27.02.2009

Est-ce que cela servira de leçon? On peut en douter

Au cours d’une réunion du MoDem du Jura, à Saint-Claude hier soir, il a été posé la question ô combien pertinente de savoir si cette crise était évitable ou non. Pour ce qui me concerne la réponse est non…tellement le risque était latent compte tenu des dérégulations toujours plus nombreuses du système financier international au cours des dernières années. Il y a seulement deux ans, l’élection présidentielle française s’est jouée sur le constat, relayé avec complaisance par la quasi-totalité des médias, que comme le disait feu le président Reagan « l’Etat n’est pas la solution, mais le problème ». Du coup celui qui semblait vouloir minimiser avec le plus de forces le rôle de l’Etat a été élu, au détriment de notre candidat, François Bayrou, qui pour sa part réfutait l’idée de s’abandonner complètement aux forces du marché, ce qui ne voulait pas dire pour autant que l’Etat devait être présent partout…comme semblent le suggérer aujourd’hui à demi-mots certains dirigeants européens et français aux accents jusque là très libéraux (N.Sarkozy ou encore J.M.Barroso).

Il est vrai qu’après une longue période, allant des années 80 jusqu’en 2006, pendant laquelle tous les gouvernements ont capitulé devant la loi imposée par la finance et les marchés de capitaux, l’ensemble de la planète économique se trouve confrontée à une crise sans précédent depuis des décennies. De plus cette crise est d’autant plus grave que personne ne l’avait réellement vue venir, tellement était ancrée l’idée qu’il n’y avait aucune alternative à  ce « libéralisme exacerbé », même si ce dogme finissait par faire peur à certains, sans doute plus avisés que les autres, mais que les soi-disant  experts  s’empressaient de ringardiser.

Cela faisait très démodé par exemple de dire que l’argent doit servir d’abord à soutenir des projets industriels, à investir dans la recherche et à créer de la richesse ou plutôt devrais-je dire, à créer de la vraie richesse et non pas seulement de la richesse virtuelle qui ne profite qu’aux actionnaires. Quand je dis aux actionnaires, je parle des gros actionnaires, ceux qui ont investi sur des produits de plus en plus risqués ou chez des gens comme Madoff, et non de ces pauvres petits actionnaires qui se croyaient riches parce qu’ils avaient quelques actions de grandes multinationales industrielles ou financières. Certes cela flattait leur ego, mais ils n’étaient pas riches pour autant et plus grave encore…pouvaient redevenir très pauvres. En revanche ceux qui ont perdu des milliards depuis quelques mois, en ont encore suffisamment pour pouvoir de nouveau faire joujou quand le temps sera revenu pour faire des affaires.

Si je dis cela c’est parce que je ne suis pas persuadé que la crise que nous vivons  va réellement servir de leçon pour l’avenir. Il suffit déjà de voir les débats que suscite aux Etats-Unis l’objectif de l’Administration Obama d’une couverture de santé universelle, parce qu’il menace les bénéfices futurs des grandes compagnies d’assurances… qui en fait n’assurent des soins de qualité qu’aux Américains les plus aisés. Pour mémoire, il s’agit là d’une des principales promesses de campagne de Barack Obama, rappelant à juste titre « qu’il n’y a pas d’économie saine sans une population saine ». Pour être complet sur le sujet, il faut aussi se souvenir qu’une autre administration démocrate, celle de Bill Clinton, avait déjà essayé de réformer le système de santé et avait complètement échoué pour les mêmes raisons qui font débat aujourd’hui. Cela explique pourquoi début 2009, près de 50 millions d’Américains ne possèdent pas la moindre assurance santé. Mais que pèsent ces 50 millions de pauvres, dont la plupart sont au chômage, par rapport aux profits engrangés par l’industrie pharmaceutique ?

En disant cela je pense que nous sommes en plein dans ce que notre président de la République appelle pompeusement, et sans rire, « la moralisation du capitalisme ». Je souhaite bien du courage à Barack Obama pour assurer la réussite de ce projet, d’autant qu’une partie du financement de la réforme…viendra de l’augmentation des impôts des plus riches, c’est-à-dire des 5% d’Américains qui gagnent plus de 250.000 dollars annuels. En outre, l’Administration au pouvoir veut mettre en concurrence les entreprises pharmaceutiques et les prestataires de service pour les marchés liés aux programmes publics d’aide aux plus pauvres. Là aussi le tollé est déjà à la hauteur des enjeux, car si l’on commence à prendre (un peu) aux riches pour aider les plus pauvres c’est carrément de la persécution. Ce n’est pas en France que l’on pourrait voir ça !

Bien entendu cette réforme est loin d’être actée pour la bonne et simple raison que tout cela va coûter très cher, et que l’on se demande bien où Barack Obama va trouver l’argent pour ses ambitieuses réformes de justice sociale, complètement oubliés par son nullissime prédécesseur. Déjà il va réclamer plus de 200 milliards de dollars pour financer l’effort de guerre américain sur les 18 mois à venir, ce qui en autorise certains dans son camp à dire qu’il vaudrait mieux dépenser cet argent…pour financer la paix. En tout cas,  pour l’exercice fiscal 2009 le déficit budgétaire est anticipé à hauteur de 1.750 milliards de dollars, environ 12,5% du PIB. Même la France de Nicolas Sarkozy a du mal à suivre avec ses bientôt 6% qui font tellement peur à Bruxelles et à Francfort ! Plus grave encore, le président américain base ses prévisions budgétaires sur un retour de la croissance en fin d’année à hauteur de 3%, et 4% pour 2010. Même Christine Lagarde n’a pas osé  pareille prédiction !

Cependant le plus triste dans cette crise est que la désespérance atteint des niveaux inimaginables outre-Atlantique. En effet, j’ai lu qu’aux Etats-Unis de plus en plus d’Américains qui manquent d’argent vendent leur sang…pour faire le plein d’essence, sans parler des dons d’organes ou d’ovules etc. « L’offre est astronomique en ce moment » au point de faire baisser les prix,  aux dires de la présidente d’une des compagnies qui offrent ce type de prestations, au demeurant de plus en plus nombreuses. Cela me fait dire que finalement je suis très heureux d’être français et européen, et j’espère que cette crise aura fait comprendre aux électeurs que notre système social doit être impérativement préservé, et que le moment venu il vaudra mieux voter pour les candidats qui s’en sont toujours réclamés, par exemple ceux du Mouvement démocrate.

