31.05.2009
Le nécessaire rassemblement
« Mélanchon veut fumer le PS, nous on veut exploser la droite ». Voilà ce que dit Olivier Besancenot, le chouchou de gauche des médias de droite, c’est-à-dire de la plupart des médias. En lisant ce titre dans Libération, je me suis amusé à voir quelques réactions sur le forum, venant évidemment de gens qui peu ou prou se sentent proches des idées d’O. Besancenot. Ce dernier a pu constater au passage que sa virée un dimanche après-midi chez Drucker ne lui a pas porté bonheur, bien au contraire. Sans s‘en rendre compte, le leader du NPA s’est fait piéger comme un débutant en politique… qu’il est. Les électeurs sont parfois naïfs, souvent cocufiés, mais ils n’aiment pas le mélange des genres.
Drucker c’est le valet des puissants depuis des décennies, ce qui explique sa longévité à la télévision. D’ailleurs lui-même s’est défini plus d’une fois comme le successeur de Léon Zitrone, que les plus anciens d’entre nous ont connu à la fin des années 50 et après, c’est-à-dire aux débuts de la télévision. Simplement Drucker oublie qu’il n’a pas l’intelligence de Zitrone, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas moins dangereux pour un Olivier Besancenot qui, avant d’aller se montrer et se faire adouber, aurait dû se rappeler que Drucker est d’abord un grand ami de Nicolas Sarkozy, et donc des gens de Neuilly et non pas celui « des prolos, de la jeunesse et des précaires » qui votent pour le Nouveau Parti Anticapitaliste.
Mais au fait pourquoi je parle autant de Besancenot ? Tout simplement parce que sondage après sondage on s’aperçoit que le NPA est en perte de vitesse, et qu’au-delà de l’abstention massive qui se prépare, les électeurs sont finalement très traditionnalistes dans leurs votes, en laissant invariablement en tête les partis au pouvoir depuis 1981...pour ceux qui vont voter. J’entends déjà dimanche soir prochain les cocoricos de l’UMP, si ce parti arrive en tête du scrutin avec à peu près 25% des voix, et même du PS s’il obtient 21 ou 22% des voix en disant que c’est le score normal que font les socialistes à ce type d’élection. Par parenthèse, c’est encore une fois l’occasion de souligner que la quasi-totalité de la représentation à l’Assemblée Nationale ne représente pas la moitié des votants à un scrutin comme celui des élections européennes, qui concerne l’ensemble des électeurs.
Quel constat d’échec sur un strict plan politique. En disant cela on réalise aussi à quel point notre pays vit avec un système électoral injuste, pour la désignation de notre représentation à l’Assemblée Nationale. Un parti qui pèse entre 21 et 25% peut facilement avoir à lui seul la majorité au Parlement. C’est invraisemblable, et ce qui l’est encore plus c’est que finalement tout le monde ou presque dans notre pays accepte cette injustice et cette iniquité. Sur qui peut compter l’UMP comme appoint électoral ou comme soutien gouvernemental ? Réponse : le MPF (Ph. de Villiers) et les chasseurs. Même pas le Front National, ou ce qui en reste, qui a l’impression de s’être fait « plumer » par Nicolas Sarkozy. Cela fait donc moins de 30% de l’électorat !
Le PS n’est guère mieux loti, même s’il sait pouvoir compter sur les Verts, toujours prêts à « aller à la soupe », et sur…le Front de Gauche, ce qui provoque le courroux et la frustration d’O. Besancenot, par principe hostile à toute alliance avec le PS, ce qui se conçoit parfaitement. Mais même en comptant sur ces appoints cela fait moins de 40% des voix, sans parler de la méfiance de la plupart des Français pour un ensemble aussi hétéroclite. Qu’y-a-t-il de commun entre Marie Georges Buffet et Ségolène Royal, entre J.L. Mélanchon et Dominique Strauss-Kahn ? Rien ou presque, le presque correspondant à l’envie d’être au pouvoir. De toutes façons ce type de gouvernement, on l’a déjà eu à plusieurs reprises et les résultats objectifs n’ont pas été à la hauteur.
Par exemple, entre 1998 et 2001, il y avait moyen de faire beaucoup mieux en termes de finances publiques avec une croissance supérieure à 3%. Or rappelons-nous ce qui se passait en 1999, on discutait pour savoir comment répartir la célèbre « cagnotte »… alors que nous avions 1,8% de déficit budgétaire. François Hollande pour ne citer que lui, proposait carrément de donner un billet de 500 F à chaque Français. Evidemment si nous faisons la comparaison avec ce qui a été fait quelques années plus tard, les chiffres étaient meilleurs ou plutôt devrais-je dire moins mauvais, car plus de 1% de déficit en période de forte croissance cela reste une performance médiocre.
Voilà pourquoi il faut impérativement casser cette répartition du pouvoir entre UMP et PS. Voilà pourquoi il faut un vaste rassemblement au-delà des clivages politiques traditionnels…que seul le MoDem propose. Certes on va me rétorquer qu’il n’est pas en situation aujourd’hui de proposer autre chose, mais justement c’est peut-être le moment pour les Français de réfléchir à une hypothèse de rassemblement, qui aille des gaullistes authentiques jusqu’aux socialistes, où chacun pourrait apporter sa pierre pour redresser notre pays. Après tout cela s’est bien fait ailleurs, par exemple en Allemagne avec un certain succès, alors pourquoi pas en France ? De toute façon c’est le seul moyen qui existe pour que tous les Français, je dis bien tous les Français, participent au nécessaire effort de reconstruction que notre pays devra inévitablement s’imposer tôt ou tard. Et le plus tôt sera le mieux.
Michel Escatafal
14:20 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
28.05.2009
Dans quel mépris on tient le peuple!
Finalement l’amendement proposé par le porte-parole UMP, l’illustrissime Frédéric Lefevre, destiné à autoriser sur la base du volontariat les salariés en arrêt de maladie ou de maternité à poursuivre leur activité professionnelle, via le télétravail, a été rejeté lundi soir en commission, et donc ne sera pas examiné. Et bien entendu tout le monde de se réjouir, y compris à l’UMP bien contente de montrer qu’il ne faut pas aller trop loin dans la dérèglementation du travail. Cela dit, pour ma part, je n’arrive pas à me contenter de ce retrait pur et simple d’un amendement en apparence loufoque, mais parfaitement en phase avec la philosophie de l’UMP de Nicolas Sarkozy prise dans son ensemble.
C’st d’ailleurs devenu une habitude depuis que Nicolas Sarkozy et ses amis sont au pouvoir : on lance une idée en apparence démagogique, on attend les réactions qui ne manquent pas d’arriver, et on recule provisoirement en se disant que c’est peut-être un peu trop tôt. Cela étant l’idée a été testée, et elle n’est pas complètement abandonnée pour l’avenir au nom « des chances pour l’emploi » bien évidemment. Et c’est à ce niveau là que l’affaire est très inquiétante, ce que nombre de personnes ne réalisent pas.
