30.04.2009
On n'empêchera pas F. Bayrou de parler
Qui connaît Dominique Paillé qui est, paraît-il, porte-parole adjoint de l’UMP ? A peu près personne y compris au MoDem alors qu’il était autrefois à l’UDF. Cela dit il faut reconnaître que le MoDem n’a strictement rien à voir avec l’UDF, ne serait-ce que par le nombre de ses militants, et surtout par l’idée que ces militants se font de la politique. Si je devais faire un reproche à François Bayrou, ce serait celui d’avoir traîné avec lui pendant des années une masse informe d’élus et de faux militants, embusqués derrière un parti qui avait peu à peu perdu à la fois ses valeurs et sa dignité. Et pour bien prouver que je ne radote pas, je précise que j’étais adhérent de l’UDF avant de l’être du MoDem.
Cela dit Nicolas Sarkozy aura beau envoyer tous les Paillé qu’il voudra, il ne contrariera en rien la marche de François Bayrou vers l’élection de 2012. Au contraire tous les Paillé, Lachaud, Morin, Santini, Sauvadet ou Cavada, qui critiquent aujourd’hui celui qui les a faits sur le plan politique, ne font que se déconsidérer en essayant de faire plaisir à leur nouveau maître, Nicolas Sarkozy, ce qui ne peut in fine que nuire à ce dernier. On ne va pas le plaindre pour autant! D’ailleurs que dit-on de ces renégats qui ont changé de camp en moins de 48h au moment de l’élection présidentielle ? Qu’ils ont trahi leur camp et qu’ils ne sont aucunement fiables.
A ce propos le président de la République lui-même, à qui on ne peut dénier un sens politique aiguisé, semble avoir davantage de mépris pour eux que d’amitié, comme en témoigne la place qu’il concède aux élections européennes au Nouveau Centre…dont plus personne ne parle. Pour tout le monde en effet, contrairement à Besson ou Kouchner, ces gens-là n’existent pas puisqu’ils font partie de l’UMP, seul parti de la majorité. Au moins quand on parle des anciens socialistes, on les considère comme des traîtres, ce qui signifie qu’ils ont un minimum d’existence. En revanche les anciens « bayrouistes » ralliés à N. Sarkozy n’existent plus tout simplement, sinon dans leur circonscription, et encore. De quoi les dégoûter de trahir leur camp !
En tout cas, si François Bayrou devenait le 7è président de la 5è République il saurait au moins, dans le nécessaire rassemblement qu’il souhaite voir mis en œuvre, sur qui il ne faut surtout pas compter. Si je dis cela c’est parce que je suis sûr que certains de ces ex-UDF, devenus des supplétifs de l’UMP, n’hésiteraient pas à changer de camp une nouvelle fois s’ils en avaient l’opportunité. Après tout la faiblesse de certains hommes n’a pas de limite, surtout quand il y a un portefeuille ministériel au bout. Et cela m’amène à dire, en tant que militant du MoDem, que François Bayrou devra s’appuyer au maximum sur ceux qui se sont battus pour lui en 2007, qui se sont investis dans les nouvelles structures du Mouvement Démocrate, et qui sont prêts à l’aider de toutes leurs forces pour gagner l’élection présidentielle de 2012.
C’est avec eux que notre leader devra composer et avec personne d’autre. C’est avec ceux-là qu’il pourra faire de la politique autrement, et c’est sur ceux-là qu’il pourra compter le moment venu…parce que même élu, on ne lui fera pas de cadeaux. François Bayrou n’a pas avec lui, et n’aura pas comme Nicolas Sarkozy, le soutien indéfectible des puissances d’argent. Certes s’il va à l’Elysée, certains essaieront de prendre le train en marche, mais jamais il n’aura le soutien inconditionnel des médias…qui pour beaucoup feront tout pour lui pourrir la vie. Et l’influence des médias est beaucoup plus grande qu’on ne le croit sur les électeurs.
D’ailleurs sans les médias, et sans ses opérations permanentes de communication, où se situerait la cote de popularité de Nicolas Sarkozy ? Infiniment plus bas qu’elle ne peut l’être. Par ailleurs, imagine-t-on un instant quelle pourrait être l’attitude de TF1 pour ne citer qu’elle si, dans la crise actuelle, François Bayrou ou Ségolène Royal avaient été élus, ce qui voudrait dire avec Nicolas Sarkozy dans l’opposition. Si je dis cela c’est parce que j’ai le souvenir de la période 2001-2002…où les médias dans leur ensemble ont tellement instrumentalisé l’insécurité en ville et dans les campagnes, que l’on s’est retrouvé avec J.M. Le Pen au second tour de l’élection présidentielle.
Je veux bien que le bilan de Lionel Jospin n’ait pas été excellent sur tous les plans, je veux bien aussi qu’il ait eu tort de ne pas engager plus avant certaines réformes indispensables, comme par exemple celle sur le financement des retraites qui par parenthèse est loin d’être terminée, mais voir le candidat du Front National le reléguer en 3è position relevait du grotesque. Résultat pour les Français, après cinq ans où Jacques Chirac a plus géré qu’il n’a gouverné, avec à ses cotés un adversaire redoutable au ministère de l’Intérieur, depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy on a détricoté une bonne partie de notre modèle social et républicain. Et encore heureusement que la crise est passée par là car les dégâts, pour importants qu’ils soient, sont infiniment moindres que si l’économie mondiale avait maintenu encore deux ou trois ans son niveau de croissance antérieur.
Certes il va y avoir de la casse, si j’ose dire, mais on aura préservé en partie l’essentiel, notamment notre régime de sécurité sociale et la retraite par répartition. Et si je dis cela c’est parce que, même en période de crise, le pouvoir n’hésite pas à s’attaquer à la justice, à l’enseignement, à la santé, à l’information etc. Mieux même, il trouve le moyen pour faire plaisir à quelques amis concernés, de faire passer une loi qui va faire de la France le premier Etat occidental à couper l’accès à internet. Bref on accumule les lois répressives…heureusement inapplicables dans de nombreux cas. Voilà où nous en sommes après deux ans de « sarkozysme ». Oui François Bayrou a bien raison de dire que le président de la République abandonne le modèle républicain, qu’il a fait « le choix d’une société d’inégalités », et que « partout la France se range du coté des puissants ». J’ajouterai pour ma part que faire plaisir aux riches a un coût énorme pour la société, comme en témoigne l’explosion de la dette et des déficits publics. Décidément nous sommes mal partis !
Michel Escatafal
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28.04.2009
Des chiffres édifiants dont on ne se vante pas
Quand le peuple est en colère, quand la médecine descend dans la rue, quand les chercheurs protestent, quand les étudiants n’étudient plus, quand certains retraités et les plus bas salaires (smic) sont en partie condamnés à faire les poubelles, de quoi nous parle-ton ? Réponse, du voyage de Nicolas Sarkozy en Espagne et des tenues de Carla avec force photos à l’appui. Mais ce n’est pas tout, car on nous dit aussi que la popularité du président de la République se maintient et que celle du Premier ministre est en hausse, et tout cela au moment où Christine Lagarde parle de chiffres « pas catastrophiques » du chômage, tout en reconnaissant quand même qu’ils ne sont « pas bons non plus ». Et pour faire bonne mesure la ministre des Finances nous recommande d’être un peu patient parce qu’aucune embellie n’est à attendre avant 2010.
Quand on connaît la qualité des prévisions de ce gouvernement, on ne peut qu’être inquiet. En effet cette même Christine Lagarde et le Premier ministre lui-même, ne nous prédisaient-ils pas, il y a à peine quelques mois (en septembre), une croissance de 0,5% pour 2009. On connaît hélas les résultats de ces prévisions, pour ne pas dire de ces divagations, puisque la baisse du PIB cette année devrait atteindre au moins 2,5%. En tout cas si 63400 demandeurs d’emplois supplémentaires ce n’est pas un chiffre catastrophique, à combien doit se situer la hausse pour que cela puisse le devenir ? Si le sujet n’était pas aussi grave et sérieux, les paroles de Christine Lagarde seraient risibles.
Hélas quand on regarde les chiffres de plus près on s’aperçoit qu’en réalité le chiffre total des inscrits au Pôle emploi représente 3,5 millions de personnes. Il n’y a vraiment pas de quoi pavoiser, même si Laurent Wauquiez et ses collègues ne cessent de nous dire que l’on fait mieux que les autres…ce qui n'est pas vrai. Il suffit en effet de faire un rapide examen des chiffres de la Zone Euro, en prenant pour source les statistiques Eurostat, pour s’apercevoir que non seulement nous ne faisons pas mieux que les autres, mais qu’en plus nous sommes globalement dans une situation plus difficile qu’en 2006 par rapport aux autres pays de la Zone euro.
