30.07.2009
L'Islande et la Turquie ne voient dans l'Europe qu'une vaste union économique
Nous voilà dans la période fin juillet-début août, où ceux qui ont la chance de pouvoir partir en vacances sont les plus nombreux sur la plage, ou en randonnée en montagne, ou tout simplement en train de pécher à la ligne au bord d’une petite rivière bercée par le champ des oiseaux. C’est la raison pour laquelle il me paraît difficile de parler de politique politicienne, d’autant que pour le moment ma priorité va plutôt aux épreuves sportives, parce que le sport a toujours été une passion depuis mon plus jeune âge. Et il faut dire qu’entre juillet et août nous sommes gâtés avec entre autres le Tour de France, la Formule 1 et les championnats du monde d’athlétisme. Mais il n’y a pas que le sport dans la vie, et l’actualité mérite quand même qu’on s’arrête sur quelques sujets qui font la une des journaux français ou étrangers.
Par exemple, la sempiternelle question sur la relation entre l’alcool et la santé, notamment le fait de savoir s’il est bon ou non de boire un ou deux verres de vin par jour. Le président de la République nous a rappelé hier « qu’il ne buvait pas », ce qui signifie qu’il se prive du plaisir de boire de temps en temps « un bon Saint-Emilion », qui contribue pourtant à nous faire mieux apprécier la vie sur notre planète. Dommage hélas que tant de gens en difficulté ne puissent s’offrir ce breuvage divin, car dans ce domaine ce qui est bon est hélas assez cher. Et oui l’injustice est partout ! En attendant, même s’il va sans dire qu’il faut consommer avec modération, je souhaite qu’on arrête de diaboliser le vin et qu’on nous laisse un peu tranquille avec tout ça. N’est-il pas plus dangereux de faire un footing d’une heure en plein été sur le coup de midi, que boire un verre de vin au repas de midi ? Pour tout, il faut simplement savoir raison garder.
En parlant d’interdit je m’aperçois que j’ai commis une grosse erreur l’autre jour sur ce site, en disant qu’il n’y avait que 2500 femmes dans notre pays qui portaient la burqa. J’étais loin, très loin du compte, puisque d’après le ministère de l’Intérieur il y en aurait moins de 400. J’avais donc parfaitement raison d’affirmer que nos parlementaires avaient mieux à faire qu’une loi sur le port de la burqa, à moins qu’ils ne soient obligés de s’occuper de sujets mineurs tellement ils ont un sentiment d’inutilité, les décisions étant toutes prises d’en haut. A ce propos j’ai entendu ce matin sur France-Inter un très vieux parlementaire, François Loncle (69 ans), député et parfois ministre depuis bientôt 30 ans (1981), s’élever contre le fait que le Premier ministre ne servait à rien puisque les décisions se prennent toutes à l’Elysée. C’est vrai, mais c’était déjà en partie comme cela à l’époque où il était ministre avec F. Mitterrand, même si de nos jours c’est exacerbé jusqu’à la caricature.
Cela étant, et dans un tout autre domaine, pour une fois je serais d’accord avec Nicolas Sarkozy à propos de la demande d’adhésion de l’Islande à l’Union Européenne. J’ai cru comprendre en effet en lisant le journal espagnol El Pais, que Nicolas Sarkozy mettait en garde les gouvernements de l’U.E. contre la préférence donnée à l’île au détriment notamment des candidatures des pays des Balkans (Croatie, Macédoine, Albanie). Certes nombre de pays de l’Union vont lui rétorquer que la présence au sein de l’U.E. d’un pays comme l’Islande, au même titre que la Norvège ou la Suisse si elles désiraient adhérer, est beaucoup plus naturelle que celle des nations balkaniques, celles-ci ayant tellement de difficultés à intégrer les valeurs démocratiques selon les critères européens.
Il n’empêche, jusque là l’Islande n’a jamais voulu adhérer à l’Union considérant qu’elle avait avantage à rester en dehors. En outre il a fallu que le pays soit en faillite, pour qu’à une faible majorité les Islandais se décident à faire leur demande d’adhésion. Désolé, mais ce n’est pas de cette manière qu’on adhère à un ensemble comme l’Union Européenne ! Et c’est pourquoi je ne comprends pas cet empressement de la Commission européenne à donner un avis positif (sans doute avant la fin de l’année soit moins de six mois après la candidature islandaise), alors que la Macédoine qui a posé sa candidature en mars 2004 a dû attendre décembre 2005 pour recevoir un avis. L’Albanie pour sa part a fait sa demande en avril dernier et attend toujours qu’on examine son cas. Et je ne parle pas de la Turquie…
Est-ce que la voix de la France sera entendue dans cette affaire ? J’en doute, d’autant que beaucoup reprochent à la France d’avoir une arrière-pensée vis-à-vis de la Turquie dans ce débat. Voilà ce que c’est de vouloir faire de la communication à tout prix et sur tous les sujets, à des fins purement électoralistes ! Malgré tout les négociations avec l’Islande ne seront pas aussi faciles que certains le prévoient, notamment à cause de la politique de la pêche, qui compte pour plus de 60% des exportations islandaises, sans parler des problèmes liés à la chasse à la baleine.
Cependant pour les pays proches de l’Islande ces problèmes sont moins sérieux qu’un changement de nom, comme pour la Macédoine avec la Grèce, ou encore un problème de frontière comme pour la Croatie avec la Slovénie. En outre on rappelle que l’Islande appartenait jusqu’en 1944 au Danemark, et qu’elle est membre de l’Otan, ce qui suffirait à justifier que l’Islande puisse rejoindre l’Union Européenne avant la Croatie. Toutefois, si tel était le cas, il serait difficile d’expliquer aux autres candidats que l’Union Européenne est un ensemble que l’on ne peut intégrer que très difficilement.
La Turquie, par exemple, qui a une position stratégique de plus en plus importante en matière d’approvisionnement énergétique pour l’Europe occidentale, pourrait profiter de l’occasion pour renforcer ses chances d’intégrer « le club européen ». Après tout dès 1959 la Turquie demandait à rejoindre la CEE. Cela dit pour l’européen que je suis, je doute encore que la Turquie, pays farouchement attaché à son indépendance, puisse être à très court terme désireux d’aller vers une évolution confédérale de l’U.E. C’est pour cela que je ne suis pas pour une adhésion rapide de la Turquie, au même titre d’ailleurs que pour l’Islande, car l’une comme l’autre ne voient dans l’Europe qu’une vaste union économique…comme la Grande-Bretagne.
Michel Escatafal
12:24 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
27.07.2009
Il fait chaud et le monde est fou !
De quoi pourrions-nous parler aujourd’hui, d’autant que dans certaines contrées de notre beau pays il fait très chaud ? Comme je suis un amateur de sport, certains vont me dire qu’on peut revenir encore un peu sur le Tour de France et la victoire de Contador, le « campeador ». Cela dit puisqu’on parle de sport, finalement la vedette faisant du sport ce week-end (en France) aura été…le président de la République, à qui je souhaite un prompt rétablissement, comme j’en souhaite un aussi à Felipe Massa, le pilote de Ferrari, qui a eu beaucoup de chance dans son malheur samedi pendant les qualifications du grand prix de Hongrie, où il a reçu sur son casque un ressort arrière qui s’est détaché de la voiture de Barrichello.