Certes on n’a pas besoin d’écouter très longtemps Frédéric Lefebvre pour s’apercevoir que ce n’est pas un intellectuel, mais qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas non plus un crétin tout juste bon à lancer des phrases à l’emporte-pièces, surtout sur un sujet touchant au droit du travail. Pour Frédéric Lefebvre, avec l’aval de Nicolas Sarkozy, il s’agissait avant tout de « faire évoluer les esprits » sur les congés de maternité ou de maladie. N’oublions pas que Nicolas Sarkozy est l’élu du MEDEF et des puissances financières, malgré tout ce qu’il peut dire ou parfois faire croire. Je dis parfois, parce que sur certains points touchant aux intérêts de ses amis il est intransigeant, par exemple sur le bouclier fiscal.
Passons à un autre sujet où la rupture est là aussi manifeste par rapport au passé, y compris le plus récent, la diplomatie. Comment peut-on faire autant d’erreurs dans ce domaine ? Réponse, parce que notre président de la République se prend pour ce qu’il n’est pas. Il s’imagine être une sorte de nouveau Napoléon au point de se permettre certains écarts diplomatiques tout à fait incongrus. Encore une fois il n’est pas Napoléon 1er, ni même Napoléon III, et il a beaucoup à apprendre de ses prédécesseurs sur le plan des bonnes manières en matière de politique étrangère. Si je dis cela c’est parce que d’après la presse étrangère, la reine Elisabeth « fulminait » d’avoir été snobée par le président français qui ne l’a pas invitée à la commémoration du 65è anniversaire du débarquement en Normandie…alors que le Premier ministre britannique Gordon Brown avait reçu une invitation officielle.
D’après les journaux britanniques, si Nicolas Sarkozy n’a pas invité la reine d’Angleterre, c’est tout simplement parce que le président de la République veut réserver la place d’honneur de ces festivités à Barack Obama. Mais pourquoi vouloir réserver cette place d’honneur au seul Barack Obama ? Pour moi la réponse est évidente, à savoir que cette commémoration intervient juste avant le scrutin européen, et évidemment se montrer partout sur les écrans avec Barack Obama paraît beaucoup plus porteur, aux yeux de l’Elysée, sur le plan électoral qu’organiser une réception plus globale avec notamment la reine d’Angleterre, et ce même si la Grande-Bretagne (dont Elisabeth II est le chef de l'Etat) a payé un lourd tribut dans le débarquement (plus de 17500 morts). Voilà la vérité sur cette affaire, même si on ne fait pas cette interprétation dans l’ensemble de la presse française.
Et puisque nous sommes dans la basse cuisine électorale, un dernier mot pour souligner le spectacle affligeant que nous avons pu voir hier soir à Rezé, dans la banlieue nantaise, avec la réunion du Parti Socialiste où les deux vedettes étaient les sœurs ennemies, Martine Aubry et Ségolène Royal. Comment les socialistes peuvent-ils en arriver à se ridiculiser à ce point. D’ailleurs s’il fallait une preuve de ce que je dis, il suffit de regarder la photo qui figure sur la plupart des « unes » des journaux ou des sites web, où l’on peut voir le rictus de Ségolène en train de faire la bise à Martine. Manifestement c’est un geste forcé que Ségolène Royal s’oblige à faire, ce qui n’honore ni l’une ni l’autre parce que dans la salle il y a « des gogos » qui croient à cette réconciliation. Dans quel mépris on tient le peuple !
Michel Escatafal
09:44 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
25.05.2009
Les deux font la paire!
Décidément François Bayrou, celui que Nicolas Sarkozy appelle le Conseiller municipal de Pau, donne bien du souci à ceux qui détiennent ou un détenu le pouvoir sans discontinuer depuis 1981, au point de conduire J.F. Copé à s’humilier une nouvelle fois ces derniers jours, en demandant au Parti Socialiste de définir « un projet politique » pour empêcher F. Bayrou de « prospérer sur son espace et ses divisions ». Une nouvelle fois le président du groupe UMP se ridiculise joyeusement, un peu comme quand il avait affirmé que lui vivant «la redevance (audiovisuelle) n’augmentera pas ». La taxe a bel et bien été revalorisée, et il n’est pas mort. La preuve, il continue à proférer des âneries. Et dire que ce personnage est déjà candidat déclaré pour 2017. Il ne manquerait plus que lui !
Mais au fait quel a été la réaction socialiste à cette demande de J.F. Copé ? Et bien elle n’a pas été celle que l’on aurait pu imaginer puisque, sans oser dire merci à J.F. Copé, plusieurs responsables socialistes ont surtout dirigé leurs attaques…contre le leader du MoDem. Passons encore sur quelqu’un comme le député-maire d’Evry, Manuel Valls, qui à force de refuser d’être dans « l’anti-sarkozysme permanent » suscite de plus en plus d’interrogations sur la fidélité à son parti.
Passons aussi sur des gens comme Léo Hamon, qui ont fait leur fond de commerce sur une supposée orientation « à gauche toute ! » du Parti Socialiste. Plus inquiétante en revanche est la démarche en zigzag de Martine Aubry…qui manifestement ne contrôle plus rien dans le parti qu’elle a récupéré, ne l’oublions pas, au prix d’un véritable tour de passe-passe contre l’autre ennemie commune des dirigeants socialistes, à savoir Ségolène Royal. Cette dernière a peut-être des défauts, comme vous ou moi, mais au moins elle joue son rôle d’opposante.
On ne l’entend jamais parler comme Manuel Valls, encore lui, qui prétend que le rôle du P.S. « est de bâtir une alternative crédible de gouvernement qui passe par la proposition », alors qu’il n’a jamais proposé quoi que ce soit de crédible depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la remarque valant pour les autres membres de la direction du P.S. version Aubry. D’ailleurs je suis persuadé que nombre de militants, je dis bien militants, du P.S. mesurent déjà l’erreur qu’ils ont faite en approuvant la manœuvre des hiérarques du parti, destinée à empêcher coûte que coûte Ségolène Royal de prendre la tête du Parti Socialiste.
Si j’écris cela, c’est parce que Ségolène Royal est apparemment la seule socialiste à avoir compris que ce n’est pas en faisant ce que fait le P.S. que Nicolas Sarkozy sera battu en 2012. Elle sait bien que l’UMP, qui regroupe l’ensemble des forces de droite ne pèse au maximum que 25 ou 28%, ce qui sera suffisant pour devancer le P.S. à n’importe quelle élection, mais sans aucune réserve de voix, mis à part quelques voix du Front National ou des chasseurs.
Ségolène Royal voit bien aussi qu’une partie de l’électorat modéré glisse vers le MoDem, que seule la propagande des médias pro-Sarkozy (donc presque tous) a pu convaincre que F. Bayrou était soudain devenu un homme de gauche, comme elle s’aperçoit que de plus en plus d’électeurs traditionnels du P.S. n’hésitent pas à voter pour le MoDem, parce que les prises de position de F. Bayrou sont, non pas de gauche, mais tout simplement républicaines.
En tout cas toutes ces attaques ne peuvent qu’asseoir la popularité de F. Bayrou, et sa posture de présidentiable pour l’élection de 2012. Accessoirement, et au grand dam des socialistes, il s’affirme comme le seul opposant crédible de Nicolas Sarkozy, d’autant que son projet présidentiel est toujours d’actualité. Je dirais même pour ma part qu’il l’est plus que jamais, car avec la crise que nous subissons il faudra prendre des décisions fortes pour permettre le redressement du pays. Or un projet comme celui de F. Bayrou et du MoDem, ne se bâtit pas à la va-vite pour donner le change le temps d’une campagne présidentielle.
