18.04.2009

L'arrogance et les dérapages de N.S. n'engagent ni la France, ni les Français

Même si notre fierté doit en souffrir, force est de  reconnaître que le peuple français a élu un président de la République qui n’est pas à la hauteur de sa fonction, ce qui ne l’empêche pas de passer son temps à juger ses pairs dans le monde, comme il l'a fait récemment au cours d'une réunion où étaient conviés des parlementaires de la majorité et de l'opposition, affirmant entre autres phrases assassines que le chef du gouvernement espagnol "n'était peut-être pas très intelligent". Au nom de quoi Nicolas Sarkozy se permet-il de juger s'il est intelligent ou pas ? D’après son CV J.L. Zapatero a quand même été professeur de droit, ce que Nicolas Sarkozy n’aurait pas pu être dans notre pays, faute des diplômes suffisants. En outre, notre président de la République est loin d’être quelqu’un qui éblouit le monde…par sa culture et son intelligence. Alors qu’il humilie ses ministres passe encore, car s’ils ne sont pas heureux ils n’ont qu’à démissionner, mais les chefs d’Etat ou de gouvernement étrangers, c’est grotesque.

Comme je l’ai lu quelque part, on a effectivement envie de « demander pardon pour ces paroles humiliantes qui n'auraient jamais dû être prononcées et qui n'engagent ni la France, ni les Français ». En tout cas une nouvelle fois notre pays est ridiculisé par celui qui le représente à l’étranger… et qui se comporte comme quelqu’un qui manque cruellement d’intelligence.  Je ne sais pas exactement à qui il pensait quand il a dit à un député qu’il connaissait "des gens très intelligents qui n’ont pas été au second tour de la présidentielle", mais une chose est sûre que ce soit Lionel Jospin comme cela semble être le cas … ou un autre, je n’imagine pas qu’il aurait été capable de sortir pareilles âneries. 

En tout cas il y en a au moins un autre qui est beaucoup plus intelligent que lui, et qui n’a pas franchi non plus le second tour de l’élection présidentielle. Il s’agit bien sûr de François Bayrou. Peut-être d’ailleurs était-ce aussi à lui que pensait Nicolas Sarkozy ? En tout cas personne n’imagine voir notre président de la République participer à un débat du niveau de celui auquel ont participé François Bayrou et Régis Debray récemment à la télévision, sur FR3. De l’avis de tout le monde, c’était un régal de voir deux hommes aussi cultivés disserter sur la fraternité. Je ne suis pas sûr que Nicolas Sarkozy ait vu cette émission, mais je suis certain que s’il l’avait vue il n’aurait pas manqué de changer de chaîne car, sans vouloir être méprisant, cela se situait à des sommets beaucoup trop élevés pour lui.

Et oui, notre président de la République souffre cruellement de son manque de culture par comparaison avec ses prédécesseurs ou avec certains chefs de gouvernement qui l’ont précédé dans l’exercice du pouvoir dans notre pays. Par ailleurs son parcours scolaire a été peu brillant comparé à celui de ses pairs, qu’il s’agisse de Barack Obama, d’Angela Merkel, de Gordon Brown et même de J.L. Zapatero, pour ne citer qu’eux. Là se situe sans doute la source des tourments de Nicolas Sarkozy, ce qui l’incite à essayer constamment d’apparaître ce qu’il n’est pas, et qui lui vaut les moqueries de la presse internationale, qui n’a pas attendu ce nouveau dérapage pour se livrer à des commentaires acides sur notre chef de l’Etat.

En fait le seul qu’il n’égratigne pas s’appelle Silvio Berlusconi…parce qu’il a été réélu à deux reprises. Cela dit si le chef du gouvernement italien a effectivement gagné à plusieurs reprises les élections, ce n’est sûrement pas à son bilan qu’il le doit, pas plus d’ailleurs que celui de Nicolas Sarkozy dans ses fonctions ministérielles pour son accession à l’Elysée. Il n’est donc pas nécessaire d’être très intelligent, ni  très compétent  pour gagner des élections. Je dirais même que c’est souvent un handicap comme en témoigne le fait que Raymond Barre, à la fois extrêmement brillant sur le plan intellectuel et remarquablement compétent, n’ait pas pu passer le cap du premier tour de l’élection présidentielle en 1988. Et pourtant, par rapport à Nicolas Sarkozy et à ses adversaires de l’époque, il pouvait afficher un bilan remarquable comme Premier ministre et ministre des Finances.

Cela étant  le plus désolant dans cette affaire est que notre pays soit de nouveau tourné en dérision et pris pour cible en raison de l’impéritie de notre président, celui-ci ayant voulu une nouvelle fois jouer les fanfarons…comme le font les adolescents complexés et les mauvais élèves.  D’ailleurs s’il ne souffrait pas d’un énorme complexe il ne passerait pas son temps à railler « les sachants » comme il dit, et il n’aurait pas ironisé sur la nécessité « pour bien servir l’Etat » d’avoir lu la Princesse de Clèves,  le chef d’œuvre de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, comtesse de la Fayette. En fait je crois pour ma part que le seul talent qu’on puisse lui reconnaître est d’avoir fait preuve d’un remarquable opportunisme tout au long de sa carrière politique. Dommage d’ailleurs qu’il ait eu ce don, car la France a hérité d’un président « immature » comme dit le Guardian. Et notre pays n’avait surtout pas besoin de cela en ce moment.

Michel Escatafal

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