22.07.2009

Il fallait s’y attendre…

N.Sarkozy et G.Holz.jpgEn plein été et au milieu de la dernière semaine du Tour de France, j’avoue que je n’ai pas trop envie de parler de politique politicienne. Alors j’ai fait une revue dans les langues que je comprends de ce qui paraît important pour la presse étrangère. Cependant je vais commencer par un petit tour d’horizon sur ce qui se passe chez nous, car finalement des choses il s’en passe dans notre pays. Par exemple on parle beaucoup en ce moment de « la sortie » de Roselyne Bachelot sur les contrôles antidopages sur le Tour, et sur le fait que Nicolas Sarkozy ait suivi l’étape du Tour de France…dans la voiture du directeur de course. Certes « il a la banane » comme il dit, mais de là à faire ce que font Contador, Schleck ou Armstrong…Toutefois il aura figuré parmi les vainqueurs de la journée, car il a eu droit à une interview devant le podium qui a duré une dizaine de minutes, alors que seulement quelques coureurs avaient franchi la ligne d’arrivée, ce qui a certainement beaucoup énervé de nombreux téléspectateurs.

Passons à autre chose : J’ai lu quelque part que Michèle Alliot-Marie avait révélé que  82000 justiciables des tribunaux français ne peuvent pas purger leur condamnation…à cause de la politique mise en place par Rachida Dati, mais aussi par son prédécesseur Pascal Clément. Et tout cela parce que sur la demande d’un ministre de l’Intérieur appelé Sarkozy Nicolas, et du président de la République Nicolas Sarkozy, on n’a pas cessé de renforcer l’arsenal pénal sans pour autant donner les moyens d’assurer cette politique. On a l’habitude depuis 2002 de faire ce type de constat !

Autre constat : quand cessera-ton de parler de cette fameuse « loi Hadopi » qui n’en finit plus d’occuper l’énergie de nos parlementaires ? Comme si c’était le moment de s’offrir des polémiques aussi inutiles que stériles dans une période où notre pays va très mal, même si Madame Lagarde essaie sans arrêt de se trouver de bonnes raisons lui permettant d’affirmer le contraire. Cette semaine elle est satisfaite de l’évolution de la consommation dans notre pays, mais aussi du redressement de la production industrielle. On ne peut que s’en réjouir, mais si la consommation se maintient je redis une fois encore que le gouvernement n’y est pas pour grand-chose, car si la France connaît une situation un peu meilleure sur ce plan que d’autres pays, c’est parce que ses habitants sont moins endettés…ce qui provoquait les regrets de Nicolas Sarkozy il n’ y a pas si longtemps.

En tout cas pour revenir sur la « loi Hadopi », il est manifeste que même à l’UMP on n’en veut pas. Néanmoins cette loi finira par être votée car tel est le désir du président de la République et de son épouse…à moins que le Conseil Constitutionnel n’y trouve de nouveau à redire. Pourtant les députés socialistes avaient fait un pas en avant pour éviter la voie répressive, en proposant la mise en place d’une contribution forfaitaire pour les abonnés à Internet qui, selon leurs dires, aurait rapporté 400 millions d’euros annuels. A titre personnel je pense qu’ils ont eu tort de faire cette proposition, car il n’y a pas de raison de faire payer quiconque, et moins encore ceux qui ne téléchargent pas. Enfin, j’observe qu’on ne s’est jamais autant préoccupé des artistes, alors qu’on se soucie beaucoup moins d’autres professions infiniment plus menacées. Les agriculteurs par exemple, qui vivent déjà avec angoisse l’incertitude qui règne sur l’avenir de la PAC dont les budgets ne sont garantis que jusqu’en 2013, sans parler de l’abandon des quotas laitiers qui va lourdement pénaliser les éleveurs.

Passons à l’étranger maintenant pour noter que la cote de popularité de Silvio Berlusconi est en chute libre, en raison des scandales ayant trait à sa vie privée. Cela étant sa cote est encore supérieure à celle de Nicolas Sarkozy chez nous. Malgré tout moins de 50% des Italiens faisant confiance à S. Berlusconi (49% selon le dernier sondage), il y a longtemps que cela n’était pas arrivé. Je ne vais pas pleurer sur le sort du « Cavaliere », même si je me moque complètement des problèmes auxquels il est confronté. Moi ce que je demande en premier à un dirigeant c’est de bien gouverner et de préparer l’avenir du pays, chose que Silvio Berlusconi ne sait pas faire. Et pourtant il a hérité de Romano Prodi d’une situation bien meilleure que celle que ce dernier avait trouvée…quand il a remplacé Silvio Berlusconi. Celui-ci a quand même été de nouveau élu, ce qui démontre que les Italiens ont la mémoire courte, comme les Français.

Mais ce n’est pas mieux aux Etats-Unis, où Georges Bush a été réélu en 2004. Et pourtant déjà à cette époque, son bilan était calamiteux, malgré un héritage tout à fait honorable de Bill Clinton. Décidément il faut être naïf pour s’imaginer qu’un bon bilan suffit pour remporter une élection nationale, et si je dis cela c’est parce qu’hier soir encore un de mes amis me confiait qu’il n’imaginait pas qu’on puisse réélire Nicolas Sarkozy en 2012. Funeste erreur, hélas, d’autant qu’on semble tout pardonner à ceux qui se complaisent dans une certaine médiocrité, et rien à ceux qui essaient de faire évoluer les choses de manière positive, comme en témoigne la chute rapide de la popularité de Barack Obama par comparaison avec celle de Georges Bush après six mois d’exercice du pouvoir.

Autre surprise, alors que l’on croyait enterrée la candidature de Tony Blair pour le poste de futur président du Conseil Européen, voilà que son nom revient de nouveau avec insistance, ce qui fait rugir nombre de députés européens, dont Daniel Cohn-Bendit. Pour une fois je suis d’accord avec lui, car si par malheur Tony Blair devenait le président de l’Europe, ce serait définitivement la fin du rêve européen. Pour parler comme D. Cohn-Bendit, l’Europe de Tony Blair serait synonyme de « moins d’Europe ». Ce poste doit revenir à un authentique européen avec tout ce que cela représente, notamment en matière d’indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. Pour mémoire rappelons que Tony Blair était aussi le candidat de Nicolas Sarkozy, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il aura son soutien jusqu’au bout.

Avant de terminer, mais est-ce important, je reviens en France pour dire que je suis stupéfait de voir les réactions de ceux qui se disent proches du Parti Socialiste, ou qui appartiennent à son appareil, devant la déliquescence dans lequel ce parti est tombé. Mais à qui la faute sinon aux dirigeants, qui ont tout fait pour « fusiller » la candidate du parti au moment de l’élection présidentielle, et aux adhérents qui ont accepté que Ségolène Royal, qui avait remporté l’élection du Premier secrétaire, soit privée de sa victoire pour l’offrir à Martine Aubry et ses alliances contre-nature. Alors maintenant, quand je vois les Fabius et autres Delanoë regretter de voir leur parti creuser sa propre tombe, cela me fait sourire. Il fallait quand même s’attendre à ce qu’une Première secrétaire aussi mal élue que Martine Aubry, au mépris du suffrage universel, soit constamment en difficulté, d’autant que les seules forces sur lesquelles elle puisse compter sont les vieux caciques du parti, alors que la jeunesse a fait le choix de Ségolène Royal. Et pendant ce temps Nicolas Sarkozy compte les points !

Michel Escatafal

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