Je ne vais pas m’appesantir sur le malaise de Nicolas Sarkozy dont on parle abondamment dans tous les médias, sauf pour dire que je trouve curieux qu’un sportif du dimanche puisse faire un footing vers 13 ou 14 h l’été avec un grand soleil. Dans une telle situation aucun médecin ne dira que le sport est bon pour la santé. Dans le cas d’un homme de 54 ans comme Nicolas Sarkozy qui, en outre, n’a jamais fait de sport en compétition, c’est plutôt l’activité physique qui est saine notamment la marche ou la natation. En plus j’ai toujours su que le jogging fatigue considérablement le cœur, surtout chez les sujets qui ne sont pas de vrais sportifs. Or quand on voit courir Nicolas Sarkozy, on voit tout de suite qu’il est en souffrance, alors que voir Medhi Baala en train de courir est un vrai régal pour les yeux, et pas seulement dans le dernier tour d’un 1500 mètres.
Fermons cette longue parenthèse sur la santé du président de la République, dont on nous dit qu’elle est bonne malgré cet incident, pour évoquer l’inquiétude de nombre de personnes devant le retour en force des bonus dans les grandes entreprises, et plus particulièrement dans les banques. Voilà, la crise est encore loin d’être terminée mais les hauts dirigeants, qui ont amené le monde dans l’état où il est, font comme si elle n’avait pas existé et reprennent leurs mauvaises habitudes d’autant que, bien évidemment, les salariés de base ne sont pas concernés par les primes qui seront distribuées.
Ils le seront d’autant moins que les sommes mises de coté pour la rémunération des dirigeants sont tout à fait considérables, par exemple 11,4 milliards de dollars pour les patrons de Goldman Sachs (banque d’investissement), qui renoue fortement avec les profits, mais aussi 3,9 milliards pour ceux de son concurrent Morgan Stanley. Bien entendu on nous dit que ces deux établissements ont remboursé à l’Etat les fonds qui leur avaient été alloués au plus fort de la crise, et qu’ils sont de nouveau libres de s’affranchir de toutes pressions, notamment politiques.
Certes, mais il n’en empêche pas moins que c’est l’Etat fédéral qui les a tirés du mauvais pas dans lequel ils s’étaient mis, en raison des risques insensés qu’ils avaient pris, eux et tous les autres y compris Citigroup, qui a évité la faillite grâce à un renflouement massif de 45 milliards de dollars par l’Etat fédéral depuis l’automne dernier. Cela n’a pas empêché un de ses traders vedettes de demander le versement d’une prime qu’on lui a promise…qui pourrait atteindre, selon le Wall Street Journal, 100 millions de dollars ! Mais que peut-on faire avec des sommes pareilles ?
En outre même si ces aides commencent à être remboursées, l’effort fait par l’Etat et donc les contribuables n’est pas neutre, ne serait-ce qu’en raison du cataclysme que toutes ces folies ont entraîné. N’oublions pas que la crise du crédit aux Etats-Unis, comme d’ailleurs en Grande-Bretagne et dans le reste du monde, a mis en faillite un nombre incalculable d’entreprises et de particuliers. Alors faire comme si de rien n’était, quelques mois plus tard, parce que Wall Street ou la City vont mieux est tout simplement indécent. C’est de nouveau le règne de l’arrogance vis-à-vis de ceux qui souffrent par millions de cette crise. Même Barack Obama s’est cru obligé de rappeler « qu’on n’a pas l’impression qu’il y ait eu un changement de culture ou de comportement malgré tout ce qui s’est passé ».
Bien entendu les banquiers américains ou européens considèrent qu’il s’agit là d’un débat suranné, et que les banques n’ont guère le choix si elles veulent conserver leurs meilleurs éléments. Belle excuse ! On a l’impression d’entendre les dirigeants du football…dont les clubs sont le plus souvent au bord de la faillite, et qui doivent parfois vendre leurs installations sportives à des collectivités territoriales pour pouvoir investir sur le marché des transferts. Ahurissant ! En tout cas tout cela ne peut que contribuer à déconsidérer encore un peu plus nos dirigeants politiques, du G8 ou du G20, qui sont manifestement impuissants pour instaurer un nouvel ordre mondial. On voulait mettre en place de nouvelles règles, mais celles-ci sont encore une fois sacrifiées sur l’autel du profit à court-terme. Ce monde est fou !
Michel Escatafal
11:00 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
25.07.2009
Qu'il est difficile d'essayer de gouverner autrement !
Qu’il est dur d’être à la fois président des Etats-Unis, de surcroit de race noire et plus encore de vouloir essayer de gouverner autrement. C’est tellement plus facile d’être démago, de vider les caisses et de jouer l’air de la liberté partout dans le monde, sur le modèle américain bien sûr. On a vu ce que cela a donné pendant la presque totalité du mandat de Georges Bush, avec fin 2008 une Amérique quasiment en faillite, décriée et déconsidérée dans le monde entier, et sur les bras deux guerres qui n’en finissent pas. Mais de cela les riches Américains ne s’en soucient pas, d’où leur lobbying pour empêcher Barack Obama de faire aboutir quelques unes de ses promesses de campagne. Lui d’ailleurs, par rapport à quelqu’un que nous connaissons bien ici, notre président de la République française, n’évoque pas une multitude de réformes à réaliser en même temps, mais plutôt essaie de se fixer comme objectif d’en réaliser quelques unes…susceptibles de changer la vie des Américains.
Oh certes je ne suis pas naïf, comme je l’avais dit après l’élection de Barack Obama en novembre dernier, et je sais bien que même ces réformes-là ne seront pas réalisées exactement comme il l’avait envisagé. Il sera obligé de lâcher un peu de lest s’il veut qu’elles puissent passer. Malgré tout, même quelque peu édulcorées, elles représenteront un plus indéniable pour les Américains, comme par exemple la réforme du système de santé qui va bénéficier aux malades d’un grand pays comme les Etats-Unis d’Amérique, qui vivent depuis des années avec un système parmi les plus chers et les moins performants des pays industrialisés. Reconnaissons que si Barack Obama arrive à ses fins, c’est-à-dire s’il fait adopter une réforme diminuant les coûts et octroyant une couverture médicale aux 46 millions d’Américains qui en sont dépourvus (15% de la population !) ce sera une belle réussite, et cela aura une autre allure que faire adopter la loi Hadopi.
Cependant ce n’est pas encore gagné car ce projet se heurte à l’opposition farouche…de ceux qui n’ont aucun problème pour s’assurer un service de soin performant, et il y en a chez les républicains comme chez les démocrates. Ceux-ci en effet dans un même élan s’inquiètent du coût d’une mesure qui va fatalement coûter cher dans un premier temps, alors que le déficit fédéral dépasse les 1000 milliards de dollars par rapport à un PIB qui était en 2008 de 13700 milliards. Par parenthèse en France cette année nous serons également dans un rapport de cette ordre, mais apparemment cela ne semble pas inquiéter grand-monde et surtout pas Nicolas Sarkozy et Madame Lagarde. On les comprend, c’est un sujet qu’il faut aborder avec beaucoup de circonspection jusqu’en 2012. Fermons la parenthèse.
