30.12.2008
Des voeux pour que Barack Obama améliore les choses aux Etats-Unis
Au fur et à mesure que sa prise de fonction approche, Barack Obama semble avoir de plus en plus de pain sur la planche pour redresser le pays qui vient de l’élire président des Etats-Unis. Si j’osais une parenthèse, c’est d’ailleurs ce qui attendra le nouveau président de la République française en 2012, même si les problèmes ne sont pas tout à fait les mêmes parce que la France n’est plus aujourd’hui qu’une puissance moyenne. Pour revenir à Barack Obama, en plus de voir son pays confronté à une des crises économiques les plus graves que l’on ait connues depuis plus d’un siècle, en plus d’hériter de deux conflits qui n’en finissent pas et qu’il sait perdus d’avance en Irak et en Afghanistan, voilà qu’il va devoir essayer d'éteindre au plus vite un énième épisode du conflit israélo-palestinien.
C’est peut-être sur ce dernier point qu’on va savoir très rapidement si le nouveau président américain ne se contente pas d’avoir un charisme qui a le don d’électriser les foules. En effet avoir du charisme c’est bien, mais être efficace et pragmatique l’est davantage. Si son charisme ne lui sert qu’à gagner des élections, et bien les Américains ne sont pas sortis de l’auberge et des jours difficiles les attendent. De plus, compte tenu du poids des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, cela signifie que par ricochet les autres régions de la planète en souffriront aussi.
Pour autant accordons-lui quand même le bénéfice du doute, d’autant qu’il semble avoir conscience que ce ne sont pas les mots qui font réellement avancer les choses. Il suffit de lire les déclarations de son conseiller Axelrod pour en être convaincus : « Manifestement, la situation (au Proche-Orient) est devenue encore plus compliquée au cours des deux derniers jours et des dernières semaines. Mais c'est une chose (la paix) pour laquelle il est déterminé à œuvrer ». Acceptons-en l’augure. En tout cas pour un baptême du feu, c’en sera vraiment un, car personne n’imagine, hélas, que ce nouvel épisode de la guerre que se livrent les Israéliens et les Palestiniens va s’arrêter d’un coup. Hélas, trois fois hélas, parce que comme toujours ce sont les populations civiles qui vont d'abord en subir les conséquences.
Cependant, il y a quand même quelque chose qui incite à la prudence en ce qui concerne Barack Obama, même si sa situation est assez inconfortable depuis son élection. Il est le président élu, mais pour encore quelques jours il n’est qu’élu et non en fonction. Cela lui permet de botter en touche sur certains sujets, comme disent les observateurs, en affirmant qu’il n’y a qu’un président des Etats-Unis, et que pour le moment celui-ci s’appelle Georges Bush. Cette interminable transition est ennuyeuse, mais à bien y réfléchir cela permet d'appréhender en totalité les dossiers et avancer très vite une fois investi.
Et il faudra qu’il avance très vite tant sur le plan national qu’international, d’autant que le monde entier doute de plus en plus de la capacité des Etats-Unis à maintenir une politique de leader mondial sur le plan économique, politique et militaire. Déjà sur le plan politique et militaire chacun sait que les Etats-Unis se voient de plus en plus contester leur leadership, même s’ils ont encore beaucoup d’avance sur un pays comme la Chine, et plus encore sur l’Union Européenne qui est encore loin d’être une puissance politique en rapport avec son poids économique. Ceux qui affirment que grâce à Nicolas Sarkozy la voix de l’Europe se fait davantage entendre qu’auparavant se trompent et nous trompent lourdement. Pour l’instant la voix de l’Europe pèse uniquement sur le plan économique et grâce à sa monnaie, comme je le disais dans mon précédent billet.
Barack Obama pour sa part sait très bien que les Etats-Unis, comme les autres pays développés, doivent changer radicalement d’optique sur le plan économique s’ils veulent que les choses évoluent positivement, à savoir en acceptant une fois pour toutes de considérer que les salaires ne doivent pas être le seul moyen de protéger les profits…destinés à s’investir sur les marchés financiers. Tout le reste ce ne sont que billevesées car au final c’est la demande qui en pâtit, et cette insuffisance de la demande rejaillit sur les pays émergents qui, à leur tour, auront des problèmes qui génèreront chez eux colère et révolte contre ceux qui seront la cause de tous leurs maux...au grand bénéfice des régimes en place, souvent peu en phase avec la démocratie.
