaux d’essayer de contrer les multiples attaques ou railleries dont il fait l’objet en France et ailleurs. Il est vrai que depuis deux mois il ne cesse de se fourvoyer dans tout ce qu’il entreprend, ce qui après tout n’est que le prix à payer pour l’inconséquence avec laquelle il traite les affaires du pays. Dans une période comme celle que nous vivons, il faut gouverner sérieusement pour donner confiance au peuple. Il ne faut surtout pas passer son temps à faire des coups…qui en fait ne sont que des calculs politiciens. Tout gouvernant qui se respecte doit avoir une ligne de conduite et s’y maintenir.
Comme savait si bien le dire Raymond Barre, quand les Français constatent que la situation intérieure et internationale du pays se détériore, ils finissent toujours par tirer les leçons de l’expérience et se détournent des illusions et des chimères. La politique spectacle n’a qu’un temps, et lasse très vite les gens, y compris ceux qui ont crû de bonne foi aux promesses démagogiques du candidat Sarkozy. Il suffit de lire la déception des lecteurs du Figaro sur les forums du journal pour mesurer l’étendue de la déception qui envahit ces électeurs de droite. Et même s’ils en sont encore au stade de la peur, nombre de députés UMP commencent à se poser des questions sur la gouvernance de Nicolas Sarkozy, surtout ceux nombreux qui ont été élus avec 51 ou 52% des voix dans l’euphorie de la victoire présidentielle.
En tout cas il y a au moins un homme politique qui recommence à faire peur au président de la République dans la perspective de 2012, Dominique de Villepin. Aujourd’hui tout le monde sait que l’ancien Premier ministre ne sera pas condamné à une lourde peine, c’est-à-dire une peine d’inéligibilité. Il suffit de lire La Tribune pour s’apercevoir que des « vieux routiers des prétoires parient même sur sa relaxe ». Ce serait vraiment un coup très dur pour la principale partie civile (Nicolas Sarkozy), car toute cette affaire qui déjà ne pouvait que laisser des traces à l’UMP pourrait avoir un effet boomerang. Et de facto, cela remettrait en selle un Dominique de Villepin plus en forme que jamais, comme en témoigne sa belle performance aux 20 km de Paris.
Revenons aux choses sérieuses, si j’ose dire, avec le culot dont on a fait preuve le chef de l’Etat ce matin en affirmant, sans rire, comme pour se moquer du monde, que désormais c’est le règne de la méritocratie qui va s’imposer…une fois que son fils aura été nommé à la tête de l’EPAD, nomination qu’il doit bien entendu à son seul mérite et non à sa filiation. Comment peut-on à ce point faire preuve de cynisme en disant exactement l’inverse de ce qu’on fait, et surtout comment les gens seraient-ils assez idiots pour prendre pour argent comptant ce que dit le président de la République ? Décidément nous ne sommes pas au bout de nos (mauvaises) surprises, et ce n’est pas étonnant si notre pays est moqué et fait la une des journaux dans le monde entier avec cette affaire.
Heureusement, comme dit Nicolas Sarkozy, si les journalistes suivent les polémiques et parfois les précèdent, lui poursuit les réformes. Ainsi tous les lycéens français vont devenir bilingues, voire même trilingues pour certains, ce qui était le cas autrefois sauf que parmi les langues que l’on apprenait il y avait le latin et le grec ancien, mais la culture classique est beaucoup moins d’actualité avec notre ministre-président. En revanche on va apprendre l’histoire en anglais. Et pourquoi pas le français en anglais ? Ce serait amusant pour les élèves d’apprendre le français dans la langue de Shakespeare ! Mais au fait, comment apprendre toutes ces langues vivantes et notamment l’anglais ? Réponse, grâce au lancement d’un plan d’urgence pour les langues vivantes. C’est comme si c’était fait, surtout en supprimant des milliers de postes d’enseignants. Cela dit pour Nicolas Sarkozy, l’important ce matin était d’essayer encore une fois de faire un effet d’annonce…que la presse n’a relayé que moyennement.
Comme si on commençait à se dire dans les rédactions que ce président et son gouvernement vont droit dans le mur ! Et si c’était le début de l’amorce d’un retournement de situation ? Je finis par le croire même si je suis prudent. Mais c’est quand même un signe le fait de découvrir un peu d’insolence dans les émissions de radios (France Culture ce midi), et même parfois chez les journaux amis du pouvoir. Et si Nicolas Sarkozy était vraiment le mauvais cheval pour 2012, face à Dominique de Villepin ou au candidat socialiste qui fera nécessairement ses voix dans un contexte d’élection présidentielle, ou encore à François Bayrou. Ah si c’était vrai, d’autant que notre pays a surtout besoin de changement, mais aussi de rassemblement. Et pour battre Nicolas Sarkozy, il faudra bien qu’il y ait un rassemblement représentant au moins 50,1% de l’électorat. La démocratie ne peut qu’y gagner !
Michel Escatafal
16:15 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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