Cela dit cette réforme du système de santé, si elle réussit, pourrait très vite s’avérer rentable pour les finances publiques des Etats-Unis, car en fait de plus en plus de familles ne se soignent pas faute de moyens pour le faire avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur le plan économique et social. En fait, avec le système actuel, les seuls qui s’enrichissent sont les compagnies d’assurance. J’ai lu quelque part qu’une femme atteinte d’un cancer dans l’Etat du Colorado, qui payait 700 dollars par mois d’assurance (492 euros) n’était même pas couverte pour le traitement de son cancer. Et dire que c’est ce modèle que nous vantait Nicolas Sarkozy il y a quelque mois ! Certes il a un peu évolué ces derniers temps, mais s’il avait été élu en 2002 il aurait eu le temps de faire suffisamment de transformations pour que le modèle français soit démantelé. On l’a échappé belle…jusqu’à présent !
Barack Obama voudrait pour sa part essayer de changer autant que faire se peut un système économique global qui a mené son pays à la faillite. C’est la raison pour laquelle il défend bec et ongles son gigantesque plan de relance, mais aussi ses mesures de stabilisation du système financier, et celles relatives à la régulation des activités financières. Là aussi gageons qu’il sera obligé de lâcher du lest, ce qu’il a déjà commencé à faire, mais souhaitons lui plein succès dans sa démarche volontariste. Il n’a jamais dit comme Nicolas Sarkozy qu’il voulait être « le refondateur du capitalisme », mais il essaie de faire au moins le minimum pour éviter que les aberrations qui ont conduit le monde dans la situation que l’on connaît aujourd’hui ne puissent se renouveler. Mais là aussi ce n’est pas gagné car on entend de nouveau les gens de mauvaise foi regretter « qu’on crée de nouveau une catégorie d’assistés et de parasites de la société ». Pour ces Américains, mais il y en a aussi en France, on trouve normal qu’il faille payer toujours plus avec de moins en moins de prestations.
Néanmoins si certaines réformes suscitent la sympathie de beaucoup de ses électeurs, il en est d’autres qui auront davantage de mal à être acceptées, plus particulièrement celle relative à l’éducation qui va entraîner une compétition entre Etats, les subventions étant versées prioritairement là où il y aura les meilleurs résultats. Dit autrement le président veut voir les Etats s’engager dans cette course aux dollars, ce qui implique pour chaque Etat de lier la rémunération des enseignants à la performance des élèves. C’est évidemment une conception très libérale de l’enseignement, mais cela prouve au moins que ceux qui pensaient que Barack Obama était un vrai socialiste se trompaient. Il a simplement une conception de la société un peu moins inégalitaire que son prédécesseur, et il a pour lui un charisme que même ses adversaires les plus acharnés lui reconnaissent.
Un dernier mot enfin, même si Barack Obama est devenu président des Etats-Unis, nombreux sont encore ceux qui vivent avec des préjugés raciaux y compris dans les services de l’Etat. On a pu le constater cette semaine à propos de l’arrestation d’un professeur noir à son domicile, alors qu’il forçait l’entrée de son domicile parce que la serrure était grippée. Cette scène ayant été vue par une voisine, celle-ci s’est empressée de prévenir la police…qui arrive alors que le propriétaire était dans l’entrée de la maison. On devine la suite, le propriétaire des lieux est interpellé par un officier, blanc, qui lui demande ses papiers ce que l’autre ne fait qu’avec réticence car il est chez lui, et il est emmené au poste de police menotté.
Or il se trouve que le propriétaire en question est un professeur de Harvard, un des universitaires noirs les plus influents du pays. Du coup Barack Obama s’empare de l’affaire sans connaître les faits dans le détail, et il tance vertement les policiers qui selon lui ont agi « de manière stupide ». Les policiers se sentant insultés ont demandé à Barack Obama des excuses qu’il n’a d’ailleurs pas faites, mais il a été obligé de reconnaître que le mot « stupide » était un peu fort. En attendant cela a suffi pour réveiller les vieux démons liés aux querelles raciales, qui montrent à l’évidence que les Etats-Unis ne sont pas encore guéris de tous leurs maux. Toutefois, est-ce que chez nous on a beaucoup de leçons à donner aux Américains ? En tout cas les Américains savent mieux que personne que les évolutions sur ce plan seront très lentes, puisque selon un sondage 62% des Noirs et 61% des Blancs pensent que rien n’a changé depuis l’élection de Barack Obama. Le contraire nous aurait étonnés !
Michel Escatafal
18:48 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.07.2009
Il fallait s’y attendre…
En plein été et au milieu de la dernière semaine du Tour de France, j’avoue que je n’ai pas trop envie de parler de politique politicienne. Alors j’ai fait une revue dans les langues que je comprends de ce qui paraît important pour la presse étrangère. Cependant je vais commencer par un petit tour d’horizon sur ce qui se passe chez nous, car finalement des choses il s’en passe dans notre pays. Par exemple on parle beaucoup en ce moment de « la sortie » de Roselyne Bachelot sur les contrôles antidopages sur le Tour, et sur le fait que Nicolas Sarkozy ait suivi l’étape du Tour de France…dans la voiture du directeur de course. Certes « il a la banane » comme il dit, mais de là à faire ce que font Contador, Schleck ou Armstrong…Toutefois il aura figuré parmi les vainqueurs de la journée, car il a eu droit à une interview devant le podium qui a duré une dizaine de minutes, alors que seulement quelques coureurs avaient franchi la ligne d’arrivée, ce qui a certainement beaucoup énervé de nombreux téléspectateurs.
Passons à autre chose : J’ai lu quelque part que Michèle Alliot-Marie avait révélé que 82 000 justiciables des tribunaux français ne peuvent pas purger leur condamnation…à cause de la politique mise en place par Rachida Dati, mais aussi par son prédécesseur Pascal Clément. Et tout cela parce que sur la demande d’un ministre de l’Intérieur appelé Sarkozy Nicolas, et du président de la République Nicolas Sarkozy, on n’a pas cessé de renforcer l’arsenal pénal sans pour autant donner les moyens d’assurer cette politique. On a l’habitude depuis 2002 de faire ce type de constat !
Autre constat : quand cessera-ton de parler de cette fameuse « loi Hadopi » qui n’en finit plus d’occuper l’énergie de nos parlementaires ? Comme si c’était le moment de s’offrir des polémiques aussi inutiles que stériles dans une période où notre pays va très mal, même si Madame Lagarde essaie sans arrêt de se trouver de bonnes raisons lui permettant d’affirmer le contraire. Cette semaine elle est satisfaite de l’évolution de la consommation dans notre pays, mais aussi du redressement de la production industrielle. On ne peut que s’en réjouir, mais si la consommation se maintient je redis une fois encore que le gouvernement n’y est pas pour grand-chose, car si la France connaît une situation un peu meilleure sur ce plan que d’autres pays, c’est parce que ses habitants sont moins endettés…ce qui provoquait les regrets de Nicolas Sarkozy il n’ y a pas si longtemps.
