31.05.2009
Le nécessaire rassemblement
« Mélanchon veut fumer le PS, nous on veut exploser la droite ». Voilà ce que dit Olivier Besancenot, le chouchou de gauche des médias de droite, c’est-à-dire de la plupart des médias. En lisant ce titre dans Libération, je me suis amusé à voir quelques réactions sur le forum, venant évidemment de gens qui peu ou prou se sentent proches des idées d’O. Besancenot. Ce dernier a pu constater au passage que sa virée un dimanche après-midi chez Drucker ne lui a pas porté bonheur, bien au contraire. Sans s‘en rendre compte, le leader du NPA s’est fait piéger comme un débutant en politique… qu’il est. Les électeurs sont parfois naïfs, souvent cocufiés, mais ils n’aiment pas le mélange des genres.
Drucker c’est le valet des puissants depuis des décennies, ce qui explique sa longévité à la télévision. D’ailleurs lui-même s’est défini plus d’une fois comme le successeur de Léon Zitrone, que les plus anciens d’entre nous ont connu à la fin des années 50 et après, c’est-à-dire aux débuts de la télévision. Simplement Drucker oublie qu’il n’a pas l’intelligence de Zitrone, mais ce n’est pas pour cela qu’il n’est pas moins dangereux pour un Olivier Besancenot qui, avant d’aller se montrer et se faire adouber, aurait dû se rappeler que Drucker est d’abord un grand ami de Nicolas Sarkozy, et donc des gens de Neuilly et non pas celui « des prolos, de la jeunesse et des précaires » qui votent pour le Nouveau Parti Anticapitaliste.
Mais au fait pourquoi je parle autant de Besancenot ? Tout simplement parce que sondage après sondage on s’aperçoit que le NPA est en perte de vitesse, et qu’au-delà de l’abstention massive qui se prépare, les électeurs sont finalement très traditionnalistes dans leurs votes, en laissant invariablement en tête les partis au pouvoir depuis 1981...pour ceux qui vont voter. J’entends déjà dimanche soir prochain les cocoricos de l’UMP, si ce parti arrive en tête du scrutin avec à peu près 25% des voix, et même du PS s’il obtient 21 ou 22% des voix en disant que c’est le score normal que font les socialistes à ce type d’élection. Par parenthèse, c’est encore une fois l’occasion de souligner que la quasi-totalité de la représentation à l’Assemblée Nationale ne représente pas la moitié des votants à un scrutin comme celui des élections européennes, qui concerne l’ensemble des électeurs.
Quel constat d’échec sur un strict plan politique. En disant cela on réalise aussi à quel point notre pays vit avec un système électoral injuste, pour la désignation de notre représentation à l’Assemblée Nationale. Un parti qui pèse entre 21 et 25% peut facilement avoir à lui seul la majorité au Parlement. C’est invraisemblable, et ce qui l’est encore plus c’est que finalement tout le monde ou presque dans notre pays accepte cette injustice et cette iniquité. Sur qui peut compter l’UMP comme appoint électoral ou comme soutien gouvernemental ? Réponse : le MPF (Ph. de Villiers) et les chasseurs. Même pas le Front National, ou ce qui en reste, qui a l’impression de s’être fait « plumer » par Nicolas Sarkozy. Cela fait donc moins de 30% de l’électorat !
Le PS n’est guère mieux loti, même s’il sait pouvoir compter sur les Verts, toujours prêts à « aller à la soupe », et sur…le Front de Gauche, ce qui provoque le courroux et la frustration d’O. Besancenot, par principe hostile à toute alliance avec le PS, ce qui se conçoit parfaitement. Mais même en comptant sur ces appoints cela fait moins de 40% des voix, sans parler de la méfiance de la plupart des Français pour un ensemble aussi hétéroclite. Qu’y-a-t-il de commun entre Marie Georges Buffet et Ségolène Royal, entre J.L. Mélanchon et Dominique Strauss-Kahn ? Rien ou presque, le presque correspondant à l’envie d’être au pouvoir. De toutes façons ce type de gouvernement, on l’a déjà eu à plusieurs reprises et les résultats objectifs n’ont pas été à la hauteur.
Par exemple, entre 1998 et 2001, il y avait moyen de faire beaucoup mieux en termes de finances publiques avec une croissance supérieure à 3%. Or rappelons-nous ce qui se passait en 1999, on discutait pour savoir comment répartir la célèbre « cagnotte »… alors que nous avions 1,8% de déficit budgétaire. François Hollande pour ne citer que lui, proposait carrément de donner un billet de 500 F à chaque Français. Evidemment si nous faisons la comparaison avec ce qui a été fait quelques années plus tard, les chiffres étaient meilleurs ou plutôt devrais-je dire moins mauvais, car plus de 1% de déficit en période de forte croissance cela reste une performance médiocre.
Voilà pourquoi il faut impérativement casser cette répartition du pouvoir entre UMP et PS. Voilà pourquoi il faut un vaste rassemblement au-delà des clivages politiques traditionnels…que seul le MoDem propose. Certes on va me rétorquer qu’il n’est pas en situation aujourd’hui de proposer autre chose, mais justement c’est peut-être le moment pour les Français de réfléchir à une hypothèse de rassemblement, qui aille des gaullistes authentiques jusqu’aux socialistes, où chacun pourrait apporter sa pierre pour redresser notre pays. Après tout cela s’est bien fait ailleurs, par exemple en Allemagne avec un certain succès, alors pourquoi pas en France ? De toute façon c’est le seul moyen qui existe pour que tous les Français, je dis bien tous les Français, participent au nécessaire effort de reconstruction que notre pays devra inévitablement s’imposer tôt ou tard. Et le plus tôt sera le mieux.
Michel Escatafal
14:20 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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Commentaires
on en reviendra toujours là :
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Ecrit par : Jerome HUBERT | 31.05.2009
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