Bien entendu nous pourrions disserter pendant des heures sur ces sujets, en espérant que la dure crise que nous vivons fera réfléchir non seulement l’administration Obama, mais aussi les Européens. De toute façon Américains et Européens n’ont pas vraiment le choix, car l’endettement public atteint des niveaux tels que les Etats ne pourront pas assumer très longtemps leur rôle de pompier au service exclusif des banques et des grandes entreprises. Et ces dernières seront bien obligés de prendre en compte le fait que l’endettement des ménages qui supplée l’insuffisance des salaires a ses limites. De plus si les Etats distribuent l’argent des contribuables aux puissances financières, cela se fait nécessairement au détriment des classes moyennes et des services publics.
L’actualité dans notre pays est là chaque jour pour nous rappeler où mène cette politique. Décidément Barack Obama a du travail devant lui, et nous Français devons impérativement essayer le plus possible d’atténuer les effets de la politique de Nicolas Sarkozy et sa majorité UMP. C’est l’occasion de formuler des vœux pour que cette majorité reçoive une sévère leçon aux prochaines élections européennes, et que les électeurs n’hésitent pas à voter pour ceux qui leur promettent de gouverner un jour autrement, les candidats du Mouvement Démocrate. En attendant je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année 2009.
Michel Escatafal
18:03 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
28.12.2008
L'euro est la véritable vedette de l'année 2008
N’en déplaise aux laudateurs de notre président qui ne cessent de vanter son dynamisme, ce que nous ne saurions lui contester, la grande vedette de la crise financière a été l’euro. Le problème avec Nicolas Sarkozy, c’est qu’il joue perpétuellement un rôle, ce qui signifie qu’il fait du bruit, qu’il accapare l’information…pour son plus grand profit. C’est d’ailleurs pour cela que certains journalistes, y compris à l’étranger, ont estimé que jamais on n’avait autant parlé de l’Union Européenne que sous la présidence française, ce qui n’est pas faux. On en a d’ailleurs d’autant plus parlé que deux crises majeures, politique au Caucase et économique avec la crise financière, ont éclaté ou pris leur forme actuelle pendant cette présidence française. Evidemment, Nicolas Sarkozy n’en demandait pas tant pour se faire valoir et jouer son numéro personnel, avec reconnaissons-le un certain talent.
Bien entendu quand on cherche un peu, et quand on veut faire le bilan réel avec les décisions prises et l’impact qu’elles ont, les résultats sont beaucoup plus modestes. Cela étant, Nicolas Sarkozy en a profité chaque fois pour réussir un coup. Et comme le disent les observateurs neutres et objectifs, quand le moment est venu de faire le bilan d’une action, il y a déjà bien longtemps qu’il est passé à autre chose. C’est tout le problème aujourd’hui de notre pays qui n’a cessé depuis 18 mois de donner ou faire la leçon sur l’Europe, mais qui en revanche est dans l’incapacité totale de respecter nombre de ses engagements européens, notamment en termes de déficits budgétaires. Un président européen convaincu commencerait par là. C’et d’ailleurs ce qu’a fait Romano Prodi en Italie quand il est arrivé au pouvoir et ce, bien que celui-ci ait tenu à un fil avec les risques politiques qu’il encourait.
Romano Prodi, pour ne citer que lui, c’est l’anti Sarkozy par excellence. Il a des convictions, il s’y tient même si cela peut lui coûter son poste. Cela Nicolas Sarkozy ne le fera jamais, car pour lui le pouvoir est d’abord une affaire personnelle. Il est parvenu au faîte du pouvoir dans son pays, il s’est battu pour y arriver n’hésitant pas à employer des arguments qui en ont même étonné plus d’un dans son camp, il a éliminé un à un tous ses rivaux au besoin par des procédés qu’il aurait lui-même condamné s’il en avait été victime (voir l’affaire du CPE vis à vis de Dominique de Villepin), mais il a gagné. Et maintenant, il s’agit pour lui de s’y maintenir au moins cinq ans de plus. Et s’il le faut, il briguera le poste de Premier ministre une fois épuisé son temps de présidence. Certains vont dire que j’extrapole un peu vite, mais je suis persuadé qu’on n’est pas si loin de la vérité.