En tout cas pour revenir sur la « loi Hadopi », il est manifeste que même à l’UMP on n’en veut pas. Néanmoins cette loi finira par être votée car tel est le désir du président de la République et de son épouse…à moins que le Conseil Constitutionnel n’y trouve de nouveau à redire. Pourtant les députés socialistes avaient fait un pas en avant pour éviter la voie répressive, en proposant la mise en place d’une contribution forfaitaire pour les abonnés à Internet qui, selon leurs dires, aurait rapporté 400 millions d’euros annuels. A titre personnel je pense qu’ils ont eu tort de faire cette proposition, car il n’y a pas de raison de faire payer quiconque, et moins encore ceux qui ne téléchargent pas. Enfin, j’observe qu’on ne s’est jamais autant préoccupé des artistes, alors qu’on se soucie beaucoup moins d’autres professions infiniment plus menacées. Les agriculteurs par exemple, qui vivent déjà avec angoisse l’incertitude qui règne sur l’avenir de la PAC dont les budgets ne sont garantis que jusqu’en 2013, sans parler de l’abandon des quotas laitiers qui va lourdement pénaliser les éleveurs.
Passons à l’étranger maintenant pour noter que la cote de popularité de Silvio Berlusconi est en chute libre, en raison des scandales ayant trait à sa vie privée. Cela étant sa cote est encore supérieure à celle de Nicolas Sarkozy chez nous. Malgré tout moins de 50% des Italiens faisant confiance à S. Berlusconi (49% selon le dernier sondage), il y a longtemps que cela n’était pas arrivé. Je ne vais pas pleurer sur le sort du « Cavaliere », même si je me moque complètement des problèmes auxquels il est confronté. Moi ce que je demande en premier à un dirigeant c’est de bien gouverner et de préparer l’avenir du pays, chose que Silvio Berlusconi ne sait pas faire. Et pourtant il a hérité de Romano Prodi d’une situation bien meilleure que celle que ce dernier avait trouvée…quand il a remplacé Silvio Berlusconi. Celui-ci a quand même été de nouveau élu, ce qui démontre que les Italiens ont la mémoire courte, comme les Français.
Mais ce n’est pas mieux aux Etats-Unis, où Georges Bush a été réélu en 2004. Et pourtant déjà à cette époque, son bilan était calamiteux, malgré un héritage tout à fait honorable de Bill Clinton. Décidément il faut être naïf pour s’imaginer qu’un bon bilan suffit pour remporter une élection nationale, et si je dis cela c’est parce qu’hier soir encore un de mes amis me confiait qu’il n’imaginait pas qu’on puisse réélire Nicolas Sarkozy en 2012. Funeste erreur, hélas, d’autant qu’on semble tout pardonner à ceux qui se complaisent dans une certaine médiocrité, et rien à ceux qui essaient de faire évoluer les choses de manière positive, comme en témoigne la chute rapide de la popularité de Barack Obama par comparaison avec celle de Georges Bush après six mois d’exercice du pouvoir.
Autre surprise, alors que l’on croyait enterrée la candidature de Tony Blair pour le poste de futur président du Conseil Européen, voilà que son nom revient de nouveau avec insistance, ce qui fait rugir nombre de députés européens, dont Daniel Cohn-Bendit. Pour une fois je suis d’accord avec lui, car si par malheur Tony Blair devenait le président de l’Europe, ce serait définitivement la fin du rêve européen. Pour parler comme D. Cohn-Bendit, l’Europe de Tony Blair serait synonyme de « moins d’Europe ». Ce poste doit revenir à un authentique européen avec tout ce que cela représente, notamment en matière d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Pour mémoire rappelons que Tony Blair était aussi le candidat de Nicolas Sarkozy, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il aura son soutien jusqu’au bout.
Avant de terminer, mais est-ce important, je reviens en France pour dire que je suis stupéfait de voir les réactions de ceux qui se disent proches du Parti Socialiste, ou qui appartiennent à son appareil, devant la déliquescence dans lequel ce parti est tombé. Mais à qui la faute sinon aux dirigeants, qui ont tout fait pour « fusiller » la candidate du parti au moment de l’élection présidentielle, et aux adhérents qui ont accepté que Ségolène Royal, qui avait remporté l’élection du Premier secrétaire, soit privée de sa victoire pour l’offrir à Martine Aubry et ses alliances contre-nature. Alors maintenant, quand je vois les Fabius et autres Delanoë regretter de voir leur parti creuser sa propre tombe, cela me fait sourire. Il fallait quand même s’attendre à ce qu’une Première secrétaire aussi mal élue que Martine Aubry, au mépris du suffrage universel, soit constamment en difficulté, d’autant que les seules forces sur lesquelles elle puisse compter sont les vieux caciques du parti, alors que la jeunesse a fait le choix de Ségolène Royal. Et pendant ce temps Nicolas Sarkozy compte les points !
Michel Escatafal
21:22 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
20.07.2009
Est-ce que le monde est meilleur de nos jours qu'en 1969 ?
Aujourd’hui 20 juillet est une date historique puisque cela fait 40 ans qu’un homme a posé pour la première fois le pied sur la lune. En quoi était-ce si important comme évènement ? Je me pose encore la question, même si je sais bien que derrière tout cela il y avait la rivalité entre les deux superpuissances qu’étaient à l’époque les Etats-Unis et l’Union Soviétique. Cette dernière avait longtemps fait la course en tête, comme on a pu le revoir sur Arte dans un documentaire-fiction la semaine dernière, mais au final ce sont les Etats-Unis qui ont réussi le plus retentissant exploit, celui qui a le plus frappé les esprits, à savoir marcher sur la lune. Jusque là les gens ne réalisaient pas vraiment ce qu’était la conquête de l’espace, car entre le premier Spoutnik, le premier vol dans l’espace et même l’alunissage d’un engin sur notre satellite naturel, il n’y avait rien de vraiment spectaculaire pour le grand public. Là en revanche, le 20 juillet 2009, voir à la télévision deux hommes arriver avec un engin sur la lune et s’y promener pendant un petit moment, c’était considéré comme du grand spectacle, même si c’était sans doute loin d’être « un pas de géant pour l’humanité ».
Pour moi en revanche qui était déjà très intéressé par la politique, j’avais comme l’impression que l’URSS venait de subir sa seconde grande défaite face aux Etats-Unis, après la capitulation de Khrouchtchev lors de l’affaire des fusées de Cuba en 1962. En fait le système soviétique venait tout simplement d’atteindre ses limites, et il y avait comme une sorte de justice de voir ce pays n’avoir pu réussir à atteindre son but après avoir emprisonné nombre de ses ingénieurs dans les pires années staliniennes, puis en avoir réhabilité quelques uns dont le meilleur d’entre eux, Korolev. Celui-ci est mort d’ailleurs avant d’avoir achevé sa mission, sans doute à cause des privations et sévices endurés pendant ses six ans de goulag sur dénonciation d’un collègue, Glouchko. Et si j’ai bien compris les témoignages de l’époque, c’est la mort de Korolev qui a certainement empêché l’Union Soviétique de gagner cette bataille de l’homme sur la lune, Glouchko n’ayant pas réussi à prendre la relève de celui qu’il avait dénoncé… et qu’il avait fait sortir plus tard du goulag.