Il doit être cohérent, il doit être adapté à la situation, bref il doit permette de gouverner sur des bases saines où l’effort doit être réparti le plus équitablement possible entre tous les Français. Faire des réformes, de vraies réformes, c’est prendre des mesures durables tendant à ramener la croissance des dépenses au rythme de la croissance de la production intérieure. C’est de cette manière que l’on arrive à l’équilibre budgétaire et que l’on diminue l’endettement public. Manifestement ce n’est le souci ni du gouvernement, ni hélas du Parti Socialiste, trop occupés l’un et l’autre à conserver leurs privilèges.
Michel Escatafal
10:26 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.05.2009
Le Français sont plus fourmi que cigale...
A force d’entendre dire que la crise a épargné notre pays plus que d’autres, et malgré les nombreuses notes écrites un peu partout où chacun s’accorde à dire que la France est aussi sévèrement touchée que beaucoup d’autres, il se trouve que certains finissent par croire ce que dit le gouvernement français, à savoir que ça va mieux chez nous qu’ailleurs. Alors encore une fois je vais parler de quelque chose qui démontre bien que si notre pays n’a pas su poursuivre sur la voie tracée par Raymond Barre à la fin des années 70, il a gardé suffisamment de spécificités pour que ses habitants souffrent plutôt moins que ceux d’autres pays comparables au nôtre. En fait on a eu de la chance que Nicolas Sarkozy ne soit pas entré à l’Elysée plus tôt.
Mais pourquoi donc cette impression que la crise s’arrête à nos frontières ? D’abord ce n’est pas vrai, comme en témoigne, hélas, la forte augmentation du taux de chômage et ce, malgré des statistiques que certains soupçonnent d’être passées régulièrement à la lessiveuse. Malgré tout les faits sont là, et la multiplication des plans sociaux, y compris dans des entreprises de plus en plus petites, indique que cette évolution négative ne fait que commencer. Cela dit, heureusement pour nous, les dépenses de consommation se maintiennent bon gré mal gré à un niveau suffisant pour pouvoir faire encore un peu illusion. Et bien entendu en disant cela, je pense aux cocoricos gouvernementaux.
Si la consommation se maintient c’est uniquement pour deux raisons : d’une part notre système de protection sociale, bien que mis à mal depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, remplit encore convenablement son rôle, et d’autre part le taux d’épargne des Français demeure très élevé. Quand je parle d’épargne, il s’agit bien sûr de la partie du revenu disponible des ménages (revenu courant après impôt) qui n’est pas destinée à une consommation immédiate ou, dit autrement, de la partie de ce revenu non dépensé gardée en réserve en vue d’une utilisation future. Et c’est vrai qu’en France on épargne davantage que dans beaucoup d’autres pays…parce que les Français sont moins endettés que les Anglo-Saxons.
Il suffit d’ailleurs de comparer les différents taux d’épargne dans les pays développés pour s’apercevoir que sur ce plan la France se situe au tout premier rang, ce que d’ailleurs a beaucoup regretté Nicolas Sarkozy à l’époque pas si lointaine où il ne voulait pas refonder le capitalisme. Il voulait une France de propriétaires, une France où le crédit hypothécaire se développerait, une France où on ne devait pas avoir peur du crédit parce qu’une économie qui ne s’endette pas suffisamment, c’est « une économie qui ne croit pas à l’avenir, qui doute de ses atouts, qui a peur du lendemain ». C’est curieux mais cette phrase on ne la rappelle plus guère dans les allées du pouvoir !
Cela dit quels sont les derniers chiffres que nous avons sur le taux d’épargne en France et dans le monde ? D’après l’OCDE, les 5 meilleurs taux (en 2008) sont pour la France (12,7%), la Suisse (12,6%), l’Autriche (11,8%), l’Allemagne (11,6%) et l’Irlande (10,6%). En revanche les Etats-Unis d’Amérique figurent parmi ceux qui ont les plus faibles taux (1,6%)…au même titre d’ailleurs que des pays comme la Norvège (2%), l’Australie (1,4%), le Danemark (-1,9%) et la Finlande (-2,7%), ce qui paraît davantage surprenant à première vue sauf pour l’Australie et, à un degré moindre, pour la Norvège. Celle-ci en effet, vit pour le moment de ses réserves énergétiques ce qui lui permet d’envisager l’avenir immédiat avec optimisme, d’autant qu’une partie de la manne pétrolière est placée dans un fonds souverain destiné à l’après-pétrole et au fonds de retraite.
Ce qu’il faut noter un peu partout dans les pays développés, c’est que taux d’épargne a tendance à se reconstituer avec pour corollaire le désendettement des ménages. Si je fais cette remarque c’est pour bien montrer que, contrairement à ce qu’affirme Madame Lagarde, la sortie de crise est encore assez loin devant nous car si la reconstitution d’un taux d’épargne minimum aux Etats-Unis, plus gros consommateur de la planète, est quelque chose de sain en soi, cela signifie que la croissance mettra un peu plus de temps avant de repartir franchement. D’ailleurs l’Administration Obama elle-même, malgré son désir évident de voir les Etats-Unis renouer avec la croissance, souhaite que cela se fasse sur des bases plus saines que celles qui ont prévalu ces dernières années. Le secrétaire d’Etat, Geithner, veut que les ménages qui choisissent de s’endetter ou de placer leurs économies le fassent avec des règles plus claires et plus justes, c’est-à-dire avec des normes beaucoup plus strictes sur les prêts et notamment sur les crédits hypothécaires. Il est même envisagé la création d’une autorité chargée par le Trésor de chapeauter les produits financiers les plus populaires, comme les prêts immobiliers ou les fonds communs de placement.
On le voit, c’est quand même un changement radical d’approche aux Etats-Unis, même si sans doute il y a loin de la coupe aux lèvres. Cela étant le modèle anglo-saxon est quand même en train de perdre beaucoup de sa superbe et plus encore de son attractivité. Les gens commencent à s’apercevoir de la nécessité d’une régulation…parce que le système ne peut pas s’autoréguler seul. Seront-ils entendus pour autant ? Là est toute la question, surtout quand on voit à quelle vitesse on essaie aux Etats-Unis de reprendre les mauvaises habitudes. En effet, alors que les tous premiers effets des centaines de milliards de dollars injectés dans le système bancaire commencent à se faire sentir outre-Atlantique, alors aussi que l’on ignore toujours quel est le montant des « actifs toxiques » encore en circulation dans la sphère financière, les banques ont déjà pour unique souci de rembourser les prêts obtenus il y a seulement quelques mois…pour de nouveau avoir les mains libres, donc s’affranchir des contraintes imposées par l’Etat fédéral.
