31.01.2009
Certaines comparaisons ne sont pas raisonnables

Quelle mouche a donc piqué Alain Duhamel pour vouloir écrire un livre comparant Nicolas Sarkozy…à Napoléon Bonaparte. Il fallait oser et il l’a fait, ce qui a dû faire plaisir à celui des deux qui est vivant et qui, il faut bien le dire, trouve à cette occasion une forme de consécration qu’il n’attendait pas. Pourtant il me semble qu’Alain Duhamel ne s’était pas prononcé pour Nicolas Sarkozy à la dernière élection présidentielle, ce qui l’avait obligé à mettre entre parenthèses ses rubriques matinales sur une chaîne de radio. En effet, à l’époque il avait admis sa préférence pour François Bayrou, ce qu’évidemment je ne risquais pas de lui reprocher. D’ailleurs je ne lui reproche pas d’avoir écrit ce livre. Non ce qui me navre, c’est qu’à travers cet ouvrage il va faire une publicité inespérée pour l’homme qui est aujourd’hui à l’Elysée.
Alors que celui-ci bénéficie déjà d’un temps de parole incomparablement supérieur à celui de ses opposants, depuis quelques jours sur toutes antennes et dans tous les journaux on ne parle que de ce livre qui s’appelle « la marche consulaire ». J’en ai déjà lu plusieurs extraits, et pour ma part je ne l’achèterai pas car d’une part il ne m’apprend rien ou si peu sur le plan de l’histoire, et d’autre part je pense qu’il n’est pas raisonnable de comparer deux hommes aussi dissemblables que peuvent l’être Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy, même si ça et là on peut toujours trouver des ressemblances comme par exemple la taille. Et encore, même sur ce plan il y a matière à discussion car, contrairement à une idée répandue, Napoléon Bonaparte n’était pas si petit pour son époque puisqu’il se situait dans la moyenne des Français, ce qui est loin d’être le cas de Nicolas Sarkozy.
Si l’on devait trouver une autre réelle similitude dans le comportement des deux hommes, ce serait qu’ils sont ou ont été l’un et l’autre d’habiles propagandistes comme on disait à l’époque de Napoléon. Aujourd’hui on parle plutôt de communication, parce que propagande ça fait quelque peu dictature, et même si nos libertés sont attaquées nous ne vivons pas dans une dictature. Si les Français veulent bien ouvrir les yeux en 2012, on chassera Nicolas Sarkozy du pouvoir même si, comme je l’ai souvent dit, ce sera très, très difficile compte tenu des moyens de pression dont disposera Nicolas Sarkozy, notamment à travers la presse détenue par les puissances d’argent.
En fait pour ce qui me concerne, je pense que la meilleure comparaison que l’on puisse trouver sur le plan historique est celle qui peut être faite avec …un autre Bonaparte, Louis-Napoléon. Et comme c’est curieux, rares sont les chroniqueurs qui font cette comparaison. Celle-ci s’exprime en effet tout particulièrement dans les discours et dans la manière de gouverner. Dans les discours à travers la perception que les deux hommes ont de la façon de manipuler le peuple, comme si Louis-Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy avaient appris leur métier de la même personne, en l’occurrence la reine Hortense, mère de Louis-Napoléon Bonaparte et épouse de Louis roi de Hollande, dont j’ai déjà parlé plusieurs fois sur ce site.
C’est elle qui a fait germer l’ambition pour son fils de devenir un jour le maître de la France en rétablissant l’Empire. Ainsi avec une opiniâtreté qui secondait l’entêtement de son caractère, Louis-Napoléon Bonaparte se mit à poursuivre la réalisation des espérances dont sa mère le berçait. Totalement indifférent au choix des moyens, il ne regardait que le but offert à ses convoitises, et il se croyait certain de l’atteindre. Il paraît même qui si on le contredisait sur ce point, il s’emportait jusqu’à l’éclat au point que sa sœur de lait, Madame Cornu, affirmait « que sa violence ne connaissait plus de bornes ». Est-ce que cela ne nous rappelle pas quelqu’un ?
Il en est de même pour les accents populistes dont étaient abreuvées les brochures que publiait Louis-Napoléon Bonaparte à l’époque où il était prisonnier à Ham (suite à l’échauffourée de Boulogne en 1840), et où étaient professées les idées socialistes les plus hardies. Son livre sur l’Extinction du paupérisme contient des idées préparant à une véritable révolution sociale. On y lit des phrases comme celle-ci : « Il est naturel, dans le malheur, de songer à ceux qui souffrent. La classe ouvrière ne possède rien : il faut la rendre propriétaire ». A croire que Guaino, la plume de Nicolas Sarkozy, s’est inspiré de ce livre en ajoutant des références à Jaurès ou Blum qui n’étaient pas nés à l’époque.
Dans les attitudes aussi on trouve nombre de points communs entre les deux présidents de la République, Louis-Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy. Le goût notamment des déplacements en province, dont on disait entre 1849 et 1851 qu’ils étaient « un moyen d’étudier l’esprit des populations ». Cela permettait aussi de multiplier les déclarations rassurantes, comme à Cherbourg par exemple, où parlant du commerce et de l’industrie il n’hésita pas à dire : « ces résultats tant désirés ne s’obtiendront que si vous me donnez les moyens de les accomplir ». Je suis persuadé que plus on approchera de 2012, et plus on entendra cette rhétorique.
Les deux hommes ont aussi en commun des thuriféraires bruyants, qui n’hésitent pas fustiger tout opposant ayant l’idée d’égratigner quelque peu le prince qui gouverne. Ils s’appellent de nos jours Nadine Morano ou Frédéric Lefevre, ils s’appelaient Anatole Bartholoni , Pierre Baroche ou Eugène Rouher, ce dernier n’hésitant pas à affirmer en 1869 : «qu’aucun gouvernement n’a donné plus de liberté que celui de Napoléon III ». De l’audace, toujours de l’audace !
Enfin je terminerai en évoquant un fait très grave, qui n’est pas sans rappeler quelques aspects parmi les plus sombres du Second Empire, même si la situation n’est évidemment pas comparable. Cela dit, la mise hors cadre et la mutation du préfet de la Manche témoigne quand même des dérives monarchiques du pouvoir. Qu’a donc fait de si coupable ce Préfet pour subir pareille sanction? Il n’a pu empêcher une manifestation républicaine lors d’un déplacement du président de la République à Saint-Lô le 12 janvier qui, à l’occasion, s’est fait copieusement sifflé. Que pouvait faire le Préfet ? Rien, sous peine de porter une atteinte grave aux libertés, comme l’a souligné notamment François Bayrou ces derniers jours. Alors que veut Nicolas Sarkozy ? On n’est quand même plus à l’époque du délit de conversation, ni à celle de l’interdiction du droit de réunion y compris à l’occasion de la venue du chef de l’Etat.