Prenons le cas de la croissance, et nous verrons que même si nous avons quelque peu amélioré notre position par rapport à 2006, nous arrivions fin 2008 à la 11è place sur 16 dans la Zone euro, avec une moyenne annuelle de 0,7%. Certes nous sommes un peu mieux placés qu’en 2006, où nous étions 13è sur les 16 pays qui composent aujourd’hui la zone, mais notre classement reste peu reluisant. Seule consolation, si j’ose dire, nous étions en fin d’année juste dans la moyenne européenne, ce qui n’était pas le cas en 2006 où nous étions en deçà de cette moyenne. Je vois d’ici les UMP se réjouir, mais ils ne devraient pas s’emballer, parce que c’est un des rares domaines où il y a un semblant d’amélioration par rapport à fin 2006.
D’ailleurs, s’il le fallait, les chiffres du commerce extérieur sont là pour nous rappeler qu’il n’y a pas de réelle amélioration depuis 2006. En 2006 les résultats du solde des transactions courantes étaient de – 2,1% du PIB contre -0,2% à la Zone euro à 16. En 2008 nous en étions à -3,5% contre -0,3% pour la Zone, donc l’écart avec la moyenne de la Zone s’est largement creusé. La situation s’est donc bel et bien détériorée, même si notre rang est resté le même (8è).
Et pourtant, ce qu’on ne nous dit jamais, le coût total horaire de la main d’œuvre (incluant les coûts indirects) a progressé moins vite en pourcentage dans notre pays depuis 2006, que partout ailleurs sauf en Grèce et en Irlande, avec un net infléchissement en 2008. Seule l’Allemagne en 2008 a une variation en pourcentage inférieure à la notre (2,5% contre 2,6% pour la France), après deux années de faible variation en 2006 et 2007. En 2006 en revanche il n’y avait que les pays en forte croissance à l’époque (Espagne, Grèce, Irlande, Slovénie) qui avaient des pourcentages supérieurs aux nôtres. Cela signifierait qu’avec Nicolas Sarkozy plus le coût du travail diminue par rapport aux autres pays de la Zone, et moins bonnes sont nos performances économiques.
D’ailleurs en 2008, malgré la plus faible progression du coût salarial horaire (2,8%) loin de la moyenne européenne (3,6%), la France a vu les prix à la production industrielle hors construction, sur le marché domestique, progresser de 5,4% en 2008, à peine 0,5% de moins que la moyenne de la Zone euro. Au fait, comment se fait-il qu’aucun commentateur ne se pose de questions sur ces évolutions ? Ce serait d’autant plus intéressant que depuis le début de l’année nous enregistrons une chute sévère sur ces prix à la production en glissement annuel, preuve que la crise touche très fortement nos entreprises, sans doute plus qu’on ne le dit.
Sur les prix à la consommation nous sommes passés en moyenne annuelle de la 5è place en 2006 dans la Zone euro à la 6è en 2008. Par ailleurs en 2006 la hausse en France, en indices harmonisées, était inférieure de 0,3 points à celle de la Zone euro à 16 alors qu’en 2008 nous sommes quasiment au niveau des pourcentages moyens de la Zone. En outre, preuve que la crise est bien installée dans notre pays, nous faisons partie de 9 pays qui ont connu une baisse des prix en mars (en variation mensuelle) confirmation d’une tendance lourde depuis le mois d’octobre…comme dans le reste de la Zone euro. Alors déflation ou désinflation ? Pour le moment il semble que l’on soit davantage dans un mouvement de désinflation lié notamment à une régulation ponctuelle de certains prix, notamment l’énergie.
Sur le front de l’emploi la situation comme nous l’avons vu n’est pas brillante, les chiffres mensuels du début de l’année en cours confirmant et amplifiant les données de la fin d’année 2008. A cette date comme fin 2006 nous étions positionnés au 14è rang de la Zone euro, seules l’Espagne et la Slovaquie faisant plus mal que nous. Aujourd’hui nous avons gagné un rang car le chômage explose en Irlande depuis la fin de l’été dernier, mais ce n’est pas une consolation. En tout cas c’est la preuve que la loi TEPA est aussi inefficace pour combattre le chômage qu’elle est coûteuse pour les finances publiques, et que par conséquent Nicolas Sarkozy et le gouvernement nous mentent quand ils prétendent le contraire.
Et puisque nous parlons des finances publiques, comment ne pas évoquer l’extraordinaire envolée de nos déficits et de la dette. Là aussi la situation ne s’améliore pas puisque nous étions à la 7è place en ce qui concerne la dette en 2006 sur la Zone à 16 avec 63,7% du PIB, loin derrière la moyenne de la Zone euro (68,3%), alors que fin 2008 selon les chiffres d’Eurostat nous nous situons au 4è rang, quasiment à la moyenne de la Zone ce qui est sans précédent. Seules l’Italie, la Grèce et la Belgique ont une dette supérieure à la notre dans la Zone euro.
Et ce n’est pas fini quand on évoque les déficits vertigineux que nous annonce le gouvernement pour 2009 (5,8% du PIB), qui en fait seront bien supérieurs. Pour ma part je parierais plutôt sur un chiffre entre 7 et 8%. Et dire que Raymond Barre qui n’a jamais été élu président de la République, mais qui était à la fois extrêmement intelligent et compétent, avait laissé le pays avec un taux d’endettement de moins de 20% et un budget quasiment à l’équilibre ! Ce ne sera pas le cas de Nicolas Sarkozy, infiniment moins brillant sur le plan intellectuel que Raymond Barre, mais qui hélas fera tout pour se faire réélire et s’accrocher au pouvoir, et qui nous laissera une situation désastreuse.
Michel Escatafal
| France | Rang Z.E. | Zone euro | ||
| Croissance (moy.annuelle)en % | ||||
| 2006 | 2,40% | 13è | 3% | |
| 2008 | 0,70% | 11è | 0,70% | |
| Solde transactions ctes en % PIB | ||||
| 2006 | -2,10% | 8è | -0,20% | |
| 2008 | -3,50% | 8è | -0,30% | |
| Coût total horaire M.O.variation en % | ||||
| 2006 | 3,40% | 5è | 2,50% | |
| 2008 | 2,60% | 10è | 3,50% | |
| Coût salarial horaire variation en % | ||||
| 2006 | 3,70% | 5è | 2,60% | |
| 2008 | 2,80% | 12è | 3,60% | |
| Prix product. ind.H.C. variation en % | ||||
| 2006 | 3,80% | 9è | 5,10% | |
| 2008 | 5,40% | 10è | 5,90% | |
| Indice harm. des prix variation en % | ||||
| 2006 | 1,90% | 5è | 2,20% | |
| 2008 | 3,20% | 6è | 3,30% | |
| Taux de chômage % de la pop.active | ||||
| 2006 | 9,20% | 14è | 8,30% | |
| 2008 | 7,80% | 14è | 7,20% | |
| Déficits en % du PIB | ||||
| 2006 | -2,30% | 6è | -1,30% | |
| 2008 | -3,40% | 5è | -1,90% | |
| Dette brute APU en % du PIB | ||||
| 2006 | 63,70% | 7è | 68,30% | |
| 2008 | 68% | 4è | 69,30% | |
| Source : Eurostat | ||||
17:38 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
26.04.2009
La France résiste toujours mieux que les autres...
"Nous sommes face à une crise très dure mais la France résiste mieux que ses voisins", affirme le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez. En disant cela il se rassure à titre personnel, car il ne fait que reproduire ce que ne cesse d’affirmer son maître, et chacun sait que la parole de Nicolas Sarkozy est synonyme de parole d’Evangile. Tout ce qu’il dit est juste et bon, et tout ce qu’il fait est frappé du bon sens. Et peu importe qu’il ne cesse de se contredire, l’essentiel est qu’il parle, tel un prédicateur, et que les Lagarde, Bertrand, Wauquiez, Morano et bien évidemment Frédéric Lefebvre, soient là pour reprendre les paroles du chef. Entrer à l’UMP est un peu comme entrer en religion. Et gare à ceux qui oseraient se poser des questions ! Comme disait le Petit Père des peuples, "réfléchir c’est commencer à désobéir".
