11.06.2009
Un petit rappel historique
Cette fois les élections sont passées et on recommence à nous donner quelques nouvelles économiques. Oh certes on ne les commente pas outre mesure, mais les chiffres se suffisent à eux-mêmes pour voir l’étendue du désastre. Par exemple l’INSEE annonce près de 190.000 emplois détruits au premier trimestre, ce qui constitue un record absolu dans l’histoire économique de notre pays. Voilà un beau résultat qu’on s’efforce évidemment de relativiser en disant qu’il est dû uniquement à la crise. En est-on bien sûr ? A-t-on su prendre les mesures depuis le milieu de l’année 2007 pour faire en sorte que la crise soit la moins douloureuse possible ? Etait-il raisonnable de se priver de ressources budgétaires tout de suite après les élections présidentielles et législatives, alors que de lourds nuages noirs s’amoncelaient sur la planète économique ? Voilà quelques bonnes questions dont il faudra bien parler dans les mois à venir, car le pire est sans doute encore devant nous.
Autre nouvelle plus réjouissante celle-là : la fameuse loi HADOPI a été retoquée par le Conseil Constitutionnel, notamment le dispositif prévoyant que le titulaire d’un abonnement à internet devait fournir lui-même la preuve qu’il n’était pas l’auteur des téléchargements illégaux, ce qui est contraire aux principes les plus élémentaires du droit, car c’est toujours à l’accusation d’apporter la preuve et non à l’accusé. Cette fois on ne pourra pas dire que les gardiens de la Constitution française ne servent à rien, ce qui est une bonne chose, même s’il n’est pas sûr que Nicolas Sarkozy laisse tomber l’affaire. Apparemment les artistes font partie d’une « famille » qui a l’air de beaucoup compter à ses yeux !
A propos de Conseil Constitutionnel, il y a dans cette institution deux personnages qui manifestement n’ont pas enterré la hache de guerre depuis plus de 35 ans. Ce sont les deux anciens présidents de la République, Valéry Giscard d’Estaing et Jacques Chirac. VGE a la rancune tenace vis-à-vis de son ancien Premier ministre et cela durera jusqu’à la fin de ses jours…car il est convaincu que c’est Jacques Chirac qui l’a empêché de faire un second mandat en 1981. Même s’il n’est pas le seul à le penser, cela commence à dater et nombre de Français n’étaient pas nés à cette époque. C’est pour cela que cette guéguerre entre les deux anciens présidents devient de plus en plus ridicule. Elle l’est d’autant plus que celui qui se dit constamment offensé dans cette affaire, VGE, n’a jamais lui-même été très net avec son autre ancien Premier ministre, Raymond Barre, quand celui-ci s’est présenté à l’élection présidentielle de 1988.
Faisons un peu d’histoire et rappelons-nous comment Valéry Giscard d’Estaing s’est comporté à cette époque. Compte tenu des relations exécrables qu’il entretenait avec Jacques Chirac ceux qui, comme moi, soutenaient et faisaient campagne pour Raymond Barre pensaient qu’il manifesterait au minimum une neutralité bienveillante vis-à-vis d’un homme qui lui avait toujours été loyal. Or à notre grande surprise ce ne fut nullement le cas, et j’aurais même tendance à dire que ce fut le contraire qui se passa. En disant cela je ne fais que répéter ce que Raymond Barre lui-même a raconté dans son dernier livre L’expérience du pouvoir.
Valéry Giscard d’Estaing a eu constamment des attitudes pour le moins équivoques pendant cette campagne présidentielle. Par exemple lors d’un meeting à Clermont-Ferrand où, tout de suite après avoir écouté le discours de Raymond Barre, il s’en est allé sans dire un mot…sous le prétexte qu’il avait fait de même avec Jacques Chirac juste avant. Paraît-il qu’il ne voulait pas prendre position entre ses deux anciens Premiers ministres. A qui pouvait-il faire croire cela ? Pourquoi prenait-il les gens pour des imbéciles ? En fait, comme l’a dit très justement Raymond Barre, VGE ne supportait sans doute pas l’idée qu’un de ses anciens Premiers ministres puisse devenir président.
Et pour le prouver Raymond Barre raconte une autre anecdote qui en dit long sur la duplicité de Giscard à l’occasion de cette élection. Au début de la campagne présidentielle, des sénateurs et des présidents de conseils généraux UDF s’étaient réunis au Sénat pour faire une déclaration en faveur du candidat Barre, ce qui était normal puisque ce dernier avait largement contribué à la création de ce mouvement. Or, à la fin de la réunion, Giscard intervint pour les dissuader de publier leur déclaration, ce qu’ils finirent par faire. C’était à la fois petit et minable de la part d’un homme qui, grâce à son ancien Premier ministre, affiche le meilleur bilan économique et social de l’histoire de la Vè République. Ce l’était d’autant plus que VGE savait bien que sa carrière politique était terminée et qu’il ne pourrait jamais plus revendiquer le pouvoir, y compris comme Premier ministre en cas de cohabitation.
Enfin tout cela appartient à l’histoire, mais il est bon parfois de s’appuyer dessus pour comprendre que la politique est « un vrai métier » ou si l’on préfère, que pour parvenir au sommet de l’Etat il faut être un « professionnel »…que n’a jamais été Raymond Barre. Cela ne l’a pas empêché toutefois de réaliser 16,5% des voix à l’élection présidentielle, à peine trois points de moins que Jacques Chirac à la tête de son armada RPR. En fait il était trop seul face à deux grands partis (PS et RPR), mais si VGE avait vraiment joué le jeu de la candidature Barre au lieu d’être l’allié objectif de Jacques Chirac au premier tour, sachant que ce dernier serait écrasé par François Mitterrand au second, le destin de la France en aurait peut-être été changé.
C’est la raison pour laquelle je pense qu’après avoir manifesté ma mauvaise humeur après les élections européennes, je suis encore convaincu que rien n’est perdu pour le MoDem…à condition de parler uniquement des sujets qui concernent les Français, et de leur dire la vérité sur ce que nous ferons s’ils nous font confiance. Par exemple leur faire comprendre, ce qui paraît une évidence mais que personne n’a osé dire parmi nos dirigeants à part Raymond Barre, que l’Etat doit « créer des conditions favorables à la formation du surplus économique avant de le distribuer ou de le redistribuer », ou encore « être le garant de la solidarité nationale par sa politique fiscale et sociale », sans oublier « les nécessaires équilibres fondamentaux de l’économie ». Sans cela nous resterons vulnérables à la moindre variation conjoncturelle, parce que nous sommes beaucoup trop dépendants de la bonne santé des pays qui nous entourent. Quel autre parti tient un tel langage ? Aucun, et c’est normal puisque ces propositions de bon sens n’ont jamais été appliquées depuis 1981.
Michel Escatafal
17:32 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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Bonjour
Je passe vous signaler ce blog à propagande néo-nazie :
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Merci de participer, ainsi que d'autres blogueurs le font (une procédure est en cours), pour le dénoncer sur Hautetfort et le site de :
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Amicalement
Ecrit par : Chris | 15.06.2009
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