En résumé, je maintiens que la comparaison faite par Alain Duhamel entre Napoléon Bonaparte et Nicolas Sarkozy n’a pas de fondement historique. Je maintiens aussi que celle avec le neveu de Napoléon Ier est beaucoup plus proche de la réalité avec une interrogation : comment Victor Hugo appellerait-il Nicolas Sarkozy, sachant qu’il avait surnommé l’homme du 2 décembre 1851 « Napoléon le Petit ». Napoléon le Tout Petit ? En tout cas il est dommage qu’une personnalité comme le grand écrivain n’émerge pas dans la littérature française d’aujourd’hui. Cela ferait tellement de bien à notre démocratie chancelante.
Michel Escatafal
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29.01.2009
Il y a une grève aujourd'hui et on va s'en apercevoir...mais J.F. Copé est vivant!
Aujourd’hui est une journée spéciale dans notre pays avec un mouvement social qui semble d’une grande ampleur, et le moins que l’on puisse dire est que les gens vont s’apercevoir qu’il y a une grève dans notre pays, n’est-ce-pas Monsieur Sarkozy ? Qui plus est cette grève ne peut pas être qualifiée de catégorielle par le pouvoir, venant de fonctionnaires essayant coûte que coûte de préserver « les avantages acquis ». Non c’est un refrain que l’UMP ne pourra pas entonner, car il y aura dans la rue des profs, des magasiniers, des juges, des ouvriers travaillant à la chaîne, des employés de banque, des conducteurs de trains, des personnels de santé, des paysans, des chômeurs, des retraités etc. Et tous ces gens vont participer à des manifestations dirigées à la fois contre les décisions du gouvernement et du patronat face à la crise économique, mais aussi contre les réformes en cours et à venir mises en place pour restreindre les libertés, et organiser la démolition des services publics.
Voilà pour la grève et c’est déjà beaucoup, mais j’ai oublié de dire que ce matin je n’ai pas pu malheureusement écouter les informations sur France-Culture à 7h, en raison de l’arrêt de travail des personnels de Radio France. Et comme il n’était pas question que je tourne le bouton pour écouter Europe 1, chaîne appartenant à Arnaud Lagardère « le frère » de Nicolas Sarkozy, j’ai dû me rabattre sur les sites internet des journaux français…pour savoir si Jean-François Copé était mort. Celui-ci en effet avait affirmé il y a quelques jours : « Moi vivant, il n’y aura pas d’augmentation de la redevance télé ». Et bien, la redevance audiovisuelle va passer de 116 à 118 euros en 2009, puis 120 euros en 2010, mais Jean-François Copé ne s’est pas fait hara-kiri. Ouf, la raison l’a emporté sur les convictions. Heureusement que le ridicule ne tue plus !
Et dire que c’est lui qui serait en première ligne pour l’UMP…en vue de l’élection présidentielle de 2017. Voilà qui promet ! En tout cas la palme de la naïveté revient aux pathétiques députés du Nouveau Centre qui, si j’en crois leur président de groupe le triste François Sauvadet, sont déçus de voir que les quelques amendements qu’ils proposent « sont requalifiés par l’UMP ». Mais ils s’imaginaient quoi ces pauvres clowns de la politique ? Ils ne croyaient quand même pas qu’ils allaient pouvoir exister au milieu des troupes UMP. Et dire que si François Bayrou avait été élu président de la République, nous aurions eu des Morin, des Leroy, des Sauvadet ou des Cavada au gouvernement ! Pour ma part je suis content qu’ils soient tous partis, car ils n’ont rien à faire au MoDem.
Parmi les autres informations que j’ai relevées sur les sites web des journaux, il y a le report à plus tard des chiffres du chômage de décembre. La grève a bon dos décidément, tout comme la crise. Mon petit doigt me dit que les chiffres sont très mauvais, et certainement beaucoup plus mauvais qu’on ne va l’avouer. On va nous affirmer la main sur le cœur que ce n’est nullement la faute de nos gouvernants si le chômage remonte, et je parie même qu’on nous dira qu’on a de la chance d’avoir Nicolas Sarkozy et son équipe aux affaires car, grâce aux mesures qu’ils ont prises, ce pourrait être pire. Raison de plus pour poursuivre les réformes…et notamment celles relatives au droit du travail, comme le réclame le Medef. La dernière phrase évidemment c’est moi qui l’ajoute, car pour le reste il suffit de lire la déclaration du porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a savoir qu’hier en conseil des ministres le chef de l’Etat s’est à nouveau montré « déterminé dans sa volonté de poursuivre les réformes qui ont été engagées ».
Là aussi cela promet, encore que…la réforme des lycées ait prouvé que le courage de Nicolas Sarkozy s’arrête à la témérité, voire même avant, et ce sera peut-être le principal mérite de cette grève. Il faut effectivement se méfier plus que tout d’une fièvre collective qui précède souvent les déchaînements de violence, une fièvre qui rend les foules aveugles au point de leur faire voir tout en noir, y compris là où il y a du blanc. A force de mentir, de dissimuler les difficultés, de brocarder tous ceux qui osent se poser des questions sur l’état réel dans lequel se trouve le pays, le président de la République et son gouvernement ont non seulement perdu toute crédibilité, mais déclenchent chez les citoyens des réflexes d’autodéfense dont nul ne peut dire jusqu’où ils peuvent aller. Espérons, sans trop y croire hélas, que le chef de l’Etat comprendra la signification du mouvement d’aujourd’hui, sous peine de voir notre pays être confronté à des lendemains qui déchantent surtout pour ceux, chaque jour plus nombreux, qui souffrent des effets de sa politique économique et sociale.
Michel Escatafal
10:05 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
27.01.2009
Un peuple soumis à un homme descend toujours vers l'abîme
Rien n’est plus dangereux pour les libertés qu’un pouvoir solitaire...et aux abois. Et force est de constater que notre pays est dans une situation qui se dégrade à une vitesse que personne n’aurait imaginé il y a seulement quelques mois, et pas uniquement par la faute de la crise. Et pourtant cette dégradation était parfaitement prévisible…parce que notre pays n’a pas de gouvernement pour conduire les affaires du pays. En effet qui gouverne depuis le mois de mai 2007 ? Le président de la République aidé par ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent. Et le gouvernement me direz-vous ? Et bien il n’y a pas réellement de gouvernement digne d’un pays démocratique. D’ailleurs Nicolas Sarkozy lui-même n’a-t-il pas traité un jour son Premier Ministre de collaborateur ?
Voilà où nous en sommes aujourd’hui après un an et demi de pouvoir personnel exercé par Nicolas Sarkozy. Cela étant, il fallait quand même se douter qu’avec un homme comme lui le pire était certain, au bout d’une élection qu’il ne pouvait pas perdre tellement elle paraissait inscrite dans les faits. Oh certes les Français ont leur part de responsabilité dans cette élection, mais le pouvoir des médias est devenu tel de nos jours qu’il est presque impossible d’aller à l’encontre de leurs désidératas. Certes le phénomène n’est pas nouveau, mais en fait le pouvoir de la presse au service d’un seul homme a remplacé la propagande telle qu’elle existe dans les pays non démocratiques.