Si je parle de contradictions c’est parce que certains, y compris dans la majorité, affirment que si la crise frappe un peu moins notre pays que d’autres, c’est en raison de son système social. J’ai entendu cela encore hier soir sortant de la bouche de Charles Pasqua, toujours sénateur à 82 ans, un de ceux qui ont le plus aidé Nicolas Sarkozy dans sa quête de pouvoir. Le chef de l’Etat lui-même reconnaît que la Grande-Bretagne ne figure plus parmi ses modèles, alors qu’il y a à peine un an c’était l’exemple à suivre. Comprenne qui pourra, mais tout le monde a droit à l’erreur, d’autant que la crise est passée par là.
Le problème est qu’à coté de ces belles paroles, le pouvoir en place est en train de démanteler la fonction publique sous toutes ses formes (hôpital, justice, enseignement, recherche, systèmes de retraite, transports…), au bénéfice de quelques grands groupes privés. Comme si ces derniers avaient fait dernièrement la preuve de leur efficacité ! Cela dit, quand il n’y aura quasiment plus de fonction publique elle sera peut-être rentable…ce qui ne veut pas dire que cela coûtera moins cher à la collectivité, mais chut il ne faut pas le dire. Pourtant on n’a pas besoin d’être un économiste averti, pour savoir que ce qui intéresse les grandes compagnies d’assurance ou autres, c’est surtout les bénéfices qu’elles peuvent retirer de ce que l’Etat leur donne à gérer. En revanche pour ce qui est des infrastructures, c’est encore l’Etat qui se chargera de les entretenir ou d’en construire de nouvelles…aux normes et conditions décidées par le privé.
Mais revenons à ce qu’a dit hier Laurent Wauquiez à propos du chômage, affirmant que " les chiffres seront mauvais au moins jusqu’à la fin de l’année ". Mais il ajoute aussitôt que " si on se bat, on peut amortir le choc". Il y a du Christine Lagarde, la ministre de l’Economie, dans ces phrases chocs…et creuses. Comme si les chiffres de l’emploi pouvaient cesser de se détériorer dès la fin de l’année ou même en 2010, et ce même en radiant des chômeurs à tour de bras. D’abord parce que la crise est toujours là, et ensuite parce que le système bancaire est loin d’être rétabli dans un fonctionnement normal, faute d’avoir apuré les milliers de milliards de dollars d’actifs toxiques. Alors même si quelques artifices comptables peuvent laisser penser qu’il y a du mieux en ce qui concerne les banques, la réalité est toute autre comme le souligne très justement le FMI.
Cela signifie que malgré les dénégations de Laurent Wauquiez et de Madame Lagarde, dont la seule fonction semble être d’affirmer des nouvelles anesthésiantes, les chiffres du chômage continueront, hélas, d’être mauvais longtemps encore, et que des mesures fortes doivent être prises sous peine de voir la situation se dégrader encore plus rapidement. Parmi ces mesures, comme je l’ai dit très souvent sur ce site, il y a d’abord l’obligation morale de faire en sorte que tout le monde participe à l’effort du pays, seul moyen de rétablir la confiance. Tant qu’il y aura des gens qui bénéficieront de passe-droits fiscaux, alors que tant d’autres doivent soit mettre toujours davantage la main à la poche, soit se serrer chaque jour un peu plus la ceinture pour survivre, la confiance ne pourra pas être rétablie. Tout le reste, ce ne sont qu’élucubrations présidentielles ou ministérielles.
Et en plus, sans vouloir jouer les Cassandre, ce qu’on ne nous dit pas c’est qu’il faudra bien que notre pays, comme les autres, remette en ordre ses finances publiques le jour où la crise commencera à s’estomper avec les sacrifices que cela suppose. On a l’air d’oublier que la France était un des rares pays de la Zone euro à n'avoir aucune marge de manœuvre budgétaire avant la crise, contrairement aux Pays-Bas ou à l’Allemagne, ce qui signifie que les dégâts vont être encore plus considérables d’ici deux ou trois ans. De cela on ne parle jamais, et pourtant il faut le dire et le répéter, comme il faut dire que le jour où le climat des affaires sera meilleur, nous aurons à faire face à des risques inflationnistes importants, ne serait-ce qu’en raison de la hausse des cours des matières premières, ce qui obligera les autorités monétaires à une extrême vigilance.
On le voit, la situation dans laquelle se trouve notre pays exigerait des gouvernants responsables, et non des communicants essayant quotidiennement de faire diversion. L’ennui est que les Français qui perdent chaque jour leur emploi, ceux qui sont expulsés de leur logement, n’ont que faire des illusions distillées par les faux marchands de bonheur. Ceux-là ne se rendent compte que les belles paroles ne sont plus de mise, et qu’il faut restaurer au plus vite un minimum de justice sociale pour que notre pays puisse sortir de la crise sans être trop affaibli. C’est hélas un vœu pieux avec des gens comme Nicolas Sarkozy et ses amis, arc-boutés sur leurs privilèges. Espérons que les électeurs ouvrent enfin les yeux sur une politique déjà vouée à l’échec avant même que la crise ne frappe le pays. Alors aujourd’hui…
Michel Escatafal
12:00 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
24.04.2009
A propos de Rachida Dati et des élections européennes...
Aujourd’hui je vais parler une nouvelle fois des élections européennes
parce que c’est quand même l’actualité. Oh certes hélas ce n’est pas que cela car il y a la crise avec ses plans sociaux, ses plans jeunes…et les interventions quasi quotidiennes de Nicolas Sarkozy, où chaque fois il parle pour ne rien dire de plus que nous sachions, ou pour annoncer des mesures qui font déjà partie de notre arsenal législatif. A ce propos il devrait quand même s’apercevoir que trop c’est trop, et que les gens commencent à se lasser de le voir sans cesse sur les fenestrons, au point que plus personne n’y prête attention. Cela ne veut pas dire pour autant que l’on voit beaucoup les autres leaders politiques aux journaux de 20h, parce que ces derniers sont quasiment interdits d’antenne, leur créneau horaire se situant à 23h ou 23h30, donc à une heure de très faible écoute.
Alors que reste-t-il d'autre à se mettre sous la dent dans les journaux télévisés ? Et bien pas grand-chose, sinon les déclarations de Frédéric Lefebvre, nouvelle star nullissime des médias, ou de Xavier Bertrand qui doit s’ennuyer au secrétariat général de l’UMP, lui qui se voyait il y a peu encore Premier ministre, tout cela pour taper sur Ségolène Royal ou défendre Rachida Dati. C’est d’ailleurs leur faire beaucoup d’honneur, car l’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle ne mérite peut-être pas que l’on s’occupe d’elle à ce point, malgré sa bravoure qui fait penser à « la chèvre de Monsieur Seguin » luttant (vainement) de toutes ses forces, face au méchant loup, ou plutôt aux méchants éléphants du Parti Socialiste.
Et Rachida Dati me direz-vous ? Elle aussi doit faire face à un adversaire redoutable, à savoir son mentor, Nicolas Sarkozy. Celui-ci en effet ne peut plus supporter cette icône de la diversité, dont il s’est tellement servi pendant sa campagne présidentielle. Seulement aujourd’hui il lui semble moins utile de l’avoir à ses cotés, alors il l’envoie au Parlement européen « à l’insu de son plein gré ». Problème, la dame n’arrive pas à accepter sa nouvelle situation et à défaut de le dire, elle le montre par son attitude pour le moins désinvolte. En fait cette élection européenne elle s’en moque comme de son premier rouge à lèvres. Elle ne participe à la campagne que contrainte et forcée, et quand elle veut bien honorer de sa présence une manifestation UMP, elle arrive en retard et montre que pour elle tout cette mise en scène c’est du cirque…ce qui n’est pas tout à fait faux.
Peut-on réellement lui en vouloir ? Oui sur le plan de l’éthique en songeant qu’elle prend la place de gens qui seraient heureux de participer aux travaux du Parlement européen. L’Union Européenne ce n’est quand même pas rien dans notre vie de tous les jours, car elle est à l’origine de 70% de notre législation nationale. Alors c’est vrai qu’il n’est pas normal de voir une tête de liste aux élections européennes faire preuve d’une telle désinvolture, sauf à considérer comme je l’ai déjà dit qu’elle a pris cette place contrainte et forcée, alors qu’elle ignore tout du fonctionnement des institutions européennes. De plus grâce à elle les électeurs peuvent se rendre compte du peu d’intérêt de son parti, l’UMP, pour l’Europe.
Et puis peut-on en vouloir à quelqu’un qui avoue humblement, même si ce n’est pas réellement son style, qu’elle ne fait que réciter ce qu’on lui dit. Cependant elle a mal appris sa leçon, notamment sur la question de l’énergie nucléaire qui, décidément, est un révélateur de l’incompétence de nos gouvernants. Si j’affirme cela c’est en pensant au débat télévisé entre les deux tours de la dernière élection présidentielle, où les deux candidats Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s’étaient tour à tour fourvoyés dans les chiffres…ce qui donnait une piètre idée de ce qui nous attendait pour le futur, et sur ce plan (de l’incompétence) nous avons été servis.
