10.02.2009

Un départ, non plutôt une désertion

Quitterie et F.B..jpgIl y avait quelque temps qu’on ne parlait plus (ou presque) de ceux qui quittent le MoDem, les mauvaises langues affirmant qu’il n’y avait plus personne. Et bien il y avait encore quelqu’un, comme en témoigne le départ  ou plutôt la désertion de Quitterie Delmas. Si je dis cela, moi militant de base du MoDem, c’est parce que cette dame bien connue des adhérents de notre mouvement, a pris une attitude pour le moins surprenante, dans la mesure où elle a refusé d’être candidate éligible pour le MoDem à l’élection européenne. Et bien entendu on va encore dire que si elle a pris cette décision c’est parce qu’elle étouffe dans son parti, mais heureusement elle affirme sans rire  qu’elle « salue le combat de François Bayrou et des adhérents courageux du MoDem ». Ouf !

Pour ma part je ne veux prêter aucune attention à « cette chochotterie », car si cette dame ne se sentait pas bien au MoDem et bien elle n’avait qu’à le quitter sans faire de bruit, surtout avant une échéance aussi importante que les élections européennes. Sur ce plan elle n’aura fait que reproduire ce que  tant d’autres ont fait, avec moins d’élégance il est vrai. Les autres sont « allés à la soupe », alors qu’elle refuse de la goûter. A première vue cela paraît courageux,  d’autant qu’avec ce qui se passe en ce moment dans le pays, la classe politique est de plus en plus déconsidérée. Pourtant je ne vois aucun courage dans cette décision de refuser  une élection au Parlement européen, sous le prétexte de protester contre  le non renouvellement des candidats pour cette élection.

Certes il faut bien reconnaître que parmi les têtes d’affiche régionales de notre mouvement, il  n’y a pas nécessairement de quoi faire rêver les électeurs, mais c’est le lot de tous les partis de faire d’abord confiance aux professionnels  de la politique, ou aux opportunistes bénéficiant d’une notoriété médiatique, alors que tant de jeunes militants à jour de leur cotisation frappent à la porte, et seraient heureux de s’investir dans un mandat de député européen. Ils y apprendraient notamment  comment fonctionne la bureaucratie bruxelloise.  Ils pourraient aussi apporter la preuve que l’on peut  travailler réellement dans un mandat de ce type, en participant activement aux travaux des diverses commissions, et devenir ainsi experts dans des domaines qu’ils ne connaissent pas ou peu.  De plus, cette expérience acquise leur permettrait  d’assurer des formations aux militants de notre mouvement souhaitant s’engager dans la vie politique. Je sais, en disant cela je rêve un peu !

Quitterie Delmas avait cette possibilité et elle l’a refusée. De quoi avait-elle peur alors qu’elle a bénéficié jusque là d’un parcours idéal pour pouvoir peser dans le parti qui était le sien, au contraire de beaucoup de militants tout aussi méritants qu’elle, qui ont simplement eu l’honneur d’être envoyés « au casse pipe » à l’occasion d’élections législatives ou cantonales. Et pourtant ceux-là  ne se sont jamais plaints de leur sort, bien au contraire, alors qu’ils auraient eu le droit de le faire car le combat qu’ils ont engagé était perdu d’avance, sans même avoir la certitude d’être remboursés intégralement de leurs frais de campagne. Certains d’ailleurs en paient encore les conséquences, du moins ceux qui ont eu recours à l’emprunt pour financer leur campagne, malgré l'aide qu'ils ont reçue.

Maintenant il y a peut-être derrière cette démission une autre hypothèse, à savoir que la dame ne se voyait pas aller faire les marchés, haranguer les foules quand il y en a, distribuer les tracts sous la pluie ou la neige, bref tout le travail que doit faire un candidat-militant dans un parti comme le MoDem. Il est plus facile d’écrire des billets sur un blog quand on a la chance de savoir rédiger, et qu’on bénéficie d’un minimum de culture politique et économique, autant d’atouts qui étaient dans la manche de Quitterie Delmas. Dans ce cas, comme je l’ai lu quelque part, il s’agit d’une réflexion sage, mais il n’était pas nécessaire d’étaler ses états d’âme.

Car au fond,  là est tout le problème de ce refus de « candidater », pour parler comme Madame Delmas. Si elle n’était pas connue cela ne prêterait à aucune conséquence. Il y a parmi les têtes de listes de chaque circonscription beaucoup de parfaits inconnus non seulement pour l’électeur lambda, mais aussi pour les militants du MoDem ce qui n'était pas le cas de Quitterie Delmas, beaucoup plus en raison de son engagement auprès des jeunes MoDem que parce qu’elle est la nièce d’un ancien Premier ministre, dont d’ailleurs elle ne porte pas le nom. En attendant on voit fleurir dans la presse et dans les forums de nombreuses remarques désobligeantes sur le MoDem et son président… dont il n’est pas difficile de deviner l’exploitation qui en sera faite. Et si la gentille Quitterie ne l’était pas autant qu’elle paraît l’être ?

Michel Escatafal

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://michelescatafal.hautetfort.com/trackback/2042449

Commentaires

C'est clair, j'ai beau lire et relire sa déclaration sur son blog, je ne comprends rien à sa démarche

Écrit par : Jerome HUBERT | 10.02.2009

En fait elle n'a pas eu a refuser la place pour être députée européenne vue qu'elle n'était pas choisie, elle a galament fait croire que pour se donner de l'importance.
Voila l'histoire.
Je ne serais pas surpris d'une réaction semblable de la part de Peyrelevade.
A plus Marien

Écrit par : marien | 10.02.2009

Je comprends que l'on se sente trahi, qu'on l'accuse de désertion, mais sa décision est oeuvre de sa conscience et, comme telle, ne peut encourir ce genre de critiques.

Elle avait bien été choisie pour être tête de liste pour les Européennes, même ses adversaires réels le reconnaissent. Elle est partie parce que les circonstances historiques lui ont paru réclamer ce départ. Quand elle dit qu'elle veut être dans le camp de ceux qui, à l'échelon le moindre, vont vivre la période de révolution historique que notre pays et notre planète traversent, je peux témoigner qu'elle est sincère. Et son discours contre les logiques d'appareil est aussi celui qu'elle a tenu pour la campagne de Bayrou, qui alors avait le même. Elle est dans la ligne de ses convictions. Elle n'abandonne en rien l'engagement politique, elle le réenracine. C'est son chemin.

Écrit par : Hervé Torchet | 14.02.2009

C'est vrai qu'on peut ressentir ce départ - ce renoncement - comme une blessure tant emblématique était cette femme dans notre mouvement. Elle a voulu échapper à un certain conformisme, refusant de "rentrer dans le moule" de ce qu'il est convenu de faire (ou de ne pas faire) dès lors qu'on est élu ou qu'on est porteur de responsabilité. Pour qui connait bien cette femme, entière dans ses convictions et indépendante, sa décision n'est pas surprenante. Elle est conforme à elle-même.

Je suis par contre surpris qu'on explique sa décision par une réticence qu'elle aurait eue de faire les marchés, frapper aux portes, distribuer des tracts. C'est mal connaître la militante de tous les combats qu'elle a toujours menés. François Bayrou la portait en très haute estime.

Malgré notre peine, je respecte sa décision et je lui souhaite bonne route. Nous la retrouverons sur les chemins de la liberté.

François VAN DE VILLE

Écrit par : François VAN DE VILLE | 17.02.2009

Écrire un commentaire