A cela s’ajoute la personnalité même du président de la République, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il exerce ses fonctions dans son seul intérêt et celui de ses amis. Cela le conduit à prendre des mesures qui lui permettent d’assoir sa main mise sur l’Etat, mais aussi à faire en sorte que sur tous les sujets il y ait opposition entre les Français. Cela a commencé par l’opposition entre ceux qui avaient un travail et ceux qui n’en avaient pas. Ensuite ce fut l’affaire des régimes spéciaux, à propos desquels le Premier ministre affirmait sans rire « que c’était l’injustice la plus criante ». Ensuite ce fut le débat sur la fonction publique où on a taillé des croupières aux fonctionnaires…pour mieux faire passer les milliers de suppressions d’emplois inscrits dans le budget. Puis ce fut le débat sur les grèves, notamment dans les transports.
Bref, tout était bon pour faire en sorte que les Français soient divisés, alors que le rôle du président de la République est précisément de les rassembler. Jamais un président de la République n’avait stigmatisé à ce point les travailleurs d’une grande entreprise nationale pour les livrer à la vindicte populaire, comme l’a fait Nicolas Sarkozy au moment des grèves à la SNCF fin 2007, et dernièrement avec l’affaire de la fermeture de la gare Saint-Lazare le 13 janvier dernier. A ce propos il faut se rappeler la manière dont Nicolas Sarkozy s’était moqué des organisations syndicales quand il avait dit sous forme de boutade indigne de sa fonction : « Maintenant quand il y a une grève à la SNCF, personne ne s’en aperçoit ». Et bien le 13 janvier c’était pour le moins raté.
Si je rappelle cet épisode peu glorieux pour Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il avait cru malin de faire quelques bons mots début juillet 2008…au congrès national de l’UMP, auquel bien entendu il participait. Si cela lui avait permis à bon marché de déclencher les rires et applaudissements de ses courtisans, cela montrait aussi que la voie était libre à la mise sous tutelle des plus élémentaires libertés démocratiques. D’ailleurs pour lui comme pour ses amis de l’UMP, ceux qui osent contester cette dérive sont des mauvais Français qui devraient plutôt se mettre au travail, comme je l’ai entendu dire sous une autre forme ce matin sur France-Inter par le ministre du budget, Eric Woerth. Celui-ci, en effet, considérait dans sa grande sagesse, que « les Français feraient mieux de se retrousser les manches plutôt que faire grève ».
Le pauvre homme ne s’est même pas rendu compte qu’il disait une énorme ânerie, et il a fallu que ce soit la journaliste qui lui tendait le micro qui lui fasse remarquer que le chômeur qui venait de perdre son emploi, en raison des licenciements massifs dans les entreprises, préfèrerait se « retrousser les manches » plutôt que d’aller pointer à l’ANPE. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’impéritie de cette équipe gouvernementale, qui peut aussi compter sur le renfort de quelques « sarkolâtres » en mal de portefeuille ministériel comme Frédéric Lefèvre, lequel se répand en discours menaçants contre les grévistes. En clair pour Frédéric Lefèvre et ses amis UMP, le droit de grève doit être inscrit dans la constitution, mais il faut faire en sorte que l’on ne puisse pas s’en servir.
Cependant le pouvoir oublie une chose, à savoir la désespérance des gens, et ce d’autant plus que beaucoup d’entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy. Ils pensaient naïvement que ce dernier tiendrait au moins quelques promesses parmi toutes celles qu’il avait faites. Or les gens s’aperçoivent qu’en fait les seules promesses qu’il ait tenues à ce jour vont toujours dans le sens de donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup. Ils voient aussi que s’ils manifestent leurs déceptions on leur répond par la provocation, ce qui a le don d’irriter non seulement les irréductibles opposants mais aussi ceux qui, sans se préoccuper de faire de la politique, estiment qu’ils n’ont plus rien à faire d’autre qu’exprimer leur désarroi dans la rue. C’est pour cette raison que je pense que le Parti socialiste a bien fait de déposer une motion de censure, et que François Bayrou a eu raison de la voter parce que selon lui, mais il n’est pas le seul : « Il y a des moments et des situations où il faut dire haut et fort que ça ne va pas ».
Michel Escatafal
19:18 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
26.01.2009
Temps de parole : bla bla
J’ai entendu ce matin sur France-Inter que l’on allait décompter désormais le temps de parole des différents partis politiques sur les chaînes de radio. Et apparemment certains journalistes commencent à renâcler à cette idée, d’autant que les règles instaurées par le CSA n’ont jamais été appliquées. En gros, jusqu’à présent, on appliquait une règle simple à savoir 50% du temps de parole pour la majorité et 50% pour l’opposition, ce qui au fond donnait satisfaction à tout le monde ou presque, en tout cas ne suscitait pas de grosses polémiques.
Aujourd’hui le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel), qui doit trouver qu’il ne sert pas à grand-chose, veut imposer ce qu’il appelle le respect strict de l’équilibre du temps de parole pour les hommes politiques qui, si j’ai bien compris, va permettre à l’UMP d’avoir un tiers de ce temps de parole sur les antennes de radio et télé, au gouvernement d’avoir un autre tiers, le tiers restant revenant à l’opposition, à toutes les oppositions. A ce propos il faut rappeler que cette règle non suivie date quand même de… 1986, comme quoi il faut toujours se méfier quand on adopte des textes de loi qui touchent à certaines libertés.
De plus, comme avec Nicolas Sarkozy le pire est presque toujours sûr, le CSA considère que le temps d’antenne lié à l’actualité et aux interventions du Président de la République ne fait pas partie du quota de la majorité, ce qui est à la fois inique et profondément antidémocratique. Cela l’est d’autant plus que par rapport à ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy est omniprésent à la radio et plus encore à la télévision, et que par ailleurs il est le véritable chef du parti majoritaire. Combien de temps les Français vont-ils encore supporter cette atteinte à la liberté de l’information ?
Certes en ce moment il y a la crise économique et son cortège de mauvaises nouvelles, sur le front de l’emploi et du pouvoir d’achat, qui accaparent leurs pensées, mais si l’on n’y prend pas garde en quelques années on aura mis à mal toutes les institutions démocratiques qui auront été mises en place au fil du temps dans ce pays. Décidément cette crise a bon dos, et si elle nous a préservé de certains maux comme la mise en place de fonds de pension à la place de la retraite par répartition ou des crédits hypothécaires à la mode américaine, mais aussi de la privatisation accéléré des quelques services publics qui nous restent, elle risque aussi de permettre au pouvoir actuel de renforcer sa main mise sur l’Etat dans des proportions que personne n’osait imaginer. C’est hélas souvent le cas en période de crise, l’histoire est là pour le démontrer, mais ce n’est pas une excuse !
En tout cas pour en revenir au CSA, on peut bien se demander une fois encore pourquoi cet organisme, censé surveiller la vie démocratique du paysage audiovisuel, s’est cru obligé de pratiquer à l’égard du pouvoir l’encens de la soumission totale. Quel contraste avec ce qui passe par exemple en Grande-Bretagne, où pourtant la crise qui affecte ce pays est plus dure encore que celle qui sévit chez nous, compte tenu du contexte économique particulier de ce pays avec une part importante de l’ingénierie financière dans la richesse produite. Mais en Grande-Bretagne on n’a jamais vu le peuple se laisser asservir, et les gouvernements y ont toujours respecté globalement la loi et la foi jurée.