Ce qui m’a déçu en revanche ce sont les déclarations d’Harlem Désir, scandalisé affirme-t-il « qu’on envoie siéger au Parlement européen des gens incompétents ». Comme si tous les candidats du Parti Socialiste à cette élection, en position éligible, avaient été désignés uniquement sur des critères de compétence ! Lui-même en a-t-il fait preuve à ce point au cours de la dernière législature pour donner la leçon ? François Bayrou a été beaucoup plus mesuré dans ses propos, évoquant « un spectacle gênant » et « quelque chose de troublant et de confondant dans le peu d’intérêt qui a été montré pour les questions européennes, et le caractère un peu désinvolte dans la manière dont les réponses ont été faites ». Je trouve pour ma part que les choses sont dites en termes beaucoup mieux choisis, et j’en suis heureux.
Il n’empêche, cet épisode ultra médiatisé va encore donner une mauvaise image du monde politique. Mais comment pourrait-il en être autrement quand la forme prend à ce point le pas sur le fond ? Après tout Rachida Dati ne fait rien d’autre que ce qui est fait ou a été fait avant elle, y compris par son ancien protecteur, au point que le théâtre Guignol passe pour être beaucoup plus sérieux. Pour beaucoup d’électeurs, nos femmes ou hommes politiques ne sont que des mercenaires, avec leurs multiples mandats ou fonctions qui leur rapportent des sommes extravagantes, au moment où tant de Français souffrent des effets de la crise et se battent pour préserver leurs emplois. Là sont les vrais questions, et pas seulement en France. Et tant que l’on n’y aura pas répondu, il ne faudra pas s’étonner si l’abstention est le grand gagnant du scrutin européen. Alors je le redis encore une fois, il faut voter et faire voter pour les listes du MoDem, seule formation politique décidée à limiter le cumul des mandats, et à être authentiquement européenne.
Michel Escatafal
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22.04.2009
Des prévisions basées sur des résultats contestables
Dans la suite de ce que j’ai écrit il y a quelques jours, nombre d’observateurs croient ou font semblant de croire que le pire de la crise est derrière nous. Et de nouveau l’optimisme semble refleurir dans les gazettes comme dans les cercles gouvernementaux, y compris bien entendu dans notre pays. Cela permet à François Fillon ou Luc Chatel, le secrétaire d’Etat à la Consommation, de discourir, ce qui leur donne quelque peu l’impression d’exister entre le tintamarre provoqué par chaque parole de Nicolas Sarkozy, et les déclarations de Frédéric Lefèvre, l’accident politique de l’UMP, qui n’en finit plus de se ridiculiser dans les médias.
Mais au fait sur quoi se base-t-on pour affirmer que tout devrait aller mieux dans les mois à venir ? Une partie de la réponse provient des impressions de chefs d'entreprises, estimant que la chute des commandes et des chiffres d’affaires se ralentit, ce qui est une bonne nouvelle mais reste insuffisant pour dire que le pire est passé. Il faut savoir en effet, comme je l’ai dit à plusieurs reprises, qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, et donc que même si nous devions avoir une inversion de conjoncture d’ici la fin de l’année, il serait malhonnête d’affirmer que cela aura de réelles conséquences sur la vie des gens, notamment sur l’emploi.
A propos de l’emploi je voudrais souligner que, contrairement à ce que l’on pourrait croire, notre pays est sans doute beaucoup plus touché qu’il ne devrait l’être. Raison de plus pour dénoncer la politique du gouvernement dans ce domaine, car nous avons de plus en plus l’impression que la désespérance fait place à la colère, devant la liste impressionnante de plans sociaux qui vident les bassins d'emplois de nos régions. Il semble d'ailleurs que les patrons des grandes entreprises ayant des unités de production dans notre pays profitent au maximum de la crise, pour opérer au nom de celle-ci des restructurations de plus en plus sévères, pour ne pas dire sauvages.
Bien entendu il n’est pas normal de voir des ouvriers en colère saccager des bâtiments préfectoraux, mais force est de constater qu’entre l’arrogance d’un certain patronat, et les promesses lancées dans la nature et jamais tenues par Nicolas Sarkozy et son gouvernement, il y a tous les ingrédients pour que la rage des victimes finisse par se manifester avec force. On aurait même tendance à dire que c’est le seul langage que puisse comprendre ce gouvernement autiste, face au désespoir d’une partie de plus en plus nombreuse de sa population.
J’observe qu’en Italie par exemple, pays dont je lis la presse chaque jour, on n’en arrive pas à ces extrémités ou en tout cas beaucoup plus rarement. Pourquoi ? Peut-être tout simplement parce que les entrepreneurs italiens, y compris le grand patronat, ont davantage le sens du dialogue que chez nous. Cela dit je tiens à préciser une nouvelle fois que je n’inclus pas dans l’arrogance patronale en France les patrons des petites PME qui, par parenthèse, sont les premiers à souffrir de la crise, et dont personne au gouvernement ne semble se préoccuper. D’ailleurs eux ne licencient pas, et s’ils finissent par le faire c’est parce qu’il leur est impossible d'agir autrement. En revanche quand on voit une multinationale fermer un site qui ne perd pas d’argent voire même qui en gagne, y compris en période de crise, pour délocaliser sa production, c'est tout simplement scandaleux.
Pour revenir à mon propos initial, il y a une autre raison à ce regain d’optimisme dans certains milieux, notamment aux Etats-Unis, à savoir l’amélioration du résultat de quelques banques, comme Citigroup ou Bank of America. Malheureusement en cherchant bien on s’aperçoit que cette amélioration est en partie liée… à de nouvelles règles comptables, ce qui explique les mouvements erratiques sur les marchés boursiers. Ces nouvelles règles établies par le Financial Accounting Standards Board ont notamment permis aux banques de comptabiliser leurs actifs toxiques à une certaine valeur qui, dans tous les cas, n’a rien à voir avec celle du marché. Dit autrement, les banques ont une certaine latitude pour estimer ces actifs pourris, dont personne ou presque ne veut pour le moment.
Une autre astuce comptable permet aux banques de sous-estimer leurs engagements, en particulier la dette obligataire. La valeur de marché des obligations d'un établissement en situation difficile est par essence faible compte tenu des risques, et les investisseurs infligent une décote à ses titres de créance. Or dans ce cas il est permis aux banques de comptabiliser leur dette obligataire… à valeur de marché, c'est à dire d'annuler la plupart des dettes affichées dans les bilans. En d’autres termes si aujourd’hui la banque rachetait sur le marché ses titres, elle s’épargnerait un remboursement que la législation comptable lui permet d’ajouter à son résultat. Il est donc autorisé par ce moyen de s’offrir une plus-value virtuelle qui certes peut leurrer provisoirement les marchés…mais qui n’améliore en rien la véritable situation de la banque. Ce doit être cela que Nicolas Sarkozy, le grand moralisateur du capitalisme financier, appelle plus de transparence, et nul doute qu’il a fait remarquer à Barack Obama que le Trésor américain a eu tort de permettre la mise en place de ces nouvelles règles comptables.
Bien évidemment ce manque de transparence est extrêmement préjudiciable à l'évolution des marchés financiers, et les épargnants comme les investisseurs n'ont aucun moyen de clairement distinguer les bonnes des mauvaises nouvelles. En fait certaines banques ont certes amélioré leur situation, d’autant qu’elles ont bénéficié des injections de liquidités de la Réserve Fédérale, mais cela n’empêchera en rien que la volatilité sur les marchés perdure encore pendant de longs mois. On peut donc se poser beaucoup de questions sur les résultats du G20, en précisant une nouvelle fois que le seul pays où on en a beaucoup parlé…est la France. Tout le monde a deviné pour quoi et pour qui. Cela dit notre président de la République est déjà passé à autre chose, et le G20 appartient désormais à l'histoire. Tout va tellement vite avec Nicolas Sarkozy, y compris la dégradation de la situation dans le pays !