On le voit la volonté politique, aussi forte soit-elle, a beaucoup de mal à résister face aux intérêts convergents des grands groupes financiers et des multinationales. Alors on imagine ce que cela peut donner s’il n’y a pas cette volonté, ou si le pouvoir est totalement inféodé aux puissances financières et économiques…comme c’est le cas dans notre pays. Et malheureusement j’ai bien peur que dans quelques temps, y compris aux Etats-Unis, quand la reprise sera au rendez-vous, les bonnes résolutions entrevues çà et là soient rangées au placard des souvenirs. Cela dit, il peut aussi arriver que certains gouvernants tiennent leurs promesses, ne serait-ce que partiellement, ce qui peut contribuer à changer bien des choses. C’est parce que j’ai cet espoir que j’ai adhéré au Mouvement Démocrate. De plus j’ai toujours pensé, comme François Bayrou l’a constamment affirmé pendant sa dernière campagne présidentielle, qu’il n’est pas incompatible d’avoir un Etat-providence qui remplisse pleinement son rôle, tout en ayant des finances publiques saines. C’est juste une question de choix politique.
Michel Escatafal
16:20 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
19.05.2009
Dans quel état sera la France après la crise ?
Pendant que Carla Bruni-Sarkozy fait la une des journaux en demandant la libération de Aun Sang Suu Kyi, l’opposante birmane qui tient tête courageusement à la junte au pouvoir, comme si sa voix pouvait compter dans le monde, notre gouvernement vient de confirmer (enfin) que la récession est plus forte que prévu. A ce propos quand on entend ce type de discours cela fait presque sourire, car soit c’est la confirmation qu’on nous ment depuis des mois, soit ce gouvernement est encore plus incompétent qu’on ne pouvait l’imaginer jusque là. Pour ma part, je crois que ce pouvoir nous ment et qu’il est incompétent, mais pas au point de n’avoir pas réalisé que notre pays serait sévèrement touché par la crise. Cela dit en écoutant les informations sur la RAI, hier soir, j’ai entendu à la télévision italienne, exactement la même chose que ce qui est dit sur les chaînes françaises, à savoir que l’Italie est touchée par la crise…mais moins que dans d’autres pays. Comme c’est curieux ! On voit que nous sommes en période électorale. Les Italiens n’ont pas N. Sarkozy comme président mais S. Berlusconi, et ce n’est pas triste non plus.
Si le sujet n’était pas aussi sérieux, on pourrait aussi trouver risible une remarque du Figaro, organe quasi officiel du « sarkozysme », estimant intenable l’engagement pris par la France d’un retour sous le seuil de 3% de déficit public par rapport au PIB d’ici 2012. Ce n’est pas le mot intenable qu’il fallait employer, mais plutôt dire que c’était tout bonnement impensable. Le journal aurait aussi pu ajouter que même sans la crise on aurait eu du mal à rester en deçà de ces fameux 3%, alors que dans la même situation la plupart des autres pays de la Zone euro auraient enregistré des excédents. Nicolas Sarkozy, François Fillon et Christine Lagarde sont vraiment très forts ! Pour mémoire je rappelle qu’en 2008 seules l’Espagne (-3,8%), la Grèce(-5%), l’Irlande (-7,1%) et Malte (-4,7%) avaient fait plus mal que nous dans la Zone euro à 16. Il n’y a pas de quoi pavoiser !
Toujours à propos de la crise, les chiffres de l’INSEE nous confirment ce que tous les Français ou presque savaient déjà : la crise internationale a frappé notre pays beaucoup plus tôt que prévu et, plus encore, qu’on a bien voulu nous le dire. Rappelons-nous les doctes paroles de François Fillon expliquant en fin d’année dernière que la France n’était pas en récession, ce qui était archifaux. Cela fait penser aux collégiens qui affirment à leurs parents qu’ils ont de bonnes notes, et qu’il n’y a pas de souci à se faire…jusqu’à ce que le bulletin trimestriel arrive. Oui, je crois que c’est une bonne comparaison, nous avons un gouvernement de collégiens n’ayant de cesse de donner l’illusion qu’ils travaillent, alors qu’en fait ils ne font rien. Et force est de constater que c’est quand même le cas en ce moment avec de fortes paroles, par exemple sur la délinquance, ou avec des réformes qui n’en sont pas mais qui suscitent dans tous les cas le mécontentement, parce que personne ne sait exactement ce que veut faire le gouvernement, ou plutôt parce que tout le monde pressent qu’il ne prépare rien de bon.
Pour revenir à la crise, Christine Lagarde, qui se trompe et qui nous trompe toujours sur toute la ligne, a reconnu que la dégradation de l’activité entraînerait une chute du PIB de 3% cette année. Là il y a vraiment du souci à se faire, car si le gouvernement passe d’une estimation de -1,5% à -3% cela signifie, compte tenu de la marge d’erreur habituelle que s’accordent nos gouvernants, que nous pourrions en réalité enregistrer une baisse du PIB de l’ordre de 4 à 4,5% alors que, je le répète encore une fois, notre budget a été bâti sur une croissance de + 1%. On imagine l’ampleur du déficit public (Etat, sécurité sociale et collectivités locales) en fin d’année. A combien serons-nous : 8, 9, 10% du PIB? Plus personne ne se hasarde à faire des pronostics, sauf à considérer que le pire sera certainement dépassé. Qu’allons-nous dire aux instances de Bruxelles qui ont lancé contre la France une procédure de déficit excessif ? Au passage je rappelle qu’être Européen c’est aussi assumer les engagements que l’on a signés.
Si je rajoute cette phrase c’est parce que je veux revenir sur le déficit de 2008 (-3,4%) qui s’était déjà fortement accru par rapport à 2007 (-2,7%). Cela signifie que la France ne maîtrisait pas ses finances publiques, bien avant l’apparition de la crise…et que Nicolas Sarkozy et son gouvernement n’avaient nullement l’intention d’essayer de corriger le tir, comme en témoignent les moqueries que suscitait la promesse du candidat Bayrou pendant la dernière campagne présidentielle de s’attaquer à la dette. Pour nos gouvernants actuels, il semble que la dette et les déficits soient un sujet tabou. Jamais aucun ministre ou membre important de l’UMP n’évoque sérieusement le sujet, ce qui au demeurant est parfaitement compréhensible vu l’étendue du sinistre. En revanche il est dommage que les médias n’en parlent pas davantage, sauf dans quelques revues spécialisées, parce que ce sujet concerne au plus haut point l’avenir de notre pays.
Comment va-t-on faire avec de pareils déficits pour développer la recherche et le développement, comme le gouvernement Barre avait commencé à le faire avec succès à la fin des années 70, seul moyen pour doper notre tissu industriel et essayer de rattraper une partie de notre retard sur les Allemands ? Ces derniers ne l’oublions pas doivent leur réussite en terme de balance commerciale à leurs multiples PME industrielles (moins de 500 employés) essaimées sur tout le territoire, et ayant des liens forts avec la recherche dans les universités. Malgré les délocalisations initiées par les grands groupes, l’Allemagne est restée une puissance industrielle et gageons que l’Allemagne va sortir renforcée de la crise, comme ce fut le cas après le premier choc pétrolier. Dès que la reprise sera au rendez-vous, les firmes allemandes vont enregistrer un boom de leur chiffre d’affaires inversement proportionnel à la chute qu’ils viennent d’enregistrer…parce qu’ils disposent d’atouts en terme d’innovation que nous n’avons pas continué à développer. N. Sarkozy et son gouvernement font de la communication un mode de gouvernement. Malheureusement ce n’est pas cela qui fera vendre nos produits, et nous allons en payer sévèrement les conséquences dans les mois et les années à venir. Hélas qui semble s’en soucier en haut lieu?