Michel Escatafal

24.02.2009

Pourquoi se gêner…

Une nouvelle fois Nicolas Sarkozy fait bien rire les observateurs étrangers à propos de la fusion entre les groupes Caisse d’Epargne et Banque Populaire, en faisant nommer à la tête de cette nouvelle entité…son conseiller économique et secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol. Pourquoi se gêner en effet, d’autant que ce n’est pas une première pour le chef de l’Etat, qui avait déjà fait nommer un des ses conseillers à la direction générale de TF1 peu après son élection à l’Elysée. 

Evidemment cette nomination fait quelque peu désordre de la part de quelqu’un qui veut refonder le capitalisme international sur des bases plus transparentes. Toutefois ce n’est pas  l’opinion du secrétaire général de l’UMP, Xavier Bertrand, qui affirme sans rire à propos de F. Pérol, que « c’est le meilleur à ce poste ». Circulez, il n’y a rien à voir ! De toutes façons François Pérol, qui s’était déjà occupé à régler l’affaire Tapie, est nécessairement le meilleur parce que d’une part c’est Nicolas Sarkozy qui l’a nommé à ce poste, et d’autre part parce qu'il est authentiquement UMP. Avec de pareils critères, il faut être de mauvaise foi pour faire la grimace sur cette nomination, en se posant des questions de déontologie.

De toute façon la décision est prise et ce sera sans doute Xavier Musca, actuel directeur du Trésor, qui remplacera François Pérol au poste de secrétaire général adjoint de l’Elysée. Au passage on pourra remarquer qu’avec un directeur du Trésor comme X. Musca, il ne risquait pas d’y avoir de critiques sur la politique économique du gouvernement, et gageons qu’à sa place à la direction du Trésor ce sera encore un meilleur des meilleurs…UMP qui sera nommé. Cela ne me laisse aucune chance d'occuper le poste, car je ne peux évidemment pas être considéré comme « un des meilleurs »…étant militant du MoDem. Il vaut mieux rire de tout cela en se disant qu’il n’y en a plus que pour 3 ans, ce qui fait long quand même. Mais surtout gardons le moral !

Cela dit Monsieur Bertrand n’est pas tendre avec ceux qui, dans l’opposition (François Bayrou, François Hollande) ou la majorité, critiquent ou ironisent sur les choix du président de la République, parlant « de professionnels de la polémique », ou à propos de François Goulard de « spécialiste des petites phrases ». Il est vrai que François Goulard a un défaut majeur, à savoir qu’il n’est pas « sarkoziste » mais « villepiniste ». C’est effectivement une lourde tare que d’être resté fidèle à l’ancien Premier ministre.

Cependant les récriminations ne proviennent pas seulement de ces mauvais esprits, car Jean Arthuis, l’ancien ministre des Finances UDF récemment rallié à Nicolas Sarkozy, y va de son couplet sur les règles déontologiques « qui proscrivent aux responsables d’une administration qui ont eu à connaître très directement d’un dossier d’être nommés à la tête de l’entreprise au cœur de ce dossier ». Jean Arthuis fait semblant de découvrir les méthodes du chef de l’Etat !

Par ailleurs il n’y a pas que des critiques à caractère politique sur cette nomination, car les professionnels de la banque font remarquer que F. Pérol n’a jamais travaillé dans une banque de détail, spécialité première de la Caisse d’Epargne et des Banques Populaires, son expérience de la banque se limitant à avoir été associé-gérant de Rothschild et Cie entre 2005 et 2007. Pour ma part ce n’est pas sur ce point que j’apporterais des critiques, car son travail ne sera quand même pas essentiellement sur le terrain.

En fait c’est surtout la manière dont il a été choisi qui pose problème, avec encore une fois l’impression que c’est le fait du prince. Hélas c’est devenue une consternante habitude, même si nous savons bien que Nicolas Sarkozy n’est pas le premier président de la République à se livrer à pareil exercice. Mais au moins avant lui on essayait d’y mettre les formes. Ce doit être cela la fameuse « droite décomplexée » dont on nous a tellement parlé pendant la campagne présidentielle de 2007.

Michel Escatafal

23.02.2009

Une certaine idée de l'Europe...

U.E..jpgL’Union Européenne, et plus particulièrement ses nouveaux pays adhérents, sont en train de vivre un cauchemar au moins aussi important que les rêves les plus fous qu’ils ont pu entretenir en rejoignant l’Union Européenne. Il faut dire qu’ils avaient devant eux les exemples portugais, espagnols et plus encore irlandais, pour qu’ils se bercent d’illusions. Or aujourd’hui, avec la crise financière qui met en péril les économies les plus solides dans le monde, les habitants de ces pays ont l’impression que tout s’effondre comme dans un château de cartes. Adieu les paradis artificiels que l’on avait montés à la hâte, suite à la mort des régimes communistes !

Résultat, ce que l’on appelle la nouvelle Europe, que Donald Rumsfeld traitait en si haute considération en 2003-2004 par rapport aux vieilles nations comme la France, fait face à une crise tellement profonde qu’on se demande comment elle va en sortir. Plus grave, elle est en train de payer au prix fort son désir de vivre sur le modèle anglo-saxon, qui était pour elle le seul susceptible de la faire rêver. La Lituanie, la Pologne, la République Tchèque pour ne citer qu’elles, vivaient dans l’illusion permanente, comme aurait dit Raymond Barre, avec des équilibres financiers extrêmement aléatoires, une économie en surchauffe due essentiellement aux capitaux qui affluaient grâce à une main d’œuvre très bon marché et une fiscalité avantageuse, des monnaies surévaluées, et un endettement des ménages qui s’envolait au point de devenir insupportable pour nombre d’entre eux.

Bref, tous les ingrédients pour qu’aux premiers coups de vents sur la planète économique, je ne dis même pas tempête, la panique s’installe. Cela signifie que, contrairement à ce que l’on veut nous laisser accroire, les problèmes qui affectent cette région ne sont que partiellement provoqués par la crise financière mondiale que l’on connaît, même si celle-ci a aggravé le phénomène. Elle l’a aggravé ne serait-ce qu’aux niveau des investissements en provenance des nations occidentales de l’U.E., mais aussi de l’étranger. Par ailleurs, comme dans le reste du monde, les Bourses se sont effondrées et ces pays se voient contraints d’emprunter des sommes de plus en plus importantes…à des taux prohibitifs, comme c’est le cas pour les entreprises menacées de faillite.

