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17/03/2009

Le bateau UMP tangue, mais ceux qui sont à bord essaient de naviguer au mieux de leurs intérêts électoraux!

P.Mehaignerie.jpgLes députés UMP ne sont ni courageux, ni téméraires. Quand je dis UMP cela signifie pour moi la majorité présidentielle car le Nouveau Centre n’existe pas…sauf à l’Assemblée Nationale où il a un groupe qui ne sert strictement à rien. En attendant les dits députés commencent à prendre peur devant l’ampleur de la contestation et de la révolte qui commencent à envahir nos provinces, certains même craignant que ne se développe en métropole ce qui s’est passé dans les DOM. Il est vrai que quand on voit des pans entiers de notre industrie, ou plus généralement de notre économie, tomber sous les coups d’une crise qui a été provoquée par ceux-là mêmes qui demandent des aides aujourd’hui, cela a de quoi révolter le petit peuple surtout quand celui-ci voit nombre de travailleurs âgés de 30, 40 ou 50 ans se faire licencier après des années de bons et loyaux services auprès de leur entreprise. Je serais à la place de nos gouvernants je m’inquièterais sérieusement, car tout à coup les 2 ou 3 millions de personnes qui vont défiler jeudi pourraient être beaucoup plus nombreuses.

D’ailleurs certains syndicalistes ne s’y trompent pas, y compris chez les moins contestataires ou disons les plus gentils vis-à-vis du pouvoir, un pouvoir qui lui aussi commence à sérieusement paniquer à l’image de ces ministres à la fois incompétents et craignant pour leur portefeuille. A ce propos je me demande bien pourquoi ces derniers ont tellement peur puisqu’à ce jour aucun d’entre eux n’a été congédié et ce, bien qu’ils aient fait la preuve pour la quasi-totalité d’entre eux de leur nullité. Cela dit  il y a quand même une explication à cela, à savoir que Nicolas Sarkozy ne peut pas sanctionner des gens qui ne font qu’appliquer plus ou moins maladroitement ses décisions. Comment reprocher à des ministres leur mauvaise gestion des finances publiques, de l’enseignement, de l’hôpital, de l’audiovisuel public etc. quand les ministres apprennent les décisions relevant de leur ministère en même temps que les téléspectateurs ou les journalistes.

Reste que ces titulaires de portefeuilles ministériels ont été remarquablement choisis par leur mentor à l’Elysée tellement ils font preuve de docilité. Après tout un ministre capable d’avoir des idées personnelles et d’essayer de se comporter en homme ou femme responsable, cela peut effectivement avoir quelques inconvénients, surtout s’il persiste et signe dans son envie de faire bouger les choses. Rama Yade s’est essayée à l’exercice, mais à chaque fois qu’elle semblait avoir fait un pas en avant c’était immédiatement pour faire deux pas en arrière…et rentrer dans le rang. Ce manque de courage ou de témérité ne lui aura servi à rien puisqu’il est acquis qu’elle sera débarquée au prochain remaniement ministériel, contrairement à ces pauvres Laurent Wauquiez, Luc Chatel ou Christine Lagarde, tous plus pathétiques les uns que les autres, qui ne cessent de se faire recadrer par le Premier ministre…parce qu’ils émettent une idée de simple bon sens, par exemple sur les suppressions d’emplois chez Total ou la fermeture de Continental à Clairoix, unité qui emploie 1120 salariés. Au passage on rappellera dans ce dernier cas que le slogan « travailler plus pour gagner plus » si cher à Nicolas Sarkozy a vite volé en éclats, au préjudice des malheureux personnels de cette entreprise qui avaient accepté de travailler 40 heures hebdomadaires pour pérenniser l’emploi sur le site jusqu’en 2012.

Pauvres ministres qui ne savent plus sur quel pied danser, puisqu’ils sont constamment obligés de changer de rhétorique au gré des circonvolutions issues de la pensée du président de la République…l’œil rivé sur les sondages d’opinion. Alors parfois il faut verser des larmes de crocodile pour faire social, mais aussi il ne faut surtout pas effaroucher les amis du président. Quel dur métier que celui de ministre ou secrétaire d’Etat ! Quel dur métier aussi que celui de député UMP en ce moment, au point que certains d’entre eux comme Pierre Méhaignerie, ex UDF fondu dans l’UMP  et élu depuis...1978 dans une circonscription autrefois détenue par son père, en arrivent à proposer l’imposition d’une contribution exceptionnelle aux contribuables gagnant 300.000 à 400.000 euros par an, comme veut l’imposer Barack Obama aux Etats-Unis. Problème, Nicolas Sarkozy ne veut pas d’une mesure aussi audacieuse parce qu’elle toucherait quelques uns des Français les plus riches, ce qui est pour lui le comble de l’horreur. 

Dans ces conditions gageons que Pierre Méhaignerie et ses amis parlementaires rangeront rapidement leurs velléités de contestation au vestiaire, et rentreront gentiment dans les rangs comme ils le font depuis toujours. Et pourtant si ces députés le voulaient réellement, s’ils étaient enfin prêts à entrer en résistance, ils pourraient contraindre le président de la République et son gouvernement à faire bouger les choses, et à pratiquer une politique plus conforme à notre idéal républicain de justice et de fraternité. Que risquent en effet un Pierre Méhaignerie et bien d’autres parlementaires de son âge (70 ans) sinon faire enfin preuve d’un peu de courage politique? Ah si j’oubliais, ces gens-là pourraient subir les représailles des instances de leur parti, et donc ne plus avoir à la prochaine élection l’investiture UMP. Quel drame en effet s’ils venaient à perdre leur emploi! Tout cela est affligeant.

Michel Escatafal

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