Cela dit, pour revenir à mon propos initial, c’est quand même l’euro qui a joué un rôle majeur ces derniers temps, ce qui lui a permis de réellement s’imposer comme une grande monnaie de référence en raison du rôle de bouclier qui a été le sien pendant la crise financière. Si notre président brasse beaucoup de vent, l’euro c’est du concret, du terre à terre, du solide, et même Nicolas Sarkozy sera bien obligé un jour ou l’autre de faire comme les autres, et d’accepter une réelle coordination économique dans la Zone euro qui, rappelons-le, va compter à partir du 1er janvier 329 millions d’habitants avec l’adhésion de la Slovaquie.
La monnaie européenne a tellement fait la preuve de son efficacité que, depuis l’apparition de la crise financière, certains pays qui jusque là ont toujours refusé d’y adhérer (Danemark, Suède) manifestent une envie de plus en plus marquée de rejoindre le groupe des pays qui composent la Zone. Mieux même, l’Islande qui ne fait même pas partie de l’Union Européenne souhaite faire la même démarche en regrettant de ne pas l’avoir faite auparavant, ce en quoi elle n’est pas excusable.
Il est vrai qu’il vaut mieux ne pas imaginer ce qui se serait passé dans un pays comme le notre si l’euro n’avait pas existé, mais nous ne sommes pas le seul. En tout cas cela fait froid dans le dos à la pensée de la pagaille monétaire qui aurait eu lieu en Europe, avec son cortège de dévaluations, dont nous ne serions pas sortis indemnes face aux pays qui auraient servi de modèle et de refuge dans une crise d’une telle ampleur. Et je ne suis pas le seul à dire cela car récemment J.M. Barroso, le président de la Commission Européenne, soulignait que « dans cette période de crise, l'euro protège les entreprises contre la volatilité des taux de change qui les avait durement touchées lors de phases de récession précédentes ».
Il est vrai que l’euro est plus que jamais installé dans un rôle de monnaie de réserve (27% des réserves de change mondiales) et surtout traite de plus en plus d’égal à égal avec le dollar, ce qui a permis depuis sa naissance en 1999 d’éviter des crises monétaires à répétition, sans oublier son rôle au moment des attentats du 11 septembre 2001. Mais plus que tout peut-être, et on ne le répètera jamais assez, le fait d’être en monnaie unique oblige les états à une nécessaire convergence de leurs économies, et empêche les gouvernements d’aller trop loin dans les déficits et la dette. Là aussi, imaginons un instant Nicolas Sarkozy et son gouvernement totalement libérés des contraintes européennes. Vers quels abîmes plongerions-nous ?
Pour autant la Zone euro n’a pas la même influence sur tous les plans. Elle n’a pas encore de représentation propre au FMI ou dans les forums internationaux, et les pays de la Zone ont des émissions nationales, contrairement aux Etats-Unis. Certains voudraient que la Zone euro se dote d’un véritable gouvernement économique face à la Banque Centrale Européenne qu’ils jugent trop indépendante. On devine aisément que la France figure parmi ceux-ci, contrairement à l’Allemagne ou aux Pays-Bas qui militent fortement pour le statu quo. Et comme nous les comprenons, le sujet étant trop sérieux pour être confié à des politiciens !
Cependant, et c’est à mettre au crédit du président français, la crise a obligé les chefs d’Etat et de gouvernement des pays de la Zone à se réunir bon gré mal gré à Paris pour, notamment, essayer de coordonner leur action sur les mesures à prendre pour soutenir le secteur bancaire en grande difficulté, mais aussi sur l’amorce d’un plan de relance européen. Il est évident, et je dis cela au risque de me répéter, que si la France et d’autres pays étaient plus vertueux en matière de déficits, les choses pourraient aller encore plus rapidement vers la nécessaire convergence souhaitée par tous. De plus ces disparités contribuent à maintenir, voire même à accentuer, les divisions entre les pays. Malgré tout, l’euro est quand même à ce jour la plus belle réussite de l’Europe, et c’est une raison supplémentaire pour que la politique monétaire continue à être du ressort exclusif de la Banque Centrale Européenne.