Michel Escatafal
18:45 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
21.04.2009
De l'art de manier les statistiques
Cet après-midi sur LCP j’ai vu, un peu par hasard je l’avoue, l’intervention de Nicolas Sarkozy sur la sécurité à Nice, et force est de constater que l’homme est doué pour vendre ses statistiques sur la délinquance. Il l’est aussi pour tenir un discours qui se veut sécuritaire, où se mélange la franche démagogie avec l’apparence de remarques et de mesures de bon sens. Celles-ci ne peuvent que faire plaisir à une population qui se laisse facilement prendre à ce genre d’arguments, consistant à dire que la sécurité des personnes est très importante, qu’il faut penser aux victimes autant qu’aux délinquants au point que les victimes vont même avoir droit à un avocat dès l’agression, qu’un gouvernement a le devoir de lutter contre les bandes, et que le port de la cagoule dans les manifestations sera désormais considéré comme un délit.
Ce le sera parce qu’on va créer une nouvelle loi, la vingt troisième je crois depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au ministère de l’Intérieur en 2002. A ce propos, puisque cela fait au moins six ans qu’il s’occupe de sécurité, on serait tenté de lui demander pourquoi il n’a pas fait tout cela avant, d’autant que jamais un ministre de l’Intérieur n’a eu autant de pouvoirs à sa disposition que lui à partir de 2002. Il lui a même été loisible de réaliser tout ce qu’il voulait mettre en place, comme il l’a souligné cet après-midi. Alors on ne peut que s’étonner des faibles progrès enregistrés depuis cette époque, car même s’il a habilement habillé ses statistiques, il n’en reste pas moins que les observateurs objectifs sont plutôt circonspects quant aux résultats. Et on ne parle même pas des émeutes dans les banlieues en 2005, qu’il avait largement contribuées à provoquer, et qui n’ont cessé que grâce à l’intervention du Premier ministre de l’époque Dominique de Villepin. De cela il ne parle jamais bien entendu.
En tout cas cette intervention sur la sécurité revêtait pour les responsables UMP une importance particulière…car elle lançait les élections européennes. Ce n’est pas moi qui l’affirme car je l’ai déjà entendu dire un peu partout à la radio ou à la télévision. Cela donne d’ailleurs une idée de l’importance que l’on accorde dans la majorité aux élections européennes. Mais qui en doutait ? Et puis après avoir fait son cinéma au G20 où il avait menacé de claquer la porte s’il n’était pas écouté, et qui soi-disant lui avait valu un regain de popularité, il fallait absolument qu’il redore à nouveau son blason après ses petites phrases sur les chefs d’Etat et de gouvernement américain, allemand, britannique ou espagnol qui ont pour le moins suscité la polémique. Or des polémiques en période électorale ce n’est jamais bon pour celui qui en est à l’origine.
Les Français sont-ils dupes pour autant ? Je ne sais pas, mais apparemment près de deux Français sur trois jugent que « depuis septembre 2008, l’action du président de la République pour lutter contre la crise financière et économique » va « plutôt dans la mauvaise direction ». Ce n’est pas un résultat très brillant comparé à celui d’un Silvio Berlusconi en Italie, où la crise est encore plus sévère. En fait aujourd’hui le président de la République ne séduit plus que son seul électorat UMP, et là tous les sondages vont dans le même sens. Certes cet électorat est assez large pour lui permettre de dépasser 25% aux élections européennes, mais il faut savoir que de nos jours ces 25% rassemblent presque toute la droite puisque le Front National est de plus en plus laminé. Il n’y a donc pas de quoi pavoiser pour Nicolas Sarkozy, même si on peut lui faire confiance, lui et ses amis, pour afficher sa satisfaction pour un résultat de cet ordre surtout si le P.S. ne dépasse pas 20%.
Cela veut dire que sa réthorique s’essouffle, et comme il gouverne seul il ne peut compter que sur lui-même pour se refaire une santé auprès de l’opinion. De toute façon vu la qualité de ses lieutenants (Frédéric Lefèvre, Christian Estrosi, Nadine Morano, Xavier Bertrand ou François Fillon), il ne peut rien espérer d’eux. Il a donc intérêt à avoir « la banane » s’il veut continuer à esbrouffer les Français pour arriver en position de force pour l’élection présidentielle de 2012, car ce sera très difficile tellement sont patents ses échecs sur le plan économique et social. Le président de la République a même réussi l’exploit de fédérer les syndicats pour des manifestations unitaires les 29 janvier et 19 mars, avec pour point d’orgue les défilés unitaires du 1er mai…ce qui n’avait jamais été fait depuis 1945, pas même en 1968. Il fallait le faire, et il l’a fait !
Et pourtant ce n’est pas faute d’essayer de calmer le jeu sur le plan social en étant présent partout dans les médias, en organisant plusieurs réunions avec les organisations syndicales, et en distribuant çà et là quelques subsides par l’intermédiaire de la création d’un fonds social de 2,5 milliards d’euros, comme si pareille somme allait limiter les effets des plans sociaux qui s’accumulent. En revanche il se refuse obstinément à adopter un vrai plan de relance à la hauteur des enjeux dans le contexte très particulier de la crise qui affecte l’économie mondiale. Du coup, pour l’opinion publique, il n’y a que les banques et quelques grands groupes qui peuvent bénéficier d’une aide importante de l’Etat.
Et pour couronner le tout Nicolas Sarkozy montre clairement de quel coté il est, celui des riches, en adoptant un très modeste dispositif temporaire d’encadrement des rémunérations patronales pour les seules entreprises aidées par l’Etat. A cela s’ajoute le fait qu’il se refuse obstinément à revenir sur le bouclier fiscal, contre l’avis d’une bonne partie de sa majorité. On devine aisément pourquoi il est aussi intransigeant sur ces sujets qui ne touchent que des gens fortunés. En revanche, malgré ses rodomontades, il ne cesse de reculer sur beaucoup d’autres dossiers, la Guadeloupe où après avoir rappelé son ministre des DOM, l’ineffable Jégo, il a fini par accorder un mois après ce que ce dernier avait accepté très rapidement dans les négociations avec ses interlocuteurs locaux.
Le même sort sera réservé à coup sûr à Valérie Pécresse et à sa réforme du statut des enseignants chercheurs. Par ailleurs le libéral bon teint qu’était Nicolas Sarkozy, n’ayant de cesse de fustiger l’assistanat, n’hésite pas à relancer « le traitement social du chômage ». Bref cette navigation à vue, ces retournements idéologiques, sont le signe de son impuissance faute d’avoir une vision claire de la politique à adopter. En fait il confirme ce que tout le monde reconnaît, à savoir que Nicolas Sarkozy est une « bête politique », mais qu’il n’a pas la carrure pour gouverner un pays. Personne d’ailleurs ne lui reprocherait d’adopter des mesures sociales tellement nécessaires en temps de crise, pas plus qu’on ne lui ferait grief d’être intransigeant sur les mesures à prendre pour ne pas creuser exagérément les déficits, mais chacun s’aperçoit qu’il subit la situation plus qu’il ne la contrôle. C’est toujours ce que j’ai pensé et cela ne me réjouit pas pour autant, car les dégâts vont être considérables pour le pays.
Michel Escatafal
19:11 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
20.04.2009
Et si nous parlions d'économie...
Aujourd’hui nous n’allons pas parler de politique politicienne et des soubresauts provoqués par les phrases puériles de Nicolas Sarkozy sur ses pairs, américain, anglais, allemand ou espagnol. Simplement, et je n’en dirai pas plus, je trouve stupéfiant que certains à l’Elysée y compris des députés socialistes puissent démentir les propos incriminés…que d’autres ont parfaitement entendus. Dans ce cas ce n’est pas démentir le terme adéquat, mais mentir. Hélas, nous ne sommes plus à un mensonge près avec ce pouvoir qui nous mène en bateau depuis deux ans, et avec ces opposants qui font semblant de s’opposer…pour leur plus grand confort. En attendant pour un dirigeant « inexpérimenté », Barack Obama s’en sort plutôt bien sur le plan diplomatique au point que les chefs d’Etat des pays d’Amérique Latine, y compris les plus antiaméricains, n’échappent pas à « l’Obamania ». N’en déplaise à Nicolas Sarkozy, il semble que les Etats-Unis aient élu un président qui veut marquer son époque…et qui semble vouloir s’en donner les moyens. Même Israël semble plier devant les exigences américaines vis-à-vis des Palestiniens. Barack Obama n’a pas besoin de fanfaronnades pour s’imposer sur la scène internationale !
Là où ce sera moins facile pour lui c’est sur l’économie, car les dégâts ont été considérables depuis le début de la crise. Certes les marchés boursiers ont retrouvé depuis quelques semaines le chemin de la hausse, malgré d'inévitables soubresauts comme ce matin, en raison essentiellement de certains résultats flatteurs en provenance des banques. Cependant, comme pour doucher l’enthousiasme de ceux qui font preuve d’optimisme, les derniers chiffres publiés sur la production industrielle et les ventes de commerce de détail aux Etats-Unis, viennent apporter un sérieux bémol à ceux qui voyaient poindre à l’horizon l’esquisse du début de l’amorce du commencent d‘une reprise…à l’instar de Barack Obama lui-même, affirmant qu’il y avait « une lueur d’espoir » dans la crise que subissait son pays. On oubliait simplement que ce dernier en parlant ainsi ne faisait que jouer son rôle.