Michel Escatafal
15:22 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
17.05.2009
Il faudra bien finir par s'entendre sinon...
Ce que je vais écrire aujourd’hui n’engage que moi, je tiens à le préciser. En effet bien qu’ayant un site référencé MoDem, je ne m’interdis pas d’exprimer un avis personnel chaque fois que j’en ai l’occasion. Pourquoi ? Parce qu’il faut absolument que Nicolas Sarkozy ne renouvelle pas son bail à l’Elysée en 2012, sous peine de voir notre pays perdre ce qui lui reste de grandeur…et d’atouts. J’ai bien dit ce qui lui reste, parce que le mal a déjà bien commencé à faire son œuvre, mais les dégâts causés ne sont peut-être pas encore irréversibles. Dans trois ans on se sera encore un peu plus rapproché de cette irréversibilité, et là il faudra absolument inverser la tendance.
La dette brute des administrations publiques, par exemple, atteindra au rythme actuel le ratio astronomique de 120 ou 130% du PIB, soit le double de celui de celui de 2006. C’est tout simplement effrayant ! En plus, en donnant ces chiffres qui paraissent à première vue exagérés, je sais que je suis hélas « dans la bonne fourchette ». Rappelons que fin février les plus pessimistes prévoyaient un taux de 72% fin 2009, alors que nous savons déjà que nous dépasserons allègrement les 80%. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres, et manifestement pour nos gouvernants c’e n’est pas un sujet de préoccupation. D’ailleurs en ont-ils d’autres que le résultat des élections européennes et l’évolution des sondages de popularité de Nicolas Sarkozy ?
Voilà pourquoi, entre autres choses, il faut que Nicolas Sarkozy ne renouvelle pas son bail à l’Elysée. Problème, il va falloir que le candidat en face de lui au second tour ait plus de voix que lui, ce qui est une lapalissade, et que ce candidat arrive à dépasser tous les obstacles qui vont se présenter face à lui. Et chacun sait qu’ils sont fort nombreux. Déjà il y aura le mûr de l’argent avec d’un coté l’UMP qui aura des moyens à sa disposition considérables, et les autres qui feront comme ils pourront. Ensuite il faudra bien surmonter les divisions de l’opposition car on est souvent plus soudé dans la majorité, réflexe de survie, que dans l’opposition où les ambitions personnelles passent souvent devant l’intérêt général.
Et je le redis encore une fois, j’espère que François Bayrou mesure la chance qu’il a d’être à la tête d‘un mouvement où il ne viendrait à personne l’idée de discuter son leadership. Quand je dis qu’il a de la chance, il faut aussitôt ajouter que cette chance il la doit beaucoup à lui-même, tant sa démarche en 2002 apparaissait aléatoire pour ne pas dire suicidaire. Cela étant le résultat est là, bien qu’étant à la tête d’un parti où il n’y a que des militants et quasiment pas d’élus, tout le monde lui reconnaît la possibilité d’avoir un destin national, et donc de devenir président de la République. François Bayrou et le MoDem, c’est l’anti Parti Communiste ou l’anti Nouveau Centre, qui à eux deux ont presque 40 députés (dix fois plus que le MoDem), mais qui pèsent à peine 3% des voix dans une élection nationale. Ou est la démocratie ?
Pour autant, même si François Bayrou peut espérer se situer aux environs de 20% dans un premier tour d’élection présidentielle, il est loin d’être assuré de battre Nicolas Sarkozy au second tour comme je l’entends dire un peu partout. D’abord au second tour il faut gagner le droit d’y être. Comme on dit dans le sport, pour avoir une chance de gagner la finale il faut d’abord passer le cap des demi-finales. C’est la même chose pour une élection présidentielle, d’où la nécessité de rassembler suffisamment de monde autour de soi dès le premier tour, ce que Valéry Giscard d’Estaing avait su faire en 1974 et François Mitterrand en 1981. Cela signifie que pour François Bayrou il faut déjà récupérer les déçus de la mouvance gaulliste de l’UMP, incarnée à mon avis par Dominique de Villepin, beaucoup plus que par Alain Juppé.
Pourquoi Dominique de Villepin plus qu’Alain Juppé ? Pour la simple raison que depuis le début du quinquennat de N. Sarkozy, DDV est en opposition à peu près sur tout avec le président de la République…qui n’a de cesse de le persécuter. Ensuite force est de reconnaître que sur bien des points François Bayrou et Dominique de Villepin sont d’accord, y compris et surtout pour préserver le modèle social français, dont on reconnaît aujourd’hui qu’il a été jusqu’ici le meilleur amortisseur de la crise. Je dis jusqu’ici parce que l’incapacité de ceux qui nous dirigent pourrait nous valoir de terribles désillusions quand le moment de la reprise sera venu, faute d’avoir su investir sur l’avenir et d’avoir mené une politique nous préparant à la sortie de crise.
Fermons la parenthèse et revenons à l’idée que je développais à propos de la nécessaire alliance entre F. Bayrou et D.D.V. Personnellement j’apprécie l’ancien Premier ministre même si je lui reproche la privatisation des sociétés autoroutières, privant la nation de revenus garantis et croissant dans le temps, qui auraient pu permettre de financer les grands équipements dont la France a besoin dans le domaine des transports. En revanche, je reconnais à D.D.V. un sens de l’Etat dont est complètement dépourvu N. Sarkozy. D.D.V. aime la France autant que François Bayrou, et rien que cela devrait suffire à les rapprocher. Certes je sais bien que l’espoir et les desiderata des militants ne va toujours dans le sens des décisions qui sont prises, mais en l’occurrence si les deux hommes, plus quelques autres y compris des socialistes, ont une réelle ambition pour notre pays, il faudra bien qu’ils finissent par s’entendre, faute de quoi Nicolas Sarkozy sera réélu. Ils n’ont pas le droit de faire ça aux Français !
Michel Escatafal
09:08 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.05.2009
On ment effrontément...pour rétablir la confiance
Aujourd’hui je voulais écrire sur la loi Hadopi et l’apparition de « logiciels de sécurisation », que les internautes désireux de prouver leur bonne foi seront censés installer sur leurs ordinateurs…pour pouvoir se défendre en cas de litige. On croit rêver, et manifestement le « champion du pouvoir d’achat » n’avait peut-être pas pensé à cela, car ces fameux mouchards vont être évidemment payants. Avec ce pouvoir c’est vraiment du grand n’importe quoi, et malheureusement ce n’est pas fini car il est mû par l’idéologie. A ce propos c’est quand même le monde à l’envers, quand on pense que le principal argument électoral de la droite contre la gauche il y a 20 ou 30 ans, c’était précisément que cette dernière soit trop idéologique.
Mais au fait est-ce bien l’idéologie qui guide Nicolas Sarkozy et ses collaborateurs ? Oui d’une certaine manière, même si ce n’est pas à proprement parler une doctrine qui guide son action, mais plutôt le désir de plaire à ses amis. La loi sur le téléchargement (Hadopi) est destinée d’abord à éviter de faire perdre un peu d’argent aux artistes, notamment aux chanteurs…milieu auquel appartient l’épouse du président de la République, même si ses compositions ne passeront pas à la postérité. C’est simplement un exemple parmi d’autres, au même titre que la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, censées bénéficier aux chaînes privées, ou que la réforme de l’hôpital public qui dans son projet encore actuel bénéficiera en premier, non pas aux malades, mais aux cliniques privées.