Dans la même logique, les pays qui ne font pas partie de la Zone Euro souffrent en plus d’une monnaie qui s’est fortement dépréciée, ce qui renchérit d’autant les importations et pèse sur les prix libellés en euro. Enfin et surtout, compte tenu de la récession qui frappe l’Europe de l’Ouest , les pays de l’Est européen qui vivent en grande partie des exportations à destination de l’Allemagne, de la France, de l’Italie ou la Grande-Bretagne, voient leur production industrielle chuter jusqu'à des niveaux inédits depuis le milieu des années 1990, ce qui va augmenter dans des proportions considérables le nombre de sans-emplois.

Ces phénomènes apocalyptiques touchent aussi les pays qui appartiennent à la Zone euro (Slovénie et plus encore Slovaquie) ou dont la monnaie est arrimée à la monnaie unique (Pays baltes), dans la mesure où ils sont contraints à un minimum de discipline budgétaire au moment où il faudrait des mesures de relance fortes pour préserver ce qui peut l’être. On se retrouve là dans une situation qui n’est pas sans rappeler celle de pays …comme la France ou l’Italie. Seule éclaircie dans ce tableau bien sombre, qui vaut aussi pour nous, toute dévaluation est soit impossible, pour les pays de la zone euro et assimilés,  soit impensable pour ceux qui n’en font pas partie, car cela ruinerait la confiance des investisseurs et des prêteurs…déjà très méfiants.

Alors que faire pour aider ces pays, que l’on a presque forcé à adhérer à l’Union Européenne en leur faisant miroiter monts et merveilles…pour le plus grand profit des grandes multinationales de l’Ouest ? Là est tout le problème, car à l’Ouest la situation n’est guère plus brillante. La Grande-Bretagne, dont une partie non négligeable de son développement dépendait de « la City », voit ses richesses diminuer de manière affolante, alors que l’Allemagne enregistre une chute de ses exportations qui pèse lourdement sur son activité industrielle. Quant à la France inutile d’exposer l’état dans lequel elle se trouve, sinon pour souligner que nous sommes déjà dans une spirale historiquement difficile en matière de déficits et d’endettement publics.

Dans ce cas il est facile de comprendre que, malgré les divers sommets organisés à tour de rôle par les dirigeants européens, les grands pays de l’U.E. ne puissent apporter une aide conséquente à leurs partenaires de l’Est. De fait ces derniers ont l’impression d’être abandonnés à leur triste sort, surtout quand ils voient un pays comme la France, avec son président grand donneur de leçons européennes, s’endetter pour offrir des milliards d’euros à l’industrie automobile française. 

En fait on se rend compte aujourd’hui, et plus que jamais, que cette Europe dont on a cru accélérer la construction en la dotant d’une monnaie unique sans consolider ses structures politiques, était vouée à une certaine faillite dès la première épreuve du feu. Pourtant, il y a longtemps que les vrais défenseurs de l’idée européenne prônent une Europe plus intégrée politiquement, plus harmonisée sur le plan fiscal, disposant d’un marché unique euro-obligataire à l’instar de ce qui se fait aux Etats-Unis, bref d’une entité plus fédérale.

Hélas pour cela il aurait fallu que les peuples élisent des dirigeants authentiquement européens, qui n’hésitent pas à sacrifier certaines de leurs prérogatives pour construire cette véritable Europe, dont nous aurions tellement besoin dans les vents mauvais qui secouent de nos jours l’économie mondiale. Cela aurait permis de mettre en place depuis longtemps certaines régulations, dont on mesure aujourd’hui la nécessité pour nos institutions financières. En disant cela il est aisé de comprendre que nous sommes à des années-lumières des déclarations d’intentions ou des rodomontades de Nicolas Sarkozy, mais aussi de ses pairs. Raison de plus pour voter aux élections européennes pour les listes du Mouvement Démocrate, seul parti authentiquement européen.

Michel Escatafal

20.02.2009

Il n'y arrive pas et il n'y arrivera jamais

sarkozy.jpgJe ne sais pas à quoi s’attendait Nicolas Sarkozy en arrivant au pouvoir, mais force est de constater qu’il n’avait pas pris la mesure des responsabilités qui allaient être les siennes. Il suffit de se remémorer la période, récente, où tout le monde l’appelait « le président bling bling », ou encore la manière dont il a appréhendé la crise financière mondiale…qu’il a été un des seuls dirigeants des grands pays industrialisés à ne pas voir venir. Et bien entendu, tout le monde peut constater ses insuffisances au moment où notre pays est en proie à des difficultés sans nom et ce, bien que nos spécificités sociales et économiques nous protègent de certaines dérives qui affectent tout particulièrement nos voisins. Finalement l’exception française n’a pas que du mauvais !

Cela n’empêche pas notre président de la République de rappeler toujours et partout « qu’on n’a rien fait pendant 30 ans », ce qui est une manière pitoyable de s’exonérer de ses propres responsabilités. A l’écouter on dirait que la France était une nation sous-développée avant son arrivée aux affaires, où tout était à faire ou à refaire, ce qui est en contradiction (une de plus !) avec ce qu’il a affirmé mercredi soir à la télévision, à savoir que la France était mieux armée que beaucoup d’autres pays pour affronter la crise, et en sortir renforcée le moment venu, c’est-à-dire au moment où l’horizon commencera à s’éclaircir sur le plan mondial.

Encore aurait-il fallu qu’elle ait été bien gouvernée quand les premiers signes de cette crise se sont manifestés, et donc ne pas aller à contre-courant de l’évidence, par exemple en faisant en juillet 2007 des allègements d’impôts pour les plus riches. Cela étant la liste des erreurs commises est tellement longue que nous ne pouvons qu’en citer une par-ci, par-là, ce qui démontre à l’évidence que nous ne sommes plus réellement gouvernés depuis mai 2007…ce qui fut loin d’être toujours le cas dans les trente dernières années. Je rappellerai une nouvelle fois que la France et le monde en 1979 se trouvaient dans une situation presque aussi critique qu’aujourd’hui, et que notre pays a affronté cette tempête sans que les gens n'en subissent trop les conséquences.

