28.09.2009
Combien de temps encore ?
Aujourd’hui je vais encore commencer mon propos par une triste nouvelle, qui commence hélas à devenir habituelle, à savoir la mort de quatre soldats français en Afghanistan dans une guerre où nous n’avons vraiment rien à faire. J’observe en outre, que cette multiplication de décès se fait depuis que nos militaires assurent des missions qui n’étaient pas les leurs jusqu’en 2008. Bien entendu, Nicolas Sarkozy a présenté ses « condoléances attristées » aux familles des militaires décédés et à leurs proches, et il réaffirme « la détermination de la France à oeuvrer au rétablissement de la paix et au développement en Afghanistan ». Il est bien le seul à y croire, au point même que Silvio Berlusconi, indéfectible atlantiste, se pose de plus en plus de questions sur la présence des militaires italiens en Afghanistan.
Faudra-t-il que des centaines de familles soient touchées, pour que la classe politique française arrive enfin à s’insurger contre notre présence militaire en Afghanistan ? En tout cas il y en a au moins un qui a une position claire sur le sujet, Dominique de Villepin, lequel sur son blog (http://2villepin.free.fr) affirme « qu’il n’y a pas de solution militaire en Afghanistan », et souhaite que soit prise la décision d’un retrait avec un calendrier « qui marque la volonté des Occidentaux de ne pas rester à l’infini ». En langage moins diplomatique cela signifie que le départ de nos troupes doit se faire le plus rapidement possible. L’ennui c’est que ce n’est pas l’avis de Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a pas compris que les jeunes servant dans l’armée n’ont pas choisi ce métier pour aller se battre en Afghanistan ou ailleurs, mais tout simplement pour ne pas pointer au chômage.
Et cela m’amène à parler des diverses informations économiques et sociales, qui nous sont distillées depuis hier dans les médias écrits ou radiotélévisés. On y apprend tout d’abord, ce qu’à mon modeste niveau j’affirme depuis plusieurs mois, que notre déficit budgétaire va dépasser la barre des 8% du PIB. Et comme nous ne sommes qu’en septembre, d’ici la fin de l’année ce sera sans doute encore davantage. Les 150 milliards de déficit, nous y sommes. La dette publique à 80% du PIB nous y sommes aussi. Jusqu’où va-t-on aller ? Pour mémoire je rappelle que le déficit fin 2006 était de 36 milliards. Certes la crise est passée par là, mais elle a bon dos ! En tout cas ces déficits abyssaux, inconnus dans notre pays en temps de paix, n’empêchent pas le pouvoir de gaspiller de l’argent à tout propos, avec des réceptions somptuaires à New-York ou en France. Il est vrai qu’à partir de certains montants quelques millions d’euros de plus ou de moins…
Décidément, comment les Français ont-ils pu se laisser berner à ce point ? Je n’arrive toujours pas à me l’expliquer. Et ce n’est pas fini, parce que le président de la République et sa majorité sont en train de nous mijoter des mesures toutes plus douloureuses les unes que les autres. Après la taxe carbone, c’est le forfait hospitalier à 18 euros, puis la fiscalisation des indemnités journalières versées aux salariés victimes d’accidents du travail. En revanche, il n’est toujours pas question de toucher au bouclier fiscal ou aux niches fiscales. On voit où se situent les priorités de Nicolas Sarkozy et sa majorité de « godillots » ! Comment l’UMP peut-elle encore remporter des élections, même si cela devient un peu plus difficile ? Cela démontre en tout cas le pouvoir énorme des grands médias. Plus besoin de faire des lois sur la liberté de la presse comme à l’époque du Second Empire. Il suffit simplement d’être assez riche pour s’offrir des journaux ou des chaînes de télévision, quitte à perdre un peu d’argent, et à les mettre au service d’un pouvoir ami.
Cependant, malgré leurs efforts, les médias amis n’ont pas pu redorer le blason passablement terni d’un président de la République qui accumule bourdes et échecs depuis quelques semaines. Le G20, dont on a tellement parlé chez nous comme si Nicolas Sarkozy en était le principal protagoniste, est en train de devenir aux yeux de nombreux observateurs le G2, avec comme acteurs principaux l’Américain Barack Obama et le Chinois Hu Jintao. Exit Nicolas Sarkozy qui, par parenthèse, n’a pas quitté la table du G20 comme il avait de nouveau menacé de le faire. Et pourtant au G20 de Pittsburg il n’y a pas eu que des mots, avec notamment une mesure plus importante qu’il n’y paraît, à savoir la modification des participations dans le FMI au bénéfice de la Chine, du Brésil et de la Turquie, alors que la part de plusieurs états européens va être réduite, y compris celle de la France évidemment. Raison de plus de réaffirmer, pour ceux qui en doutent encore, que seule la voix de l’Europe peut compter dans l’avenir face aux Etats-continent. J’aurai l’occasion d’y revenir.
Un dernier mot enfin pour évoquer les élections nationales en Allemagne et au Portugal, avec tout d’abord la victoire d’Angela Merkel en Allemagne qui va pouvoir, comme elle le souhaitait, composer un gouvernement de droite avec les libéraux. La gauche sociale-démocrate allemande était pourtant moins désunie que ne l’est le Parti socialiste en France, mais elle enregistre le pire score de son histoire. A méditer, même si le résultat de la CDU-CSU (chrétiens démocrates) est son plus faible depuis 1949. Problème, il faut être devant en termes de voix pour espérer gouverner…comme en France, même si en Allemagne l’opposition est mieux représentée au Bundestag.
Quoiqu’il en soit, malgré la méfiance qu’inspirent les déclarations dans l’euphorie de la victoire, Angela Merkel se veut rassembleuse. « Je veux être la chancelière de tous les Allemands, afin d’améliorer la situation de notre pays pour tous en temps de crise ». Cela fait davantage chaud au cœur que le compte rendu d’une réception au Fouquet’s. En tout cas si les socialistes allemands sont tristes, il n’en est pas de même pour les socialistes portugais. Ceux-ci en effet ont remporté les élections dans leur pays, mais sans majorité absolue, ce qui va les contraindre sans doute à former un gouvernement minoritaire, fait au demeurant assez habituel chez eux. Toutefois un seul, dirigé par le socialiste Antonio Guterres, est allé au terme de son mandat (de 1995 à 1999).
Michel Escatafal
15:47 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : oilitique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
24.09.2009
Il y a des lapsus très révélateurs...
« Au bout de deux ans d'enquête, deux juges indépendants ont estimé que les coupables devaient être traduits devant un tribunal correctionnel ». De qui est cette phrase ? Du président de la République lui-même garant de l’indépendance de la justice. Curieux d’ailleurs que cette phrase ne fasse pas davantage les grands titres des journaux et autres télés ou radios ce matin, y compris de ceux être supposés un peu moins dociles que les autres, avant de finir par évoquer cette sentence un peu plus longuement.
En tout cas il y en a au moins deux qui n’ont pas cherché à comprendre, à savoir les deux journalistes de TF1 et France 2, trop heureux d’être là « à servir la soupe ». Je crois savoir que 12 millions de téléspectateurs ont regardé ce spectacle dérisoire d’un président omnipotent et omniprésent dans tous les médias, utilisant tous les ressorts de la mauvaise foi pour nous faire croire qu’il gouvernait et pesait sur les affaires du monde, mais je ne serais pas surpris si la prochaine fois il y a davantage de monde pour regarder, par exemple, le feuilleton de FR3 à la même heure.