Michel Escatafal
10:28 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
26.12.2008
L'hôpital se porte de plus en plus mal dans notre pays
Décidément l’hôpital va de plus en plus mal dans notre pays et ce n’est pas la faute des infirmières ou des praticiens. Un fait divers horrible pour les parents, avec la mort d’un enfant à qui a été administré du chlorure de potassium au lieu du chlorure de magnésium, vient de le prouver ces dernières heures. Du coup ce matin on ne parle que de cela à la radio ou à la télévision. Cela étant, on apprend aussi que l’infirmière qui a administré ce médicament est en garde à vue…et que la ministre de la santé, toujours contente d'elle-même, trouve cela tout à fait normal.
C’est tellement commode de s’exonérer de tous les problèmes qui touchent au ministère dont elle a la responsabilité, derrière une décision comme celle qui affecte cette infirmière, certainement une des plus malheureuses de ce qui est arrivé. C’est surtout tellement commode à travers une décision de cet ordre, d’éviter de se poser la question sur l’avenir de l’hôpital public et plus généralement sur le système de santé que nous voulons dans notre pays. Et en disant cela je ne fais que reprendre ce que soulignent depuis des mois et des mois les professionnels de santé, à savoir que plus on exigera des personnels soignants et plus il y aura d’accidents.
Hier Madame Bachelot était sans doute en train de fêter Noël en famille, comme beaucoup de Français, ce que je ne saurais lui reprocher, alors que des milliers d’infirmières ou de médecins-urgentistes étaient à leur poste pour s’occuper de malades. Pendant ce temps ceux qui nous gouvernent au plus haut niveau sont partis dans des destinations dites de rêve…pour se reposer. Très bien, sauf que nombre d’infirmières ou autres personnels hospitaliers n’ont pas la chance de pouvoir aller dans ces destinations ensoleillées au moment des fêtes de fin d’année, sans parler du fait qu’ils n’en ont pas le plus souvent les moyens. C’est cela le principe d’inégalité, et c’est aussi à cela que s’applique le fameux « selon que vous serez puissant… ».
Si le président de la République ou son Premier ministre, ou encore un ministre des Finances, prennent des dispositions qui vont plomber durablement les finances publiques du pays, alors même que s’annonce une crise dont tout le monde pressent qu’elle sera une des plus graves depuis près d’un siècle, personne ne songerait à les accuser de tous les maux et eux-mêmes ne pensent pas une seconde à s’appliquer la seule sanction qui vaille, à savoir qu’ils démissionnent de leur poste. Ils vont même jusqu’à répliquer que les Français les ont élus pour appliquer le programme qu’ils avaient annoncé, ce qui est d’ailleurs tout à fait faux.
En effet, combien de Français ont voté pour Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle en imaginant qu’il allait essayer de démolir tout ce qui touche aux services publics de notre pays. Les Français ont ils été bien informés sur la suppression de milliers de postes dans la fonction publique, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé ou des transports ? Les Français ont-ils été prévenus qu’on allait faire des coupes drastiques dans le remboursement des médicaments ? S’attendaient-ils à ce que l’on ferme autant de services hospitaliers dans les zones rurales ? Sûrement pas, et je ne fais que citer que quelques exemples.
Et le pire est que tout cela intervient au moment où notre pays aurait précisément le plus besoin du soutien des pouvoirs publics sur le plan social. En disant cela je ne fais aucune démagogie, et je ne suis toujours pas converti au « tout Etat ». Loin de moi cette idée d’imaginer que l’Etat doit s’occuper de tout, mais en revanche je suis tout à fait en accord avec François Bayrou quand il dit que l’Etat est de moins en moins présent là où il faudrait qu’il soit, et de plus en plus présent là où on n’a pas besoin de lui. La santé est un domaine quand même primordial de la vie des Français. Je dirais la même chose de l’éducation et l’enseignement, pour ne citer qu’eux, et curieusement ce sont les domaines où le gouvernement décide de pratiquer à grande échelle des coupes claires dans les budgets…pour faire des économies.