Il est vrai qu’à cette époque le président de la République s’appelait Valéry Giscard d’Estaing et que le chef du gouvernement, qui dirigeait les affaires du pays, s’appelait Raymond Barre. A propos de ce dernier, je ne veux surtout pas le comparer à Nicolas Sarkozy ou François Fillon car ce serait lui faire injure, et il ne le mérite pas. Si j’osais une comparaison, je dirais que Nicolas Sarkozy et François Fillon sont à Raymond Barre ce que j’étais à Eddy Merckx quand je faisais des courses de vélo. La comparaison n’est pas flatteuse, mais c’est pourtant la vérité.

Un véritable homme d’Etat aurait depuis longtemps pris la mesure du conflit aux Antilles, au lieu de laisser pourrir la situation au motif que, comme je l’ai lu quelque part dans la presse étrangère, pour l’Elysée et selon les dires d’un conseiller, ce qui se passe là-bas « n’intéresse pas les Français ». Ahurissant ! C’est d’ailleurs curieux que cette phrase n’ait pas été reprise dans les journaux télévisés ou la presse écrite dans notre pays, dans la mesure où ce conseiller répondait aux questions des journalistes venus couvrir le sommet social le 18 février. Enfin passons, nous sommes habitués….

Concernant l’économie, si la réaction a semble-t-il été plus rapide, en revanche elle a été beaucoup trop timide pour calmer l’inquiétude de nos compatriotes, avec plusieurs plans à minima ne dépassant pas au total 7 ou 8 milliards d’euros, alors que les prêts aux banques et à quelques grandes entreprises se chiffrent par dizaines de milliards…sans réelles contreparties, n’en déplaise au gouvernement.

Alors « l’homme de la rupture » en est réduit à communiquer toujours davantage, à toujours courir après ses promesses électorales oubliées en route, bref à essayer de colmater les brèches qu’il a lui-même ouvertes, sans pour cela parvenir à calmer les mécontentements chaque jour plus nombreux. Pire encore, même s’il est contraint de faire machine arrière sur certaines réformes plutôt malvenues dans la situation actuelle, il ne cesse de prononcer devant les Français ce mot de « réformes » qui fait sur eux l’effet d’un chiffon rouge, compte tenu de leur caractère antisocial. En réalité, il se contente de « coups de pouce » ou « d'explorer des pistes » (terme à la mode), ce qui finalement ne satisfait personne, mais qui grèvent encore davantage nos finances publiques déjà exsangues.

D’ailleurs même en cherchant bien, qui pourrait citer une seule réforme lancée depuis mai 2007 susceptible de permettre aux Français de vivre mieux ? Personne, et pourtant les sujets ne manquent pas pour entreprendre des actions en profondeur porteuses d’espoir pour l’avenir. Je n’en citerai qu’une, le logement social , dont tous les observateurs disent qu’il a été le grand oublié des discussions du 18 février et ce, alors que de plus en plus de ménages ne peuvent plus faire face au poids que représentent dans leur budget les loyers et charges qui leur sont demandés. Voilà une relance par l’investissement qui serait utile et qui profiterait aux plus démunis. Hélas, pour Nicolas Sarkozy ces problèmes ne font pas partie de ses priorités dont tout indique qu’elles sont d’abord…de faire plaisir à ses amis.

Michel Escatafal

18.02.2009

Il ne maîtrise plus la situation...

Nicolas Sarkozy va parler de nouveau ce soir à la télévision au point que l’on se demande si la télévision n’est pas devenu « sa chose ». Mais que va-t-il dire que nous ne sachions déjà, à moins qu’il ne sorte je ne sais quel lapin de son chapeau, pour parler comme les journalistes. En tout cas il est facile d’observer que sans le verbe il n’est plus grand-chose, quoiqu’il puisse penser. Il pèse peu, comme disait le Canard Enchaîné il y a quelques décennies à propos d’un ancien ministre des affaires étrangères (Jobert), au point de lui avoir donné ce surnom…qui lui allait si bien. D’ailleurs comme d’autres, il était un spécialiste du grand écart puisqu’il a été ministre de Mitterrand après avoir été celui de Pompidou.

Si j’ai fait cette longue introduction c’est pour souligner combien notre président de la République fait preuve de légèreté dans ces temps de crise. Mais est-ce vraiment une surprise ? Certainement pas, comme l’avait démontré sa gestion de la crise des banlieues en 2006, qu’il avait largement contribuée à alimenter, et qui aurait duré beaucoup plus si Dominique de Villepin, alors Premier ministre, n’avait pas pris les choses en main. Là, même si le cas de figure est différent, nous sommes à peu près dans la même situation avec un chef de l’Etat totalement débordé par ses propres inconséquences.

Passons sur ses coups de menton et ses rodomontades au début de cette crise, passons aussi sur le coté bouffon de ses gesticulations quand il assurait la présidence de l’Union Européenne, où son comportement faisait penser à la fable de La Fontaine « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse le bœuf », mais on ne peut pas passer sur son manque de sérieux et l’incompétence dont il fait preuve chaque fois qu’il se trouve dans une situation qui le sort du seul domaine où il excelle, la communication. Cet homme n’est à l’aise que dans l’intrigue et le clinquant, donc dans le superficiel. Sorti de là, c’est le néant absolu. Le tableau paraît sombre, très sombre, mais c’est hélas la réalité et je défie quiconque de trouver des arguments allant à l’encontre de ce jugement.

Le problème est que notre pays qui n’allait déjà pas bien avant l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, se retrouve avec un avenir qui sera dans tous les cas extrêmement douloureux. Certes je veux bien que la crise soit passée par là, crise que d’ailleurs notre président de la République avait voulu ignorer, mais partout ailleurs ou presque on a l’impression que les dirigeants politiques font, ou essaient de faire, ce qu’il faut pour la combattre ou à tout le moins atténuer ses effets les plus nocifs. La preuve, dans les pays voisins des plans de grande ampleur sont mis en place pour aider la population à passer ce cap très difficile. Pas chez nous, comme si nous étions les seuls à avoir raison contre tout le monde.

