08.10.2009
Nous ne sommes pas au bout de nos peines !
Les temps sont mauvais pour le président de la République française, et pas seulement parce que les déficits et la dette explosent. A ce propos il y a une information qui n’échappera pas à Nicolas Sarkozy (en Lorraine pour son 277è déplacement !), à savoir que le déficit commercial de la France a atteint en août 3,4 milliards d’euros. Au total sur les douze derniers mois, le déficit cumulé du commerce extérieur est de 47,4 milliards d’euros, ce qui signifie qu’on se rapproche du déficit record de l’an passé qui dépassait 55 milliards d’euros. En effet, selon le ministère des Finances, les signes de reprise apparus en juin et juillet ne se sont pas confirmés avec des « ventes de biens intermédiaires (métaux, chimie, etc.), d'équipements électroniques et informatiques, d'automobiles, de pharmacie et de produits pétroliers raffinés qui se tassent ». Heureusement pour notre facture énergétique, le dollar reste faible par rapport à l’euro ce qui diminue d’autant le coût de nos importations.
Plus ennuyeux encore pour le président de la République, la polémique sur son ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, et l’empressement manifesté par ce dernier à soutenir Roman Polanski, ce qui lui a valu les foudres, ou à tout le moins des demandes d’explication d’une partie de la classe politique, notamment Marine Le Pen pour le Front National, Benoît Hamon et Manuel Valls pour le P.S., en attendant la réaction du MoDem ce soir puisque F. Bayrou est l’invité de France-Info à 18h15. Certes F. Mitterrand a quelques soutiens notoires comme D. Cohn-Bendit, qui considère que son livre est « une thérapie publique », il a aussi celui de l’Elysée et de la majorité présidentielle, mais ce matin Xavier Darcos a estimé que le ministre de la Culture devait se défendre, et « répondre autrement que simplement par l’indignation » à la polémique sur le livre qu’il a écrit à propos du tourisme sexuel.
Pour sa part Christine Boutin, qui était il y a peu ministre du logement, n’y va pas par quatre chemins en affirmant « que la nomination de Mitterrand a ébranlé la droite classique, mais ses postures et ses positions vont faire des ravages terribles dans l’électorat ». Apparemment faire entrer un Mitterrand au gouvernement paraissait habile, mais en politique quand on ne joue que sur l’habileté cela ne se passe généralement pas comme espéré. En tout cas nombre de gens qui ont voté pour Nicolas Sarkozy en 2007, commencent à se sentir troublés par toutes les tribulations de celui qu’ils prenaient, à tort, pour l’homme providentiel dont notre pays avait besoin. En fait ils comprennent, mais un peu tard, que justement Nicolas Sarkozy n’était pas du tout l’homme de la situation. Puissent-ils en tirer les conséquences en 2012 !
Passons maintenant au feuilleton de l’affaire Clearstream qui est en train de tourner au vaudeville pour certains, et même à la confusion de la principale partie civile (Nicolas Sarkozy) pour d’autres. Et pourtant ce n’est pas la faute des médias qui, pour la plupart, se contentent de reprendre les témoignages à charge contre Dominique de Villepin. Par exemple je n’entends jamais parler d’une phrase pourtant capitale pour la défense, à savoir que le général Rondot a affirmé que Dominique de Villepin ne pouvait pas savoir en avril 2004 que les fameux listings étaient faux…ce qui théoriquement est largement suffisant pour que DDV bénéficie d’un non lieu, toute l’accusation étant basée sur la connaissance de la véracité des listings à cette date. En tout cas, je veux croire à la justice de mon pays, pour parler comme DDV.
Autre avatar si j’ose dire pour Nicolas Sarkozy, les restaurateurs sont loin d’embaucher comme certains s’imaginaient qu’ils allaient le faire. A qui fera-ton croire que le président de la République était assez naïf pour croire à ces promesses de création d’emplois, de la part des professionnels de la restauration ? En fait, Nicolas Sarkozy a simplement distribué un supplément de pouvoir d’achat à cette profession…qui dans l’ensemble vote à droite et a voté pour lui en masse aux dernières élections. C’est ce que l’on appelle faire du clientélisme, ce qui va coûter à l’Etat quelques 3 milliards d’euros en année pleine. Cela dit, cela ne représente que 2% du déficit budgétaire de cette année.
Enfin, j’ai relevé ce matin une information plus importante qu’il n’y paraît, car elle montre à quel point le président de la République et ses amis se sont accaparés du pouvoir. Certes nous le savions déjà depuis longtemps, mais aujourd’hui ils n’ont plus aucune pudeur à le faire savoir. Selon Lepoint.fr, site du journal appartenant à François Pinault, Jean Sarkozy (fils de son père) serait le prochain président de l’EPAD, établissement public gérant l’aménagement du quartier d’affaires de la Défense (le plus important en Europe). Il va succéder à Patrick Devedjian, le ministre de la Relance atteint par la limite d’âge (65 ans)…et qui n’obtiendra pas de dérogation pour voir son mandat proroger. Certes le fait que P. Devedjian perde un mandat est loin de m’attrister, mais le donner au fils du président de la République (23 ans) paraît quand même un peu gros. Comme le dit un élu des Hauts-de-Seine, « cela ne doit rien au hasard ». On s’en serait douté !
Michel Escatafal
17:26 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société



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Commentaires
Je vous invite à signer et à faire tourner cette pétition en ligne pour demander à Jean Sarkozy de renoncer à postuler :
http://www.mesopinions.com/Jean-Sarkozy--renoncez-a-postuler-au-poste-de-president-de-l-EPAD-petition-petitions-fdc75d89c604d782a5b2198681c67f26.html
Ecrit par : Christophe Grébert | 08.10.2009
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