Cela étant comment se fait-il que personne ou presque ne réagisse plus vigoureusement devant les outrances d’un chef de l’Etat qui, par ailleurs, se permet sans cesse de donner la leçon à tout le monde, en France et ailleurs ? Quand je pense tout ce que l’on a pu faire subir à Ségolène Royal pour deux ou trois maladresses dans l’emploi des mots ! Et pourtant comme l’a dit Me Henri Leclerc, un des avocats de Dominique de Villepin dans l’affaire Clearstream, « c'est une atteinte scandaleuse aux principes fondamentaux » de la justice. Il est vrai que le chef de l’Etat n’en est pas à son premier dérapage sur ce plan puisqu’il avait déjà qualifié « d’assassin » Yvan Colonna avant son procès. Et dire que notre président a une formation d’avocat !
En tout cas François Bayrou a eu raison de souligner que Nicolas Sarkozy, « à la fois plaignant dans ce dossier et garant de l’indépendance de la justice" est dans une « position anormale qui ne devrait pas être acceptée dans une République qui a des principes ». Mais je le répète, le pire est que tout cela n’émeut plus grand monde, notamment dans les médias si prompt pourtant à relever les bévues…des politiques qui les dérangent ou qu’ils n’aiment pas. Comme si des bourdes ou des gaffes de cette nature, sortant de la bouche d’un chef de l’Etat, étaient banales ou pire excusables !
Sur France Info et les chaînes de Radio France, y compris France Culture, on parlait de « lapsus » au sujet du terme « coupables » employé par Nicolas Sarkozy, comme on l’avait fait quand il avait parlé « de transplantation de la foi » au lieu du foie dans un discours quelques jours auparavant. Là oui, il s’agissait d’un lapsus comme tout un chacun peut en faire, mais pas dans le cadre d’une intervention télévisée minutieusement préparée, sur un sujet touchant d’aussi près à sa fonction présidentielle. Et c’est aussi pour cela que je trouve trop indulgent le député socialiste Pierre Moscovici, quand il prétend à propos du mot « coupables » que c’est l’inconscient du président qui a parlé, comme pour lui trouver une forme d’excuse.
En tout cas cela prouve que dans notre pays on a tendance à souligner le dérisoire plus que l’important, puisque tout le monde en revanche avait relevé la confusion de Nicolas Sarkozy quant il a voulu faire jouer sa nouvelle fibre écologiste, en affirmant que le carbone détruit la couche d’ozone, au lieu de dire le dioxyde carbone. Voilà ce que c’est de vouloir parler doctement de choses qu’on vient de découvrir ! Dans ce cas en effet, dire pareille ânerie scientifique est fâcheux, mais davantage excusable. Cela dit, j’imagine encore une fois la réaction du Figaro, pour ne citer que lui, si cela avait été Ségolène Royal ou François Bayrou qui ait proféré une telle énormité.
Autre énormité dans un tout autre domaine, la taxation des indemnités journalières. La valse continue : après la taxe carbone, les indemnités journalières liées à un accident du travail. Pour l’UMP le temps de récupération et de réhabilitation, qu’il s’agisse d’un accident corporel ou psychiatrique, ce sont des vacances. Et oui c’est tellement plus simple de voir les choses de cette manière ! Comme l’a dit François Bayrou sur RTL, « tout se passe comme si en France, c'étaient toujours les plus fragiles qu'on ciblait : accidentés du travail, annonce de la suppression de l'allocation d'éducation des jeunes enfants", alors que "ceux qui sont au sommet de la pyramide, ceux qui ont de très gros salaires, ceux qui ont des revenus et des patrimoines très importants, ceux-là sont protégés par la loi ».
Notre leader aurait aussi pu ajouter la hausse du forfait hospitalier qui va passer de 16 à 20 euros. Rappelons encore une fois que le trou de la sécurité sociale dépassera les 30 milliards l’an prochain, et que cette mesure lourde pour nombre de Français qui la paieront rapportera moins de 500 millions d’euros. Décidément ce pouvoir a toutes les audaces, puisqu’en revanche il s’interdit de toucher au bouclier fiscal ou autres niches qui ne concernent que les plus fortunés. C’est cela la justice sociale version Nicolas Sarkozy. Puissent le Français comprendre assez tôt que cette politique ne mène nulle part, sinon aux déficits et à la gabegie !
Michel Escatafal
16:12 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
21.09.2009
La République : un gouvernement qui n'est pas dirigé par un seul homme

Pendant que le président de la Banque mondiale Robert Zoellick se déclare inquiet pour la croissance économique dans le monde en 2010, expliquant que la planète n’était pas sortie de la crise, que les producteurs de lait français et européens sont de plus en plus désespérés au point de déverser des milliers de litres de lait un peu partout dans les villes et les campagnes, la France va s’offrir à partir d’aujourd’hui un procès qui fait rire le monde entier. En disant cela j’exagère à peine, car on essaie de faire passer cette navrante affaire Clearstream comme un des scandales majeurs de la cinquième République.
Et tant qu’on y est pourquoi pas de la République tout court, puisqu’aujourd’hui c’est l’anniversaire de la proclamation de la République par la Convention (21 septembre 1792). A ce propos je tiens à rappeler, pour ceux qui l’auraient oublié, que la définition de "la République" telle que décrite en 1792 tient en ces quelques mots : "C’est un gouvernement qui n’est pas dirigé par un seul homme. Il s’oppose à la royauté". Est-ce bien le cas de nos jours ? Hélas non !
Je ne veux pas insister longuement sur cette affaire, sauf à souligner que sur les fameux listings de Clearstream il y avait beaucoup d’autres personnalités de droite et de gauche, y compris du monde du spectacle et de l'industrie, et que sans l’insistance du plus vindicatif des plaignants, Nicolas Sarkozy lui-même, plus personne n’en parlerait depuis bien longtemps. C’est quand même dommage que les journaux, dans une navrante unanimité, ne soulignent pas cet aspect de la question, sauf à considérer que cela fait vendre…et que cela peut servir à éliminer définitivement un rival potentiel du président de la République pour 2012. Pitoyable ! On est loin, très loin de l’esprit qui a présidé à la création de la République.
En tout cas voilà notre président dans un de ses rôles favoris, celui de la victime qui veut faire croire qu’il se bat seul contre tous, alors qu’en fait c’est l’inverse qui se passe. Faire croire ou faire semblant, tels sont les maître-mots de l’action du chef de l'Etat. C’est ce que certains appellent de la communication, et que pour ma part je qualifierais de supercherie. Nous y avons droit chaque jour avec une technique bien éprouvée. Un ministre lance une idée, parfois loufoque, mais qu’importe : quelques jours après, en fonction des réactions de l’opinion, Nicolas Sarkozy le contredit en qualifiant parfois l’idée de "ridicule", même si cette idée il l’a véhiculée pendant des mois, voire des années. C’est comme cela qu’il se fait passer pour un défenseur de "la France d’en bas", ou plus généralement des opprimés. C’est grotesque, mais personne ou presque ne relève dans les médias.
Les médias en revanche ne sont pas tendres avec Dominique de Villepin, ce qui explique en partie les difficultés qu'il a eu à faire le poids face à un rival comme Nicolas Sarkozy, même si ce n'est pas suffisant comme explication. Dominique de Villepin est certes capable de faire un grand discours à l’ONU, comme celui qu’il a fait et qui restera dans l’histoire avant la guerre en Irak, il est aussi capable d’être et de se comporter en homme d’Etat comme il l’a prouvé pendant la période où il a été Premier ministre, notamment au moment des émeutes en banlieue fin 2005, ou à travers ses prises de position sur la dette en 2006, mais il a toujours été coupable de naïveté face à un personnage comme Nicolas Sarkozy. Il ne faut surtout pas oublier que si Nicolas Sarkozy a pu faire son vrai retour dans les cercles du pouvoir, pendant la première présidence Chirac, il le doit à Dominique de Villepin, ce qui fait dire à certains observateurs que ce fut sans doute sa plus grande erreur, avec comme victimes la France et lui-même.