Là nous sommes en plein dans l’histoire, la vraie. A ce propos, est-ce que le monde est meilleur de nos jours qu’il ne l’était en 1969 ? Certainement pas. Certes la vie des gens s’est améliorée grâce aux progrès de la technologie et de la science, mais aujourd’hui il y a encore un milliard d’individus sur la terre qui meurent de faim, ce qui est tout simplement scandaleux. Et pendant ce temps on dépense des centaines de milliards d’euros ou de dollars pour essayer de réparer les dégâts causés par la spéculation financière qui a sévi dans le monde développé et émergent au cours des dernières années. On dépense aussi des dizaines de milliards de dollars pour entretenir des guerres coûteuses et ruineuses, notamment en Irak et en Afghanistan. Non le monde n’est pas meilleur depuis la fin de l’Union Soviétique il y a une vingtaine d’années, car le capitalisme triomphant n’a plus en face de lui les gens qui arrivaient à convaincre des millions de gogos que le socialisme, façon Union Soviétique, pouvait les amener vers un monde meilleur.
En fait « les trente glorieuses » dans les pays occidentaux ont été largement aidées par cette propagande communiste, les gouvernements de certains pays ( France, Italie...) étant bien obligés de tenir compte du poids important que représentaient les 15 à 25% d’électeurs qui votaient pour « le parti de Moscou », sans oublier les nombreux adhérents du syndicat CGT (CGIL en Italie) lui-même courroie de transmission, comme on disait à l’époque, du Parti Communiste dans les entreprises. La CGT était tellement puissante à la fin des années 60 que Georges Séguy était à coup sûr un des hommes les plus influents de notre pays comme il l’a démontré en 1968, d’abord en récupérant la révolution étudiante, puis en faisant arrêter les grèves avant les élections législatives…sur ordre de Moscou qui ne faisait pas confiance à la gauche socialo-communiste pour s’installer au pouvoir en France. Là aussi on est en plein dans l’histoire.
Enfin je ne voudrais pas terminer mon propos sans évoquer un sujet beaucoup plus léger, mais tellement important au mois de juillet, le Tour de France. Celui-ci suscite en effet bien des passions, notamment avec le retour d’Armstrong, et on peut lire tout et n’importe quoi sur les forums de sport comme on entend tout et n’importe quoi dans les discussions de cafés du commerce. On y parle beaucoup de dopage, donc d’un sujet que l’immense majorité des gens ne connaissent pas. Ils ne connaissent pas davantage le vélo d’ailleurs, qui a toujours été pour eux un simple moyen de locomotion. Cela ne les empêche pas de disserter longuement sur le dopage dans ce sport et donc de le discréditer autant qu’ils le peuvent.
Je voudrais simplement dire à ceux-là qu’ils arrêtent de dire des âneries. Si le Tour de France ne les intéresse pas, qu’ils cessent d’en parler et qu’ils laissent les millions de spectateurs et de téléspectateurs rêver autant qu’ils peuvent le faire. Au passage j’observe que malgré toutes ces insinuations sur le dopage, les gens sur le bord de la route sont toujours aussi nombreux et vibrent toujours autant aux exploits de Contador, Schleck ou Armstrong, comme ils ont vibré à ceux de Coppi, Anquetil, Merckx ou Hinault autrefois. Alors que les moralistes de tout poil qui trouvent normal de boire cinq ou six cafés par jour pour tenir le coup à leur boulot, de prendre du viagra pour essayer d’être performants dans certaines circonstances, d’user de boissons énergétiques pour faire semblant de courir quand ils font un footing, bref que tous ces zozos mènent leur vie comme ils en ont envie, mais qu’ils cessent de dénigrer les coureurs et ceux qui les admirent. J’observe à ce propos que c’est chez nous, en France, pays de la surconsommation médicale, que l’on parle le plus de dopage. Encore une exception française !
Michel Escatafal
10:59 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
17.07.2009
Sur la complaisance des médias...
Une fois de plus on est surpris à l’étranger par la relation de Nicolas Sarkozy avec les médias audiovisuels, en raison du portrait-interview fatalement complaisant diffusé lundi soir sur France 5. Certes c’est la période des vacances, et pour peu qu’il fasse beau nombre de gens n’ont pas vu ce portrait plus que consensuel du chef de l’Etat. Toutefois on peut quand même regretter que Nicolas Sarkozy ait décidé d’arrêter l’interview habituelle des présidents de la République le jour du 14 juillet à 13h. Oh certes on savait bien que les journalistes qui intervenaient ce jour-là avec le président n’allaient pas être trop méchants, mais c’était quand même mieux qu’un cirage de bottes en règle.
Décidément le président de la République aime les médias…quand il est sûr que ceux-ci vont le servir. La semaine dernière il a réalisé une longue interview pour le Nouvel Observateur, interrogé par un ami de son épouse ce qui excluait par avance tout risque de dérapage de la part du journaliste. Pauvre Nouvel Obs, et surtout pauvre presse indépendante ! Que reste-t-il comme journaux réellement indépendants ? Le Canard Enchaîné sans doute, tout comme Siné Hebdo qui est en train de se faire une petite place dans la presse hebdomadaire. Tant mieux même si évidemment je crois être assez averti « pour en prendre et en laisser » dans ce qui est écrit. Cela dit, combien de lecteurs ces deux journaux représentent-ils ? Au maximum 500.000, et encore certaines semaines pour atteindre ce chiffre il faudrait peut-être y ajouter Marianne.
Dans ces conditions il est aisé de comprendre pourquoi les Français sont si mal informés. Entre les journaux télévisés de TF1, France 2 et FR3 qui a eux seuls doivent faire presque les 3/4 de parts de marché, plus la grande presse régionale en province, y compris avec ses petits hebdomadaires locaux qui ont quasiment tous été absorbés par les grands groupes, qu’est-ce que le lecteur peut se mettre sous la dent pour savoir ce qui se passe dans le pays, et à plus forte raison dans le monde ? Rien ou presque. Presque parce qu'il y a internet, mais si internet a un succès de plus en plus évident pour l’achat de biens de consommation, en revanche rares sont les Français qui passent du temps pour s’informer sur la situation réelle en France, en Europe ou dans le monde. Bien entendu quand je parle d’internet j’y ajoute tous les blogs, mais au final tout cela ne fait pas grand-monde.
Que retiennent les gens en priorité dans ce qu’ils entendent, voient ou lisent ? Des titres plus ou moins racoleurs destinés à frapper l’imagination. Un accident d’avion, surtout si parmi les victimes il y a des Français, va occuper des heures et des heures d’antenne. Ce sera la même chose pour la mort d’un chanteur de variétés, surtout si c’est une vedette internationale. Et puis il y a le tout venant des informations locales, mais pas grand-chose sur la politique sauf au moment des élections, ou alors des niaiseries destinées à détourner l’attention. Hier par exemple, on ne parlait presque que des 14.000 euros rendus par Nicolas Sarkozy suite au rapport de la Cour des Comptes sur le budget de l’Elysée. A ce propos je ne dis pas que les travaux de la Cour des Comptes ne sont pas de qualité, mais ce qui en est distillé dans la presse est orienté…dans le bons sens pour le président de la République.