En tout cas lueur d’espoir ou pas, l’économie sera pratiquement partout en recul à la fin de l’année par rapport à janvier et ce, même si le second semestre devait s’avérer positif, hypothèse encore optimiste y compris aux yeux de la Réserve fédérale américaine, qui table sur une stabilisation du PIB américain vers la fin de l’année, puis sur une progression lente en 2010. Cela veut dire au mieux une croissance molle qui n’empêchera pas le taux de chômage de dépasser les 10% aux Etats-Unis. D’ailleurs comment pourrait-il en être autrement tant que les consommateurs américains n’auront pas rétabli un minimum de capacité d’épargne, seule condition pour qu’ils puissent consommer et de nouveau investir dans l’immobilier. J’ai bien dit capacité d’épargne ce qui signifie désendettement, auxquelles les aides diverses ou les baisses d’impôts ne peuvent évidemment pas contribuer.
On le voit la situation reste sombre sur le front de l’économie, non seulement aux Etats-Unis mais aussi ailleurs dans le monde. Certes le ralentissement chinois est moins marqué au premier trimestre de cette année qu’au dernier de 2008, mais il sera difficile malgré les plans de relance intérieur de voir le PIB chinois progresser en 2009 de 8% comme espéré ou souhaité par les autorités, condition sine qua non pour éviter une nouvelle dégradation du marché du travail chinois. Quant à l’Europe, même si l’on n’en parle pas beaucoup en France et pour cause, la reprise est encore loin de se manifester. Et même si elle intervient l’an prochain, elle ne suffira pas à enrayer l’inexorable hausse du chômage. A ce propos je voudrais souligner une nouvelle fois que si la France était bien gouvernée, si le pouvoir avait anticipé comme il aurait dû le faire sur la crise, et s’il ne se dispersait pas sur tous les sujets ayant trait pour une bonne part à la cuisine politicienne, notre pays devrait supporter beaucoup mieux que d’autres les effets de cette crise, compte tenu du taux d’épargne des ménages français qui sont, dans l’ensemble, dans une situation infiniment meilleure que celle des pays anglosaxons.
Hélas, Nicolas Sarkozy et son gouvernement apparaissent complètement désarmés devant les mesures à prendre pour atténuer les effets nocifs de cette crise sur la population. Il suffit de voir les hésitations du pouvoir sur l’attitude à prendre sur les mesures de relance, au point que ni les Français, ni l’investissement ne vont profiter réellement des interventions étatiques. Et pourtant les déficits et la dette explosent, ce qui a pour conséquence de voir le capital alimenter le financement de cette dette, au lieu de servir l’investissement de croissance dans les unités de production. Par ailleurs les Français sont convaincus, qu’un jour ou l’autre, il faudra bien que les impôts augmentent pour contrecarrer l’envolée des déficits, sachant en outre que ce seront les classes moyennes qui paieront au prix fort ces hausses d’impôts, bouclier fiscal oblige. Dans ces conditions, on peut craindre que ces Français essaient d’épargner encore un peu plus, ce qui limiterait d’autant la reprise économique. Je pense sincèrement que dans notre pays, avec la complaisance coupable de la plupart des médias, on ne réalise pas à quel point la politique économique qui est menée va à contre courant de ce qu’il faudrait faire.
Heureusement si j’ose dire, l’inflation par la force des choses reste à un niveau très bas…pour le moment, car il faudra être extrêmement vigilant le jour où la sortie de crise sera effective, mais sur ce plan on peut faire confiance à la BCE. Et puisque je parle de la Banque Centrale Européenne, cela nous ramène à une autre condition pour que la sortie de crise puisse s’accélérer, à savoir l’assainissement du système financier. Pour le FMI les débats sur les plans de relance seront vains tant que le système financier n’aura pas été débarrassé de tous ces actifs toxiques qui empoisonnent les structures des banques. L’exemple japonais est là pour démontrer que les milliards dépensés en plans de relance ne servent pas à grand-chose…si les banques ne peuvent pas jouer leur rôle de prêteur. On est loin sur ces sujets des incantations de Nicolas Sarkozy sur la refondation du capitalisme financier ou ses régulations, dont je redis une nouvelle fois qu’elles existaient, notamment en France, mais qui souffraient d’un manque évident de moyens humains et législatifs.
Pour cela les gendarmes des marchés financiers doivent être mieux armés qu’ils ne l’ont été. Cela signifie renforcer encore davantage l’arsenal de contrôle de l’ensemble du marché bancaire et de l’assurance. Dit autrement, ces contrôles doivent pouvoir aller jusqu’ à vérifier certains aspects de la stratégie des grands groupes financiers. Problème en France comme dans d’autres pays cela a un coût, notamment en termes d’effectifs. Or vu l’état des finances publiques d’un pays comme la France, avec ses probables 8% de déficit public à la fin de l’année, cela semble difficile d’envisager de recruter des équipes d’analystes financiers expérimentés pour mettre en place une vraie politique d’études de risques des institutions financières. Encore une fois on peut s’apercevoir qu’il y a un océan entre les déclarations de Nicolas Sarkozy et sa volonté de lutter efficacement contre les dérives de la finance internationale. Pourtant il devrait savoir que de belles paroles prononcées devant les caméras de télévision sont insuffisantes pour « rétablir la confiance des agents économiques à court, moyen et long terme » pour parler comme J.C. Trichet.
Michel Escatafal
12:32 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.04.2009
L'arrogance et les dérapages de N.S. n'engagent ni la France, ni les Français
Même si notre fierté doit en souffrir, force est de reconnaître que le peuple français a élu un président de la République qui n’est pas à la hauteur de sa fonction, ce qui ne l’empêche pas de passer son temps à juger ses pairs dans le monde, comme il l'a fait récemment au cours d'une réunion où étaient conviés des parlementaires de la majorité et de l'opposition, affirmant entre autres phrases assassines que le chef du gouvernement espagnol "n'était peut-être pas très intelligent". Au nom de quoi Nicolas Sarkozy se permet-il de juger s'il est intelligent ou pas ? D’après son CV J.L. Zapatero a quand même été professeur de droit, ce que Nicolas Sarkozy n’aurait pas pu être dans notre pays, faute des diplômes suffisants. En outre, notre président de la République est loin d’être quelqu’un qui éblouit le monde…par sa culture et son intelligence. Alors qu’il humilie ses ministres passe encore, car s’ils ne sont pas heureux ils n’ont qu’à démissionner, mais les chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers, c’est grotesque.
Comme je l’ai lu quelque part, on a effectivement envie de « demander pardon pour ces paroles humiliantes qui n'auraient jamais dû être prononcées et qui n'engagent ni la France, ni les Français ». En tout cas une nouvelle fois notre pays est ridiculisé par celui qui le représente à l’étranger… et qui se comporte comme quelqu’un qui manque cruellement d’intelligence. Je ne sais pas exactement à qui il pensait quand il a dit à un député qu’il connaissait "des gens très intelligents qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle", mais une chose est sûre que ce soit Lionel Jospin comme cela semble être le cas … ou un autre, je n’imagine pas qu’il aurait été capable de sortir pareilles âneries.
En tout cas il y en a au moins un autre qui est beaucoup plus intelligent que lui, et qui n’a pas franchi non plus le second tour de l’élection présidentielle. Il s’agit bien sûr de François Bayrou. Peut-être d’ailleurs était-ce aussi à lui que pensait Nicolas Sarkozy ? En tout cas personne n’imagine voir notre président de la République participer à un débat du niveau de celui auquel ont participé François Bayrou et Régis Debray récemment à la télévision, sur FR3. De l’avis de tout le monde, c’était un régal de voir deux hommes aussi cultivés disserter sur la fraternité. Je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy ait vu cette émission, mais je suis certain que s’il l’avait vue il n’aurait pas manqué de changer de chaîne car, sans vouloir être méprisant, cela se situait à des sommets beaucoup trop élevés pour lui.