La France, parce notre pays est en train de plonger de nouveau dans l’abîme où il s’enfonce chaque fois qu’il est dirigé par un homme qui a tous les pouvoirs, et lui-même, parce qu’étant considéré comme "le salopard qui a monté cette affaire (Clearstream), il finira pendu à un croc de boucher". On remarquera au passage l’extrême violence des propos dans la bouche d’un président de la République, même s’il ne s’agit que de mots. Mais ne dit-on pas que la violence des mots nous renseigne sur les maux de notre société, au nombre desquels il y a trop souvent la haine.
Or "la haine, c’est la colère des faibles" comme disait Alphonse Daudet. Et dans la situation dans laquelle se trouve notre pays nous devons être dirigés par quelqu’un de fort, quelqu’un qui inspire confiance, qui gouverne le pays avec une action patiente et tenace…et qui rassemble. C’est à ce prix que l’opinion se mobilise et que l’on obtient des résultats. Chaque fois que nous nous sommes écartés de ces principes, les difficultés se sont accumulées. L’histoire est là pour nous le rappeler, mais je doute que Nicolas Sarkozy aime l’histoire.
Michel Escatafal
13:40 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.09.2009
Quelle trace laissera J.M. Borroso dans la construction européenne?
José-Manuel Barroso a donc été reconduit comme prévu pour un second mandat comme président de la Commission européenne. Rien de plus normal puisque la droite ou plutôt les droites ont remporté les élections européennes, et qu’il avait le soutien des chefs de gouvernement y compris socialistes. Avec ce renfort, il ne pouvait qu’obtenir une large majorité, suffisante même dans le cadre du Traité de Lisbonne si, comme c’est vraisemblable, les Irlandais votent « oui » à ce traité par référendum le mois prochain. Est-ce une bonne chose pour l’Europe que cette reconduction de J.M. Barroso ? Oui diront certains, car dans une période difficile comme celle que nous vivons il faut une continuité à la tête de la Commission, même s’ils ajoutent qu’il faudra que l’ancien Premier ministre portugais se fasse un peu violence, pour éviter de se laisser phagocyter par les dirigeants nationaux, notamment ceux des grands pays.
A ce propos, on notera que Nicolas Sarkozy a fait plus ou moins toujours partie de ceux qui ont soutenu J.M. Barroso, et ce pour deux raisons principales : il parle remarquablement bien français, et il est plutôt malléable par rapport à certains de ses prédécesseurs. Ce ne sont pas des arguments forcément convaincants, mais sans doute Nicolas Sarkozy n’était pas le seul à lui trouver ce type de qualité, surtout la seconde. Cela étant le fait qu’il soit polyglotte (français, anglais, espagnol, portugais et un peu allemand) ne peut être qu’un avantage à son poste dans une Europe par essence diverse sur le plan linguistique. C’est même plutôt bien qu’il s’exprime en diverses langues dans sa fonction, comme il l’a fait hier dans un discours en français, et non systématiquement en anglais comme certains voudraient que ce soit le cas, alors que la Grande-Bretagne n’a pas fait partie des pays fondateurs.
Pour le reste c’est plus compliqué, surtout quand on connaît ses prises de position politiques avant son arrivée à la tête de la Commission européenne. Quand il était Premier ministre du Portugal (entre 2002 et 2004), il était un fervent soutien de la politique de Georges Bush, et pour tout dire très atlantiste, allant jusqu’à annuler la participation du Portugal au programme de construction (par Airbus) de l’avion militaire européen. Ce n’est donc pas un européen dans l’âme, c’est le moins que l’on puisse dire ! C’est même un libéral pur et dur, même si comme d’autres il a mis un peu d’eau dans son vin. Il en a mis d’autant plus facilement que, selon ses détracteurs, son opportunisme a fait qu’il était prêt à tous les compromis pour garder son mandat. Cela étant, on en connaît d’autres chez nous !
En attendant, en lisant le compte-rendu d’une interview de D. Cohn-Bendit dans El Pais, ce dernier affirme que « promesses ou pas, Barroso n’est pas l’homme qu’il faut pour l’Europe ». Et il ajoute que « si on écoute Barroso, il n’y a personne de plus socialiste que lui, personne de plus écologiste, personne de plus libéral ». Cela nous fait penser irrésistiblement à quelqu’un d’autre ! Bref, pour D. Cohn-Bendit, Barroso n’est pas crédible, et la prochaine Commission va rencontrer beaucoup de difficultés. Certes c’est Cohn-Bendit qui dit tout cela, et question crédibilité je ne sais pas s’il est capable de donner des leçons. Toutefois il semble évident qu’il dise tout haut ce que nombre de députés européens pensent tout bas.
Avec lui la privatisation des grands services publics sera plus que jamais la règle sous couvert de respect de la concurrence, au mépris complet des desiderata des habitants de l’Union qui savent bien ce qui les attend une fois la privatisation mise en œuvre, avec la disparition des services non rentables. Mais il n’est pas un précurseur en la matière, car c’est ce qui se fait déjà dans les pays composant l’Union, notamment en France où on est en train de démanteler à une vitesse accélérée notre modèle social. En outre privatiser les grandes entreprises publiques permet de faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’Etat, dans une période où elles sonnent creux un peu partout. Et c’est pour toutes ces bonnes raisons que les dirigeants européens se sont accordés sur le nom de J.M. Barroso, y compris les sociaux-démocrates. Quand il y a des mauvais coups à porter aux citoyens on n’est jamais trop nombreux ! En outre qu’ont fait les principaux opposants à J.M. Barroso quand ils étaient au pouvoir ? Qui en France a commencé la privatisation de France Télécom ?
On le voit, nous sommes en plein dans la politique politicienne, et je crains que nous soyons sur ce sujet comme bien d’autres loin des véritables enjeux de la construction européenne. Certains vont me répliquer que l’Europe c’est un compromis perpétuel, et sur ce plan J.M. Barroso est très fort sans doute, même trop. De toute façon quand on passe du maoisme, en réaction à la dictature à l’époque où il était étudiant, au soutien à Georges Bush, c’est qu’on est capable de faire le grand écart. Et puis l’art du compromis à un niveau élevé cela s’assimile à un manque de décision, surtout face aux égoïsmes nationaux de dirigeants se disant européen à Bruxelles, mais farouchement « nationaux » face à leur opinion publique. On connaît hélas la formule : « Quand une décision prise à Bruxelles est favorable à un pays, les dirigeants politiques nationaux se l’approprient, mais si cette décision est défavorable on accuse Bruxelles.
J.M. Barroso qui n’aime pas l’affrontement, aura quand même une lourde tâche dans les cinq ans à venir s’il veut réussir à laisser une trace dans l’histoire de la construction européenne. Déjà il va lui falloir essayer de gérer au mieux la sortie de crise avec les gouvernements nationaux, et surtout faire comprendre à ces derniers qu’ils ne peuvent pas s’assoir sur les déficits comme ils ont hélas pris l’habitude de le faire. Si la mission sera relativement facile avec certains pays à tendance vertueuse (Allemagne, Pays-Bas, Autriche, Finlande), cela sera beaucoup plus difficile avec les mauvais élèves de la classe que sont le Portugal, l’Italie, la Grèce…et la France.
Entre 2010 et 2012, Nicolas Sarkozy aura sûrement d’autres soucis que les déficits et la dette, et je souhaite bien du plaisir à la Commission pour faire comprendre à nos dirigeants que l’Europe a ses exigences. Comme chacun le sait, notre président de la République est surtout européen quand il peut donner l’impression qu’il exerce un leadership sur l’Union, sinon ce n’est plus trop son problème. Et il n’est pas le seul dans ce cas. A ce propos il ne faut pas s’étonner si avec un tel état d’esprit, les dirigeants européens ne donnent pas à leurs concitoyens une image favorable de l’Europe.