Cela dit que Nicolas Sarkozy ne se fasse pas trop d’illusions, car si l’opposition voit ses temps de paroles diminuer, cela ne pourra que décupler l’envie de ceux qui travaillent pour elle de rétablir la vérité. Il se trouvera toujours des plumes prêtes à s’enflammer pour des causes comme la justice ou le droit. Il se trouvera aussi de plus en plus de militants prêts à aller aux batailles électorales pour faire triompher les libertés démocratiques, et préserver les droits sociaux qui ont fait la grandeur de notre pays en des temps plus difficiles encore.
Michel Escatafal
18:52 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
24.01.2009
Rachida Dati va quitter son ministère...
Depuis que Nicolas Sarkozy est président de la République on est habitué à toutes sortes d’informations qui n’ont pas forcément trait à la politique. Pourtant il y en a une cette semaine dont on parle plus que de toutes les autres, à savoir l’éviction du gouvernement de Rachida Dati. Certes on va me dire qu’elle va être quand même député européenne, ce qui est mieux qu’un lot de consolation, qu’elle va bien évidemment conserver son mandat de maire d’arrondissement à Paris, qu’elle aura aussi je crois des fonctions à l’UMP, mais le fait est là : elle ne sera plus ministre. Pourquoi ? A-t-elle oui ou non démérité dans ses fonctions ? Son départ du gouvernement est-il une nécessité alors qu’elle représentait « la diversité », terme à mon avis plutôt péjoratif ? Voilà les questions que l’on est en droit de se poser à propos de Rachida Dati qui figure, nous dit-on, parmi les ministres populaires du gouvernement, surtout après la naissance de sa fille.
Je ne sais pas pour ma part si elle est vraiment populaire, mais ce que tout le monde sait c’est qu’elle est sans doute le membre du gouvernement dont on parle le plus depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et ce dernier n’y est pas pour rien à travers ses propos à la fois louangeurs et agaçants à propos de sa ministre, en soulignant sans cesse que cette femme issue de l’immigration est un symbole pour notre pays, ce que pour ma part je trouve choquant. Même Georges Bush ne parlait pas de cette manière de Condoleeza Rice. Quand il en parlait c’était pour souligner sa grande culture et ses capacités.
Cela étant si on parle beaucoup d’elle ce n’est pas uniquement à Nicolas Sarkozy qu’elle le doit, car elle y a mis beaucoup du sien au point de faire la une de tous les journaux people…quitte à faire de l’ombre à son mentor. Pour autant la vraie question est de savoir si elle a ou non démérité dans ses fonctions. Je ne parlerai pas ici des problèmes relationnels qu’elle a pu avoir avec ses principaux collaborateurs, témoignage sans doute d’une incapacité chronique à former et à maintenir autour d’elle une équipe soudée, élément pourtant très important dans un ministère comme le sien. Je n’insisterai pas non plus sur la manière peu sympathique avec laquelle elle s’est adressée aux personnels du monde judiciaire. Non, tout cela finalement représente peu de choses à coté de ce qui a été fait à la Chancellerie depuis un an et demi.
En effet, pendant ce laps de temps, tout ce qui a pu être fait lui a été imposé par le président de la République. On peut même dire qu’elle n’a fait qu’appliquer fidèlement toutes les décisions prises par son chef, sans aucun état d’âme et je dirais même parfois avec courage. Il en fallait quand même un peu pour réformer de cette manière la carte judiciaire, réforme faite il faut bien le dire à la hache…ce qui, dans un premier temps, a beaucoup réjoui Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’elle a donné l’impression d’être (presque) prête à mourir pour faire plaisir à son protecteur ce qui, par parenthèse, explique en partie cet autoritarisme que tout le monde lui reproche aujourd’hui, ou ce manque de concertation qui a déclenché des tempêtes de protestations…qui ont fini par faire peur à son grand chef. Bref elle a fait trop de zèle et maintenant elle en paie le prix.
Et pourtant, elle n’a pas hésité à revenir travailler quelques jours après avoir eu son bébé, ce qui a suscité la polémique y compris dans les rangs de la majorité, mais tout cela aura été insuffisant pour sauver sa place et éviter la disgrâce car, pour elle comme pour tout le monde, elle a été sacrifiée sur l’autel de la politique politicienne. En effet, si comme le soulignent de nombreux magistrats elle n’a fait qu’appliquer les consignes et les décisions prises à l’Elysée, son départ ne changera rien aux problèmes de plus en plus aigus que rencontre la justice dans notre pays. Par ailleurs, si les élections européennes servent à recaser des ministres sur le départ, c’est faire bien peu de cas de ces élections. Mais qui en doutait ? Cela dit l’UMP n’est, hélas, pas le seul parti à agir ainsi.
Un dernier mot enfin à propos de l’UMP, pour regretter encore une fois que Nicolas Sarkozy soit d’abord le président de l’UMP. Théoriquement le président de la République est le président de tous les Français, mais apparemment avec Nicolas Sarkozy ce n’est pas vraiment le cas. Certes personne ne lui demande d’être complètement neutre, y compris dans des élections comme celle-là, mais de là à lancer la campagne de son parti, il y a un pas qui ne devrait pas être franchi. Je suis quand même étonné que personne ne souligne avec force cet état de fait, à moins que tout simplement on ne s’habitue…ce qui est impensable dans les démocraties qui nous entourent.
Et cela me fait penser à ce qui se passait sous le Second Empire. J’ai en effet découvert dans le livre d’Hippolyte Magen, Histoire du Second Empire (1848-70), une curieuse lettre que la reine Victoria écrivit à Napoléon III après sa visite à la famille impériale en novembre 1855, où elle exprimait sa pensée sur le fonctionnement de la politique en France à l’époque : « Votre Majesté a sur moi de grands avantages dans la manière dont elle peut conduire sa politique et mener ses négociations. Personne ne peut vous demander compte de vos actes ; vous pouvez cacher vos intentions à tout le monde, vous servir de l’homme ou de la forme qui vous plaît pour en assurer la mise à exécution. En toute circonstance, vous pouvez revenir sur vos décisions et, par un geste ou une parole, imprimer aux affaires publiques une direction nouvelle, si ce changement vous semble présenter un avantage quelconque ».
Ensuite la reine d’Angleterre poursuit : « Quant à moi au contraire, je suis liée par des règles et des usages. Il ne m’appartient pas de dire le dernier mot en toutes choses. Il me faut suivre les conseils de mes ministres, et ces ministres, responsables envers le pays, sont tenus de s’entendre sur une ligne de conduite dont la justice et l’utilité devront être inattaquables. En outre, il faut que cette politique puisse être expliquée et soutenue par le Parlement de telle façon que la nation entière comprenne qu’elle est l’expression des véritables intérêts du pays ».