Comment les gens ont-ils pu voter en 2007 pour un homme qui a joué tout au long de sa carrière politique sur « le paraître », mû qu’il était par une ambition dévorante pour atteindre au faîte du pouvoir, quitte à se lier pieds et poings au monde de l’argent…qui est bien le seul qu’il respecte. Plus grave encore, comment peut-on faire encore confiance à une équipe gouvernementale qui ne cesse de mentir à son peuple, y compris sur la crise, alors que ses effets s’en font sentir partout dans le pays, parfois même de manière dramatique sur certains territoires. Quand on pense qu’il y a à peine 7 mois ( le 15 octobre dernier) celui qui se dit Premier ministre, François Fillon, affirmait que la croissance devrait plafonner à 0,2% en 2009, et qu’il ne s’agissait aucunement d’une récession qui touchait notre pays, mais simplement « une panne ». Rappelons aussi dans le même ordre d’idées qu’à cette époque le budget était toujours bâti sur une croissance de 1%. Oui je dis bien 1% de croissance, alors que cette année selon les dernières prévisions gouvernementales la chute du PIB atteindra au minimum 3% !
Comment peut-on gagner la confiance de ses concitoyens avec de pareilles fadaises ? J’ai lu ou entendu quelque part ces derniers jours, que si Nicolas Sarkozy et son gouvernement nous cachaient la vérité, c’était pour ne pas altérer la confiance des Français…afin qu’ils continuent à consommer. Bref, non seulement ces gens-là nous mentent, mais en plus ils nous prennent pour des demeurés. J’en profite pour rappeler une nouvelle fois que dans les autres pays (Italie, Espagne, Allemagne etc.) il y a longtemps que l’on table sur une sévère récession. Toujours l’effet Tchernobyl dans notre pays, les nuages économiques s’arrêtant aux frontières !
Pire encore, que compte faire notre gouvernement pour essayer de limiter les effets de cette récession ? Réponse : apparemment pas grand-chose au point qu’on a l’impression… qu’il est urgent d’attendre. Mieux même le pouvoir, président de la République en tête, fait comme si de rien n’était et continue cahin-caha ses réformes, dont le seul effet est de jeter des milliers de gens dans la rue chaque semaine. Jamais dans notre histoire récente il n’y a eu autant de revendications en même temps, et jamais on n’a eu l’impression d’avoir une telle somme d’incompétence dans les hautes sphères de l’Etat. Et tout cela avec un président de la République qui s’occupe de tout et un gouvernement qui s’occupe…du reste.
Combien de temps cela pourra-t-il durer ? Là est toute la question, parce que pendant ce temps les déficits s’accumulent et la dette enfle à une vitesse supersonique. A force de faire des projets de budget bricolés à la hâte pour faire croire que tout va bien, et de voir par conséquent les recettes budgétaires se situer toujours plus loin des objectifs, on finit par se retrouver dans une impasse qui nous conduit tout droit vers des dérives extrêmement dangereuses. Je rappellerais simplement qu’il y a quelques mois les plus pessimistes (dont je faisais partie) tablaient sur un déficit budgétaire en 2009 de 6 à 7%. On va sans doute se situer autour de 10%. Et pendant ce temps le gouvernement est fier d’annoncer la baisse de la TVA sur la restauration, mesure qui va coûter 2 à 3 milliards d’euros. Ces 2 à 3 milliards n’auraient-ils pas été plus utiles pour rénover les prisons, les hôpitaux ou encore aménager des crèches ? Pas pour Nicolas Sarkozy, car les hôpitaux, les prisons et les crèches ne votent pas, au contraire des restaurateurs qui passent pour être parmi ses plus indéfectibles soutiens électoraux.
Michel Escatafal
12:39 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
13.05.2009
Les habitants de l'U.E. veulent plus d'Europe !
A la lecture du dernier sondage sur les élections européennes, tel que décrit dans le Figaro, on constate que les électeurs qui vont voter sont finalement assez fidèles à leurs votes habituels. On s’aperçoit en effet que l’UMP toute entière fait 27%, auxquels il faut ajouter les 5% des listes MPF (de Villiers). Au total cela fait 32% pour les soutiens du président de la République…ce qui est beaucoup et peu à la fois. Beaucoup au vu des multiples mécontentements qui se manifestent dans le pays, et peu pour un pouvoir qui ne cesse de se croire très majoritaire dans l’opinion. Il faut dire que l’opposition parlementaire ne fait guère mieux dans l’esprit des gens, puisqu’elle rassemble en gros 31% entre le PS et les Verts, et 36% si l’on ajoute les 5% des groupuscules que sont le Parti Communiste et le Front de Gauche. Et dire que tout cela (68%) représente 99% de la composition de l’Assemblée Nationale, preuve si besoin en était que la France est une singulière démocratie !
Fermons la parenthèse pour noter que le Modem fait à lui seul 13%...ce qui n’est pas si mal, même si j’aurais préféré qu’il se situe au-delà de 15%. Quant aux partis extrêmes, leurs scores sont malgré tout assez élevés puisqu’ils représentent 9% à gauche et 7% à droite. En tout cas c’est la preuve que l’Extrême-gauche se renforce aux dépens du presque défunt PC, et que Nicolas Sarkozy n’a pas réussi à réduire complètement l’Extrême-droite comme nous pouvons l’entendre un peu partout. Le Front National est malade, mais apparemment il n’est pas encore mourant, et avec cette élection il va même avoir une tribune pour critiquer à la fois l’Europe et le pouvoir. En tout cas cela prouve clairement que l’Europe est totalement absente du débat…ou presque, malgré les efforts de notre mouvement.
Et pourtant si l’on en croit une consultation à l’échelle de l’Union Européenne, on s’aperçoit que les Européens demandent avant tout « plus d’Europe », ce qui paraît tout à fait contradictoire avec ce que l’on entend dire un peu partout dans les médias de notre pays. Mieux même, cette consultation de 2008 confirme totalement les conclusions de 2007, ce qui a fait dire à un participant finlandais invité à une réunion à Bruxelles destinée à tirer les enseignements de cette consultation intra européenne : « nos recommandations demandent plus d’intégration européenne. Quand les politiciens vont-ils comprendre cela ? » Oui, là est la vrai question, et j’ajouterais que le spectacle qui est donné dans notre pays (il n’est pas le seul), ne serait-ce qu’à travers la composition des listes proposées aux électeurs, ne donne aucunement envie d’aller voter pour des gens dont beaucoup considèrent qu’ils sont là…pour garder un mandat et les 7000 euros qui vont avec.
Où est la conviction européenne d’un Jean-Marie Cavada, qui a réussi à obtenir une position éligible sur une liste UMP après avoir abandonné le MoDem dans l’espoir d’être ministre? Pourquoi Vincent Peillon, le socialiste, est-il tête de liste P.S. dans une circonscription où ses seules activités y ont été d’aller en vacances ? Et que dire de Rachida Dati qui, pour sa part, souhaitait avant tout rester au gouvernement? L’Europe mérite-t-elle un pareil traitement, et surtout est-ce de cette manière que l’on va convaincre les électeurs que les enjeux de cette élection au Parlement européen sont très importants? Je crois effectivement que notre Finlandais a raison de se poser des questions à propos des politiciens.
