23.02.2009
Une certaine idée de l'Europe...
L’Union Européenne, et plus particulièrement ses nouveaux pays adhérents, sont en train de vivre un cauchemar au moins aussi important que les rêves les plus fous qu’ils ont pu entretenir en rejoignant l’Union Européenne. Il faut dire qu’ils avaient devant eux les exemples portugais, espagnols et plus encore irlandais, pour qu’ils se bercent d’illusions. Or aujourd’hui, avec la crise financière qui met en péril les économies les plus solides dans le monde, les habitants de ces pays ont l’impression que tout s’effondre comme dans un château de cartes. Adieu les paradis artificiels que l’on avait montés à la hâte, suite à la mort des régimes communistes !
Résultat, ce que l’on appelle la nouvelle Europe, que Donald Rumsfeld traitait en si haute considération en 2003-2004 par rapport aux vieilles nations comme la France, fait face à une crise tellement profonde qu’on se demande comment elle va en sortir. Plus grave, elle est en train de payer au prix fort son désir de vivre sur le modèle anglo-saxon, qui était pour elle le seul susceptible de la faire rêver. La Lituanie, la Pologne, la République Tchèque pour ne citer qu’elles, vivaient dans l’illusion permanente, comme aurait dit Raymond Barre, avec des équilibres financiers extrêmement aléatoires, une économie en surchauffe due essentiellement aux capitaux qui affluaient grâce à une main d’œuvre très bon marché et une fiscalité avantageuse, des monnaies surévaluées, et un endettement des ménages qui s’envolait au point de devenir insupportable pour nombre d’entre eux.
Bref, tous les ingrédients pour qu’aux premiers coups de vents sur la planète économique, je ne dis même pas tempête, la panique s’installe. Cela signifie que, contrairement à ce que l’on veut nous laisser accroire, les problèmes qui affectent cette région ne sont que partiellement provoqués par la crise financière mondiale que l’on connaît, même si celle-ci a aggravé le phénomène. Elle l’a aggravé ne serait-ce qu’aux niveau des investissements en provenance des nations occidentales de l’U.E., mais aussi de l’étranger. Par ailleurs, comme dans le reste du monde, les Bourses se sont effondrées et ces pays se voient contraints d’emprunter des sommes de plus en plus importantes…à des taux prohibitifs, comme c’est le cas pour les entreprises menacées de faillite.
Dans la même logique, les pays qui ne font pas partie de la Zone Euro souffrent en plus d’une monnaie qui s’est fortement dépréciée, ce qui renchérit d’autant les importations et pèse sur les prix libellés en euro. Enfin et surtout, compte tenu de la récession qui frappe l’Europe de l’Ouest , les pays de l’Est européen qui vivent en grande partie des exportations à destination de l’Allemagne, de la France, de l’Italie ou la Grande-Bretagne, voient leur production industrielle chuter jusqu'à des niveaux inédits depuis le milieu des années 1990, ce qui va augmenter dans des proportions considérables le nombre de sans-emplois.
Ces phénomènes apocalyptiques touchent aussi les pays qui appartiennent à la Zone euro (Slovénie et plus encore Slovaquie) ou dont la monnaie est arrimée à la monnaie unique (Pays baltes), dans la mesure où ils sont contraints à un minimum de discipline budgétaire au moment où il faudrait des mesures de relance fortes pour préserver ce qui peut l’être. On se retrouve là dans une situation qui n’est pas sans rappeler celle de pays …comme la France ou l’Italie. Seule éclaircie dans ce tableau bien sombre, qui vaut aussi pour nous, toute dévaluation est soit impossible, pour les pays de la zone euro et assimilés, soit impensable pour ceux qui n’en font pas partie, car cela ruinerait la confiance des investisseurs et des prêteurs…déjà très méfiants.
Alors que faire pour aider ces pays, que l’on a presque forcé à adhérer à l’Union Européenne en leur faisant miroiter monts et merveilles…pour le plus grand profit des grandes multinationales de l’Ouest ? Là est tout le problème, car à l’Ouest la situation n’est guère plus brillante. La Grande-Bretagne, dont une partie non négligeable de son développement dépendait de « la City », voit ses richesses diminuer de manière affolante, alors que l’Allemagne enregistre une chute de ses exportations qui pèse lourdement sur son activité industrielle. Quant à la France inutile d’exposer l’état dans lequel elle se trouve, sinon pour souligner que nous sommes déjà dans une spirale historiquement difficile en matière de déficits et d’endettement publics.
Dans ce cas il est facile de comprendre que, malgré les divers sommets organisés à tour de rôle par les dirigeants européens, les grands pays de l’U.E. ne puissent apporter une aide conséquente à leurs partenaires de l’Est. De fait ces derniers ont l’impression d’être abandonnés à leur triste sort, surtout quand ils voient un pays comme la France, avec son président grand donneur de leçons européennes, s’endetter pour offrir des milliards d’euros à l’industrie automobile française.
En fait on se rend compte aujourd’hui, et plus que jamais, que cette Europe dont on a cru accélérer la construction en la dotant d’une monnaie unique sans consolider ses structures politiques, était vouée à une certaine faillite dès la première épreuve du feu. Pourtant, il y a longtemps que les vrais défenseurs de l’idée européenne prônent une Europe plus intégrée politiquement, plus harmonisée sur le plan fiscal, disposant d’un marché unique euro-obligataire à l’instar de ce qui se fait aux Etats-Unis, bref d’une entité plus fédérale.
Hélas pour cela il aurait fallu que les peuples élisent des dirigeants authentiquement européens, qui n’hésitent pas à sacrifier certaines de leurs prérogatives pour construire cette véritable Europe, dont nous aurions tellement besoin dans les vents mauvais qui secouent de nos jours l’économie mondiale. Cela aurait permis de mettre en place depuis longtemps certaines régulations, dont on mesure aujourd’hui la nécessité pour nos institutions financières. En disant cela il est aisé de comprendre que nous sommes à des années-lumières des déclarations d’intentions ou des rodomontades de Nicolas Sarkozy, mais aussi de ses pairs. Raison de plus pour voter aux élections européennes pour les listes du Mouvement Démocrate, seul parti authentiquement européen.
Michel Escatafal
10:56 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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