28.05.2009

Dans quel mépris on tient le peuple!

Ségolène et martine.jpgFinalement l’amendement proposé par le porte-parole UMP, l’illustrissime Frédéric Lefevre, destiné à autoriser sur la base du volontariat les salariés en arrêt de maladie ou de maternité à poursuivre leur activité professionnelle, via le télétravail, a été rejeté lundi soir en commission, et donc ne sera pas examiné. Et bien entendu tout le monde de se réjouir, y compris à l’UMP bien contente de montrer qu’il ne faut pas aller trop loin dans la dérèglementation du travail. Cela dit, pour ma part, je n’arrive pas à me contenter de ce retrait pur et simple d’un amendement en apparence loufoque, mais parfaitement en phase avec la philosophie de l’UMP  de Nicolas Sarkozy prise dans son ensemble.

 

C’st d’ailleurs devenu une habitude depuis que  Nicolas Sarkozy et ses amis sont au pouvoir : on lance une idée en apparence démagogique, on attend les réactions qui ne manquent pas d’arriver, et on recule provisoirement en se disant que c’est peut-être un peu trop tôt. Cela étant l’idée a été testée, et elle n’est pas complètement abandonnée  pour l’avenir au nom « des chances pour l’emploi » bien évidemment. Et c’est à ce niveau là que l’affaire est très inquiétante, ce que nombre de personnes ne réalisent pas.

 

Certes on n’a pas besoin d’écouter très longtemps Frédéric Lefebvre pour  s’apercevoir que ce n’est pas un intellectuel, mais qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas non plus un crétin tout juste bon à lancer des phrases à l’emporte-pièces, surtout sur un sujet touchant au droit du travail. Pour Frédéric Lefebvre, avec l’aval de Nicolas Sarkozy, il s’agissait avant tout de « faire évoluer  les esprits » sur les congés de maternité ou de maladie. N’oublions pas que Nicolas Sarkozy est l’élu du MEDEF et des puissances financières, malgré tout ce qu’il peut dire ou parfois faire croire. Je dis parfois, parce que sur certains points touchant aux intérêts de ses amis il est intransigeant, par exemple sur le bouclier fiscal.

 

Passons à un autre sujet où la rupture est là aussi manifeste par rapport au passé, y compris le plus récent, la diplomatie. Comment peut-on faire autant d’erreurs dans ce domaine ? Réponse, parce que notre président de la République se prend pour ce qu’il n’est pas. Il s’imagine être une sorte de nouveau Napoléon au point de se permettre  certains écarts diplomatiques tout à fait incongrus. Encore une fois il n’est pas Napoléon 1er, ni même Napoléon III, et il a beaucoup à apprendre de ses prédécesseurs sur le plan des bonnes manières en matière de politique étrangère. Si je dis cela c’est parce que d’après la presse étrangère, la reine Elisabeth « fulminait » d’avoir été snobée  par le président français qui ne l’a pas invitée à la commémoration du 65è anniversaire du débarquement en Normandie…alors que le Premier ministre britannique Gordon Brown avait reçu une invitation officielle.

 

D’après les journaux britanniques, si Nicolas Sarkozy n’a pas invité la reine d’Angleterre, c’est tout simplement parce que le président de la République veut réserver la place d’honneur de ces festivités à Barack Obama. Mais pourquoi vouloir réserver cette place d’honneur au seul Barack Obama ? Pour moi la réponse est évidente, à savoir que cette commémoration intervient juste avant le scrutin européen, et évidemment se montrer partout sur les écrans avec Barack Obama paraît beaucoup plus porteur, aux yeux de l’Elysée, sur le plan électoral qu’organiser une réception plus globale avec notamment la reine d’Angleterre, et ce même si la Grande-Bretagne (dont Elisabeth II est le chef de l'Etat) a payé un lourd tribut dans le débarquement (plus de 17500 morts). Voilà la vérité sur cette affaire, même si on ne fait pas cette interprétation dans l’ensemble de la presse française.

 

Et puisque nous sommes dans la basse cuisine électorale, un dernier mot pour souligner le spectacle affligeant que nous avons pu voir hier soir à Rezé, dans la banlieue nantaise, avec la réunion du Parti Socialiste où les deux vedettes étaient les sœurs ennemies, Martine Aubry et Ségolène Royal. Comment  les socialistes peuvent-ils en arriver à se  ridiculiser à ce point. D’ailleurs s’il fallait une preuve de ce que je dis, il suffit de regarder la photo qui figure sur la plupart des « unes » des journaux ou des sites web, où l’on peut voir le rictus de Ségolène  en train de faire la bise à Martine. Manifestement c’est un geste forcé que Ségolène Royal s’oblige à faire, ce qui n’honore ni l’une ni l’autre parce que dans la salle il y a « des gogos » qui croient à cette réconciliation. Dans quel mépris on tient le peuple !

 

Michel Escatafal

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