30.07.2009

L'Islande et la Turquie ne voient dans l'Europe qu'une vaste union économique

islande.jpgNous voilà dans la période fin juillet-début août, où ceux qui ont la chance de pouvoir partir en vacances sont les plus nombreux sur la plage, ou en randonnée en montagne, ou tout simplement en train de pécher à la ligne au bord d’une petite rivière bercée par le champ des oiseaux. C’est la raison pour laquelle il me paraît difficile de parler de politique politicienne, d’autant que pour le moment ma priorité va plutôt aux épreuves sportives, parce que le sport a toujours été une passion depuis mon plus jeune âge. Et il faut dire qu’entre juillet et août nous sommes gâtés avec entre autres le Tour de France, la Formule 1 et les championnats du monde d’athlétisme. Mais il n’y a pas que le sport dans la vie, et l’actualité mérite quand même qu’on s’arrête sur quelques sujets qui font la une des journaux français ou étrangers.

Par exemple, la sempiternelle question sur la relation entre l’alcool et la santé, notamment le fait de savoir s’il est bon ou non de boire un ou deux verres de vin par jour. Le président de la République nous a rappelé hier « qu’il ne buvait pas », ce qui signifie qu’il se prive du plaisir de boire de temps en temps « un bon Saint-Emilion », qui contribue pourtant à nous faire mieux apprécier la vie sur notre planète. Dommage hélas que tant de gens en difficulté ne puissent s’offrir ce breuvage divin, car dans ce domaine ce qui est bon est hélas assez cher. Et oui l’injustice est partout ! En attendant, même s’il va sans dire qu’il faut consommer avec modération, je souhaite qu’on arrête de diaboliser le vin et qu’on nous laisse un peu tranquille avec tout ça. N’est-il pas plus dangereux de faire un footing d’une heure en plein été sur le coup de midi, que  boire un verre de vin au repas de midi ? Pour tout, il faut simplement savoir raison garder.

En parlant d’interdit je m’aperçois que j’ai commis une grosse erreur l’autre jour sur ce site, en disant qu’il n’y avait que 2500 femmes dans notre pays qui portaient la burqa. J’étais loin, très loin du compte, puisque d’après le ministère de l’Intérieur il y en aurait moins de 400. J’avais donc parfaitement raison d’affirmer que nos parlementaires avaient mieux à faire qu’une loi sur le port de la burqa, à moins qu’ils ne soient obligés de s’occuper de sujets mineurs tellement ils ont un sentiment d’inutilité, les décisions étant toutes prises d’en haut. A ce propos j’ai entendu ce matin sur France-Inter un très vieux parlementaire, François Loncle (69 ans), député et parfois ministre depuis bientôt 30 ans (1981), s’élever contre le fait que le Premier ministre ne servait à rien puisque les décisions se prennent toutes à l’Elysée. C’est vrai, mais c’était déjà en partie comme cela à l’époque où il était ministre avec F. Mitterrand, même si de nos jours c’est exacerbé jusqu’à la caricature.

Cela étant, et dans un tout autre domaine, pour une fois je serais d’accord avec Nicolas Sarkozy à propos de la demande d’adhésion de l’Islande à l’Union Européenne. J’ai cru comprendre en effet en lisant le journal espagnol El Pais, que Nicolas Sarkozy mettait en garde les gouvernements de l’U.E. contre la préférence donnée à l’île au détriment notamment des candidatures des pays des Balkans (Croatie, Macédoine, Albanie).  Certes nombre de pays de l’Union vont lui rétorquer que la présence au sein de l’U.E. d’un pays comme l’Islande, au même titre que la Norvège ou la Suisse si elles désiraient adhérer, est beaucoup plus naturelle que celle des nations balkaniques, celles-ci ayant  tellement de difficultés à intégrer les valeurs démocratiques  selon les critères européens.

Il n’empêche, jusque là l’Islande n’a jamais voulu adhérer à l’Union considérant qu’elle avait avantage à rester en dehors. En outre  il a fallu que le pays soit en faillite, pour qu’à une faible majorité les Islandais se décident à faire leur demande d’adhésion. Désolé, mais ce n’est pas de cette manière qu’on adhère à un ensemble comme l’Union Européenne ! Et c’est pourquoi je ne comprends pas cet empressement de la Commission européenne à donner un avis positif (sans doute avant la fin de l’année soit moins de six mois après la candidature islandaise), alors que la Macédoine qui a posé sa candidature en mars 2004 a dû attendre décembre 2005 pour recevoir un avis. L’Albanie pour sa part a fait sa demande en avril dernier et attend toujours qu’on examine son cas.  Et je ne parle pas de la Turquie…

Est-ce que la voix de la France sera entendue dans cette affaire ? J’en doute, d’autant que beaucoup reprochent à la France d’avoir une arrière-pensée vis-à-vis de la Turquie dans ce débat. Voilà ce que c’est de vouloir faire de la communication à tout prix et sur tous les sujets, à des fins purement électoralistes ! Malgré tout les négociations avec l’Islande ne seront pas aussi faciles que certains le prévoient, notamment  à cause de la politique de la pêche, qui compte pour plus de 60% des exportations islandaises, sans parler des problèmes liés à la chasse à la baleine.

Cependant pour les pays proches de l’Islande ces problèmes sont moins sérieux qu’un changement  de nom,  comme pour la Macédoine avec la Grèce, ou encore un problème de frontière comme pour la Croatie avec la Slovénie. En outre on rappelle que l’Islande appartenait jusqu’en 1944 au Danemark,  et qu’elle est membre de l’Otan, ce qui suffirait à justifier que l’Islande puisse rejoindre l’Union Européenne avant la Croatie. Toutefois, si tel était le cas, il serait difficile d’expliquer aux autres candidats que l’Union Européenne  est  un ensemble que l’on ne peut intégrer que très difficilement.

La Turquie, par exemple, qui a une position stratégique de plus en plus importante  en matière d’approvisionnement énergétique pour l’Europe occidentale, pourrait profiter de l’occasion pour renforcer ses chances d’intégrer « le club européen ». Après tout dès 1959 la Turquie demandait à rejoindre la CEE. Cela dit pour l’européen que je suis, je doute encore que la Turquie, pays farouchement attaché à son indépendance, puisse être à très court terme désireux d’aller vers une évolution confédérale de l’U.E. C’est pour cela que je ne suis pas pour une adhésion rapide de la Turquie, au même titre d’ailleurs que pour l’Islande, car l’une comme l’autre ne voient dans l’Europe qu’une vaste union économique…comme la Grande-Bretagne.

Michel Escatafal

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