Pour en revenir à la consultation que j’évoquais précédemment, qui invitait les citoyens européens à se prononcer sur la manière dont l’Union européenne peut faire face à la crise économique et relever les défis sociaux, on s’aperçoit que si les habitants de l’U.E. veulent plus d’Europe, c’est tout simplement parce qu’ils ont réalisé depuis longtemps que c’est à l’échelle de l’Europe que l’on pourra lutter efficacement contre le réchauffement planétaire, que l’on pourra assurer notre avenir énergétique, que l’on pourra mieux réguler les marchés financiers, et que l’on pourra développer une agriculture respectueuse de la santé et de l’environnement. Ils plaident même ces citoyens européens pour un système de santé commun, pour une harmonisation de la protection sociale et du code du travail, sans oublier l’uniformisation des systèmes éducatifs.
Bien évidemment on ne va pas faire une grande publicité des résultats de cette consultation, car sur tous ces sujets les gouvernants des Etats membres veulent absolument garder la main, et tricoter chacun dans leur coin des dispositifs toujours plus restrictifs pour les populations, et toujours plus favorables aux grandes compagnies privées qui, par ailleurs, opèrent souvent dans plusieurs pays pour ne pas dire dans l’ensemble des pays qui composent l’U.E. On voit bien dans ces conditions comment sont faits les choix qui impactent la vie des gens. Sur ce plan, en France, nous sommes bien placés pour en parler dans la mesure où Nicolas Sarkozy et son gouvernement sont en train de démolir consciencieusement tout ce qui faisait la spécificité du modèle social français, et aussi le plus souvent européen, du moins pour les membres fondateurs de l’U.E.
Un dernier mot enfin à propos du mépris que Nicolas Sarkozy manifeste pour l’Europe, même s’il joue « les grands européens » en focalisant sa campagne sur le seul éloge narcissique de sa présidence européenne. Selon le journal allemand Die Welt, citant des sources diplomatiques, c’est notre ô combien inefficace ministre des Finances, Christine Lagarde, qui va prendre le poste de commissaire européenne à la concurrence lors de la prochaine administration bruxelloise. Nicolas Sarkozy en veut-il à ce point à l’Europe pour donner aux institutions européennes une ministre qui a échoué totalement dans ses diverses fonctions ministérielles en France ? En tout cas ce n’est pas de cette manière que l’on va donner de la crédibilité aux instances de Bruxelles.
Michel Escatafal
12:08 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
11.05.2009
De quelle Europe nous parlons?
Ainsi donc une nouvelle fois Nicolas Sarkozy vient de franchir un nouvel échelon concernant son implication dans son parti, l’UMP. Cela fait quand même bizarre de voir un président de la République s’impliquer à ce point sur un scrutin européen. Si cela avait été pour faire adopter un traité cela aurait pu se comprendre, mais personnellement je pense que c’était davantage la place du Premier ministre d’assister à ce meeting commun avec Angela Merkel. Cela dit comme Nicolas Sarkozy est à la fois président de la République et Premier ministre la question est réglée. Certains d’ailleurs trouvent excellente cette initiative car cela pourrait ressouder le couple franco-allemand. C’est pour moi un argument fallacieux…car il n’est pas écrit, même si elle a de bonnes chances, qu’Angela Merkel va gagner les élections en Allemagne cet automne. Et si le SPD l’emportait est-ce que cette réunion aurait renforcé l’amitié franco-allemande ?
Je n’en sais rien, même si les meilleures amitiés entre les deux pays ont été chaque fois l’œuvre de dirigeants d’un bord différent, comme Giscard-Schmidt, Mitterrand-Kohl ou Chirac-Schroeder. Cela veut dire que même quelques bisbilles passagères ne pourront pas altérer 50 ans d’amitié et de coopération renforcée. Cela étant, encore une fois, je me pose la question de savoir ce qu’a bien pu aller chercher Nicolas Sarkozy dans cette participation à cette réunion électorale des chrétiens-démocrates, même si ceux-ci sont assez proches sur le plan idéologique de l’UMP dans sa composante actuelle dépouillée de ses derniers relents de gaullisme. En tout cas il y a au moins une bonne chose de dite de la part du président français, à savoir l’affirmation que l’amitié franco-allemande était "le trésor le plus précieux pour l’Europe et le monde entier". Cela rassure, même si derrière l’emphase les réalités paraissent quelque peu différentes.
Néanmoins, les deux chefs de l’exécutif, allemand et français, sont pleinement d’accord sur un point bien précis : il s’agit bien sûr de l’élargissement de l’U.E. à la Turquie. Je ne suis pas certain d’ailleurs qu’ils aient chacun tout à fait les mêmes motifs politiques ou géographiques, mais le constat est là et la Turquie risque d’attendre longtemps avant que l’on puisse seulement étudier sérieusement son dossier d’adhésion. De même, il faudra absolument la bénédiction de l’Allemagne et de la France pour tout nouvel élargissement, et cela pourrait retarder certaines nouvelles adhésions mis à part celle de la Croatie qui a déjà un pied dans l’Union. Quand je dis retarder c’est un euphémisme, même si les pays de l’Est européen, et notamment la Hongrie et plus encore la Pologne, souhaiteraient voir arriver rapidement dans l’Union des pays comme l’Ukraine ou la Moldavie. Ce serait quand même prématuré, même si on peut comprendre que les Polonais voient dans une adhésion de l’Ukraine à l’U.E., un moyen supplémentaire d’émancipation de son plus proche voisin vis-à-vis de son ex-tuteur russe.
Cependant on peut quand même se poser quelques questions sur cet empressement à voir arriver dans l’Union Européenne les anciennes républiques soviétiques, sauf à considérer que pour les Polonais ou les Hongrois l’Europe est d’abord un ensemble économique, ce qui rejoint quelque peu l’idée de Nicolas Sarkozy de faire un grand ensemble économique dont la Turquie ferait partie. Tout cela parait assez alambiqué sauf, comme je l’ai dit récemment, si on accepte l’idée d’une partie de l’Europe plus fortement intégrée, avec des pays prêts à sacrifier encore un peu plus de leur souveraineté politique pour aller plus loin dans l’union. C’est d’ailleurs tout l’enjeu même si on n’en parle pas beaucoup de la ratification du Traité de Lisbonne, avec notamment la création d’un président du Conseil européen élu pour deux ans et demi, et d’un haut-commissaire qui ferait fonction de ministre des affaires étrangères.
Quand je parle d’enjeu, il va de soi que c’est à ces deux personnalités que je pense car ils parleront au nom de l’Union Européenne, d’où la nécessité d’avoir deux personnalités authentiquement européennes. Dans le cas contraire, ce ne serait qu’un bricolage supplémentaire pour une Union qui en souffre depuis bien trop longtemps. Pour le coup l’euroscepticisme atteindrait des sommets, et ferait s’éloigner définitivement chez les plus optimistes l’idée de toute forme d'union politique, même la plus soft. Si je dis cela c’est parce que l’on entend parler de « directoire des grands pays » dans lequel la Grande-Bretagne ne serait pas nécessairement absente. Mieux même et cela continue de m’inquiéter, la candidature de Tony Blair comme président du Conseil européen est toujours d’actualité…avec l’aval d’Angela Merkel et Nicolas Sarkozy.
