01.10.2009

La réalité dépasse l'affliction

déficit.jpgPar la grâce d’un procès où le président de la République est partie civile, il y a un homme politique qui est en train de faire un retour fracassant : il s’appelle Dominique de Villepin. Le Tout Paris se déplace pour les audiences, les radios, les télévisions françaises et étrangères, les journaux, bref l’ensemble des médias se presse pour voir et entendre l’ancien Premier ministre se défendre dans l’affaire Clearstream, au point d’occulter le reste de l’actualité politique, ce qui est bien dommage. Ce l’est d’autant plus que l’on est en plein dans la préparation (ou plutôt l’impréparation) du budget pour l’année prochaine, alors que l’on s’apprête à boucler un exercice historiquement déficitaire. Sur ce plan, Dominique de Villepin aura beau jeu de rappeler que quand il a laissé le pouvoir, le déficit était quatre fois inférieur à celui de 2009.

Evidemment les médias n’évoquent quasiment jamais ces résultats, ce qui est bien regrettable, car même si les blogs de toutes sortes en parlent, internet est loin d’avoir l’audience d’un journal télévisé de TF1 ou France 2, ni même celle de la presse régionale. Raison de plus pour redire, encore une fois, que les concurrents de Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle ne partiront pas à armes égales avec lui, pas plus d’ailleurs qu’en 2007. Fermons la parenthèse pour revenir au sujet qui nous occupe en ce moment, le budget de la France et son corollaire l’endettement public, en remarquant tout d’abord que la manière de gouverner du président de la République cumule tous les travers que l’on a pu reprocher aux gouvernements de gauche et de droite confondus. 

Nombre d’observateurs soulignent en effet que le chef de l’Etat gouverne en distribuant des subsides à toutes sortes de clientèles, sans d’ailleurs en mesurer le coût réel, tout en supprimant un nombre de fonctionnaires conséquent et en allégeant les impôts. Résultats de cette inconséquence, le déficit va atteindre cette année les 150 milliards d’euros, sans que les bénéficiaires de ces largesses en soient plus heureux pour autant. C’est d’ailleurs toujours comme cela quand on pratique le double langage…et que l’on n’a pas de projet politique bien défini.

Alors on débloque 500 millions d’euros supplémentaires pour ouvrir le RSA (Revenu de solidarité active) aux jeunes de moins de 25 ans, sans bien entendu que cela fasse avancer d’un iota le problème du chômage des jeunes. Pour que ceux-ci puissent vivre décemment il faut commencer par faire en sorte qu’ils trouvent un travail, et pour cela il faut développer la compétitivité des entreprises, les aider et les inciter à faire des efforts en terme de recherche et d’innovation. Les entreprises justement vont bénéficier de la suppression de la taxe professionnelle, ce qui va peut-être leur apporter un bol d’oxygène sur le plan de la trésorerie, mais qui en contrepartie va obérer gravement les ressources des collectivités territoriales, à hauteur de 12 milliards d’euros. Décidément on n’en sort pas !

Tout cela témoigne d’une improvisation sans précédent, où l’on agit au coup par coup…avec au bout des résultats loin de correspondre aux attentes. La baisse de la TVA dans la restauration est le parfait exemple d’une mesure clientéliste, uniquement destinée à faire plaisir à une catégorie socioprofessionnelle ciblée comme étant proche du pouvoir. De fait l’Etat va se priver de presque 3 milliards d’euros de recettes (l’équivalent du coût global du RSA) sans la plus petite contrepartie en matière d’emplois, ce qui n’est une surprise pour personne. Nous pourrions multiplier les exemples de la sorte depuis que Nicolas Sarkozy est président de la République. Et comme en plus on ne peut pas compter sur le Parlement pour empêcher les dérives, et bien nous en sommes toujours au stade des intentions et des annonces.

Le problème, c’est que ces déficits abyssaux et cette dette publique qui se creuse à une vitesse vertigineuse vont faire de notre pays une exception en Europe, et notamment dans la Zone euro. N’oublions pas que plusieurs pays et non des moindres (Allemagne, Pays-Bas…) en sont déjà à faire des choix budgétaires d’après-crise, basés sur un retour vers l’équilibre, ce qui n’est absolument pas d’actualité chez nous où on en est déjà à préparer la présidentielle 2012! Cela veut dire que nous n’essaierons pas d’assainir nos finances publiques avant 2012 au plus tôt. Et j’ajoute, à condition que Nicolas Sarkozy ne soit pas réélu.

Autre chose, qu’on le veuille ou non, la courbe des crédits distribués par les banques montre bien que si celles-ci ont retrouvé leurs capacités bénéficiaires, les entreprises comme les particuliers n’en profitent guère. Pour être juste il faut aussi ajouter que les carnets de commandes sont loin d’être pléthoriques, et que les ménages (qui le peuvent) épargnent par peur du chômage. En outre, même si les médias minimisent la chose, l’extraordinaire développement de la dette finit par susciter la méfiance alors que c’est de confiance dont le pays aurait besoin.

Et la confiance le pays ne peut pas l’avoir quand on lui dit que « l’Etat est en faillite », ce qui ne l’empêche pas de faire cadeau de 30 milliards d’euros aux plus favorisés (bouclier fiscal, niches et autres exonérations)…que l’on est obligé d’emprunter sur les marchés financiers. Voilà où nous en sommes après deux ans et demi de gouvernance Sarkozy. Qu’en sera-t-il après cinq ans ? Puissent toutes les notes des internautes, puisque c’est le seul moyen d’informer réellement les Français sur la situation du pays, contribuer à l’anéantissement de cette légende que le mensonge a créé, à savoir que Nicolas Sarkozy  est le seul à pouvoir gouverner la France.  J’espère que la crédulité des Français n’ira pas jusqu’à le réélire en 2012, car notre avenir en dépend!

Michel Escatafal

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Commentaires

M'enfin Michel ! Tu sais bien que la crise est terminée... On prépare les budgets de sortie de crise.... la croissance sera telle que les budgets déborderont d'excédents.
Tout va bien on te dit. On va quand même pas recréer un ministère de la propagande, arrete de douter !

Ecrit par : Jerome | 01.10.2009

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