D’ailleurs qui se préoccupe dans notre pays des dépenses de l’Elysée ? Personne jusqu’à ce jour, d’autant que tout dépend de la personnalité de celui qui l’occupe. En regardant l’autre soir le documentaire sur le général de Gaulle, j’ai eu confirmation qu’il payait lui-même son électricité et sa taxe d’habitation pour les locaux qu’il occupait avec sa famille. On n’en demande pas tant, car ce que l’on veut c’est que le pays soit bien géré, et qu’il y ait des résultats en matière de chômage, de développement durable, de balance commerciale, de déficits publics, de recherche et développement etc., bref tout ce qui porte notre pays vers des lendemains meilleurs ou pires. Je suis persuadé que personne ne s’est inquiété des dépenses de Matignon à l’époque où Raymond Barre en était le locataire, parce qu’il avait assuré le redressement du pays (stabilité du franc, ralentissement de la progression du crédit, maîtrise des finances publiques et de la sécurité sociale, rétablissement de l’équilibre extérieur). Tout le reste ce n’étaient que billevesées.
Et puisque je parle encore une fois de Raymond Barre et du général de Gaulle, je voudrais en profiter pour dire que l’un et l’autre ont eu pour caractéristique commune de n’avoir jamais eu d’extrême sensibilité au moindre commentaire d’un journaliste. Au contraire, comme le préconisait François Mauriac, ils ont su « s’établir dans un état d’indifférence, opposer une surface lisse et ne retenir des attaques subies que ce qui peut les aider à voir plus clair ». C’est une attitude totalement opposé à celle de Nicolas Sarkozy, qui n’écoute que les « coups de clairons » que ne manquent pas de lui donner ses thuriféraires et ses obligés. Hélas on en voit les résultats, et malgré les apparences, avec des réformes qui se transforment toutes en réformettes pour parler comme Dominique de Villepin, c’est plus que jamais l’immobilisme dans lequel se complaît le président de la République qui fait perdre chaque jour du terrain à notre pays dans la compétition internationale.
Michel Escatafal
08:42 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.07.2009
Heureusement que le ridicule ne tue plus...
Décidément, heureusement que le ridicule ne tue plus dans notre pays car cela commencerait à faire une hécatombe. Je viens de découvrir en effet dans le site web du Monde que l’on vient d’effacer la cigarette d’Alain Delon pour les besoins d’une publicité. Cela dit pour cette publicité on passait une photo prise…en 1966. Déjà on avait fait la même chose pour la pipe de Monsieur Hulot dans le film « Mon Oncle », comme on l’avait fait aussi pour la cigarette de Jean-Paul Sartre sur une affiche de la Bibliothèque Nationale de France. Ainsi dans la France des années 2000 on est en train de gommer l’histoire…au nom de la loi Evin, qui interdit toute publicité sur l’alcool et le tabac. On est aussi en train de passer son temps à interdire tout et n’importe quoi.
Il y a quelques semaines c’était le téléchargement par internet, ensuite un peu plus tard on s’occupait du port par quelques centaines de femmes de la burqa, là c’est la loi Evin, et puis quoi encore ! En fait dans notre beau pays la seule chose qui soit autorisée, c’est d’augmenter le déficit public à des niveaux inconnus en temps de paix, et donc de faire gonfler la dette publique. Je sais, certains vont me dire que je mélange tout, mais quand même s’attaquer aux photos représentant Sartre, Malraux ou Alain Delon en train de fumer une cigarette c’est complètement nul. D’ailleurs même le président de l’association Droit des non-fumeurs trouve que « c’est de l’autocensure ».
Que faire devant tant d’hypocrisie ? Hélas pas grand-chose, parce que telle est la volonté de nos gouvernants qui, à travers des débats et polémiques complètement débiles, s’imaginent que l’on peut faire oublier aux gens tous les problèmes qu’ils rencontrent. En faisant la chasse à la cigarette jusque dans les tréfonds de notre histoire on se donne bonne conscience, en oubliant simplement que la vente de tabac rapporte 12 milliards d’euros à l’Etat, lui qui en a tellement besoin par les temps qui courent. A ce niveau de recettes je serais presque tenté de dire que l’Etat est presque aussi dépendant du tabac que les plus grands fumeurs. L’assuétude est même totale, car ces 12 milliards représentent entre 8 et 9% du déficit prévisionnel du budget de l’Etat en 2009.
C’est pour cela que je répète encore une fois que cette censure devient de plus en plus stupide. Ira-t-on bientôt jusqu’à ne plus passer les films de Jean Gabin, grand fumeur devant l’Eternel ? Ne verra-t-on plus dans les documentaires le président Pompidou et son éternelle cigarette ? L’autre jour les censeurs ont dû s’étrangler dans le documentaire sur la vie du général de Gaulle, où on voyait de temps en temps ce dernier avec une cigarette sur les lèvres. Tout cela ressemble…à un rideau de fumée, car dans la France de juillet 2009 les problèmes économiques, sociaux et financiers ont rarement atteint une telle acuité en même temps. Juste un mot en évitant d’assommer de chiffres ceux qui sont en vacances : alors que le gouvernement nous annonce un déficit oscillant entre 125 et 130 milliards d’euros, ce qui veut dire que ce sera davantage, j’ai retrouvé une note de fin septembre 2008 où le gouvernement prévoyait un déficit de 52 milliards d’euros.
Et ce même gouvernement estimait que la dette publique serait ramenée à 61,8% du PIB fin 2012. Nous serons au-delà de 80% en 2009 et en 2012 nous ne serons pas loin des 118% de la richesse nationale…comme en 1918 après quatre ans de guerre. Pour mémoire le Pacte de Stabilité européen fixe à 60% du produit intérieur brut la limite autorisée d’endettement public pour un Etat membre de l’Union Européenne. Cela se passe de commentaires, et je comprends dans ces conditions que rien ne soit jamais trop bon quand on peut éviter les sujets qui fâchent ou qui font tâche. Cependant j’espère que mes compatriotes comprendront aussi qu’il ne tient qu’à eux de mettre fin à ces dérives en 2012. Après tout ils ont bien voté pour Nicolas Sarkozy en sachant que sur la sécurité il ne leur avait pas dit la vérité. Ils ont cru également ce même Nicolas Sarkozy quand celui-ci leur disait qu’en travaillant plus ils gagneraient plus, ou qu’il serait le champion du pouvoir d’achat. Alors, un peu plus de deux ans plus tard, quand on voit l’étendue des dégâts je crois qu’il est permis de se dire qu’une équipe nouvelle, pour peu qu’elle soit responsable, ne peut que faire mieux…puisqu’on n’a jamais fait aussi mal.
Michel Escatafal
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13.07.2009
Il y aura un avant et un après...
Aujourd’hui nous sommes le 13 juillet et la France, dont une partie est en vacances, s’offre une de ces polémiques dont elle a le secret, concernant la déprogrammation d’un chanteur de rap, Orelsan, aux Francofolies de La Rochelle, le tout…sur fond de politique politicienne. Pour être honnête je vous dirais que je ne savais pas que ce Monsieur existait jusqu’à cette affaire. Je ne sais donc pas ce qu’il a pu écrire, sauf quelques mots que j’ai entendus ce matin sur France-Inter, et ce que j’en ai lu sur les sites web des journaux français. Enfin pour ne rien vous cacher je me fiche complètement de cette polémique qui, contrairement à ce que disent certains, n’engage en rien l’avenir de notre pays qui a d’autres problèmes beaucoup plus importants à résoudre.