Bref, ce que veulent les deux responsables allemands et français c’est garder plus d’influence qu’ils n’en ont théoriquement avec l’élargissement à 27 et bientôt 28 de l’Union. De son coté la Grande-Bretagne a la même ambition, même si ses dirigeants appartiennent au contingent des eurosceptiques. La Pologne aussi, avec ses presque 40 millions d’habitants et sa position centrale au cœur de l’Europe, se verrait bien également jouer un rôle majeur dans ce vaste ensemble. Problème, les dirigeants polonais ou britanniques ne veulent pas davantage d’Europe ou si l'on préfère moins d’Amérique. Pour eux l’Europe c’est d’abord un vaste marché réunissant plus de 500 millions d’habitants…protégés par l’Amérique. Et si élargissement il doit y avoir, ce sera avec des pays qui pensent comme les Polonais ou les Baltes. Il suffit de voir à quel point la question européenne divise la classe politique islandaise qui jusqu’ici n’avait que faire de l’Europe et qui, parce que l’Islande est quasiment en faillite, veut adhérer à l’U.E. et à l’euro. L’Union Européenne a-t-elle besoin de pareils adhérents ? Et n’est-ce pas de là que viennent tous ses problèmes ?
Michel Escatafal
18:51 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
09.05.2009
Un pouvoir indifférent aux sujets de préoccupation des citoyens
Il faut reconnaître à ce gouvernement quelque chose auquel on n’était pas habitué dans notre beau pays : il fait semblant de ne pas se préoccuper des multiples contestations auxquelles il doit faire face en même temps. Qui en France est satisfait de ce qui est fait par le pouvoir ? Apparemment personne, car chacun sait qu’aucune profession ou corporation n’a bénéficié d’une quelconque réforme permettant d’améliorer leurs conditions de vie. Je dis bien personne…à une seule exception, ceux qui bénéficient des avantages du bouclier fiscal. C’est peu, très peu même, ce qui n’empêche pas le pouvoir d’affirmer sans cesse que la France fait des envieux un peu partout dans le monde.
Je ne vais pas me répéter, mais chacun sait que ce n’est pas la vérité. Je ne vais pas non plus redire ce que j’ai si souvent affirmé sur ce site, à savoir que c’est la presse qui fait l’opinion dans notre pays. Or la presse est contrôlée à plus de 80% par les amis du pouvoir, et ceux-ci ne sont pas de joyeux plaisantins quand il s’agit de bâillonner l’opinion (voir l’affaire du licenciement du responsable du pôle innovation web de TF1). Mieux même si elle n’est pas directement contrôlée, ses principaux dirigeants n’hésitent pas à rentrer dans le jeu du pouvoir…pour survivre. Cela on ne le répètera jamais assez, et sans remonter bien loin il suffit de se rappeler comment les médias ont traité l’affaire du CPE…avec la bienveillante autorisation de Nicolas Sarkozy. Et on a pu voir comment un Dominique de Villepin est sorti de cette affaire, alors qu’il n’avait fait que reprendre à son compte une idée de son ministre de l’Intérieur.
Voyons un peu ce qui se passe à l’Université. Celle-ci est en train de subir une crise comme elle n’en a pas connu depuis mai 1968. Et pourtant est-ce que ces désordres font la une des journaux écrits ou télévisés? Jamais. Tout au plus on peut lire quelques lignes sur les dernières manifestations, et encore on n’en parle que parce que les examens sont menacés dans de nombreuses universités. Imaginons Ségolène Royal, élu le 6 mai 2007, avec pareil problème sur les bras, ou encore François Bayrou. Vous me répondrez, et vous aurez raison, que rien ne dit qu’avec eux à l’Elysée nous aurions pareils désordres dans les universités…parce que le pouvoir considèrerait que la crise mérite qu’on s’occupe d’elle en priorité, au lieu d’accumuler les dispositifs suscitant la polémique, Et qu’on ne vienne surtout pas me dire que ce serait le règne de l’immobilisme si on ne s’occupait pas des sujets qui posent problème aujourd’hui.
Où est le progrès dans la loi Hadopi sur le téléchargement illégal ? Où est le progrès dans la réforme de l’hôpital, avec une gestion purement comptable de ses activités ? Ou est le progrès dans la réforme de l’université, dont tout le monde a retenu qu’en fait on voulait faire travailler plus certaines catégories de personnels…sans gagner plus. Là d’ailleurs se situe une bonne partie de la crispation qui a déclenché le mouvement de contestation. De plus pourquoi supprime-t-on une année de stage payé pour des enseignants fraîchement diplômés, dont par ailleurs les tenants de la réforme n’ont de cesse de fustiger les insuffisances ? Bien entendu la réponse nous la connaissons tous : il faut faire des économies parce que pour des gens comme Nicolas Sarkozy, l’éducation et l’université coûtent trop cher, ce qui est une remarque savoureuse pour un pouvoir qui a multiplié par deux le déficit budgétaire en deux ans.
Personne ne s’étonnera dans ces conditions que les enseignants et les étudiants fustigent depuis des mois une réforme qui, une fois encore, ne prend en compte que l’aspect comptable de la question. Le pire dans tout cela est que le désordre est tel dans l’Enseignement supérieur, que personne ne prend réellement au sérieux les menaces de Valérie Pécresse d’infliger des retenues de salaires aux enseignants qui entraveraient le bon déroulement des examens…pour la simple raison qu’on est dans l’incapacité de savoir qui travaille ou pas. Cela s’appelle le désordre, la pagaille, la confusion.
Mais pour revenir au problème de fond, est-ce un progrès de distribuer les fonds en fonction de la performance et de l’activité ? Comme si les filières littéraires pouvaient être comparées aux filières scientifiques! Cela dit, rien ne nous étonne venant d’un président de la République qui considère avec mépris l’enseignement des lettres classiques. En outre j’ajouterais que par le passé la France a fait la démonstration à certains moments de son histoire récente que l’on pouvait avoir une recherche ambitieuse, permettant à notre pays de rester compétitif dans la compétition industrielle ou technologique, tout en maintenant un niveau élevé de savoir en sciences humaines.
Tout cela pour dire que nous ne pouvons que nourrir les plus vives inquiétudes sur l’avenir de notre pays. On a l’impression que la France est un chantier permanent où on commence tout et on ne finit rien. Même les plans relatifs à la crise donnent l’impression que l’on reste au milieu du gué. Mais comment pourrait-il en être autrement avec un pouvoir qui ne pense qu’à sa survie politique, comme en témoigne le retour des discours maintes fois entendus sur la sécurité, les dispositifs mis en place sur l’immigration, la complaisance affichée pour tout ce qui est demandé par des lobbies qui affichent avec ostentation leur sarkozysme, quitte à creuser encore davantage des déficits historiques. Espérons simplement que cette accumulation d’insatisfactions et de maladresses, cette attitude hautaine pour ne pas dire méprisante du pouvoir, permettent à nos concitoyens d’ouvrir les yeux ( enfin!) sur l’erreur qu’ils ont faite en se livrant pieds et poings à un homme finalement très indifférent au choix des moyens de gouverner.
Micehl Escatafal
09:21 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


