29.01.2009
Il y a une grève aujourd'hui et on va s'en apercevoir...mais J.F. Copé est vivant!
Aujourd’hui est une journée spéciale dans notre pays avec un mouvement social qui semble d’une grande ampleur, et le moins que l’on puisse dire est que les gens vont s’apercevoir qu’il y a une grève dans notre pays, n’est-ce-pas Monsieur Sarkozy ? Qui plus est cette grève ne peut pas être qualifiée de catégorielle par le pouvoir, venant de fonctionnaires essayant coûte que coûte de préserver « les avantages acquis ». Non c’est un refrain que l’UMP ne pourra pas entonner, car il y aura dans la rue des profs, des magasiniers, des juges, des ouvriers travaillant à la chaîne, des employés de banque, des conducteurs de trains, des personnels de santé, des paysans, des chômeurs, des retraités etc. Et tous ces gens vont participer à des manifestations dirigées à la fois contre les décisions du gouvernement et du patronat face à la crise économique, mais aussi contre les réformes en cours et à venir mises en place pour restreindre les libertés, et organiser la démolition des services publics.
Voilà pour la grève et c’est déjà beaucoup, mais j’ai oublié de dire que ce matin je n’ai pas pu malheureusement écouter les informations sur France-Culture à 7h, en raison de l’arrêt de travail des personnels de Radio France. Et comme il n’était pas question que je tourne le bouton pour écouter Europe 1, chaîne appartenant à Arnaud Lagardère « le frère » de Nicolas Sarkozy, j’ai dû me rabattre sur les sites internet des journaux français…pour savoir si Jean-François Copé était mort. Celui-ci en effet avait affirmé il y a quelques jours : « Moi vivant, il n’y aura pas d’augmentation de la redevance télé ». Et bien, la redevance audiovisuelle va passer de 116 à 118 euros en 2009, puis 120 euros en 2010, mais Jean-François Copé ne s’est pas fait hara-kiri. Ouf, la raison l’a emporté sur les convictions. Heureusement que le ridicule ne tue plus !
Et dire que c’est lui qui serait en première ligne pour l’UMP…en vue de l’élection présidentielle de 2017. Voilà qui promet ! En tout cas la palme de la naïveté revient aux pathétiques députés du Nouveau Centre qui, si j’en crois leur président de groupe le triste François Sauvadet, sont déçus de voir que les quelques amendements qu’ils proposent « sont requalifiés par l’UMP ». Mais ils s’imaginaient quoi ces pauvres clowns de la politique ? Ils ne croyaient quand même pas qu’ils allaient pouvoir exister au milieu des troupes UMP. Et dire que si François Bayrou avait été élu président de la République, nous aurions eu des Morin, des Leroy, des Sauvadet ou des Cavada au gouvernement ! Pour ma part je suis content qu’ils soient tous partis, car ils n’ont rien à faire au MoDem.
Parmi les autres informations que j’ai relevées sur les sites web des journaux, il y a le report à plus tard des chiffres du chômage de décembre. La grève a bon dos décidément, tout comme la crise. Mon petit doigt me dit que les chiffres sont très mauvais, et certainement beaucoup plus mauvais qu’on ne va l’avouer. On va nous affirmer la main sur le cœur que ce n’est nullement la faute de nos gouvernants si le chômage remonte, et je parie même qu’on nous dira qu’on a de la chance d’avoir Nicolas Sarkozy et son équipe aux affaires car, grâce aux mesures qu’ils ont prises, ce pourrait être pire. Raison de plus pour poursuivre les réformes…et notamment celles relatives au droit du travail, comme le réclame le Medef. La dernière phrase évidemment c’est moi qui l’ajoute, car pour le reste il suffit de lire la déclaration du porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a savoir qu’hier en conseil des ministres le chef de l’Etat s’est à nouveau montré « déterminé dans sa volonté de poursuivre les réformes qui ont été engagées ».
Là aussi cela promet, encore que…la réforme des lycées ait prouvé que le courage de Nicolas Sarkozy s’arrête à la témérité, voire même avant, et ce sera peut-être le principal mérite de cette grève. Il faut effectivement se méfier plus que tout d’une fièvre collective qui précède souvent les déchaînements de violence, une fièvre qui rend les foules aveugles au point de leur faire voir tout en noir, y compris là où il y a du blanc. A force de mentir, de dissimuler les difficultés, de brocarder tous ceux qui osent se poser des questions sur l’état réel dans lequel se trouve le pays, le président de la République et son gouvernement ont non seulement perdu toute crédibilité, mais déclenchent chez les citoyens des réflexes d’autodéfense dont nul ne peut dire jusqu’où ils peuvent aller. Espérons, sans trop y croire hélas, que le chef de l’Etat comprendra la signification du mouvement d’aujourd’hui, sous peine de voir notre pays être confronté à des lendemains qui déchantent surtout pour ceux, chaque jour plus nombreux, qui souffrent des effets de sa politique économique et sociale.
Michel Escatafal
10:05 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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