Michel Escatafal
08:53 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.09.2009
"Le grand bazar"
Récemment en discutant avec un ami comme moi "jeune retraité", nous nous disions que jamais nous n’avions vu un gouvernement donner autant dans le futile, et aussi peu dans l’essentiel. Et pourtant cet ami avait voté sans état d’âme au second tour de l’élection présidentielle pour Nicolas Sarkozy, après avoir longtemps hésité au premier tour entre ce même Nicolas Sarkozy et François Bayrou. Et me disait-il, ce qui a fait pencher la balance pour son vote c’était le sérieux du candidat UDF de l’époque. J’espère que dans deux ans et demi, comme cet ami, beaucoup de Français auront vu le coté factice de la gouvernance de l’actuel président de la République.
Il est vrai que depuis quelques jours nous atteignons le summum de l’inconsistance en la matière, chaque intervention du président lui-même ou d’un de ses ministres suscitant immédiatement la polémique, sans parler en plus de la cacophonie en matière de communication entre les différents protagonistes. Sur quoi d’ailleurs pourraient être d’accord des gens venus de tous horizons, et n’ayant pour seule ambition que d’être titulaire d’un portefeuille ministériel. Un portefeuille auquel ils s’attachent comme si leur vie en dépendait. A partir de quel moment François Fillon s’est-il engagé résolument aux cotés de Nicolas Sarkozy ? Quand il a cessé d’être ministre, c’est-à-dire quand Dominique de Villepin a été nommé Premier ministre. Et que dire des transfuges de la gauche, même si les militants socialistes ne se sont jamais réellement trompés sur leur compte.
En attendant en ouvrant les journaux de quoi parle-t-on ces jours-ci ? De Brice Hortefeux et Eric Besson à Seignosse, du feuilleton de la loi Hadopi qui n’en finit pas d’en finir, du grand emprunt à propos duquel le site Orange dit "que tout est flou", des fameux tests ADN dans le cadre du regroupement familial, avec des prises de position contradictoires entre la majorité parlementaire et le ministre de l’immigration, lui-même soutenu par le conseiller du président, Henri Guaino. Cela signifie que l’Elysée semble avoir tranché en faveur du ministre face au chef du groupe UDF à l’Assemblée, J.F. Copé, puisque de nos jours le législatif ne fait qu’exécuter les ordres de l’Elysée. Est-ce que le projet est définitivement enterré ? Rien n’est moins sûr tellement ce gouvernement pilote à vue en fonction des réactions de l’opinion.
Mais le meilleur est incontestablement la dénonciation par le président de la République "de la religion du chiffre"…qu’il a tellement contribuée à entretenir depuis de nombreuses années, notamment pour ce qui concerne la sécurité ou les renvois de sans-papier. Certes hier il parlait d’économie, mais là aussi avec Nicolas Sarkozy on peut s’attendre à tout, passant sans le moindre problème de l’apologie du libéralisme des néoconservateurs américains à des discours où sont professées les idées socialistes les plus hardies. Cela dit après la première surprise, en entendant quelques morceaux du discours prononcé hier par le chef de l’Etat, dans le cadre des mesures à prendre pour mieux évaluer les richesses d’un pays, j’ai bien vu que je ne rêvais pas. Il a bel et bien affirmé par exemple que "la croissance, en mettant en péril l’avenir de la planète, détruisait davantage qu’elle ne créait". Pour une découverte, c’en est une !
Avec de telles paroles, cela va mettre du baume au cœur de Cécile Duflot, la secrétaire nationale des Verts, qu’il avait beaucoup déçue avec la taxe carbone à un niveau insuffisant pour elle. En outre il s’est exonéré "d’aller chercher la croissance avec les dents", ce que de toute manière il n’a jamais réussi à faire. Il a aussi fait plaisir à la gauche et à l’extrême gauche avec des mots très durs contre "le marché", celui-là même qu’il appréciait énormément quelque mois auparavant. C’était avant qu’il ne décide de moraliser le capitalisme. Et qu’on ne s’y trompe pas, quand il attaque le marché en général et les marchés financiers en particulier "c’est du sérieux", pour reprendre une expression devenue célèbre dans un tout autre domaine. En effet, il menace de nouveau les autres dirigeants du G20 de claquer la porte si on ne le suit pas sur ses positions. Non mais…Comme tout cela paraît dérisoire. C’en serait même risible si l’avenir de notre pays n’était en jeu. Et le pire est qu’il y a encore des gens pour "se laisser duper", comme disait la reine Hortense.
Michel Escatafal
18:08 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
14.09.2009
"Il faut que chacun se concentre sur son travail"
Difficile aujourd’hui de prendre du recul avec la politique, tellement celle-ci vole "au ras des pâquerettes" de nos jours. Cela démontre ce que je ne cesse d’affirmer, à savoir que nous sommes à la fin d’une époque. En tout cas dans notre pays nous touchons le fond, et nous grattons même pour voir s’il y a encore quelque chose derrière le fond. Il suffit de voir ce qui s’est passé ces derniers jours et ce qui nous en est rapporté, qui concerne les deux principaux partis représentés à l’Assemblée Nationale, entre les vidéos de Seignosse à l’université d’été de l’UMP, et le livre Hold-uPS, arnaques et trahisons, pour en être convaincus. Et le pire se situe dans les commentaires des uns et des autres pour se justifier. Je le répète encore une fois, il faut plus que jamais que le MoDem reste lui-même s’il veut être crédible en disant qu’il « veut gouverner autrement ». Commençons par préparer un bon projet pour le soumettre au pays, avant de penser aux alliances improbables avec des gens qui ne sont d’accord sur rien avec nous (ni même entre eux), sauf récupérer si possible les voix de nos électeurs. Je sais, je me répète, mais si tout le monde fait comme moi, cela préviendra les dérives.
Avant de passer à autre chose, je voudrais quand même souligner que j’ai été extrêmement choqué par les propos tenus par J.F. Copé après l’affaire de Seignosse concernant Brice Hortefeux, notamment sur les moyens de communication comme internet. Je ferais remarquer à ce Monsieur que personne n’oblige les politiques à jouer les vedettes avec les militants, et à faire semblant d’être à tu et à toi, ou pour parler autrement de se mettre perpétuellement en représentation avec les risques que cela comporte. Cela éviterait de s’en prendre aux journalistes (*) ou à ceux qui rapportent une information. Pour ma part, et je souhaite que le MoDem le réaffirme solennellement, je suis contre toute forme de censure même si certaines paroles ou actes de nos hommes politiques peuvent les mettre en difficulté. Après tout est-ce normal de voir un ministre (l’ex-socialiste Besson) faire un doigt d’honneur aux journalistes devant les caméras ? Comme ne cesse de le répéter le président de la République, « il faut que chacun se concentre sur son travail ». Il a raison, mais ce serait parfait s’il se l’appliquait à lui-même, car cela ne fait pas partie de son travail de multiplier les interventions sur l’affaire Clearstream, y compris au Brésil. Le travail dont parle Nicolas Sarkozy exige avant tout de la rigueur et non de la communication à outrance.
A propos de communication, je trouve que l’on en fait beaucoup sur la fête de l’Humanité, au point que cela devient suspect. En tout cas il y en a au moins deux qui ont compris qu’ils n’étaient pas les bienvenus aux yeux des militants du Parti Communiste, Frédéric Mitterrand qui apparemment s’était invité, et Eric Woerth qui l’était. Frédéric Mitterrand, malgré ou à cause de son nom, a été copieusement sifflé et insulté nous dit-on, aux cris de « Mitterrand dehors », ce qui a peiné l’éditorialiste de l’Humanité, Maurice Ulrich, qui évidemment n’a pas les mêmes soucis que de nombreux militants qui arpentaient le parc de la Courneuve. Nombre d’entre eux, ne l’oublions pas, se battent pour essayer de préserver leur emploi dans une période où ceux-ci sont détruits chaque mois par dizaines de milliers. Ils n’ont pas, comme les élus communistes ou autres, des indemnités confortables au titre de leurs multiples mandats, même si je sais que les élus communistes reversent une part significative de leurs indemnités au parti.