Enfin Victoria concluait en disant : « Cependant la médaille a un revers, et en le considérant je m’aperçois d’un avantage que j’ai sur Votre Majesté. En suivant une politique exclusivement personnelle, vous courrez le risque d’agir un jour sans l’appui de la nation (...) tandis que moi je puis laisser se développer librement toutes les conséquences de ma politique, car je suis certaine de l’appui ferme de la nation qui, ayant eu sa part dans la préparation de cette politique, ne craint pas de s’y identifier ». Sages paroles !
Michel Escatafal
09:34 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.01.2009
La crise se prolonge, et le gouvernement en rajoute...
Décidément dans notre pays on marche sur la tête. Je suis en effet stupéfait de voir ce spectacle qu’offrent le gouvernement et les médias sur des questions véritablement sans importance, et parmi elles la question des bonus sur les rémunérations des dirigeants des banques. Sur cette question le président de la République et sa ministre des Finances en font tellement des tonnes que cela en devient suspect aux yeux de bon nombre de Français. Et effectivement il y a de quoi s’interroger, car le vrai problème qui se pose aujourd’hui est de savoir si le système financier sera capable de rétablir la confiance des consommateurs et des investisseurs sur les quels repose la reprise économique.
Jusqu’à ces derniers mois, le travail avait été fait par les banques centrales qui avaient inondé le marché en liquidités afin d’assurer le financement journalier des banques. De même on a abaissé graduellement les taux d’intérêt, d’abord aux Etats-Unis, puis en Grande-Bretagne et au Japon, et enfin en Europe. La Banque Centrale Européenne en outre a également assoupli ses conditions d’éligibilité de titres et la durée des échéances de ses prêts. J’insiste sur cela, car dans notre pays on se contente toujours de parler de parler de baisse des taux, comme si c’était le seul moyen d’agir pour une banque centrale.
Cela dit tous ces dispositifs se sont révélés insuffisants pour rétablir la confiance et ce, parce que la crise était bien plus profonde qu’on ne l’imaginait, et même sans doute qu’on ne l’imagine encore. Il fallait donc aller plus loin que de simples interventions des autorités monétaires, ce qui signifie que les Etats devaient prendre le relais. Ils ont donc commencé un par un à accorder des garanties sur les placements des déposants, ce qui était nécessaire afin surtout que les déposants ne retirent leurs avoirs, même si le risque n’était pas aussi grand qu’on voulait bien le dire. En effet, où la quasi totalité d'entre eux auraient-ils mis leurs économies, du moins pour ceux qui en avaient ?
Malgré tout cette décision des autorités gouvernementales était nécessaire, et d’ailleurs elle s’est avérée utile dans la mesure où les épargnants et détenteurs de compte se sentant protégés, plus personne n’a pensé à faire quoi que ce soit même si l’on entendait dire ponctuellement que tel établissement financier avait perdu un nombre conséquent de milliards d’euros. En tout cas l’effet psychologique avait joué à plein, et c’est heureux car le montant des garanties potentielles atteignait des montants parfois extravagants. Mais je le rappelle c’étaient des montants virtuels, ce que les journaux ne soulignaient pas suffisamment, ce qui laissait croire aux gens que l’Etat (en faillite d’après François Fillon) avait trouvé d’un coup de baguette magique 360 milliards d’euros qu’on allait donner aux banques. En réalité on n’a rien donné à proprement parler. En France par exemple, l’Etat a mis à disposition des banques de l’argent sous forme de titres assimilés à des actions préférentielles, qui ont le mérite de rentrer dans les fonds propres.
Et c’est à ce propos que l’Elysée et le gouvernement font « leur cinéma » sur les bonus, comme ils vont le faire avec les constructeurs automobiles. Mais comme je l’ai dit précédemment, et d’ailleurs Dominique de Villepin l’a rappelé hier sur RMC, le problème n’est pas tant dans la renonciation aux bonus qui va de soi, mais surtout dans le fait que les banques doivent absolument jouer de nouveau leur rôle dans l’économie, à savoir accorder des prêts aux entreprises sur des critères objectifs, ce qui n’a pas toujours été le cas auparavant, afin d’enrayer au plus vite la spirale de la récession. Dit autrement, les banques en contrepartie des aides accordées ne doivent pas prêter qu’aux riches et au prix de garanties extravagantes, d’autant qu’une partie des prêts qui pourraient être accordés le sont avec une garantie OSEO, organisme dépendant de l’Etat pour le soutien à l’innovation et le développement des entreprises.
Voilà le véritable enjeu des conditions exigées par l’aide au secteur bancaire par l’Etat, avec quand même le risque que cela ne soit pas suffisant pour faire redémarrer l’économie. Certains en effet s’imaginent qu’il n’y a qu’à…Il ne faut quand même pas oublier que nombre d’emprunteurs sont déjà extrêmement fragilisés et que, par conséquent, les banques doivent prendre en compte ce risque qui va se traduire par des conditions plus sévères… pour maintenir les marges. Sans marges, les banques ne pourront pas poursuivre leur assainissement ce qui obligera de nouveau l’Etat à intervenir une nouvelle fois, ce qui ne signifie pas pour autant que les banques « pour se refaire » doivent « plumer les clients » pour parler vulgairement, et notamment les plus faibles d’entre eux.
En résumé, nous voyons bien à travers ces questions que Nicolas Sarkozy et son gouvernement jettent un écran de fumée sur des problèmes qui méritent beaucoup mieux que de la communication. Hélas c’est l’habitude depuis un an et demi, et au lieu de jouer les apprentis sorciers nos gouvernants feraient mieux d’être davantage à l’écoute de ceux qui sont sur le terrain et qui se battent et travaillent pour sauver leurs entreprises. Ils feraient mieux aussi de cesser de diviser l’opinion sur des sujets comme ceux qui sont débattus ces derniers temps au Parlement (l’école, la justice, les médias, le fonctionnement de l’Assemblée…) qui donnent l’impression que la France est en train de devenir « une monocratie », comme l’a dit si bien dit Robert Badinter. Et pourtant c’est moins que jamais le moment !
Michel Escatafal
10:37 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
20.01.2009
Barack Obama : des attentes sans doute exagérées
De quoi allons-nous parler ce matin, ou plutôt de qui ? Barack Obama bien sûr, mais pas pour décrire sa vie ni celle de sa famille ce qui est abondamment commenté dans toutes les gazettes. En revanche il est quand même intéressant de voir comment cet homme, inconnu il y a quelques années y compris dans son pays, a pu s’imposer contre toute attente au point de devenir président des Etats-Unis. D’habitude quand un homme arrive au pouvoir ce n’est pas une énorme surprise, parce que rares sont ceux qui y parviennent par surprise. En France, les six présidents de la cinquième République qui ont été élus étaient programmés pour cela, soit pour des raisons historiques, soit parce qu’ils étaient ou avaient été déjà au pouvoir, soit parce qu’ils appartenaient au premier parti du pays.