En revanche ce qui m’attriste le plus c’est de voir l’exploitation qui en est faite au niveau politique. Les uns tirent à boulets rouges sur Ségolène Royal, parce que certains affirment qu’en tant que bailleuse de fonds au nom de la région Poitou-Charentes, elle a exigé qu’Orelsan ne figure pas dans la programmation des Francofolies. Sur France-Inter ce matin, le responsable de ces Francofolies a bafouillé quelques mots, pour la plupart inaudibles, qui semblaient vouloir dire qu’il avait lui-même pris la décision de cette déprogrammation d’Orelsan en cinq minutes. Mais c’était aussitôt pour ajouter qu’il regrettait cette décision. De plus, à la question de savoir si Ségolène Royal avait joué un rôle ou pas, il a eu l’air de dire qu’il n’en savait rien. C’est du moins ce que j’ai cru comprendre.
Ce que je n’ai pas compris, ou plutôt que je fais semblant de ne pas comprendre, c’est la réaction de l’UMP par l’intermédiaire de son infatigable porte-parole Frédéric Lefebvre et de son ineffable adjoint Dominique Paillé, qui jugent « intolérable que ce boycott d’un artiste intervienne suite à un chantage à la subvention ». Bien entendu ces fortes paroles visaient Ségolène Royal. Cela étant que l’UMP profite de cette affaire pour nous faire un couplet sur la liberté d’expression relève de l’hallucination. Tout comme quand on lit des phrases du style : « Il y aura un avant et un après Orelsan », prononcées par le chanteur Cali que je n’ai jamais entendu chanter, mais dont je connais vaguement le nom…pour avoir soutenu Ségolène Royal au moment de l’élection présidentielle.
Est-ce la chaleur qui provoque cette effervescence sur un sujet aussi mineur ? Je ne sais pas, mais je finis par croire que c’est plutôt la période des vacances qui s’y prête. Pour ma part je suis beaucoup plus passionné par le Tour de France, même si certains de mes proches trouvent exagérée ma passion pour le sport en général, et le cyclisme en particulier. Désolé, mais c’est un sport que j’ai longtemps pratiqué, et mon grand regret a longtemps été d’avoir été meilleur dans l’analyse de statistiques économiques et financières que sur mon vélo de route ou de piste. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai créé l’an passé mon blog sur le sport et l’histoire du sport (http://mesca-sport.hautetfort.com) qui, j’en suis heureux, semble intéresser pas mal de monde.
Ces quelques mots seront ma conclusion pour aujourd’hui, veille de 14 juillet, mais à l'évocation de cette date je ne puis m'empêcher de faire un petit rappel historique. En effet, plus encore que la prise de la Bastille, ce furent les jours qui précédèrent qui furent décisifs pour l’histoire de la Révolution. En effet c’est le dimanche 12 juillet 1789 que les gens ont appris le renvoi de Necker par le roi Louis XVI. Or pour le peuple Necker était le protecteur des petites gens, au point que l’on criait « Necker, notre père, ne nous abandonnez pas ». Le même jour Camille Desmoulins, un des députés du Tiers-Etat, excellent orateur, monte sur une chaise et appelle le peuple de Paris à prendre les armes, ce qui a provoqué une violente charge d’un régiment de cavalerie du prince de Lambesc…que les manifestants ont fini par repousser à coup de pierres.
Le lendemain, 13 juillet, les Parisiens se sont armés jusque dans la nuit. Tous les dépôts d’armes et toutes les armureries ont été pillés, les barrières qui limitaient Paris ont brûlé. Au couvent Saint-Lazare, où une foule s’est rendue au point du jour pour trouver du blé, les religieux se sont enfuis, et le peuple est revenu en triomphe jusqu’à l’Hôtel de Ville avec 52 charrettes de blé. Le lendemain, le 14 juillet à 6 heures, le peuple est aux Invalides et se dirige vers la Bastille pour récupérer les réserves de poudre pour les canons. La suite nous la connaissons, la forteresse est envahie, le gouverneur de Launey capitule, et la Bastille est tombée. Il y aura un avant et un après 14 juillet 1789.
Michel Escatafal
10:31 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
10.07.2009
Il ne manquait plus que ça !
Depuis ce matin on ne parle en Italie que de Carla Bruni, parce qu’elle a décidé de faire bande part par rapport aux autres premières dames accompagnant leurs maris au G8 de l’Aquila, à propos duquel tout le monde s’accorde à dire qu’il ne sert plus à rien. Cela étant, pour en revenir à Carla Sarkozy, son attitude pour le moins cavalière a déclenché l’ire de certains journaux transalpins, sans qu’apparemment cela ne traumatise les autres « first lady ». Certes tout cela peut être assimilé à du folklore et ne me gêne pas outre mesure, mais comme je l’ai indiqué dans un de mes derniers articles, j’ai l’impression que la dame se prend pour ce qu’elle n’est pas et ce, sous les yeux éblouis de son mari.
Bien entendu elle a parfaitement le droit d’employer son temps comme elle le désire. Elle a aussi le droit de faire entendre sa voix sur divers sujets, même si elle ne pèse pas très lourd, par exemple en recommandant aux dirigeants du G8 de conserver leur soutien aux programmes de santé en Afrique. Toutefois pour être crédible, elle devrait déjà demander à son mari de ne pas diminuer l’aide au développement des pays pauvres. En effet si l’on en croit le CCFD-Terre solidaire, deux tiers des nouveaux projets prévus par la France pour les pays pauvres, essentiellement en Afrique, seraient abandonnés, les autorisations passant de 320 à 134 millions d’euros dans le budget 2009.
En outre il est évident que cette année encore la France ne consacrera pas 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement, conformément à ses engagements internationaux. De plus, alors que Jacques Chirac s’était engagé à atteindre cet objectif pour 2012, celui-ci a été repoussé en 2015…par le mari de Carla, Nicolas Sarkozy. Pire encore, on aura déjà beaucoup de mal à maintenir cette APD à 0,39% du PIB en 2009, d’autant que ce chiffre ne pourrait être atteint que si Nicolas Sarkozy respecte sa promesse, faite récemment, d’une augmentation de 5% du volume d’APD entre 2009 et 2011. Quand on connaît la qualité des promesses de notre président de la République, c’est hélas plutôt à 0,30% de notre PIB que se montera l’aide au développement.
Certes on va encore me dire que je suis quelque peu mauvaise langue en affirmant pareille chose, mais je suis au contraire convaincu que nous devrions être des millions à dénoncer cette duplicité du pouvoir sur un sujet ô combien sérieux, car il y va de la vie de millions d’enfants. Et là ce n’est pas du cinéma ! Voilà pourquoi je comprends que les Italiens se gaussent des minauderies de Carla, et notamment de son escapade solitaire dans les ruines de l’Aquila à la rencontre des malheureux sinistrés du tremblement de terre, même si a priori cela semble partir d’un bon sentiment. Mais qu’est-ce qu’une telle visite peut apporter de concret à ces gens qui ont tout perdu dans cette catastrophe ? Et si un tel malheur était arrivé chez nous, quelle serait l’attitude du gouvernement et des médias français si Michelle Obama faisait comme Carla à l'occasion d'une réunion internationale dans notre pays ? D’ailleurs le pourrait-elle ?