Si moi aussi je parle de la fête de l’Humanité, c’est parce que sur Radio France et notamment sur France-Inter il n’y en a eu que pour cette fête depuis quelques jours, avec force reportages. Qu’est-ce que cela signifie ? Je ne sais pas trop, mais je pense qu’on est encore et toujours dans « le cirque Sarkozy » pour parler comme le député Dupont-Aignan, qui n’est plus UMP puisqu’il a créé son propre parti, Debout la République. Je ne suis absolument pas d’accord avec les positions antieuropéennes de Nicolas Dupont-Aignan, mais en revanche je pense comme lui que « la posture ne peut remplacer le projet, et la gesticulation se substituer à l’action ». Et nous sommes hélas en plein dans cette démagogie depuis que Nicolas Sarkozy est à l’Elysée. Quel intérêt d’envoyer deux de ses ministres discuter avec les militants communistes à la fête de l’Huma? Pourquoi la direction de l’Humanité a-telle invité Eric Woerth ? Certes ce journal, autrefois communiste pur et dur, appartient pour 20% à Hachette, TF1 et la Caisse d’Epargne donc au grand capital, mais est-ce une raison suffisante pour « gâcher » la fête des militants? A moins que pour un prochain congrès de l’UMP, dont Nicolas Sarkozy est le véritable chef, on ait l’idée d’inviter Marie-Georges Buffet pour débattre? Ridicule !
Tout cela donne l’impression que depuis 2007 nous sommes toujours en pleine campagne électorale, ce qui signifie hélas qu’on ne gouverne pas…avec les résultats que l’on connaît. En plus, à force de courir après l’opinion, notre pays se met en difficulté vis-à-vis de nos partenaires européens. A ce propos, même si la presse française ne s’intéresse pas du tout à ce que fait la présidence suédoise, celle-ci me semble active et prend son rôle très au sérieux. Oh certes, le Premier ministre suédois Fredrik Reinfeldt fait moins de bruit que Nicolas Sarkozy, mais son rôle fut loin d’être négligeable dans les négociations entre la Slovénie et la Croatie pour essayer de régler leurs différents frontaliers. De même il essaie, au nom de l’Union Européenne, d’apporter sa contribution au règlement des obstacles qui entravent encore la bonne marche du gouvernement d’union nationale formé en 2008 au Zimbabwe, ce qui ne l’ a pas empêché de rester ferme sur les sanctions à appliquer vis-à-vis de ce pays, sanctions surtout destinées au président Mugabe et à son entourage.
Pour revenir sur Fredrik Reinfeld, peut-être que la presse française ne lui pardonne pas d’avoir sévèrement rabroué Nicolas Sarkozy en novembre 2008, lui reprochant son empressement et sa gestion égocentrique de la crise économique. F. Reinfeld avait même osé dire que « c’est peut-être moins important de montrer qu’on est tout le temps en train d’agir, que de faire les choses correctement et de prendre le temps d’analyser ». Et pour faire bonne mesure, au cas où on ne l’aurait pas bien compris, le Premier ministre suédois a ajouté : « Il est si facile de se précipiter pour faire preuve de leadership qu’on oublie d’analyser correctement et à fond la situation ». Par parenthèse c’est à peu de choses près ce que je rapportais précédemment des propos de Dupont-Aignan. Cela montre que les collègues européens de Nicolas Sarkozy ont tout compris, ce que les médias français veulent ignorer. Oui nous sommes tombés bien bas, mais le plus grave est que les dégâts vont être très difficiles à réparer. C’est pour cela qu’on ne fustigera jamais assez ceux qui se perdent dans des querelles d’appareil ou de personnes, au lieu de préparer une alternance crédible qui, comme l’a dit hier François Bayrou, n’existe pas pour le moment.
(*) Décret du 6 mars 1848 : "La liberté de la presse, c'est la raison de tous cherchant à guider le pouvoir dans les voies de la justice et de la vérité."
Michel Escatafal
09:06 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
10.09.2009
L'information choisie...
« Le président de la République nous a dit, et ça nous change des déclarations précédentes quand on nous avait dit que cette taxe irait compenser (la suppression de) la taxe professionnelle, que l'ensemble de cette contribution irait en redistribution vers les ménages ». De qui est cette phrase ? De Martine Aubry qui ajoute, pour faire bonne faire mesure, que « le président de la République vient sur nos propositions ». Si la Première secrétaire du Parti Socialiste n’a trouvé que cela pour affirmer sa légitimité contre ses adversaires dans son parti, et ils sont nombreux aujourd’hui plus qu’hier et peut-être moins que demain, je pense que ce n’est pas gagné d’avance. Ce n’est pas gagné non plus pour Nicolas Sarkozy, malgré ou à cause du soutien plus ou moins avoué des Verts, comme en témoignent les remarques des lecteurs du Figaro qui en arrivent à parler « d’initiatives gauchistes » ou encore « de flirt gauchiste » dans leurs forums. Bref cette taxe carbone est en train de polluer la vie politique française, qui pourtant n’a pas besoin de cela.
A ce propos je redis pour ma part que le MoDem n’a pas à rentrer dans ces débats, pour la simple raison que l’environnement a toujours figuré en bonne place dans ses préoccupations. Peu importe qu’on désigne cette taxe sous les vocables de taxe ou contribution, il s’agit tout simplement d’un impôt supplémentaire. Et il taxera notamment ceux qui n’ont pas les moyens ou la possibilité (cas des locataires) de faire des travaux d’isolation dans leur maison ou appartement, ou encore les propriétaires de véhicules anciens ne pouvant pas en acheter un plus récent et moins polluant. En revanche cette contribution ne touchera pas ceux qui ont des yachts luxueux stationnés à Monaco ou Dubaï. Et le pire est que cette taxe ne servira même pas à renflouer significativement les caisses de l’Etat, vu l’ampleur sans précédent de nos déficits. En fait, pour reprendre l’idée générale qui ressort des remarques des Français sur le sujet, les politiques sont presque tous d’accord pour imposer cette taxe, alors que la plus grande majorité des Français y est hostile. C’est sans doute cela la démocratie vue par nos élus multicartes siégeant à l’Assemblée Nationale ou au Sénat.
Et tout cela n’est rien à coté de ce qui nous attend dans les prochaines semaines, par exemple l’augmentation du forfait hospitalier, comme si les quelques centaines de millions d’euros qui vont être récupérés allaient régler le problème du déficit de la Sécurité sociale (20 milliards d’euros cette année et 30 l’an prochain). Voilà une réforme à faire, une vraie, pour que nous puissions préserver notre système de santé. Heureusement il y a le procès lié à l’affaire Clearstream, ce qui va permettre à la plupart des médias d’occulter des sujets qui fâchent. A ce propos, pour ceux qui veulent y voir un peu plus clair, je vous conseille de lire un article publié dans Mediapart mardi, reproduit dans son intégralité sur le blog de Dominique de Villepin (http://2villepin.free.fr).
Fermons la parenthèse pour parler d’autre chose que ce pitoyable spectacle qui nous est imposé depuis trop longtemps, plus précisément depuis l’élection de Nicolas Sarkozy en mai 2007. Je le redis encore une fois, avec cette façon de gouverner qui consiste à mettre constamment en opposition les uns contre les autres, alors que la situation exige plus que jamais le rassemblement, vers quels abîmes notre pays va tomber ? Et le plus grave est que cela fait sourire dans les médias, comme on peut le constater dans divers articles de journaux qui s’amusent de voir Nicolas Sarkozy faire joujou avec ses adversaires politiques. Comme si c’était le meilleur moyen de sortir notre pays de l’ornière !
