30.06.2009

Une crise inévitable? Oui, mais...

Avec une crise comme celle que nous connaissons chacun y va de son couplet pour l’expliquer, et ensuite pour faire en sorte qu’elle dure le moins longtemps possible. Bien entendu les mêmes qui ne l’ont pas vu venir sont parmi les premiers à expliquer doctement que cette crise était inévitable, et que tout concourait à faire en sorte qu’elle se développe comme une pandémie de grippe à l’échelle mondiale. Certains y voient une absence de régulation aux échelons nationaux ou internationaux. D’autres estiment qu’en fait cette crise, comme celle de 1929, est surtout le fait d’erreurs humaines ce qui explique leur réticence à vouloir changer le système capitaliste.  Et puis il y en a quelques uns qui pensent que tout ceci ne serait pas arrivé, si ceux qui sont aux manettes de la finance internationale ne s’étaient pas comportés de manière aussi irresponsable.

Pour être franc, je crois sans risque de me tromper qu’il y a un peu de tout cela, et que manifestement c’est la faute d’abord des apprentis sorciers qui dirigeaient le monde. Parmi ceux-ci bien évidemment figurent l’ancien  président  (Alan Greenspan) de la Réserve Fédérale américaine, celle qui gère la principale monnaie de réserve du monde, et bien entendu l’ancien président (Georges W. Bush) de la première puissance économique dans le monde. En 1929 cela avait été à peu près le même scénario, à ceci près que le monde n’était pas tout à fait régi de la même manière, On était en effet dans un monde moins unipolaire que celui que l’on a connu dans les années 1990, et même au début de la décennie 2000.

La France comme la Grande-Bretagne, qui venaient de vaincre l’Empire allemand, étaient encore considérés comme des grandes puissances, ne serait-ce que par leur empire colonial. En plus les Etats-Unis avaient à leur tête un président qui n’a laissé que le souvenir d’un homme peu porté sur les grandes décisions, Herbert Hoover. Cela dit, qu’il s’agisse des leaders politiques ou des banquiers centraux, tous avaient pour caractéristiques de n’être pas de grands hommes d’action…ce qui signifie que le pouvoir économique, concentré dans les mains des grandes entreprises multinationales, avait primauté sur le pouvoir politique ou de régulation.

On était donc bien dans la même situation que ces dernières années, où les pouvoirs politiques et financiers suivaient aveuglément les desiderata des multinationales de l’économie et de la finance. Et le jour où le système s’est grippé il n’y avait bien sûr personne pour prendre la mesure de ce désastre financier , parce que personne dans le monde politique n’était capable de prendre les décisions qui s’imposaient, pour faire en sorte que les banques continuent à jouer leur rôle.  On a même laissé mettre en faillite la banque Lehman Brothers, ce qui aurait pu avoir des conséquences encore plus dramatiques si les banques centrales n’avaient pas pris la mesure de leurs responsabilités.

A ce sujet, et n’en déplaise à Nicolas Sarkozy et à tous ceux qui crient sans connaître le sujet, on ne peut que souligner le rôle extrêmement positif joué par la Banque Centrale Européenne, qui a largement contribué à éviter une catastrophe plus importante encore. Et je dirais qu’heureusement, et sous l’impulsion de la BCE, les banquiers centraux ont pallié en partie les carences des décideurs politiques qui, aux dires de nombreux observateurs, n’ont pas su gérer la situation. C’est facile de vouloir refonder le capitalisme, mais c’est plus difficile de prendre les décisions qui permettent de redonner confiance aux investisseurs et plus encore aux citoyens, les uns et les autres ayant cru (les naïfs) que l’argent pouvait éternellement rester démesurément bas sans engendrer une spéculation  effrénée, ce que Messieurs Greenspan et Bush  n’avaient pas su ou voulu admettre.

On comprend mieux pourquoi un Nicolas Sarkozy n'a pas réalisé la portée de ses paroles quand il encourageait les Français à s’endetter,  ou quand il considère que l’endettement public est un mal nécessaire.En tout cas sur ce plan c’est réussi, puisque selon le FMI la dette publique dans les 10 pays les plus riches du monde dépasse 78%. La France figure bien dans ce peloton et elle va même y figurer en très bonne place dès cette année et plus encore en 2010 et les années suivantes. Jamais en temps de paix notre pays n’a connu une telle situation, comme jamais depuis la deuxième guerre mondiale la France n’a perdu autant d’argent en si peu de temps.  Dans ces conditions comment allons-nous pouvoir financer le traitement du chômage, le paiement des retraites, le déficit de la sécurité sociale, mais aussi l’effort de recherche et d’investissement, sans lequel notre système productif restera toujours à la traîne par rapport à nos voisins allemands pour ne citer qu’eux ?

Voilà une bonne question à se poser, au lieu de disserter sur la manière dont on va dépenser les 80 ou 100 milliards que va rapporter le grand emprunt national décidé par Nicolas Sarkozy. En fait, pas besoin de se poser la question puisque chacun sait que ces 100 milliards vont servir à préparer l’élection de 2012, puisqu’il est interdit d’évoquer toute augmentation des impôts pour les plus riches, comme il est proscrit d’employer le mot rigueur notamment pour financer les dépenses inutiles. Cela étant il faudra bien un jour ou l’autre payer l’addition, ne serait-ce que vis-à- vis de Bruxelles, et là ce sera très douloureux. Et si c’est Nicolas Sarkozy qui doit mettre en œuvre des mesures douloureuses, chacun sait bien qui paiera. Raison de plus pour affiner très vite nos propositions, en n’oubliant pas que la situation sera pire que ce que nous l’imaginons aujourd’hui.

 

Michel Escatafal

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Commentaires

Votre blog est intéressant mais vous devriez soigner la présentation indigne du contenu.

Ecrit par : coco C | 07.07.2009

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