27.01.2009
Un peuple soumis à un homme descend toujours vers l'abîme
Rien n’est plus dangereux pour les libertés qu’un pouvoir solitaire...et aux abois. Et force est de constater que notre pays est dans une situation qui se dégrade à une vitesse que personne n’aurait imaginé il y a seulement quelques mois, et pas uniquement par la faute de la crise. Et pourtant cette dégradation était parfaitement prévisible…parce que notre pays n’a pas de gouvernement pour conduire les affaires du pays. En effet qui gouverne depuis le mois de mai 2007 ? Le président de la République aidé par ceux qui détiennent le pouvoir de l’argent. Et le gouvernement me direz-vous ? Et bien il n’y a pas réellement de gouvernement digne d’un pays démocratique. D’ailleurs Nicolas Sarkozy lui-même n’a-t-il pas traité un jour son Premier Ministre de collaborateur ?
Voilà où nous en sommes aujourd’hui après un an et demi de pouvoir personnel exercé par Nicolas Sarkozy. Cela étant, il fallait quand même se douter qu’avec un homme comme lui le pire était certain, au bout d’une élection qu’il ne pouvait pas perdre tellement elle paraissait inscrite dans les faits. Oh certes les Français ont leur part de responsabilité dans cette élection, mais le pouvoir des médias est devenu tel de nos jours qu’il est presque impossible d’aller à l’encontre de leurs désidératas. Certes le phénomène n’est pas nouveau, mais en fait le pouvoir de la presse au service d’un seul homme a remplacé la propagande telle qu’elle existe dans les pays non démocratiques.
A cela s’ajoute la personnalité même du président de la République, dont le moins que l’on puisse dire est qu’il exerce ses fonctions dans son seul intérêt et celui de ses amis. Cela le conduit à prendre des mesures qui lui permettent d’assoir sa main mise sur l’Etat, mais aussi à faire en sorte que sur tous les sujets il y ait opposition entre les Français. Cela a commencé par l’opposition entre ceux qui avaient un travail et ceux qui n’en avaient pas. Ensuite ce fut l’affaire des régimes spéciaux, à propos desquels le Premier ministre affirmait sans rire « que c’était l’injustice la plus criante ». Ensuite ce fut le débat sur la fonction publique où on a taillé des croupières aux fonctionnaires…pour mieux faire passer les milliers de suppressions d’emplois inscrits dans le budget. Puis ce fut le débat sur les grèves, notamment dans les transports.
Bref, tout était bon pour faire en sorte que les Français soient divisés, alors que le rôle du président de la République est précisément de les rassembler. Jamais un président de la République n’avait stigmatisé à ce point les travailleurs d’une grande entreprise nationale pour les livrer à la vindicte populaire, comme l’a fait Nicolas Sarkozy au moment des grèves à la SNCF fin 2007, et dernièrement avec l’affaire de la fermeture de la gare Saint-Lazare le 13 janvier dernier. A ce propos il faut se rappeler la manière dont Nicolas Sarkozy s’était moqué des organisations syndicales quand il avait dit sous forme de boutade indigne de sa fonction : « Maintenant quand il y a une grève à la SNCF, personne ne s’en aperçoit ». Et bien le 13 janvier c’était pour le moins raté.
Si je rappelle cet épisode peu glorieux pour Nicolas Sarkozy, c’est parce qu’il avait cru malin de faire quelques bons mots début juillet 2008…au congrès national de l’UMP, auquel bien entendu il participait. Si cela lui avait permis à bon marché de déclencher les rires et applaudissements de ses courtisans, cela montrait aussi que la voie était libre à la mise sous tutelle des plus élémentaires libertés démocratiques. D’ailleurs pour lui comme pour ses amis de l’UMP, ceux qui osent contester cette dérive sont des mauvais Français qui devraient plutôt se mettre au travail, comme je l’ai entendu dire sous une autre forme ce matin sur France-Inter par le ministre du budget, Eric Woerth. Celui-ci, en effet, considérait dans sa grande sagesse, que « les Français feraient mieux de se retrousser les manches plutôt que faire grève ».
Le pauvre homme ne s’est même pas rendu compte qu’il disait une énorme ânerie, et il a fallu que ce soit la journaliste qui lui tendait le micro qui lui fasse remarquer que le chômeur qui venait de perdre son emploi, en raison des licenciements massifs dans les entreprises, préfèrerait se « retrousser les manches » plutôt que d’aller pointer à l’ANPE. Ceci n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de l’impéritie de cette équipe gouvernementale, qui peut aussi compter sur le renfort de quelques « sarkolâtres » en mal de portefeuille ministériel comme Frédéric Lefèvre, lequel se répand en discours menaçants contre les grévistes. En clair pour Frédéric Lefèvre et ses amis UMP, le droit de grève doit être inscrit dans la constitution, mais il faut faire en sorte que l’on ne puisse pas s’en servir.
Cependant le pouvoir oublie une chose, à savoir la désespérance des gens, et ce d’autant plus que beaucoup d’entre eux ont voté pour Nicolas Sarkozy. Ils pensaient naïvement que ce dernier tiendrait au moins quelques promesses parmi toutes celles qu’il avait faites. Or les gens s’aperçoivent qu’en fait les seules promesses qu’il ait tenues à ce jour vont toujours dans le sens de donner plus à ceux qui ont déjà beaucoup. Ils voient aussi que s’ils manifestent leurs déceptions on leur répond par la provocation, ce qui a le don d’irriter non seulement les irréductibles opposants mais aussi ceux qui, sans se préoccuper de faire de la politique, estiment qu’ils n’ont plus rien à faire d’autre qu’exprimer leur désarroi dans la rue. C’est pour cette raison que je pense que le Parti socialiste a bien fait de déposer une motion de censure, et que François Bayrou a eu raison de la voter parce que selon lui, mais il n’est pas le seul : « Il y a des moments et des situations où il faut dire haut et fort que ça ne va pas ».
Michel Escatafal
19:18 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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Ecrit par : Collectif de l'internet libre. | 27.01.2009
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