Aux Etats-Unis, le système étant beaucoup plus compliqué, il faut arriver à s’imposer et parfois c’est cela le plus difficile surtout si a priori on n’appartient pas au sérail. Cela dit nombre de présidents y ont réussi plus facilement qu’en France. Et la plus grande réussite est bien évidemment celle de Barack Obama. Si tous les médias ont fini peu ou prou par le soutenir, ou en tout cas par ne pas le desservir, c’est sans doute qu’il avait quelque chose en plus que tous ses concurrents. Il ne doit pas son élection à la peur ou à l’insécurité comme Jacques Chirac en 2002, ou au dénigrement par les médias des autres candidats comme Nicolas Sarkozy en 2007. Non, il doit son élection d’abord et avant tout à lui-même, ce qui va sans doute constituer son meilleur atout dans les temps difficiles qu’il va devoir affronter.
Tout le monde a souligné son charisme, un charisme presque irréel qui n’appartient qu’à une minorité d’individus et qui est capable non seulement de mettre en transes une foule d’admirateurs, ce qui est relativement facile, mais aussi de susciter l’admiration de ses détracteurs, ce qui l'est infiniment moins. On a aussi beaucoup parlé de ses compétences qui lui ont permis de faire un sans-faute pendant sa campagne électorale. Quel contraste entre le minutieux professionnalisme d’un Barack Obama, et l’amateurisme avéré des deux candidats qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle française en 2007. Rappelons-nous leurs multiples approximations lors du face à face télévisé avant l'élection.
Refermons la parenthèse et revenons à Barack Obama pour noter aussi qu’il a eu la chance d’être américain, ce qui signifie que pour lui et sa famille l’ascenseur social a joué à fond. Mais plus que tout peut-être, ce qui a séduit les Américains…et les autres c’est son discours rassembleur. Quel contraste là aussi avec le président de la République française qui ne cesse d'opposer les Français les uns aux autres, mais aussi de dénigrer ses contradicteurs...et même ceux qui l’ont aidé dans sa marche pour le pouvoir. Barack Obama veut que l’Amérique soit unie derrière lui et il fait tout pour que ce soit le cas, ce qui suscite le respect admiratif de ses détracteurs. J’ai pour ma part bien aimé la manière dont il a parlé de son prédécesseur qui, pourtant, lui laisse une situation catastrophique tant sur le plan intérieur qu’extérieur, en lui reconnaissant le souci d’avoir travaillé pour son pays, même si sur le plan politique certaines décisions n’étaient pas les bonnes. Qu’en termes choisis ces choses là sont dites.
Avec un langage pareil il est évident qu’il est plus facile de rassembler et d’avoir ses compatriotes derrière soi, surtout en période de crise. Cela lui a permis aussi de dépasser toutes les discriminations, y compris positives. Les Etats-Unis n’ont d’ailleurs pas attendu Barack Obama pour commencer à le faire, et si Colin Powell ou Condoleezza Rice sont parvenus aux plus hautes fonctions c’est uniquement sur leurs mérites, et non au titre d’une quelconque discrimination positive. Il est vraisemblable qu’avec l’accession à la Maison Blanche de Barack Obama le phénomène va s’amplifier à grande vitesse, car aux yeux de ceux qui ont soutenu Barack Obama la discrimination positive est malsaine dans la mesure où on essaie de « réparer une injustice par une autre injustice ».
Pour autant, et c’est sans doute le plus grand danger pour le nouveau président américain, il ne faut pas trop attendre de lui quels que soient ses atouts. Il ne faut surtout pas imaginer que les problèmes économiques que rencontrent en ce moment les Etats-Unis, et par voie de conséquences le reste du monde, vont s’envoler en quelques semaines ou quelques mois grâce à Barack Obama et au plan de sauvetage massif (banques, industries, mesures fiscales, aides diverses…) qu’il va initier dès son arrivée aux affaires. L’injection de centaines de milliards de dollars ne va pas empêcher l’annonce de pertes records pour les banques et les entreprises, ni rendre les consommateurs américains beaucoup plus riches.
Cela étant sa volonté d’action affichée maintes et maintes fois ne fait aucun doute, y compris en prenant des décisions allant de le sens de ce qui avait été décidé…par l’administration Bush et que prévoyait le premier plan Paulson, par exemple la création d’une banque publique chargée de racheter les titres toxiques, plutôt qu’une prise de participation directe de l’Etat dans les banques. Ce retour en arrière lui sera évidemment reproché si le climat des affaires ne s’améliore pas, l’argent des contribuables n’étant pas destiné à soutenir indéfiniment les banques ou les grandes entreprises qui ont largement participé au déclenchement de cette crise, mais plutôt les activités porteuses.
Il ne faut pas attendre non plus de révolution de la part de la nouvelle administration sur le plan international qu’il s’agisse du Moyen-Orient, des relations avec l’Iran, la Chine et le reste du monde. Malgré tout là aussi l’espoir est fort car Barack Obama, à la différence de Georges Bush, a une connaissance avérée du monde développé et en voie de développement. Il connaît en effet particulièrement bien l’Asie, ayant vécu dans sa jeunesse en Indonésie dont il parle la langue. Il a enfin une volonté non feinte de mettre un terme à l’image actuelle des Etats-Unis, pays jugé guerrier et honni d’une bonne partie de la planète. Pour autant sur tous ces sujets la déception sera proportionnelle aux attentes…qui ne seront pas toutes satisfaites. Néanmoins, même si Barack Obama n’est sans doute pas le sauveur attendu, il aura déjà eu le mérite de redonner espoir à beaucoup de gens en Amérique et ailleurs. Rien que pour cela nous devons nous réjouir de son élection.
Michel Escatafal
10:02 Publié dans politique étrangère | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.01.2009
L'Europe en ordre dispersé...
Même si la presse ne va guère en parler, mais après tout nous sommes là pour le faire, l’Europe va une nouvelle fois démontrer qu’elle n’existe toujours pas sur le plan diplomatique avec la réunion organisée ce jour par le président égyptien Moubarak, suite au cessez-le-feu unilatéral décidé (enfin pour les populations civiles!) par Israël. En effet, ce sommet international se tiendra en présence du secrétaire général de l’ONU, mais aussi d’Angela Merkel, de Gordon Brown et bien évidemment de Nicolas Sarkozy, sans oublier J.L. Zapatero, Silvio Berlusconi, le roi de Jordanie, plus un représentant de la Ligue arabe.
Cela fera beaucoup de monde, et surtout beaucoup d’Européens, mais apparemment il n’y aura pas de représentants de la République Tchèque qui préside l’Union Européenne, ni Javier Solana le Haut-commissaire européen. Bref, une fois encore les chefs d’Etat et de gouvernement européens vont démontrer que ce qui les intéresse avant tout, c’est d’abord leurs propres préoccupations…électorales ou intérieures. Et on s’étonnera après si les Européens sont de plus en plus eurosceptiques ! Comment va-t-on faire pendant la campagne des élections européennes, pour expliquer que l’Europe existe ailleurs que dans les cercles technocratiques de Bruxelles. Comment va-t-on faire pour dire aux électeurs que le Parlement européen a un rôle important à jouer dans l’évolution de notre continent...et dans notre vie de tous les jours?