Pour ma part je pense qu’il y a une autre explication, à savoir que notre président de la République se disperse beaucoup trop. Quel autre chef d’Etat et de gouvernement se promène à travers le monde autant que Nicolas Sarkozy ? Il n’y en a pas. Barack Obama n’a toujours pas quitté son pays depuis son arrivée au pouvoir, et pourtant les Etats-Unis ont un rôle dans le monde autrement plus important que celui de la France. Gordon Brown, Angela Merkel, Jose Luis Zapatero ou même Silvio Berlusconi font à peu près la même chose.

En revanche depuis le début de l’année on ne compte plus les déplacements hors des frontières de Nicolas Sarkozy, au point d’effectuer ces derniers jours un voyage au Moyen-Orient, y compris en Irak, qui pouvait facilement être différé...au moment où les Antilles françaises traversent une crise comme elles n’en ont pas connu depuis des décennies. C’est ce qui s’appelle faire preuve d’une totale irresponsabilité.

 On comprend dans ces conditions que « le pays aux 246 fromages », comme on nous appelle à l’étranger, soit en proie aux sarcasmes de ceux que notre président a traité avec mépris et condescendance ces derniers mois (pendant la présidence française de l’U.E.), n’hésitant à leur faire la leçon et fustigeant l’incompétence de leurs dirigeants. Ils doivent aussi s’amuser des retournements idéologiques de Nicolas Sarkozy qui, il y a quelques mois, promettait d’en finir avec «l’échec de nos politiques publiques depuis trente ans» et qui, à présent, érige en antidote contre la crise l’étatisme hexagonal. En tout cas, en France il ne fait plus rire personne!

Michel Escatafal

16.02.2009

La décision de trop...

de gaulle.jpgS’il y a bien une décision que Nicolas Sarkozy n’aurait pas dû prendre aux yeux des Français, c’est bien celle d’intégrer la France dans les structures militaires de l’OTAN. Pour un peu je dirais même que, dans un domaine qui a priori n’est pas celui que les Français ont l’habitude de discuter, Nicolas Sarkozy a sans doute fait le faux-pas de trop. Oh certes ses erreurs ne se comptent plus sur tous les plans, mais là il s’est attaqué à un symbole sur lequel il y a consensus dans notre pays depuis…1966. Et le fait est suffisamment rare pour être souligné.

Au fond le président de la République n’est d’accord qu’avec lui-même sur ce plan, et si ses courtisans ne lui font pas savoir qu’il s’est trompé, leur manque d’enthousiasme est significatif à part peut-être celui du ministre de la défense Hervé Morin, mais chacun sait que c’est le type même du politicien qui, en aucun cas, ne peut faire valoir ses convictions et les faire partager par quiconque...pour la simple raison qu'il n'en a pas. La famille politique de Nicolas Sarkozy, en revanche, n’est pas la dernière à faire savoir ses réserves sur le sujet, ce qui se conçoit parfaitement venant d’un parti qui garde des références gaullistes même si ces références sont de nos jours plutôt une usurpation.

Cela étant les autres formations politiques n’hésitent pas à parler de trahison, avec des mots parfois très durs comme ceux de François Bayrou qui parle de « défaite pour la France et l’Europe», ou d’une décision « qui rétrécit la politique étrangère française » si l’on en croit Dominique de Villepin. Le Parti Socialiste n’est pas en reste en affirmant son refus de devenir « une Grande-Bretagne-bis », tout comme le Parti Communiste. Bref, c’est l’unanimisme pour condamner une décision prise à la fois avec beaucoup de légèreté et de désinvolture. Pire même pour le chef de l’Etat, au sein même de la population nombreux sont les gens qui affirment que si Nicolas Sarkozy avait été à la place de Jacques Chirac en 2003, « nous serions allés à la guerre en Irak ».

La guerre quelle qu’elle soit reste un sujet extrêmement sensible pour les Français, ne serait-ce que parce que notre pays a payé un lourd tribut pendant les deux guerres mondiales, et le fait d’aller guerroyer quelque part dans le monde heurte nos compatriotes plus violemment que dans nombre de pays. De plus ce ne sont pas les paroles de Nicolas Sarkozy, promettant de conduire un débat public « avec franchise », qui vont faire oublier aux Français cette aversion pour les opérations militaires extérieures, d’autant qu'ils commencent à bien connaître la valeur de la parole présidentielle.

A cela s’ajoute le fait que le président de la République manifeste une fois de plus son ignorance pour l’histoire de notre pays. En effet, il ne faut pas oublier que la décision du général de Gaulle de quitter l’OTAN était une manière pour lui de signifier que la France était redevenue une grande puissance, ce qui flattait l’orgueil national, et lui permettait de recouvrer « le plein exercice de sa souveraineté sur son sol et dans son ciel », ce qui rejoignait une vieille tradition historique liée au refus de la soumission vis à vis de quiconque. Il suffit d’ailleurs de voir la fierté qui avait envahi le pays au moment de la guerre en Irak, à travers le discours de Dominique de Villepin à la tribune des Nations Unies.

Bien entendu Nicolas Sarkozy n’a tenu et ne tiendra aucun compte de ces doutes et remarques…comme le ferait un monarque absolu. Il y aura sans doute un débat à l’Assemblée Nationale, mais pas de vote. Et quand bien même y en aurait-il un, nous connaissons par avance le résultat puisque l’UMP a la majorité à l’Assemblée, et parce que trop rares sont les députés capables de faire valoir leur opposition au président de la République et chef de leur parti. Ah si seulement le général de Gaulle avait pu penser qu’un jour il aurait un personnage comme Nicolas Sarkozy parmi ses successeurs !

En attendant il va falloir encore patienter plus de trois ans, avant de voir se concrétiser un changement que nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter. Il est vrai que la situation se dégrade chaque jour un peu plus et ce, dans tous les domaines. Il suffit de voir la manière dont est gérée la crise qui affecte nos départements d’outre-mer pour se rendre compte de l’incapacité de ce pouvoir à gérer les problèmes. Toutefois, cela n’a rien d’étonnant venant d’un homme qui n’a jamais su maîtriser les multiples conflits qui ont émaillé sa carrière de ministre de l’Intérieur. Rappelons-nous seulement de la crise des banlieues à l’automne 2006. Jusqu’à présent il a toujours bénéficié d’une certaine indulgence de la part de l'opinion publique, avec la complaisance servile de la plupart des médias. Jusqu'à quand?