Alors ne nous étonnons pas si les personnels des hôpitaux n’en peuvent plus, si l’enseignement dans notre pays produit chaque année des diplômés qui ne trouvent pas de travail, ou plus simplement des étudiants sortant sans diplôme du collège ou de l’université. En revanche on apprend que les budgets liés aux services de la présidence de la République, mais aussi des deux Assemblées sont en progression importante, voire même explosent…pour les résultats que l’on connaît (100 milliards de déficit budgétaire en 2009 !). Je pense, et je suis persuadé, que si les gens élisent François Bayrou à la présidence de la République en 2012, ils ne feront pas un constat aussi catastrophique un an et demi après.
En tout cas, et parce que j’y aurai contribué à mon modeste niveau, je serais de ceux qui seront très vigilants pour qu’enfin notre pays soit « gouverné autrement », et notamment que les domaines prioritaires pour la vie et l’avenir de nos enfants ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la rigueur… au profit exclusif des plus riches et des plus puissants. Après tout si je suis tellement fier d’avoir servi et suivi Raymond Barre à la fin des années 70, dans une conjoncture presque aussi difficile qu’aujourd’hui, c’est parce que la France se portait plutôt mieux que les autres pays développés sur le plan économique et social. Mais à l'époque tout le monde était obligé de mettre la main à la poche, y compris les plus favorisés.
Michel Escatafal
11:11 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.12.2008
La prochaine crise c'est pour quand?
En lisant les journaux on apprend que Nicolas Sarkozy restera en vacances au Brésil après son déplacement officiel dans le pays, alors que son Premier ministre se trouve lui en Egypte. Même si les têtes de l’exécutif de notre pays ont le droit de se promener et de partir en vacances à l’étranger au soleil, je pense que dans la période actuelle il eut mieux valu que nous ne fussions pas informés de ces déplacements, au moment où notre pays s’enfonce dans une crise historiquement grave. Peut-être est-ce encore une autre façon de nous indiquer qu’il ne faut pas s’affoler, et qu’il faut continuer à consommer comme si de rien n’était. Et puis hier on a travaillé partout le dimanche, ce qui a dû faire plaisir à notre président de la République et l’a consolé de l’affront que lui ont fait les députés, y compris UMP, en édulcorant sévèrement le texte qu’il avait concocté sur le travail dominical à l’unanimité de lui-même…comme d’habitude.
Mais en lisant les journaux on a aussi continué à évoquer le roi incontesté de l’arnaque financière, Bernard Madoff, dont personne ou presque ne connaît le nom, mais dont tout le monde a entendu parler car il a reconnu lui-même avoir organisé une fraude portant sur une cinquantaine de milliards de dollars. Evidemment, arrivé à certains niveaux, les chiffres ont du mal à être parlants pour nombre d’entre nous. Pour donner un ordre d’idées je dirais que c’est à peu près 4 fois le PNB d’un pays comme l’Ethiopie, et presque celui de la Slovaquie. C’est énorme et scandaleux. Ce l’est d’autant plus que ce Monsieur affirmait sans rire il y a un peu plus d’un an que, « compte tenu de la régulation en place dans le système financier, il est virtuellement impossible d'enfreindre les règles. C'est quelque chose que le grand public ne comprend pas. Les gens pensent que tous les financiers peuvent violer les règles. Mais il est impossible qu'une violation reste ignorée, surtout si elle s'étale sur une longue période.» On ne pouvait pas être plus cynique !
Et le pire est que tout ce qui compte dans le monde financier applaudissait à ces propos en apparence pleins de sagesse. Mais plus pire encore, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est qu’on trouve à ce Bernard Madoff des circonstances presque atténuantes parce qu’après tout s’il a fraudé depuis des années, c’est parce qu’on l’a laissé faire. Et puis nombreux ont été et sont encore à lui reconnaître beaucoup d’humour, puisque pour lui le seul moyen d’éliminer tout risque d’arnaque consistait à confier la régulation des transactions financières à un ordinateur. En effet, il fallait y penser …sauf si pour parler comme lui « l'ordinateur est programmé pour violer les règles!». Hilarant ! Et pendant ce temps dans toutes les entreprises on serre la vis sur les salaires, pour rémunérer davantage le capital prêt à s’investir dans des fonds véreux.