En revanche il y a des gouvernants qui agissent y compris sur les salaires des dirigeants de banque. Les Pays-Bas n’ont pas Nicolas Sarkozy à la tête de leur gouvernement, et on n’entend guère parler d’eux à coup de phrases tonitruantes comme notre président, sauf pour fustiger parfois les dérives budgétaires de certains pays…dont la France. Cela dit, ils ont décidé de mettre en place, en accord avec les dirigeants des banques et sociétés d’assurance, un code de conduite sur les pratiques du milieu bancaire, afin de « participer activement à restaurer la confiance dans le secteur financier ».
Ce code entrera en vigueur le 1er janvier 2010, et sera inscrit dans la loi avec une commission indépendante chargée de surveiller son application. Il est destiné évidemment « à mettre fin aux mauvaises pratiques des banques », pour parler comme le ministre des Finances néerlandais, Wouter Bos, en préconisant également que « le salaire total » des membres des conseils d’administration des banques « soit légèrement inférieur » au salaire médian perçu « pour des positions comparables dans le secteur financier et aussi en dehors ». En outre, pour ceux qui en bénéficient, les stock-options ne pourront être levées que trois ans après les avoir reçues.
Certes ce n’est pas la révolution, mais on essaie au moins de fixer des règles, à commencer par l’interdiction du versement de bonus et indemnités de départ, aux membres des conseils d’administration des banques et assureurs ayant bénéficié d’une injection de capital de l’Etat, par exemple ING ou Aegon. Avec cet ensemble de mesures, les banques néerlandaises devancent le débat et les discussions sur les rémunérations inscrites à l’ordre du jour du G20à Pittsburg. C’est curieux, mais dans notre pays les médias n’ont pas fait une grande publicité sur ce dispositif. Il est vrai que chez nous, seules les initiatives ou décisions prises par Nicolas Sarkozy méritent considération. Alors ce que font les Néerlandais…
Michel Escatafal
18:19 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
09.09.2009
Notre pays traverse une bien mauvaise passe...
Notre pays est en train de filer un mauvais coton, c’est le moins que l’on puisse dire. Il y a tout d’abord cette affaire Clearstream qui ne va pas tarder à donner de la France le plus pitoyable des spectacles, avec un procès dirigé contre un ancien Premier ministre qui, par ailleurs, se présente comme « une alternative à la politique qui est menée » par l’actuel président de la République, ce dernier étant en outre partie civile dans cette affaire de faux listings, tellement loin des préoccupations des Français. En tout cas parmi les titres consacrés à ce procès j’en livre un, parfaitement édifiant, tiré de la Tribune de Genève datée du 6 septembre : « Sarkozy contre Villepin en justice : le combat sera sanglant ». Franchement a-t-on besoin en ce moment dans notre pays d’un tel procès ?
Est-ce que la situation catastrophique dans laquelle nous nous trouvons, à la fois sur le plan économique et social, ne mériterait-elle pas que l’on s’intéresse davantage aux solutions pour y remédier, plutôt que ressasser des évènements qui ont eu lieu en 2004 ? A combien va se chiffrer le déficit budgétaire fin 2009 ? Et de combien sera-t-il fin 2010 ? Malheureusement on ne peut pas compter sur l’opposition parlementaire, parce qu’elle n’existe plus, pour peser de tout son poids afin d’empêcher certaines dérives. Il suffit de lire la presse, avec le retour sur le tapis (à travers un livre) de l’élection de Martine Aubry au poste de Première secrétaire du Parti socialiste pour s’en convaincre.
N’étant pas socialiste je ne sais pas ce qui s’est passé dans les fédérations, mais si on a écouté les commentaires de Ségolène Royal sur France 2, le moins que l’on puisse dire est que nous n’avons rien à envier à ce que nos hommes et femmes politiques dénoncent en Afghanistan ou au Gabon. Qu’a dit en effet Ségolène Royal à propos de ce vote, sans que l’on sache exactement ce dont elle était au courant ? Qu’elle avait « ressenti un choc en pensant aux dizaines de milliers de militants qui se sont fait voler leur vote », ajoutant ensuite qu’elle ne peut pas « laisser passer ça pour les militants qui ont voté, pour l’opinion publique(.), pour le principe même de la démocratie ». Très bien, sauf qu’ayant eu vent de possibles malversations, Ségolène Royal aurait dû aller jusqu’au bout de son action, voire porter plainte, et plus encore éviter aux militants le grand show de la réconciliation avec Martine Aubry.
En tout cas cela me conforte plus que jamais dans l’idée que le Mouvement Démocrate n’a rien à gagner à courir les alliances avec le PS ou les Verts, et ne parlons pas des autres. Restons nous-mêmes, parlons des problèmes des Français, préparons notre projet qui est de loin le plus crédible de tous, et je suis persuadé que François Bayrou aura une bonne chance d’être élu président de la République. A une condition toutefois, ne pas se tromper d’échéance, et donc éviter de tremper trop tôt dans la cuisine politicienne. Les Français commencent à se lasser du show perpétuel de Nicolas Sarkozy et des pantalonnades de ses opposants. Ils veulent du sérieux et, pour parler comme Raymond Barre, ils n’ont pas besoin qu’on fasse « le joli cœur ». François Bayrou et son entourage doivent donner une image de solidité et de sobriété, que malheureusement ils n’ont pas donné ces derniers temps jusqu’à l’Université d’été.
Certains de mes lecteurs m’ont reproché, à travers plusieurs courriels peu aimables, mes prises de position y compris sur la désormais trop fameuse taxe carbone. Et bien je suis heureux de constater que les Français ne sont pas aussi nigauds que nous l’imaginons, puisque j’ai lu sur le site web du Figaro que presque deux sur trois sont opposés à cette « contribution climat-énergie ». Mieux même, l’hostilité à cette taxe est majoritaire dans tous les partis politiques, y compris…chez les Verts, la plupart des gens pensant que cette taxe « va alourdir la fiscalité, notamment sur les ménages les plus modestes ». Je le répète encore une fois, quand on a la charge de diriger un pays ou quand on aspire à le faire, il faut du sérieux et non du bla-bla.
A ce propos, que peut-on penser d’un président de la République qui trouve le moyen de désavouer son Premier ministre en recevant la représentante des Verts, à qui il veut faire plaisir à tout prix, pour finir par fixer le montant de cette taxe à un niveau voisin de celui qu’avait indiqué François Fillon la semaine dernière ? Cela étant, comment imaginer que ce même François Fillon puisse accumuler autant de vexations de la part du président de la République sans jamais sourciller ? C’est une énigme que pour ma part je ne comprendrais jamais. Quand je pense à la relation Giscard-Barre entre 1976 et 1981, cela avait une autre tenue ! Je rappelle pour les plus jeunes que Raymond Barre a toujours dit qu’il ne serait jamais resté Premier ministre si, après avoir décidé de l’action à mener avec l’accord du président de la République, il avait été empêché d’agir dans la direction qui avait été fixée. J’arrête sur le sujet, car je m’aperçois que je commets un sacrilège en comparant Raymond Barre et François Fillon.
En résumé, c’est notre démocratie dans ses fondements qui est en danger parce que personne ne se pose en défenseur des libertés, des vraies. La faute à un système que nous sommes nombreux à dénoncer, la professionnalisation de la politique. Voilà pourquoi le non-cumul des mandats est tellement indispensable, comme le retour d’une dose de proportionnelle conséquente pour élire les députés. Peut-être aurions-nous un peu plus d’instabilité ministérielle, mais en revanche le pouvoir ne pourrait pas se permettre tout ce qu’il se permet en ce moment, par crainte d’être mis en minorité. Peut-être aussi certains de ces cumulards ne se sentiraient pas obligés de voter comme un seul homme pour le pouvoir en place, notamment quand il s’agit de lois contraires à leur convictions profondes…pour ceux qui en ont. Enfin cela permettrait de renouveler un personnel politique sclérosé, prêt à tout pour garder ce qu’il estime être sa place.
