25.05.2009

Les deux font la paire!

Décidément François Bayrou, celui que Nicolas Sarkozy appelle le Conseiller municipal de Pau, donne bien du souci à ceux qui détiennent ou un détenu le pouvoir sans discontinuer depuis 1981, au point de conduire J.F. Copé à s’humilier une nouvelle fois ces derniers jours, en demandant au Parti Socialiste de définir « un projet politique » pour empêcher F. Bayrou de « prospérer sur son espace et ses divisions ». Une nouvelle fois le président du groupe UMP se ridiculise joyeusement, un peu comme quand il avait affirmé que lui vivant «la redevance (audiovisuelle) n’augmentera pas ». La taxe a bel et bien été revalorisée, et il n’est pas mort. La preuve, il continue à proférer des âneries. Et dire que ce personnage est déjà candidat déclaré pour 2017. Il ne manquerait plus que lui !

Mais au fait quel a été la réaction socialiste à cette demande de J.F. Copé ? Et bien elle n’a pas été celle que l’on aurait pu imaginer puisque, sans oser dire merci à J.F. Copé, plusieurs responsables socialistes ont surtout dirigé leurs attaques…contre le leader du MoDem. Passons encore sur quelqu’un comme le député-maire d’Evry, Manuel Valls,  qui à force de refuser d’être dans « l’anti-sarkozysme permanent » suscite de plus en plus d’interrogations sur la fidélité à son parti.

Passons aussi sur des gens comme Léo Hamon, qui ont fait leur fond de commerce sur une supposée orientation « à gauche toute ! » du Parti Socialiste. Plus inquiétante en revanche est la démarche en zigzag de Martine Aubry…qui manifestement ne contrôle plus rien dans le parti qu’elle a récupéré, ne l’oublions pas, au prix d’un véritable tour de passe-passe contre l’autre ennemie commune des dirigeants socialistes, à savoir Ségolène Royal. Cette dernière a peut-être des défauts, comme vous ou moi, mais au moins elle joue son rôle d’opposante.

On ne l’entend jamais parler comme Manuel Valls, encore lui, qui prétend que le rôle du P.S. « est de bâtir une alternative crédible de gouvernement qui passe par la proposition », alors qu’il n’a jamais proposé quoi que ce soit de crédible depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, la remarque valant pour les autres membres de la direction du P.S. version Aubry. D’ailleurs je suis persuadé que nombre de militants, je dis bien militants, du P.S. mesurent déjà l’erreur qu’ils ont faite en approuvant la manœuvre des hiérarques du parti, destinée à empêcher coûte que coûte Ségolène Royal de prendre la tête du Parti Socialiste.

Si j’écris cela, c’est parce que Ségolène Royal est apparemment la seule socialiste à avoir compris que ce n’est pas en faisant ce que fait le P.S. que Nicolas Sarkozy sera battu en 2012. Elle sait bien que l’UMP, qui regroupe l’ensemble des forces de droite ne pèse au maximum que 25 ou 28%, ce qui sera suffisant pour devancer le P.S. à n’importe quelle élection, mais sans aucune réserve de voix, mis à part quelques voix du Front National ou des chasseurs.

Ségolène Royal voit bien aussi qu’une partie de l’électorat modéré glisse vers le MoDem, que seule la propagande des médias pro-Sarkozy (donc presque tous) a pu convaincre que F. Bayrou était soudain devenu un homme de gauche, comme elle s’aperçoit que de plus en plus d’électeurs traditionnels du P.S. n’hésitent pas à voter pour le MoDem, parce que les prises de position de F. Bayrou sont, non pas de gauche, mais tout simplement républicaines.

En tout cas toutes ces attaques ne peuvent qu’asseoir la popularité de F. Bayrou, et sa posture de présidentiable pour l’élection de 2012. Accessoirement, et au grand dam des socialistes, il s’affirme comme le seul opposant crédible de Nicolas Sarkozy, d’autant que son projet présidentiel est toujours d’actualité. Je dirais même pour ma part qu’il l’est plus que jamais, car avec la crise que nous subissons il faudra prendre des décisions fortes pour permettre le redressement du pays. Or un projet comme celui de F. Bayrou et du MoDem, ne se bâtit pas à la va-vite pour donner le change le temps d’une campagne présidentielle.

Il doit être cohérent, il doit être adapté à la situation, bref il doit permette de gouverner sur des bases saines où l’effort doit être réparti le plus équitablement possible entre tous les Français. Faire des réformes, de vraies réformes, c’est prendre des mesures durables tendant à ramener la croissance des dépenses au rythme de la croissance de la production intérieure. C’est de cette manière que l’on arrive à l’équilibre budgétaire et que l’on diminue l’endettement public. Manifestement ce n’est le souci ni du gouvernement, ni hélas du Parti Socialiste, trop occupés l’un et l’autre à conserver leurs privilèges.

Michel Escatafal

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