Michel Escatafal

13.02.2009

On parle de plus en plus de François Bayrou et du MoDem

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais je trouve qu’on parle de plus en plus de François Bayrou dans la presse. Je devrais d’ailleurs dire qu’on est obligé de parler de François Bayrou, preuve si besoin en était que peu à peu son image s’impose dans l’opinion, bien qu’il soit sans cesse brocardé à propos de son petit nombre d’élus et de la maigreur des troupes qui sont autour de lui. A ce propos, et c’est aux militants à le rappeler régulièrement, le Mouvement Démocrate compte environ 70.000 adhérents, ce qui n’est pas si mal. Certes il y a d’autres partis qui se vantent d’en avoir davantage, mais je ne suis pas sûr qu’ils soient tous à jour de leurs cotisations. Certains même affirment sans rire qu’ils veulent doubler le nombre de leurs adhérents, pour atteindre le chiffre de 500.000. Heureusement que le ridicule ne tue plus, n’est-ce-pas M. Bertrand ?

Par ailleurs, est-ce un si grand handicap de n’avoir pas (encore) une cohorte d’élus professionnels qui encombrent les allées de tous les pouvoirs, qu’ils soient locaux, départementaux, régionaux ou nationaux ? Peut-être pas, et en disant cela je pèse mes mots car je suis persuadé que cela peut-être notre grande force dans les années à venir. Le fait que tous les « politicards » aient quitté le mouvement qui, pour la plus grande partie d’entre eux,  les avait faits connaître et leur avait permis de vivre confortablement, n’est sans doute pas aussi rédhibitoire que la presse veut bien le dire pour le MoDem, comme pour son président.

Au contraire, nombre de gens en ont assez de voir toujours les mêmes têtes depuis des années, surtout quand les résultats ne sont pas là. Et ce qui est valable sur le plan national, l’est aussi aux échelons inférieurs. Alors voir des femmes et des hommes nouveaux affronter le suffrage universel, peut être à terme une excellente stratégie de conquête même si je sais bien, pour avoir fait une campagne électorale législative, que la prime au sortant est le meilleur atout pour ce denier. Pour autant, compte tenu de la crise qui s’installe durablement dans le pays, crise que les partis dits de gouvernement n'ont pas vu venir, voir apparaître des candidats « neufs » peut aider à donner une crédibilité à un mouvement qui, rappelons-le, n’a qu’un an d’existence.

Cela se voit d’ailleurs qu’il est jeune ce mouvement, que ses militants ou ses quelques élus sont inexpérimentés en politique, mais pour la quasi totalité d’entre eux ils ont la foi. Or chacun sait que la foi est communicative, si on réussit à la mettre au service d’un projet, d’une manière de gouverner autrement. Oh certes je ne suis pas naïf au point de croire que si le MoDem arrive au faîte du pouvoir tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes, mais je suis convaincu que cela insufflerait un souffle nouveau à notre démocratie.

Aujourd’hui notre parti est en ordre de marche, et il nous reste à concrétiser sur le plan électoral le travail réalisé dans les diverses instances pour se doter de la meilleure organisation possible. Il nous reste à créer des sections là où il n’y en a pas. Il nous reste enfin à être présents au milieu d’une population qui souffre, et à transmettre le message qu’une autre politique est possible. Si nous y parvenons, ne serait-ce que partiellement par rapport à nos ambitions élevées, les électeurs nous feront confiance et ce, dès les élections européennes qui ne sont pas à proprement parler un scrutin national, mais qui seront considérées comme tel au vu des résultats.

Evidemment si l’UMP subit la défaite attendue, on nous expliquera que ces élections ont une portée nationale limitée. En revanche, et qu’on ne s’y trompe pas, si le parti du président fait un score simplement honorable on saura nous dire que les Français ont fait confiance à ceux qui nous gouvernent. Pour ma part c’est une hypothèse inimaginable, tellement ce pouvoir fait preuve d’arrogance et accumule les échecs dans tous les domaines. Je ne crois pas non plus que le Parti Socialiste puisse se refaire une image présentable en si peu de temps, faute d’un véritable leadership dans ses rangs…et de renouvellement de ses élus, toujours les mêmes depuis trois décennies.

Après qui reste-t-il de crédible ? Réponse : le MoDem qui a un projet depuis la campagne 2007, dont la justesse est avérée chaque jour davantage notamment sur les sujets les plus brûlants de l’actualité (déficits abyssaux, efforts sur la recherche et l’enseignement, création de zones franches dans l’Outre-mer, maintien de notre système de santé, liberté de la justice etc .), des compétences, et un leader naturel et incontesté dont le maître mot est « le rassemblement des Français, » et qui souhaite « qu’on nous dise la vérité…car c'est insupportable et insultant pour les citoyens que ce qui est dit un jour soit démenti le lendemain ». Je suis persuadé que les électeurs ont ce besoin de vérité, et cela nous laisse beaucoup d'espoir pour l'avenir.

Michel Escatafal

12.02.2009

Une crise qui n'en finit pas dans les D.O.M.

Quand donc va se terminer ce sinistre feuilleton qui touche les deux départements français des Antilles? Quand le pouvoir en place à Paris va-t-il enfin prendre ses responsabilités, pour améliorer dans ces départements une situation qui ne cesse d’empirer depuis des années ?  Il suffit pour cela de rappeler quelques chiffres qui en disent plus que tout ce que l’on peut entendre à la radio et à la télévision. Rien que pour ce qui concerne la Guadeloupe et la Martinique, leur PNB par habitant se situe respectivement entre 12500 et 15500 dollars contre 37000 en métropole. Ces deux départements ont un taux de chômage oscillant entre 28% en Guadeloupe et 26% en Martinique contre  un peu moins de 9% en France, selon les données officielles.

 

Nous pourrions évidemment continuer longtemps sur les statistiques, et toutes démontreraient que ces départements ont toutes les raisons de se plaindre du traitement qui leur est infligé. L’agriculture par exemple souffre de mille maux, en raison essentiellement d’un renouvellement insuffisant de ses exploitants, sans parler du refus de l’Etat de prendre des mesures spécifiques aux productions de l’Ile, notamment quand celles-ci sont mises en difficulté par la législation européenne comme ce fut le cas pour la production de bananes.

