04.08.2009
Un va-t-en guerre à la tête de l'OTAN !
« Empêcher l’Afghanistan de redevenir une plaque tournante du terrorisme international », tel est l’objectif du nouveau secrétaire général de l’OTAN, Fogh Rasmussen, qui est partisan d’un engagement fort dans ce pays en « ces années cruciales ». Ce M
onsieur n’est pas un inconnu pour qui s’intéresse un peu à la politique étrangère, car en tant que chef du gouvernement danois il fut parmi les premiers à engager son pays en Irak, mettant fin à près d’un siècle de non-engagement militaire du Danemark.
Alors avoir élu à la tête de l’OTAN un pareil va-t-en-guerre ne peut que susciter des inquiétudes, notamment pour la suite des opérations du corps expéditionnaire en Afghanistan. Déjà il va falloir que Fogh Rasmussen arrive à convaincre les diplomates qu’il n’est pas installé à ce poste pour mener une croisade contre le monde musulman, ni pour faire de l’Alliance Atlantique le gendarme du monde. A ce propos si on en est à se poser ce type de question, il faut déjà s’interroger sur le bien-fondé de sa nomination à un poste aussi important, même si les vrais patrons de l’OTAN sont les militaires américains.
En tout cas ce Fogh Rasmussen semble vouloir se convaincre que l’OTAN réussira à l’emporter dans cette guerre en Afghanistan, comme il l’a souligné dans sa première conférence de presse. Voilà qui a dû faire plaisir à Nicolas Sarkozy depuis son lieu de vacances. D’ailleurs F. Rasmussen emploie quasiment mot pour mot les arguments de tous les dirigeants engagés dans ce conflit depuis huit ans, à savoir que : « Nous devons l’emporter, pour les Afghans, pour la communauté internationale, pour la sécurité et pour l’Otan ». Lui aussi n’hésite donc pas à dire qu’il veut absolument faire le bonheur des Afghans malgré eux. Et ajoute-t-il : « L’Otan ne se prépare pas à partir. Nous soutiendrons le peuple afghan aussi longtemps que nécessaire ». Encourageant avec ça !
Si l’on comprend bien, les soldats engagés là-bas, Français compris, ne sont pas prêts de quitter le pays, malgré ce que disait Nicolas Sarkozy pendant sa campagne présidentielle, n’hésitant pas à affirmer que la France n’avait « pas vocation à rester en Afghanistan ». Mais que n’a-t-il pas dit pendant cette campagne ! Par parenthèse, il est quand même amusant d’entendre dire à tout propos « qu’il s’agit d’une promesse du candidat Sarkozy », mais pourquoi ne parle-t-on jamais de toutes celles qui n’ont pas été tenues ? Fermons la parenthèse, car là je suis en train de faire du mauvais esprit, et revenons au problème afghan pour noter que parmi les soldats, sans doute beaucoup plus nombreux qu'on ne l'imagine, il y en a qui pensent que « la guerre en Afghanistan ne réduit pas le risque terroriste et, loin d’améliorer la vie des Afghans, sème la mort et la désolation dans tout le pays ».
Certes on va me rétorquer que je veux parler, entre autres, d’un soldat britannique qui a préféré déserter plutôt que retourner se battre en Afghanistan après un premier séjour. En revanche Joe Glenton (c’est son nom), fait partie de ceux qui ont été sur le terrain et non pas de ceux qui font la guerre confortablement assis sur le canapé de leur salon. En outre cette désertion va lui coûter quelques mois ou quelques années de prison, donc il sait ce qu’il fait et ce qu’il dit, notamment quand il affirme que ses camarades soldats ne sont « qu’un instrument de la politique américaine ».
A ce propos j’observe que Forgh Rasmussen est beaucoup moins belliqueux vis-à-vis de la Russie que de l’Afghanistan, du moins de tous ceux qui sont opposés au pouvoir mis en place par la coalition de l’OTAN. Au contraire il souhaite s’entendre avec les Russes, notamment sur « les questions d’intérêt commun » telles que la lutte contre le terrorisme ou la piraterie. D’ailleurs ajoute F. Rasmussen, « même si la guerre entre la Russie et la Géorgie d’août 2008 a eu un impact très négatif sur la relation entre la Russie et l’Otan", il ne la considère pas comme un ennemi.
Evidemment, la Russie est la deuxième puissance nucléaire dans le monde, et il est beaucoup plus facile de s’immiscer dans la politique intérieure de l’Afghanistan que vouloir chasser les Russes des pays appartenant à sa zone d’influence. En outre si l’Afghanistan est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est sans doute que les Russes et les Américains y ont largement leur part de responsabilité. Personne ne peut le nier. Raison de plus pour que les dirigeants de notre pays comprennent, une fois pour toutes, que la France n’a vraiment pas vocation à rester en Afghanistan, car les soldats français qui meurent là-bas ne meurent ni pour leur pays, ni même pour l’Afghanistan.
Michel Escatafal
12:09 Publié dans politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politqiue, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société



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