Décidément comme l’a répété maintes fois ces derniers temps Nicolas Sarkozy, il faut réformer le capitalisme financier. Notre président avait plus que raison, mais c’est dommage qu’il n’en parle plus aujourd’hui. Il est vrai que depuis, il y a eu la loi sur l’audiovisuel, celle relative au travail du dimanche et maintenant les vacances au Brésil. Gageons que moins d’un mois et demi après ses fortes paroles sur la question, il ait réalisé qu’on ne réforme pas comme cela le capitalisme financier. D’ailleurs comment pourrait –on le faire puisque personne ne veut ou ne peut mettre en place un autre mécanisme pour réguler la finance internationale.
Et malheureusement chacun devine bien ce qui va se passer. Dès que les effets de la crise commenceront à s’estomper, ceux qui nous y ont plongé vont de nouveau recommencer à jouer, aidés en cela par ceux qui vont s’appliquer à diminuer le coût du travail pour offrir un maximum d'argent à la spéculation internationale. De leur coté nombre de politiques, qui ne sauraient rien refuser à ces apprentis sorciers, s’appliqueront à rogner sur ce qui reste d’avantages acquis et de programmes sociaux. En outre, ils trouveront même le moyen de culpabiliser les gens en leur disant "qu’on ne peut pas vider des caisses déjà vides".
Michel Escatafal
19:28 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
20.12.2008
Il n'y a pas de quoi être fiers
En parcourant le site web du journal Le Monde, j’ai découvert avec horreur et effroi que la France de Nicolas Sarkozy n’est décidément plus la patrie des droits de l’homme, sinon la situation des prisonniers y serait meilleure ou plutôt moins pire. Cela étant, quand je parle de la France de Nicolas Sarkozy, c’est évidemment parce qu’il est au pouvoir et parce que, depuis 2002, il ne cesse de faire dans la démagogie à l’occasion de chaque fait divers horrible, surtout quand ils font la trame des journaux télévisés. Néanmoins, même si sa responsabilité est fortement engagée sur le pitoyable état dans lequel se trouvent nos prisons et les êtres humains qui y vivent, il n’est pas le seul responsable de cette situation qui perdure depuis de longues années. En tout cas ceux qui ont vu les images qui ont été tournées apparemment à Fleury-Mérogis, ou qui ont lu les commentaires de certains lecteurs du journal Le Monde, ne peuvent qu’être effrayés devant tant d’inconséquence de la part des pouvoirs publics...et de haine venant de ceux qui veulent ignorer les réalités de l'univers carcéral français.
Quand nous entendons parler de douches parsemées d’ordures, de murs gluants, de cellules de quatre peuplées de neuf personnes, de 20 centilitres d’eau de Javel par mois, de rats et souris qui infestent les cellules, ou qu’il faut des jours pour faire intervenir un dentiste en cas de rage de dents, on est effaré. On l’est tellement que les qualificatifs manquent pour parler d’une situation qui devrait faire honte à l’ensemble de la classe politique…et de la population qui le plus souvent ne se sent pas concernée. Le pire est que la vie dans la prison de Fleury-Mérogis est largement partagée partout ailleurs dans notre pays, mais est loin d’être l’endroit où la situation est la plus dramatique, car après-tout Fleury-Mérogis est une prison encore jeune puisqu’elle date des années 70. On imagine aisément ce que cela peut donner dans une prison centenaire, et il y en a plus d’une.
Parmi les commentaires qui sont faits sur cette video il y a à la fois l’état de délabrement dans lequel se trouvent les maisons d’arrêt et, plus encore peut-être (dans l’ignoble), le fait que pour environ 50.000 places il y ait presque 65.000 prisonniers. Voilà où on en arrive quand on fait de la surenchère pénale, sans se donner les moyens d’assumer cette surenchère. Cela étant, par parenthèse, on ne fait pour les prisons que ce que l’on fait pour tout le reste, à savoir de l’esbroufe et du compassionnel…au mépris des droits des individus. Et que sera-ce dans les années à venir avec la politique mise en œuvre par le pouvoir, politique beaucoup trop importante aux yeux de Nicolas Sarkozy pour être abandonnée ou même atténuée…en vue de l’élection présidentielle de 2012.