 

Pire même, alors que les Caraïbes ont bénéficié ces dernières années d’un net regain de l’activité touristique, la Guadeloupe et plus encore la Martinique enregistrent  une baisse sensible de la fréquentation, celle-ci étant devenue presqu’exclusivement française, donc insuffisante aux yeux des grandes compagnies comme Accor…qui préfèrent aller s’installer ailleurs en Amérique. Résultat, l’industrie touristique manque cruellement d’hébergements compatibles avec le porte-monnaie des touristes français et étrangers, surtout en période de crise.

 

Alors bien évidemment loin de moi l’idée de dire que tout cela est la faute uniquement de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, car le phénomène ne date pas d’hier. Si j’ai bonne mémoire le retrait d’Accor en Martinique date des années 2002-2003, et cela n’a pas vraiment interpellé les autorités à Paris. Au contraire en 2006, lors d’une visite en Guadeloupe de Dominique de Villepin, alors Premier ministre, les élus locaux ont rappelé à ce dernier que le désengagement de l’Etat s’élevait à 600 millions d’euros depuis 2002. Ce chiffre est considérable dans un département  où le PNB global atteint à peine 5 milliards d’euros, sans compter les sommes dues par l’Etat français au titre des prestations sociales.

 

Cela étant, face à une crise de cette ampleur qui semble se généraliser à l’ensemble de nos départements d’outre-mer, le Président de la République et le gouvernement ont fait preuve à la fois d’amateurisme, une fois de plus, et plus grave d’arrogance aux yeux des populations locales. Que peuvent penser les Guadeloupéens et les Martiniquais d’un président de la République qui, au cours d’une intervention télévisée intervenant au moment où ils subissent une grève générale, n’évoque même pas les problèmes qui affectent leur département ?  Que peuvent-ils penser aussi de voir que l’on accorde très facilement, avec des contreparties a minima, des milliards aux grandes entreprises et aux banques alors que l’Etat se contente pour eux de promesses d’aides …à hauteur de 200 millions d’euros ?

 

Oh certes, il n’est pas question de déverser des millions à fonds perdus à la place des « grandes familles » qui détiennent une bonne partie des richesses de ces îles, mais en revanche ce serait un minimum d’aider ces populations à survivre dans une période encore plus difficile pour elles que pour les habitants de la métropole. Par ailleurs, ces aides accordées par l’Etat pourraient peut-être être un bon prétexte pour mettre à plat certains aspects de l’administration qui ne sont pas étrangers aux problèmes actuels. Oh certes, je sais bien qu’il s’agit là d’un vœu pieux, et que si changement il doit y avoir il n’est pas pour demain…

 

En attendant, le gouvernement a décidé dans un premier temps d’envoyer  deux escadrons de gendarmerie en renfort en Martinique, ce qui fera en tout huit escadrons pour les deux départements. Cela n’effacera pas la cacophonie gouvernementale sur la question d’accorder ou non des exonérations de charges sociales sur la quasi-totalité des salaires (jusqu’à 1,4 ou 1,6 fois le SMIC), comme le réclamait le patronat local…qui en cas de réponse favorable s’exonérait de tout effort. Heureusement, les Guadeloupéens et les Martiniquais ont appris une nouvelle qui a dû les réjouir, à savoir l’arrivée prochaine…d’une délégation parlementaire du Parti Socialiste. Comme si eux aussi n’avaient pas leur part de responsabilité dans cette crise !

 

Michel Escatafal

10.02.2009

Un départ, non plutôt une désertion

Quitterie et F.B..jpgIl y avait quelque temps qu’on ne parlait plus (ou presque) de ceux qui quittent le MoDem, les mauvaises langues affirmant qu’il n’y avait plus personne. Et bien il y avait encore quelqu’un, comme en témoigne le départ  ou plutôt la désertion de Quitterie Delmas. Si je dis cela, moi militant de base du MoDem, c’est parce que cette dame bien connue des adhérents de notre mouvement, a pris une attitude pour le moins surprenante, dans la mesure où elle a refusé d’être candidate éligible pour le MoDem à l’élection européenne. Et bien entendu on va encore dire que si elle a pris cette décision c’est parce qu’elle étouffe dans son parti, mais heureusement elle affirme sans rire  qu’elle « salue le combat de François Bayrou et des adhérents courageux du MoDem ». Ouf !

Pour ma part je ne veux prêter aucune attention à « cette chochotterie », car si cette dame ne se sentait pas bien au MoDem et bien elle n’avait qu’à le quitter sans faire de bruit, surtout avant une échéance aussi importante que les élections européennes. Sur ce plan elle n’aura fait que reproduire ce que  tant d’autres ont fait, avec moins d’élégance il est vrai. Les autres sont « allés à la soupe », alors qu’elle refuse de la goûter. A première vue cela paraît courageux,  d’autant qu’avec ce qui se passe en ce moment dans le pays, la classe politique est de plus en plus déconsidérée. Pourtant je ne vois aucun courage dans cette décision de refuser  une élection au Parlement européen, sous le prétexte de protester contre  le non renouvellement des candidats pour cette élection.

Certes il faut bien reconnaître que parmi les têtes d’affiche régionales de notre mouvement, il  n’y a pas nécessairement de quoi faire rêver les électeurs, mais c’est le lot de tous les partis de faire d’abord confiance aux professionnels  de la politique, ou aux opportunistes bénéficiant d’une notoriété médiatique, alors que tant de jeunes militants à jour de leur cotisation frappent à la porte, et seraient heureux de s’investir dans un mandat de député européen. Ils y apprendraient notamment  comment fonctionne la bureaucratie bruxelloise.  Ils pourraient aussi apporter la preuve que l’on peut  travailler réellement dans un mandat de ce type, en participant activement aux travaux des diverses commissions, et devenir ainsi experts dans des domaines qu’ils ne connaissent pas ou peu.  De plus, cette expérience acquise leur permettrait  d’assurer des formations aux militants de notre mouvement souhaitant s’engager dans la vie politique. Je sais, en disant cela je rêve un peu !