Oui notre pays traverse une bien mauvaise passe. Et en plus la presse, le plus souvent aux ordres, ne joue plus son rôle d’information parce qu’appartenant à la haute industrie qui se moque bien de faire des pertes dans ses journaux. Encore une réforme à faire ! Comme le disait F. Bayrou dans son projet 2007, toujours valable au demeurant, le pluralisme est la première des valeurs démocratiques. Cela figure même dans la charte des valeurs de notre mouvement, et de cela tout le monde doit être informé. Comme nous le constatons le travail ne manque pas d’ici 2012, si nous voulons laisser aux Français l’espoir de transformer le modèle autocratique actuel, par essence injuste, en modèle démocratique et humaniste.
Michel Escatafal
15:33 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
07.09.2009
Restons-nous mêmes et nous verrons bien !
En réponse à ceux qui s’inquiètent pour moi, et avant qu’ils ne me posent la question par courriel comme certains l’ont déjà fait, je tiens à rassurer tout le monde en confirmant que si ne j’ai pas pu venir aux journées de la Grande Motte c’est uniquement en raison d’un petit problème de santé. Si ce rendez-vous avait eu lieu une semaine plus tard j’aurais pu y être, et ce d’autant plus que j’étais inscrit depuis le mois de juillet. Par ailleurs, comme vous le constatez, j’en profite pour dire que je n’ai jamais eu l’intention de quitter le Mouvement Démocrate, même si je me suis montré très critique après la photo de Marielle de Sarnez avec les Verts et Robert Hue, ou les déclarations de J.L. Benhamias sur le caractère non anodin de cette rencontre. Je trouvais simplement qu’on en faisait « un peu beaucoup », et surtout je craignais qu’on s’arrime au lieu de rassembler autour de nous.
Apparemment j’avais tort d’être inquiet, ou plutôt j’avais raison comme beaucoup d’autres de marquer mon désaccord, d’autant que des clarifications ont été apportées à la Grande-Motte, pour ma plus grande satisfaction. Pour moi, et je l’ai toujours dit, ce que je veux c’est que nous restions sur la ligne qui a été la nôtre depuis la naissance du MoDem, à savoir « gouverner autrement », et ce sur tous les plans. Cela signifie avoir un projet, et faire des propositions sur la base de ce qui a été dit et écrit pendant la campagne présidentielle de 2007. Cela signifie ne pas céder aux modes initiées par les uns et les autres, parce que telle n’est pas la vocation d’un mouvement qui veut rassembler au-delà des clivages politiques en vigueur depuis des décennies. On peut être soi-même et gagner une élection. Et l’exemple de 2007 est là pour nous le rappeler, même si nous n’avons pas gagné. Mais reconnaissons que pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître.
Alors bien sûr pour gagner en 2012 il faudra que notre candidat, François Bayrou, obtienne le droit de participer au second tour. Et pour être en finale, comme on dit dans le langage sportif, il faut auparavant avoir passé avec succès le tour précédent. Mais pour obtenir ce résultat, il faut nécessairement être bon et jouer son propre jeu. Les électeurs attendent de nous que nous fassions la preuve que nous sommes différents des autres, c’est-à-dire de ceux qui sont au pouvoir depuis bientôt trois décennies avec les résultats que l’on connaît, notamment un endettement public considérable qui va obérer pour des années notre développement économique. Rien n’est plus facile que de faire de la démagogie en campagne électorale, par exemple sur des sujets comme l’environnement. Problème, si l’on veut réellement s’attaquer aux conséquences du réchauffement climatique, et sauvegarder les richesses naturelles auxquelles nous recourons pour nos activités, il faut en avoir les moyens. Et c’est aussi à cette condition que nous pourrons servir d’exemple, car la protection de l’environnement est tributaire de décisions à la fois nationales et internationales. En disant cela on est très loin du débat sur la taxe carbone ou des décisions prises dans le cadre du Grenelle de l’Environnement…déjà oubliées pour nombre d’entre elles.
Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce sur quoi nous devons être intransigeants, et chacun voit bien que « tout cela n’est pas anodin ». Notre pays a trop souffert, depuis des années, de n’avoir jamais voulu faire les réformes qui s’imposent, et de suivre la voie tracée à partir de 1981 conduisant au déclin de notre pays, plus encore depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. A propos de ce dernier, nous ne devons pas faire de la surenchère politicienne pour le battre à la prochaine élection présidentielle, pour la bonne raison qu’à ce jeu c’est lui le meilleur. Si François Bayrou doit devenir président de la République en 2012, ce sera sur les valeurs qui ont contribué à fonder notre mouvement, avec des gens venus d’horizons divers, mais capables de s’unir sur l’essentiel et non sur le factice. Les notions de droite ou de gauche sont dépassées, et c’est pour cela que le Parti socialiste a tellement de problèmes, que les Verts ne sont pas crédibles, et que le Front de Gauche n’est qu’un regroupement de groupuscules ne sachant plus s’ils doivent oublier leurs racines ou les faire refleurir.
Mais allez-vous me dire, il faudra bien qu’au second tour de l’élection présidentielle les militants ou sympathisants de ces partis votent pour François Bayrou, si c’est lui qui est désigné pour être en face de Nicolas Sarkozy. Ma réponse est simple, et elle se base sur ce qui s’est passé à de nombreuses élections présidentielles ou législatives : personne n’est propriétaire des voix des électeurs. Certes les militants votent quoiqu’il arrive pour le candidat de leur parti, mais ce n’est pas forcément le cas des autres électeurs dont les voix sont beaucoup plus volatiles. D’ailleurs si elles ne l’étaient pas, Nicolas Sarkozy n’aurait pas été élu. On a beaucoup voté Nicolas Sarkozy dans les banlieues qui pourtant lui semblaient hostiles, comme on a voté en nombre pour l’UMP aux élections législatives dans les cités qui, a priori, n’avaient aucune raison de le faire. J’ai payé pour le savoir malgré tous les efforts que mon équipe et moi-même avions faits pour rencontrer les gens et dialoguer avec eux.
Alors même si notre université d’été a été une réussite à ce qu’on m’en a dit, même si les Français sont las devant l’incompétence et l’amateurisme de nos dirigeants actuels, même s’ils commencent à être effrayés par des annonces qui vont aggraver leurs conditions de vie, je suis certain qu’il va falloir se battre pour triompher en 2012. Il ne faut pas oublier que nous aurons en face de nous un pouvoir prêt à tout pour s’y maintenir, et que nos moyens seront dérisoires face à ceux de nos concurrents. Raison de plus pour rester nous-mêmes, et ne surtout pas aller dans le pas des autres, car cela nous conduirait inévitablement à la défaite. Et puis les autres, certains autres du moins, sont-ils fiables ? Plutôt que se poser la question, essayons d’être les meilleurs de tous, ce qui ne sera pas si difficile, et attendons le verdict des électeurs. De toute façon il ne sera pas possible dans un premier temps de faire projet commun avec le P.S., tiraillé entre sa gauche et sa droite, ni même avec les Verts qui n’ont pas de culture gouvernementale. Alors allons-y seul, et nous verrons bien. D’ailleurs c’est bien ce que nous allons faire aux prochaines élections régionales, et peut-être aurons nous de très bonnes surprises.
Michel Escatafal
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03.09.2009
Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal, les Verts, la sécurité etc.
Il est revenu et ça se voit, on n’entend de nouveau parler que de lui ou presque dans les médias. Je veux évidemment parler de Nicolas Sarkozy, cet homme que le monde entier nous envie si l’on en croit les différentes chaînes de radio ou de télévision, sans oublier le Figaro et quelques autres. Heureusement qu’il y a la presse étrangère pour nous aérer, et nous permettre de s’informer sur ce qui se passe ailleurs dans le monde. Après tout la France ne compte que 64 millions d’habitants soit à peine 1% de la population sur la terre. Passons ! En tout cas si on mesure la grandeur d’un président à ses déclarations, là on est gâté. Si c’est à ses actes, il y a infiniment plus de réserves, que ce soit sur le plan de la politique étrangère, de la politique économique et sociale ou des institutions.