Il est vrai que le spectacle que donne la classe politique française, mais elle n’est pas la seule, est rien moins qu’affligeant. Pour composer les listes régionales chaque parti essaie de placer en haut de l’affiche…ses éléments les plus médiatiques. Certes on sait bien que certaines de ces têtes de liste ne siègeront pas au Parlement européen, mais ce n’est pas cela qui est important. L’important c’est que le parti recueille le maximum de voix pour montrer sa force…sur le plan national. Il est clair qu’une lourde défaite pour l’UMP aux élections européennes serait un sérieux revers pour le président de la République à la moitié de son mandat. En revanche, une forte poussée socialiste effacerait en partie le triste spectacle offert par ce parti depuis l’élection présidentielle.
Voilà pourquoi Nicolas Sarkozy souhaitait voir Rama Yade mener la liste de l'Ile de France pour les élections européennes...sans qu’elle en fût prévenue. On se disait que sa popularité naissante pouvait avoir un bon impact dans les urnes à cette occasion. Suite à son refus, on avait pensé à Rachida Dati pour mener cette liste, ce qui tombait bien puisqu’on parle beaucoup d’elle en ce moment, et ce qui lui aurait permis de quitter le gouvernement après les élections en juin sans faire de vagues. Mais aux dernières nouvelles elle ne serait pas partante, ce qui laisse une petite chance à ce pauvre Jean-Marie Cavada dont on a pu apprécier (au Modem) la solidité des convictions. Ou est l’Europe dans tout ça ? Et bien ce n’est pas le problème car ce qui compte, et je le répète, c’est le résultat en nombre de voix et de sièges sur le plan national. Tout le reste ce ne sont que billevesées, plus particulièrement aux yeux des deux grands partis qui se partagent le pouvoir en France depuis 1981.
Voilà les réflexions que m’inspire l’actualité de ce matin parce que justement on y parlait beaucoup de l’Europe et des Européens. Hélas on n’en parlait que pour souligner ses faiblesses. Et pourtant que sommes-nous sans l’Europe ? Peu de chose, et si on en voulait une preuve supplémentaire nous l’aurons cette semaine avec l’investiture de Barack Obama. A partir du 20 janvier les Etats-Unis d’Amérique vont avoir un nouveau président, et aussitôt le monde entier va avoir l’œil rivé sur les décisions que va prendre la nouvelle administration américaine à la fois sur le plan intérieur, même si on en connaît les grandes lignes, mais aussi sur le plan international notamment au Moyen-Orient. Et là on s’apercevra une nouvelle fois que l’Union Européenne ne joue pas le rôle qui devrait être le sien. Que peuvent peser sur le plan mondial les moulinets de Nicolas Sarkozy face à Barack Obama ?
Michel Escatafal
10:14 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.01.2009
A propos d'un remaniement...

Hier on a encore beaucoup parlé de Nicolas Sarkozy, comme d’habitude dirais-je. Il est là présent dans les médias, toujours et partout, et force est de reconnaître que la période des voeux s'y prête. Cela étant je suis surpris qu'on ne l'entende pas davantage à propos de la crise gazière, contrairement à son ami Gordon Brown, alors que les réserves de gaz de la France sont parmi les plus faibles de l'Union Européenne, ce qu'apparement personne ne semble vouloir nous avouer. Mais Nicolas Sarkozy qui vient de subir un camouflet au Moyen-Orient où sa tournée a fait "pshitt", pour parler comme Jacques Chirac, est déjà passé à autre chose ce qui signifie que sa priorité du moment se situe dans les affaires hexagonales...où il règne en maître, et où personne parmi ceux qui pourraient le faire n’ose réellement lui résister. C’est cela la démocratie à la mode Sarkozy, ce qui est sans précédent dans l’histoire de notre République. Et ne nous y trompons pas, même si comme cette nuit (sur la redevance télévisée) les sénateurs UMP ou assimilés font semblant de se rebeller, tout le monde sait bien qu’in fine ces messieurs finiront par plier…par peur des représailles.
D’ailleurs combien ont-ils été dans la majorité à dire leur sentiment sur l’évocation par Nicolas Sarkozy des « rois fainéants », formule adressée aux dires de la quasi totalité des observateurs à Jacques Chirac ? Très peu, mis à part quelques fidèles de Dominique de Villepin et ce, même si la plupart des députés, sénateurs ou ministres doivent à l'ancien président leur carrière politique. Ils n'ont sans doute pas oublié, mais ils ont peur, et même très peur, des réactions du chef de l’UMP…Nicolas Sarkozy, ce qui est aussi une première de voir un président de la République impliqué à ce point dans le parti majoritaire, au point de nommer comme premier responsable de son parti un des ministres les plus importants du gouvernement (X. Bertrand).
Et cela m’amène bien évidemment à évoquer le remaniement dont bruissait la presse depuis quelques jours. Tout le monde savait en effet que ce serait un fidèle parmi les fidèles qui remplacerait Xavier Bertrand au ministère du Travail, à savoir le bienheureux Brice Hortefeux. Je dis le bienheureux, car à le voir commenter ces derniers jours ses statistiques sur le nombre d’expulsions il semblait comme en lévitation. Il paraissait si fier et si heureux de faire « ce travail » dans des conditions que beaucoup considèrent comme une honte pour le pays des droits de l’homme. Cela dit, il doit quand même être rassuré sur la « qualité » de son remplaçant, Eric Besson.
Cet ancien opposant, converti au « sarkozysme » quelques semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle de 2007 (au vu des sondages?), va en effet remplacer Brice Hortefeux au très controversé ministère de l’Immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Ouf ! Rien que la désignation du ministère suffit à démontrer qu’il s’agit de quelque chose à part dans une démocratie, mais que ce ministère qui fait parler en mal jusque chez nos voisins européens soit attribué à un transfuge du Parti Socialiste, en dit long sur la personnalité du président de la République et de celui qui va se voir attribuer ce ministère.
Le président de la République parce qu’il fait boire le calice jusqu’à la lie au renégat qui l’avait traité de « néo conservateur à passeport américain », et ce dernier parce qu’il démontre qu’il est prêt à tout pour rester au gouvernement et poursuivre son ascension dans les hautes sphères du pouvoir avec, pourquoi pas, un poste de Premier ministre à la clé en 2010. Cela fait irrésistiblement penser à la manière dont Emile Ollivier, fils d’un proscrit de 1852, allait devenir en 1869 le ministre et le courtisan du proscripteur, en l’occurrence Napoléon III. Il est vrai que comme Eric Besson aujourd’hui, qui curieusement lui ressemble physiquement, Emile Ollivier n’avait pas peur des mots notamment quand il disait : « Si l’empereur croit devoir m’employer, qu’il le fasse en tirant de moi le plus de parti possible ». Quelle risible outrecuidance !
Ce qui n’est pas risible en revanche c’est le déplacement de Nathalie Kosciusko-Morizet, en charge jusque là de l’Ecologie au ministère de l’Environnement, au Secrétariat d’Etat à la Prospective et au développement de l’économie numérique en remplacement d’Eric Besson. Plus encore que le fait d'être la sœur d’un des acteurs-clés du secteur, ce que certains lui reprochent déjà, le ministère de l’Environnement va surtout perdre une personne réellement compétente et connaissant parfaitement ses dossiers, dans ce domaine bien particulier et tellement important pour l’avenir. Mais est-ce que la compétence a réellement une importance dans ce gouvernement ? Poser la question, c’est y répondre.