Quitterie Delmas avait cette possibilité et elle l’a refusée. De quoi avait-elle peur alors qu’elle a bénéficié jusque là d’un parcours idéal pour pouvoir peser dans le parti qui était le sien, au contraire de beaucoup de militants tout aussi méritants qu’elle, qui ont simplement eu l’honneur d’être envoyés « au casse pipe » à l’occasion d’élections législatives ou cantonales. Et pourtant ceux-là  ne se sont jamais plaints de leur sort, bien au contraire, alors qu’ils auraient eu le droit de le faire car le combat qu’ils ont engagé était perdu d’avance, sans même avoir la certitude d’être remboursés intégralement de leurs frais de campagne. Certains d’ailleurs en paient encore les conséquences, du moins ceux qui ont eu recours à l’emprunt pour financer leur campagne, malgré l'aide qu'ils ont reçue.

Maintenant il y a peut-être derrière cette démission une autre hypothèse, à savoir que la dame ne se voyait pas aller faire les marchés, haranguer les foules quand il y en a, distribuer les tracts sous la pluie ou la neige, bref tout le travail que doit faire un candidat-militant dans un parti comme le MoDem. Il est plus facile d’écrire des billets sur un blog quand on a la chance de savoir rédiger, et qu’on bénéficie d’un minimum de culture politique et économique, autant d’atouts qui étaient dans la manche de Quitterie Delmas. Dans ce cas, comme je l’ai lu quelque part, il s’agit d’une réflexion sage, mais il n’était pas nécessaire d’étaler ses états d’âme.

Car au fond,  là est tout le problème de ce refus de « candidater », pour parler comme Madame Delmas. Si elle n’était pas connue cela ne prêterait à aucune conséquence. Il y a parmi les têtes de listes de chaque circonscription beaucoup de parfaits inconnus non seulement pour l’électeur lambda, mais aussi pour les militants du MoDem ce qui n'était pas le cas de Quitterie Delmas, beaucoup plus en raison de son engagement auprès des jeunes MoDem que parce qu’elle est la nièce d’un ancien Premier ministre, dont d’ailleurs elle ne porte pas le nom. En attendant on voit fleurir dans la presse et dans les forums de nombreuses remarques désobligeantes sur le MoDem et son président… dont il n’est pas difficile de deviner l’exploitation qui en sera faite. Et si la gentille Quitterie ne l’était pas autant qu’elle paraît l’être ?

Michel Escatafal

09.02.2009

C'est toujours la faute des autres...

Jégo.jpgContrairement à ce que certains pourraient croire je pense que Nicolas Sarkozy restera dans l’histoire. A quelle place ? Plus haute qu’on ne se l’imagine, mais à coup sûr peu glorieuse dans la mesure où, pendant son quinquennat, il se sera davantage comporté comme un monarque absolu que comme un républicain épris de liberté. Il y restera aussi comme le président qui a le plus voyagé dans le monde…pour régler les affaires à l’extérieur de son pays, alors que celui-ci souffre de mille maux dont le moindre n’est pas la paupérisation d’une partie de plus en plus importante de sa population. Enfin, comme je l’ai lu quelque part, il aura aussi une place à part « comme étant le premier président à avoir porté plainte…contre une poupée ».

Après cette plaisanterie facile, revenons aux choses sérieuses pour s’apercevoir que notre président effectuera mardi et mercredi une tournée dans la région du Moyen-Orient, qui l’amènera à Oman, Bahreïn et au Koweit. En revanche, toujours rien de programmé en Guadeloupe. Décidément c’est un département qui ne doit pas avoir un énorme intérêt pour Nicolas Sarkozy, vu qu’il n’a même pas daigné évoquer sa situation au cours de sa dernière intervention télévisée. Pour lui, apparemment, la Guadeloupe est une usine à champions (football, athlétisme, handball etc.) et c’est tout, ou presque. La Martinique doit être dans le même cas.

Cependant pour essayer de régler, enfin, les problèmes liés à la grève générale en Guadeloupe qui dure depuis plusieurs semaines, il a envoyé comme ambassadeur son secrétaire d’Etat Yves Jégo, lequel avait promis de rester là-bas jusqu’à ce que le conflit soit terminé. Toujours les belles phrases de la part de nos ministres ou assimilés… imitant servilement leur maître. Or au moment où les négociations s’engagent sérieusement, notre secrétaire d’Etat décide soudain de  rentrer à Paris, au grand dam des grévistes et des élus de l’île qui n’hésitent pas à parler « de mépris le plus total affiché par le secrétaire d’Etat ». Il y a de quoi effectivement être surpris !

Voyant l’étendue des dégâts provoqués par ce qui est considéré comme une désertion, Yves Jégo annonce sans vergogne que son départ n’est nullement un abandon, et que ce n’est qu’un saut à Paris pour « revenir avec des propositions concrètes ». Et pour faire bonne mesure il ajoute, ce que son maître n’aurait pas renié, qu’il est revenu en métropole « comme ambassadeur des souffrances de la Guadeloupe ». Rien que ça ! Comment peut-on encore faire confiance à de pareils démagogues !

Quand on pense qu’un préfet peut perdre sa place pour n’avoir pas su éviter les sifflets de quelques centaines de manifestants à l’encontre du président de la République, et qu’en revanche ce même président s’exonère, ainsi que ses ministres, de toute responsabilité pour tout ce qui va mal dans le pays, et sur ce plan il y a malheureusement le choix, il y a de quoi être inquiet pour l’avenir. Nous comprenons mieux pourquoi Nicolas Sarkozy passe son temps à dénigrer et à accuser ses prédécesseurs, la crise, les syndicats, l’opposition, la Banque Centrale Européenne, Angela Merkel, les Tchèques etc.

 Cela étant il y a quand même quelque chose de rassurant, à savoir que les Français commencent à réaliser qu’on leur a beaucoup menti…et qu’on continue à le faire. D’ailleurs si l’on en croit certains sondages, il se pourrait bien que certains partis d’opposition fassent un très bon score aux prochaines élections européennes, notamment le MoDem. Plus que les sondages, c’est surtout la virulence des attaques de l’état-major de l’UMP contre François Bayrou qui est venu conforter ce sentiment de plus en plus répandu dans l’opinion, consistant à dire qu’après tout il y a des alternatives à cette manière de gouverner le pays. Et de toutes, je suis persuadé que celle que préconise le MoDem est à coup sûr la meilleure.

Michel Escatafal

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