Sur la politique étrangère, j’en suis encore à me demander pourquoi notre président a cru bon de dire que le peuple iranien « mérite mieux que ses dirigeants ». Quand on veut jouer les donneurs de leçons au monde entier il faut des actes clairs et non de la diplomatie à géométrie variable. Or force est de reconnaître que nous sommes souvent dans ce schéma de figure sur le plan diplomatique. Encore une fois, Nicolas Sarkozy a voulu faire « un coup » dernièrement à Berlin. J’observe à ce propos qu’Angela Merkel s’est contenté de réaffirmer (avec le président français) son intention d’appeler en septembre à de nouvelles sanctions contre l’Iran si ce pays refusait de se plier aux demandes de la communauté internationale pour geler son programme d’enrichissement d’uranium. Cela n’a pas empêché Angela Merkel de prendre parfois des positions beaucoup plus hardies que le président français sur des sujets aussi sensibles que les droits de l’homme, sans se préoccuper de possibles mesures de rétorsion sur le plan économique. Mais pour Nicolas Sarkozy l’important n’est pas ce qu’il dit ou fait, mais l’image qu’il veut donner, d’où ces coups de menton à répétition.
En revanche je ne suis pas sûr qu’il va réussir à convaincre grand-monde de sa bonne foi après avoir reçu hier soir ses nouveaux proches alliés, ou plutôt ceux de l’UMP ce qui revient au même, que sont Philippe de Villiers et Frédéric Nihous, au grand dam d’ailleurs de certains chasseurs prêts s’il le faut à s’allier à l’ineffable Georges Frêche en Languedoc-Roussillon. Comme je le disais dans un précédent billet, le rassemblement de la droite est bientôt un fait acquis. Il ne reste plus que Marine ! Curieux qu’on n’entende pas sur le sujet des gens comme Martin Hirsch, Fadela Amara etc. qui passent pour être les consciences de gauche du gouvernement. Ah la griserie du pouvoir …On ne les entend pas davantage sur la réforme de la procédure pénale à partir du rapport Léger qui préconise, comme le demandait le président de la République, la suppression du juge d’instruction et des pouvoirs accrus au procureur.
Ce rapport est d’ailleurs l’exemple type de la méthode Sarkozy, à savoir que l’on demande un rapport à une commission quelconque chargée tout simplement d’élaborer un dispositif qui aille dans la direction voulue par le président. Que de temps perdu et surtout quel gaspillage d’argent et d’énergie ! Comme si la présidence de la République ne disposait d’aucun juriste pour écrire ce type de rapport ! Seulement en opérant ainsi, Nicolas Sarkozy fait semblant d’impliquer beaucoup de monde et surtout fait une fois de plus parler de lui pendant quelques jours, manœuvre dans laquelle s’engouffrent avec avidité les médias complaisants. Cela dit, sans vouloir donner un avis supplémentaire sur cette réforme, le plus important est que celle-ci ait été décidée afin que le pouvoir puisse avoir la main sur les affaires…qui l’intéressent au plus haut point. Tout le reste, ce ne sont que billevesées. Cela existait déjà d’une certaine manière, mais maintenant cela va être assumé pleinement.
En revanche il y a un sujet dont on ne parle pas trop à l’UMP, contrairement à ce qui se passe au Parti Socialiste, voire même au MoDem, le cumul des mandats. Et pourtant si l’on faisait un référendum là-dessus, je suis persuadé que l’on obtiendrait une majorité confortable contre le cumul, parce que tout le monde sent bien que la situation que nous connaissons est tout simplement scandaleuse. Elle l’est d’abord parce qu’elle nuit au renouvellement des personnes dans les partis ou, ce qui revient au même, parce qu’elle crée des rentes de situation qui empêchent des élus qui sont à la fois député ou sénateur, mais aussi maire ou conseiller régional, et ou président de communauté de communes, de connaître la vraie vie dans nos villes ou nos campagnes. Pour eux c’est devenu un métier comme un autre… sauf qu’il autorise précisément ce cumul de fonctions, avec tous les avantages y afférent. Pour moi et je le répète, il devrait être impossible d’avoir plus d’un mandat, quel qu’il soit. Et dans ce cas les élus pourraient s’investir pleinement dans leur mandat puisqu’il serait unique.
En disant cela je sais qu’on va me dire qu’il faut bien vivre, et que quelqu’un qui veut faire de la politique ne doit pas être pénalisé par son investissement au niveau local, régional ou national. Très bien, mais si l’on n’a qu’un mandat cela peut être compatible très souvent avec la poursuite de son métier, et si ce n’est pas le cas cela obligera le candidat à réfléchir avant de s’engager. En tout cas le mandat unique réduirait à sa plus simple expression le nombre extravagant de cumulards qui sévissent dans les instances politiques de notre pays. A ce propos, j’observe que Ségolène Royal a raison de reprocher à Martine Aubry, la Première secrétaire du parti Socialiste, de vouloir reporter la règle du non-cumul après les élections régionales. Pourquoi attendre alors que les militants réclament cette évolution depuis des années, si ce n’est la peur de froisser les déjà cumulards ou multi cumulards ?
Dans un autre ordre d’idées, on peut aussi se demander pourquoi "les camarades socialistes" critiquent l’ancienne candidate à la présidence de la République quant à son opposition sur la taxe carbone qui, par ailleurs, suscite de plus en plus de réserves? Est-ce parce que cela pourrait mettre à mal la fragile alliance avec les Verts? Mais qui ne voit que cette taxe ne va nullement régler les problèmes de pollution, et qu’elle va simplement être un nouveau prélèvement dans la poche des ménages ? En outre elle peut même provoquer un effet désastreux auprès de l’opinion si celle-ci s’aperçoit, avec raison, qu’au nom de l’écologie on crée des impôts supplémentaires. Et qu’on ne vienne pas me dire que cette taxe doit être mise en place à condition « qu’elle ne pèse pas sur les ménages les moins aisés », pour parler comme Marielle de Sarnez. Notre amie devrait savoir qu’une taxe finit toujours par toucher ceux qui sont les plus défavorisés, même si le gouvernement semble faire marche arrière (pour le moment) à la fois sur le montant et sur certaines modalités liées à la fiscalité. Néanmoins cette taxe a été créée et son existence, à n’en pas douter, sera aménagée dans l'avenir de manière à augmenter son rendement. Les Verts seront contents!
Un dernier mot enfin, comment ne pas se poser de question quand on entend que le ministre de l’Intérieur, sur ordre de Nicolas Sarkozy, va réunir les principaux responsables de la police et la gendarmerie pour améliorer la sécurité des Français. Depuis 2002, avec un ministre de l’Intérieur qui s’appelait Sarkozy Nicolas, puis ensuite un président de la République qui s’appelle Nicolas Sarkozy, on multiplie les lois répressives…et le résultat est mauvais. Même sur ce thème qui lui est cher, le chef de l’Etat est en train d’échouer lamentablement. Que dire de plus ? Qu’une fois encore le pouvoir s’est trompé et nous a trompés. Il fallait déjà garder, en matière de sécurité, ce qui n’avait pas trop mal marché du temps du gouvernement Jospin, et améliorer ce qui pouvait l’être, notamment au niveau de la prévention. En outre, quand comprendra-t-on que ce n’est pas en remplissant des prisons déjà pleines qu’on règlera le problème? Ce n’est pas non plus en demandant aux forces de police de faire plus et mieux avec moins d’effectifs qu’on y arrivera. Comme quoi le spectacle permanent a ses limites !
Michel Escatafal
09:38 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