Et oui, notre président de la République souffre cruellement de son manque de culture par comparaison avec ses prédécesseurs ou avec certains chefs de gouvernement qui l’ont précédé dans l’exercice du pouvoir dans notre pays. Par ailleurs son parcours scolaire a été peu brillant comparé à celui de ses pairs, qu’il s’agisse de Barack Obama, d’Angela Merkel, de Gordon Brown et même de J.L. Zapatero, pour ne citer qu’eux. Là se situe sans doute la source des tourments de Nicolas Sarkozy, ce qui l’incite à essayer constamment d’apparaître ce qu’il n’est pas, et qui lui vaut les moqueries de la presse internationale, qui n’a pas attendu ce nouveau dérapage pour se livrer à des commentaires acides sur notre chef de l’Etat.
En fait le seul qu’il n’égratigne pas s’appelle Silvio Berlusconi…parce qu’il a été réélu à deux reprises. Cela dit si le chef du gouvernement italien a effectivement gagné à plusieurs reprises les élections, ce n’est sûrement pas à son bilan qu’il le doit, pas plus d’ailleurs que celui de Nicolas Sarkozy dans ses fonctions ministérielles pour son accession à l’Elysée. Il n’est donc pas nécessaire d’être très intelligent, ni très compétent pour gagner des élections. Je dirais même que c’est souvent un handicap comme en témoigne le fait que Raymond Barre, à la fois extrêmement brillant sur le plan intellectuel et remarquablement compétent, n’ait pas pu passer le cap du premier tour de l’élection présidentielle en 1988. Et pourtant, par rapport à Nicolas Sarkozy et à ses adversaires de l’époque, il pouvait afficher un bilan remarquable comme Premier ministre et ministre des Finances.
Cela étant le plus désolant dans cette affaire est que notre pays soit de nouveau tourné en dérision et pris pour cible en raison de l’impéritie de notre président, celui-ci ayant voulu une nouvelle fois jouer les fanfarons…comme le font les adolescents complexés et les mauvais élèves. D’ailleurs s’il ne souffrait pas d’un énorme complexe il ne passerait pas son temps à railler « les sachants » comme il dit, et il n’aurait pas ironisé sur la nécessité « pour bien servir l’Etat » d’avoir lu la Princesse de Clèves, le chef d’œuvre de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette. En fait je crois pour ma part que le seul talent qu’on puisse lui reconnaître est d’avoir fait preuve d’un remarquable opportunisme tout au long de sa carrière politique. Dommage d’ailleurs qu’il ait eu ce don, car la France a hérité d’un président « immature » comme dit le Guardian. Et notre pays n’avait surtout pas besoin de cela en ce moment.
Michel Escatafal
11:59 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.04.2009
L'enthousiasme pour les affaires européennes ne cesse de tomber
Si l’on en croit un sondage publié hier sur les élections européennes, celles-ci n’intéressent pas beaucoup les Européens et c’est bien dommage. Je dis cela parce que malheureusement c’est une abstention massive qui se profile pour ce scrutin avec seulement 34% des citoyens de l’U.E. prêts à aller voter. Plus grave encore, selon le sondage en question, 62% des personnes interrogées estiment que leur vote ne changera rien, et 55% estiment que le Parlement européen ne traite pas assez des problèmes les concernant. C’est consternant mais cela reflète le fossé grandissant entre les citoyens et les institutions européennes, et le pire est que la classe d’âge qui devrait le moins voter est celle des étudiants !
Cela dit comment en est-on arrivé là, alors que l’Union Européenne a plus de 50 ans ? Tout d’abord il faut séparer les pays fondateurs de l’U.E. des autres, c’est-à-dire de ceux qui ont adhéré au fil des ans, plus particulièrement depuis 1995, la Grande-Bretagne dont l’adhésion remonte à 1973 étant un cas à part. En France par exemple, même si les élections européennes ne sont pas réellement la priorité des citoyens, 47% des électeurs disent qu’ils iront probablement voter. Au Luxembourg, petit pays au centre de la toute première Union, 62% des gens se disent prêts à aller voter, et 56% au Danemark qui a certes refusé l’euro, mais qui a adhéré le 1er janvier 1973, ce que l’on a tendance à oublier.
En revanche en Pologne et au Royaume-Uni, l’euroscepticisme est très prégnant puisque respectivement 13% et 22% seulement des électeurs se déclarent prêts à aller voter, alors qu’en Espagne, en Italie et au Portugal, l’abstention menace certes d’être forte en comparaison des élections législatives, mais elle pourrait être inférieure à celle de la France, ce qui signifie qu’un électeur sur deux se sent peu ou prou concerné. Certes ce ne sont que des sondages à deux mois des élections européennes, mais les résultats annoncés confirment ce que nous ressentons tous à propos de l’Europe, et surtout de ce que cette dernière représente dans l’esprit des populations.
Tout d’abord celles-ci sont d’abord intéressées par ce qui se passe sur le front du chômage. Celui-ci en effet explose à peu près partout dans les pays qui composent l’U.E., notamment dans les « vieilles nations », mais aussi chez les nouveaux membres. Or pour les populations concernées le Parlement européen ne peut en aucun cas régler le problème, témoignage direct du manque de confiance dans les institutions européennes. Les gens n’ont déjà pas confiance en leur gouvernement ou leurs élus nationaux, alors imaginons pour les eurodéputés !
La même tendance vaut aussi pour la Commission de Bruxelles dont beaucoup d’Européens ont entendu parler…essentiellement en mal. Le meilleur exemple en est fourni par ce qui se passe actuellement dans les ports français, les pêcheurs accusant Nicolas Sarkozy et le gouvernement de limiter leurs capacités de pêche, et le gouvernement se défendant en disant que c’est la faute de la Commission de Bruxelles, celle-ci répliquant qu’elle ne fait qu’appliquer les accords signés par les gouvernements, y compris celui de la France. C'est grotesque !
On s’étonnera après cela que l’enthousiasme pour les affaires européennes ne cesse de tomber, ce qui est devenu une constante depuis 1979, date de la première élection du Parlement au suffrage universel, où le taux de votants était de 63,8%. Il est vrai qu’à cette époque l’Union Européenne ne comptait que 9 membres et pas 27 comme aujourd’hui. Il est vrai aussi qu’à part la Grande-Bretagne qui n’aurait jamais dû entrer dans l’Union, les autres pays avaient une certaine idée de l’Europe et que, globalement, leurs habitants acceptaient à terme l’idée d’une confédération que certains appelaient déjà « les Etats-Unis d’Europe ». C’était le bon temps des rêves européens, et c’était aussi une époque où les grands pays fondateurs de l’Union étaient dirigés par des Européens authentiques (Giscard-Barre en France, Helmut Schmidt en Allemagne fédérale etc).
De nos jours sous l’impulsion de la Grande-Bretagne, dirigée depuis 1979 par des libéraux « purs et durs » comme Margaret Thatcher, ou par des travaillistes aux idées très libérales comme Tony Blair, on a fait de l’intégration européenne forcée…pour élargir le grand marché que représente l’Union Européenne des années 2000. Il y a eu aussi l’avènement de la monnaie unique qui concrétisait les rêves du tandem Giscard-Schmidt, mais celle-ci pour gagner encore davantage en crédibilité ne devrait pas susciter les débats continuels qui l’agitent, notamment sur les critères des finances publiques, et devrait aussi obliger ses membres à prendre en compte la nécessaire harmonisation fiscale. Enfin, la BCE ne doit pas être sans arrêt l’objet d’attaques frontales de la part de dirigeants irresponsables l’accusant de tous les maux, notamment d’être trop indépendante des pouvoirs politiques.
Heureusement d’ailleurs qu’il en est ainsi, car imaginons (avec effroi) Nicolas Sarkozy ayant un réel pouvoir sur la BCE. A combien se chiffreraient nos déficits ? Mais il n’est pas le seul à se comporter ainsi, Silvio Berlusconi ayant à peu près les mêmes sentiments, sans parler de ceux qui ne sont pas encore dans la Zone euro et qui rêvent d’en faire partie, sans en accepter toutes les règles. Et pourtant l’euro n’a-t-il pas joué un rôle d’assurance tout risque (ou presque) au milieu de la débâcle financière qui a affecté l’économie mondiale ? Poser la question, c’est y répondre.
Parmi les raisons du désintérêt des électeurs pour les élections européennes il y a aussi le manque de connaissances et d’informations sur le rôle du Parlement européen. D’ailleurs selon ce sondage 64% des personnes interrogées, quatre points de plus que l’an passé, affirment « n’être pas suffisamment informées pour voter ». Quel constat d’échec de la part du monde politique ! Et c’est d’autant plus vrai que seulement 20% des 27.000 personnes sondées ont déclaré « être contre l’Europe, l’Union Européenne ou la construction européenne » ce qui est peu, surtout en pensant à la forte proportion de britanniques dans ce chiffre.