Cela étant, pendant qu’on parle de Carla et de son voyage humanitaire dans les Abbruzes on ne commente pas l’actualité, la vraie. Même le Sénat par l’intermédiaire de Messieurs Marini et Arthuis, qui pourtant sont loin d’être opposants à Nicolas Sarkozy puisqu’ils sont UMP ou assimilés, font part de leurs plus vives inquiétudes vis-à-vis de l’ampleur de l’endettement public de notre pays. Pire même, ils n’évoquent plus un taux de 100% de la richesse nationale (ou du PIB) pour 2015, mais peut-être pour 2012. Et pour ma part j’ajoute que ce sera sans doute même plus tôt que 2012. Pour que ces parlementaires de la Haute Assemblée en arrivent à pareil pronostic, il faut que la situation soit réellement très sérieuse, comme d’ailleurs l’avait souligné la Cour de Comptes il y a quelques jours.
Alors qu’on veuille bien m’excuser, mais les tribulations de Carla Sarkozy en marge du G8 ne me feront jamais oublier que son mari est en train de mener la France droit dans le mur. Certes pour Nicolas Sarkozy la politique est l’art de monter sur les tables pour faire un numéro, c’est aussi faire en sorte « d’avoir un coup d’avance » sur les opposants, bref c’est communiquer encore et encore pour gagner du temps jusqu’à la prochaine élection. L’ennui est que la réalité dépasse toujours le virtuel, en politique comme ailleurs, ce qui fait que les problèmes s’accumulent au fur et à mesure que l’on prend de mauvaises décisions. La preuve, qui pourrait me citer un domaine où la politique de Nicolas Sarkozy a bénéficié au plus grand nombre de Français ? Poser la question c’est y répondre.
Michel Escatafal
11:10 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, mouvement démocrate, bayrou, débats de société
07.07.2009
Faut-il pleurer, faut-il en rire?
La France est quand même un curieux pays dans la mesure où ses habitants « râlent » toujours pour quelque chose, mais à coté de cela ils font preuve d’un immobilisme forcené. Je suis bien placé pour en parler car j’ai eu la chance de pouvoir faire, en 2007, une campagne électorale législative. Dans cette élection qui était la première à laquelle je prenais part, ma plus grande surprise a été de rencontrer des gens qui n’avaient aucune foi dans la politique, mais qui en revanche étaient rivés à l’idée qu’il fallait élire des représentants de ce binôme UMP-PS, sans lequel ils leur semblait impossible de gouverner le pays. J’avais beau dire à ces gens, chiffres et références à l’appui, que chaque fois que la France avait été bien gouvernée elle l’avait toujours été par des personnalités en marge du microcosme (de Gaulle, Mendès-France, Barre), rien n’y faisait. Pire même, j’avais l’impression qu’en disant cela je suscitais la méfiance…tellement ce langage leur était étranger.
Il est vrai que ce n’est pas en écoutant les informations radio-télévisées, ou en lisant la presse nationale ou régionale, que les gens vont être convaincus qu’il existe une alternative à ce binôme, qui nous a mené depuis 1981 là où nous sommes aujourd’hui, c’est-à-dire dans une situation rien moins que catastrophique. Et encore avons-nous la chance d’avoir une monnaie forte et protectrice, même si nous n’y sommes pas pour grand-chose tellement nous nous écartons des fondamentaux sur lesquels se fonde une monnaie qui inspire confiance. Et j’en profite pour redire une nouvelle fois, qu’il y a heureusement dans la Zone euro des pays vertueux qui compensent l’inconséquence de quelques autres…dont nous faisons partie plus que jamais.
Pour en revenir à mon propos initial, les électeurs français sont donc avant tout conservateurs, la situation politique semblant figée depuis l’arrivée au pouvoir du Parti Socialiste en 1981. Ils le sont tellement qu’ils ont entériné cette idée d’un pouvoir bicéphale, où les socialistes ont les pouvoirs locaux (villes, départements et régions) et l’UMP le pouvoir national. Apparemment cela leur convient très bien, comme d’ailleurs semblait leur convenir la cohabitation qui, pourtant, a largement contribué à la dégradation de notre modèle de société. D’ailleurs, il suffit de regarder d’un peu près les choix décidés par les différents gouvernements au cours des dernières années, pour s’apercevoir que toutes les mauvaises décisions ont été prises indifféremment par des gouvernements socialistes et RPR-UMP. Pour mémoire je rappellerais que seul François Bayrou s’est insurgé contre la privatisation d’EDF, GDF ou des autoroutes.
Cela dit les Français ne s’en souviennent pas, parce qu’ils sont abreuvés à longueur de temps des joutes ou des finasseries politiciennes des différents acteurs de notre vie politique. Même le mien aurait tendance à y participer, comme en témoigne la tentation de certains de nos responsables d’une alliance avec les représentants d’Europe-Ecologie pour les prochaines élections régionales. Heureusement cette idée loufoque semble mort-née, ce qui est une bonne nouvelle dans la mesure où nous serions définitivement discrédités vis à vis de notre électorat. Cependant ce type de débat n’est rien en comparaison de ce qui se passe au Parti Socialiste ou dans la mouvance d’Extrême gauche.
Je n’insisterais pas sur les débats du P.S. qui se résument uniquement à des questions d’ego qui ne font plus rire personne. Plus intéressant est le débat avant les élections régionales qui agite l’Extrême Gauche, avec le Parti Communiste, de plus en plus moribond, le Parti de Gauche où règne J.L. Mélanchon, nouveau député européen, passé à travers les méandres de tous les courants de la gauche (trotskiste, mittérandien etc.) et le NPA d'O. Besancenot. Ces trois formations, qui à elles trois pèsent moins de 10% de l’électorat, n’arrivent pas à se mettre d’accord sur la question importantissime de l’indépendance vis à vis des socialistes. Cela paraît risible, mais si le Parti Communiste continue d’exister c’est précisément parce qu’il est arrimé au PS dans de nombreuses villes ou communes, ce qui lui permet d’avoir un nombre d’élus incomparablement plus élevé que son poids électoral.
En revanche, le NPA qui n’a pas d’élu, et le Front de Gauche qui n’en a guère plus, n’ont pas ce type de souci, le leur étant de passer pour les seuls vrais opposants à Nicolas Sarkozy, et surtout d’occuper l’espace laissé libre par (presque) feu le PC. Le tout faisant l’affaire du président de la République, qui est aussi ne l’oublions pas chef de l’UMP, lequel n’a plus qu’à tirer les marrons du feu entre les multiples bisbilles qui agitent les différentes composantes de la gauche, ou considérées comme telles. Du haut des 33% que représente l’électorat de la majorité présidentielle, c’est la certitude pour Nicolas Sarkozy d’être réélu dans trois ans si la situation politique n’évolue pas d’ici là. Et comment pourrait-elle évoluer avec une opposition aussi émiettée, et aussi peu soucieuse de l’intérêt général ?
Et pendant ce temps, le président de la République crée une commission chargée de « réfléchir aux priorités du futur emprunt national ». Et qui va être à la tête de ces commissions ? Alain Juppé et Michel Rocard. Faut-il en rire ou en pleurer ? Au passage, j’ai lu que le cabinet de François Fillon est composé de plus de 60 conseillers ou chargés de mission, et qu’officiellement l’organigramme de l’Elysée comptabilise 49 conseillers autour de Nicolas Sarkozy, plus 50 autres qui travailleraient dans différents cabinets, selon le journal Le Point. Tout ce beau monde n’est-il pas suffisant pour plancher sur la manière d’utiliser l’emprunt national ?
Michel Escatafal
15:22 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