Michel Escatafal
10:17 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
14.01.2009
L'Europe, l'Europe, l'Europe...Il faut la faire!
Sur ce site il y a quelques jours j’avais écrit que la crise gazière semblait résolue, du moins pour les Européens. En fait elle ne l’est pas et ce par la faute des bisbilles continuelles entre la Russie et l’Ukraine. Mais l’Ukraine (en marron sur la carte) c’est quoi exactement dans le monde ? Voilà une question qui se pose avec d’autant plus d’acuité, qu’on nous avait annoncé à grand renfort de commentaires élogieux que l’arrivée au pouvoir des libéraux allait faire de ce grand pays un modèle de démocratie. C’était il est vrai l’époque où le libéralisme sauvage était à la mode, et était censé régler tous les problèmes. Depuis les choses ont bien changé un peu partout dans le monde et notamment en Ukraine, pays où les bouleversements politiques ont été nombreux depuis 2006.
En 2007 en effet, le président Ioutchenko a dissous le Parlement et limogé le Premier ministre Ianoukovitch, son opposant de toujours, resté proche de la Russie alors que le président est un farouche partisan d’un rapprochement avec l’Occident, plus particulièrement avec les Etats-Unis. Aujourd’hui la crise politique n’est pas résolue, loin de là, et le président ukrainien a pour Premier ministre une libérale comme lui, Ioulia Timochenko, mais ce n’est pas pour cela que le couple fonctionne dans l’harmonie. Au contraire le président Ioutchenko accuse sa Premier ministre de pactiser avec Vladimir Poutine…en vue de la prochaine élection présidentielle ukrainienne.
Dans ces conditions et compte tenu de la crise économique et financière mondiale qui a énormément affecté l’Ukraine (-10% de baisse du PIB attendu au premier trimestre 2009), les dirigeants ukrainiens essaient par tous les moyens de jouer sur la manne du gaz russe qui, pour le moment, transite chez eux avant d’arriver dans les pays de l’union Européenne, pour essayer de maintenir son développement économique. Voilà sans doute la vraie réalité de ce bras de fer avec Moscou…et Bruxelles. L’Europe ne l’oublions pas a beaucoup aidé l’Ukraine ces dernières années, au point que certains la voyaient entrer rapidement dans l’Union Européenne, ce qui n’aurait pas manqué de poser d’énormes problèmes d’autant que l’Ukraine est un pays de 47 millions d’habitants. Par ailleurs, si l’on en croit les observateurs objectifs du pays, celui-ci est gangréné par la corruption ce qui nuit à l’investissement dans le pays et au financement des grandes structures, comme on peut le constater à propos de l'organisation du Championnat d'Europe des Nations de football (en 2012) pour la construction des stades.
Jusqu’en 2007 l’Ukraine a connu une croissance forte (7% en 2006) ce qui a étonné beaucoup de monde compte tenu de l’instabilité politique qui y prévalait. Mais ce pays a beaucoup d’atouts, en plus d’avoir longtemps été le grenier à blé de la Russie et de l’Union Soviétique. Elle a notamment une grande tradition industrielle, initiée à l’époque stalinienne du temps de feu l’URSS, notamment dans deux secteurs, la métallurgie et la chimie, sans parler de ses ressources minières. Et puis, comme je l’ai dit précédemment, elle a la géographie pour elle, entre l’Union Européenne et la Russie, dont elle joue à fond depuis quelques années avec les exportations de gaz russe.
D’ailleurs Kiev a admis hier que l’Ukraine bloquait le transit de gaz russe sous le prétexte que Gazprom (principale société gazière russe) imposait des "conditions de transit inacceptables", ce qui a permis à Vladimir Poutine de s’exonérer de toute responsabilité dans cette affaire, en affirmant que "le système de gazoducs ukrainiens est fermé" et ce, malgré l’accord signé lundi entre Kiev, Moscou et Bruxelles. Cela est évidemment très préjudiciable à l’U.E. car le gaz russe représente un quart de la consommation de l'UE, dont 80% transite par les gazoducs d'Ukraine, et cette coupure qui n’en finit pas a entraîné, en pleine vague de froid, des dégâts économiques très importants en Europe, notamment pour les pays qui dépendent du gaz russe pour la quasi-totalité de leurs besoins (Slovaquie et Bulgarie plus particulièrement).
Ce conflit est aussi une aubaine pour l’opposition pro-russe ukrainienne qui a appelé mardi à la démission du président Viktor Iouchtchenko et du Premier ministre Ioulia Timochenko, alors que les Russes voient la main de Washington derrière les atermoiements ukrainiens. On le voit ce conflit a de multiples ramifications internationales, et il est regrettable que l’Europe soit incapable de définir une politique énergétique cohérente alors qu’elle représente 15% de la consommation énergétique mondiale. Plus encore, l’économie de l’Union Européenne repose sur un recours de plus en plus massif aux importations d’énergie (57% en 2008 contre 44% dix ans plus tôt), ses seuls besoins en gaz progressant chaque année de 3%.
Cela dit, il est quand même irresponsable de la part des pays européens de maintenir des fournitures de gaz uniquement négociés à partir de contrats bilatéraux entre Etats ou sociétés privées, alors que la fourniture de gaz devrait procéder d’une gestion centralisée avec des compétences élargies de la part de la Commission Européenne. C’est d’autant plus nécessaire que l’Europe doit nécessairement passer, géographie oblige, par des pays dont la stabilité est loin d’être garantie sur le long terme (Ukraine bien sûr, mais aussi Iran). Enfin, une politique européenne formellement définie et cohérente entre les 27 permettrait d’élargir les sources d’approvisionnement, même si cela représenterait des investissements très lourds à réaliser. Mais chacun sait que, finalement, ce sont les moyens qui manquent le moins à l’Union Européenne.
En revanche elle souffre cruellement d’un manque d’ambition géopolitique avec ses multiples divisions, exacerbées par des dirigeants qui ne voient que leurs intérêts nationaux. Dans les neuf mois à venir on ne va parler que des élections en Allemagne, puis ce sera le tour de la Grande-Bretagne, et chacun ira de sa surenchère pour convaincre les électeurs nationaux. Tout ce qui ira bien grâce à l’Europe sera récupéré, et tout ce que l’Europe n’aura pas pu régler sera mis à son débit. C’est tellement commode ! Et malheureusement cela se passe ainsi (plus ou moins) dans tous les pays. Il ne faut donc pas s’étonner si, malgré les avertissements de l’hiver 2006 où l’U.E. avait déjà souffert des différents russo-ukrainiens, les 27 sont toujours aussi impuissants face à une crise gazière qui les dépasse. C’est de cette Europe là que nous ne voulons pas. Celle que je souhaite pour ma part se veut à la fois plus ambitieuse et plus fédérale. Après tout on a bien fait la monnaie unique, et c’est une réussite totale. Alors, quand la suite ?
Michel Escatafal
10:13 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