Enfin il y a encore une autre bonne raison à cette désaffection probable des électeurs au vote européen, à savoir le comportement des partis politiques de gouvernement. En ne prenant que le cas français, comment les électeurs socialistes peuvent-ils s’y retrouver entre la fraction authentiquement pro-européenne de la direction du P.S., et l’autre qui a appelé bruyamment à voter non au traité constitutionnel. Comment les électeurs de l’UMP peuvent-ils avoir une bonne idée de l’Europe et de ses institutions alors que ses principaux responsables sont européens…quand ils y trouvent avantage, mais accusent systématiquement l’Europe quand il s’agit de masquer leurs échecs.
En fait il n’y a que le MoDem qui puisse se prévaloir d’une quasi unanimité sur le sujet, notamment de la part de la part de ses principaux cadres y compris dans les plus petites sections. Les électeurs savent donc ce qu’ils ont à faire, s’ils veulent avoir des députés au Parlement européen qui se battent à la fois pour l’avenir de notre pays et de notre continent. Comme le dit très justement François Bayrou, « il n’est pas un sujet de notre avenir national qui puisse trouver une réponse durable sans la dimension européenne : croissance et compétitivité, environnement et énergie, agriculture, recherche…
Michel Escatafal
15:16 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
14.04.2009
Quelques réflexions sur l’actualité…
Si ça continue comme cela encore deux ans, et pour peu que la crise économique s’estompe dans ce délai, ce qu’il faut vivement espérer, Barack Obama n’aura rien à craindre pour sa réélection en novembre 2012. C’est une star comme on dit de nos jours, et il est même traité comme une rock star par tous les journaux américains…et étrangers. En quelques mois il a fait tout naturellement ce qu’un Nicolas Sarkozy ne réussira jamais à faire, à savoir s’imposer naturellement comme le leader qu’il a toujours été. Il a accompli un parcours difficile, avec la collaboration de son épouse qui sur ce plan lui ressemble beaucoup, et se trouve aujourd’hui à la tête du pays le plus puissant du monde. En outre, il continue sa marche inexorablement comme si aucun obstacle ne se dressait devant lui.
Et pourtant que de handicaps a-t-il dû subir pour en arriver jusque là, dans un pays qui vivait sous une forme d’apartheid il y a moins de cinquante ans. Par ailleurs, pour son entrée en fonction à la Maison Blanche, il a hérité de la pire situation avec la plus grande crise économique et financière que le monde ait connue depuis 1929. Bref il aura passé son temps ces dernières années, et plus encore maintenant, à surmonter les multiples difficultés inhérentes à l’objectif qu’il s’était fixé, à savoir devenir sénateur, puis président des Etats-Unis d’Amérique. Il ne lui reste plus qu’à accomplir un second mandat et la boucle sera bouclée. Quel parcours !
Et tout cela en restant constamment lui-même, aidé en cela par une « first lady » qui ne se prend pas au sérieux, mais qui semble diablement efficace dans son « job » de première dame, sans en rajouter dans le racolage ou le people exacerbé. Le tout donne un ensemble détonant qui transforme le moindre geste de la famille Obama en évènement planétaire, même si parfois cela paraît dérisoire. On en arrive même à s’amuser de l’anecdote relative au fait que Michelle Obama ait pu prendre la reine d’Angleterre par l’épaule, comme elle l’aurait fait pour une copine d’université. Quand Nicolas Sarkozy prend le bras d’Angela Merkel non seulement il agace cette dernière, mais tout le monde lui reproche cette familiarité exagérée. En revanche quand Michelle Obama va à l’encontre du protocole de la Cour d’Angleterre au pire on en sourit, et au mieux on se dit que c’est une nécessaire évolution dans une des plus anciennes cours européennes.
Maintenant c’est le nouveau chien qui est arrivé à la Maison Blanche qui fait l’actualité pendant cette période de fêtes que nous venons de vivre, ce qui permet de souffler un peu au milieu des mauvaises nouvelles qui s’accumulent aux Etats-Unis, en France et ailleurs dans le monde, même si certains essaient de nous annoncer une sortie de crise l’an prochain. En attendant les dégâts vont être considérables jusque là…à supposer que les prophètes du « ça ira mieux l’an prochain » ne se trompent pas aussi lourdement qu’ils l’ont fait pour l’arrivée de la crise. Je dis cela parce que ce sont toujours les mêmes qui parlent et que l’on écoute. Cela dit cette crise finira bien par s’estomper, et il y a sans doute des chances que Barack Obama en profite pour le prochain scrutin présidentiel américain.
A propos de Bo le « first dog », il paraît que Barack Obama a été un peu déçu car il a été obligé de renoncer à recueillir un chien de la fourrière ou à prendre un bâtard, « un croisement comme moi » pour parler comme le président américain, le tout dit avec un naturel désarmant. D’ailleurs le charisme de Barack Obama est dû certes à son extraordinaire intelligence, mais aussi et surtout à ce naturel qui est nécessairement la marque des grands, et qui permet de se tirer facilement de toutes les situations. A ce propos il est symptomatique que l’on puisse compter sur les doigts d’une main le nombre de bourdes ou de gaffes qui ont émaillé le parcours de Barack Obama, depuis son envol vers la présidence et son entrée à la Maison Blanche. Sans être méchant, j’aimerais pouvoir en dire autant de Nicolas Sarkozy, mais ce dernier à l’excuse de ne pas tirer dans la même catégorie que Barack Obama…malgré son désir d’être comparé à lui. Ne soyons pas trop cruels !
Par ailleurs cette façon d’être permet à Barack Obama de gouverner comme un monarque éclairé, même si l’on peut ne pas être d’accord sur la définition, à la fois dans la tradition de l’exécutif américain sur le plan décisionnel, mais aussi en donnant à son peuple de l’espoir. Et de l’espoir il en a donné beaucoup, notamment à la fraction qui souffre le plus des dégâts causés par le libéralisme sauvage qui a été la règle aux Etats-Unis depuis la présidence Reagan. Cela ne veut pas dire pour autant que Barack Obama va changer tout le système économique américain, et qu’il va jeter aux orties les bases fondamentales du capitalisme, mais il suscite l’espoir et la confiance des plus défavorisés. Pour tous les Français Nicolas Sarkozy est d’abord et avant tout l’ami des patrons du CAC 40, parce qu’il a tout fait pour être considéré comme tel au point même d’en paraître ridicule. Barack Obama n’est pas ennemi des dirigeants de Wall Street, mais il donne confiance à ceux qui espèrent des jours meilleurs. Toute la différence entre les deux hommes est là, et dans la conjoncture actuelle la confiance est un élément essentiel pour l'évolution du climat des affaires.
En plus notre président est plutôt « un looser », comme disent les Américains. Rares sont ses initiatives qui sont couronnées de succès…parce qu’il ne prend jamais le temps d’écouter ceux qu’il appelle avec mépris « les sachants ». Bien loin de moi l’idée de porter un jugement sur ce qui s’est passé au large des côtes somaliennes le 4 avril dernier, mais force est de constater que l’ineffable Hervé Morin, ministre de la Défense, ne donnait pas une réelle impression de professionnalisme quand il racontait à la télévision sa version des faits sur l’opération qui a coûté la vie à un otage français. Ce que je dis là est confirmé par ce qu’a déclaré sur France-Info le fondateur du groupe d’élite des gendarmes français, Christian Prouteau, assurant « qu’une libération ressort plus du domaine civil que de la guerre ». Et c’est vrai que depuis que l’on parle de ces prises d’otage au large des côtes somaliennes, les pirates n’ont jamais exécuté de prisonniers.
Fermons la parenthèse, et passons à autre chose d’infiniment plus futile à savoir un possible remaniement ministériel. Comme si avec Nicolas Sarkozy ce genre de choses était un évènement ! En tout cas il y a quand même de quoi sourire quand on voit Nadine Morano réclamer un grand ministère, ou Hubert Falco se voir au ministère de l’Agriculture. Et que dire de la vision d’avenir que peut apporter un Philippe Séguin qui pantoufle depuis quelques années à la Cour des Comptes, après avoir été maintes fois ministre et appeler à dire NON à la monnaie unique en 1992. Même Alain Juppé qui a promis de ne plus manger de « cerises en hiver » est prêt à faire de nouveau don de sa personne si, bien évidemment, « son expérience peut servir ». Comment peut-on être à ce point accroc à un portefeuille ministériel, surtout quand on connaît les sentiments de Nicolas Sarkozy pour Alain Juppé ? C’est à la fois pitoyable et pathétique !
Michel Escatafal
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