Peu importe que l’on mélange des petits délinquants voleurs de bicyclettes ou de téléphones portables avec de véritables truands, peu importe que l’on retienne en prison des gens qui n’auraient jamais dû y entrer, peu importe etc, etc…pourvu qu’électoralement ce soit payant. Et comme je le dis souvent, malheureusement j’exagère à peine en évoquant une situation qui ne cesse de se dégrader. Et j’en profite pour dire une fois encore que je suis très heureux de faire partie d’un mouvement qui, sans verser dans l’angélisme, est quand même très à cheval sur les règles élémentaires régissant les droits humains.
Mais revenons aux réactions que l'on peut avoir sur les images frappantes qu’offre cette vidéo. Déjà, il y a la nécessité impérieuse de construire de nouvelles prisons. Problème, les caisses sont vides, et pour parler comme le président de la République, « on ne peut pas vider davantage des caisses déjà vides », encore que…le pouvoir sait trouver de l’argent, par exemple pour les banques. En tout cas, c’était bien la peine de nommer en 2002 un ministre dont le rôle était d’organiser « le parc des prisons » pour les années à venir. Ou en est-on aujourd’hui ? Certains disent que cela se fait, mais apparemment ce n’est pas aussi simple qu’on nous l’a vendu à l’époque, ce dont on se doutait. En tout cas, on nous promet pour bientôt 10.000 places de plus, mais à quoi cela va-t-il servir si dans le même temps la population carcérale augmente de 15 ou 20.000 personnes.
A ce propos, on se demande bien comment la dite population peut bien augmenter à cette vitesse avec l’arsenal législatif qui est le nôtre…à moins de privilégier systématiquement la prison, au détriment du bracelet électronique ou des travaux d’intérêt général qui ont contre eux l’énorme défaut de coûter cher, trop cher pour nos finances publiques. Et puis, comme je l’ai dit tout à l’heure, mettre les délinquants en prison et « en faire des tonnes » sur la répression est porteur électoralement parlant. C’est donc tout bénéfice pour un pouvoir qui a épuisé depuis longtemps ses marges de manœuvre budgétaires, car une vraie politique carcérale nécessite beaucoup de personnels, d’éducateurs etc., ou si l’on préfère des moyens très importants. On comprend pourquoi les juges ont du mal à accepter les diktats de la Chancellerie, alors qu’on ne leur donne pas les possibilités de faire convenablement leur métier.
En résumé et au risque de me répéter, je pense que sur ce sujet comme sur tant d’autres on se contente de délivrer des messages destinés à donner bonne conscience à des citoyens qui, hélas, sont très réceptifs sur le sujet à la communication gouvernementale. Il suffit d’entendre certaines réflexions de gens bien pensants n’hésitant pas à comparer la prison « au Club Med », pour voir les ravages induits par ce type de communication. Et pourtant que savent-ils ces gens de la condition des prisonniers ? Rien ou si peu, et même s’ils ont une idée ils jouent les tartuffes en refusant de voir ce qu’ils ne sauraient voir.
Pourtant avec des conditions de détention aussi inhumaines, il ne faut pas s’étonner si cette population a la rage au cœur quand elle sort de lieux aussi mal famés. Et puis, pourquoi la prison serait-elle nécessairement un lieu aussi répugnant et destructeur, alors précisément que ce devrait être un endroit où les individus qui ont fauté devraient pouvoir se reconstruire. De toute façon que les braves gens, ou ceux qui se prennent pour tels, ne se fassent pas d’illusions : si on continue sur cette voie, le niveau de violence ne fera qu’augmenter dans la société. En outre, si la prison telle qu’elle existe dans notre pays était si dissuasive, pourquoi la délinquance ne baisse-t-elle pas ? Décidément il est plus facile de jouer aux donneurs de leçons, et au gouvernement de surfer sur la désespérance des gens, que de régler les problèmes.
10:33 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.12.2008
La crise et ses conséquences, suite…
Hier je parlais de la gravité de la crise qui affecte l’économie mondiale, et notamment celle des Etats-Unis et de la France même si chez nous le sujet est tabou. Par ailleurs il y a quelques jours, je disais que si le gouvernement tablait sur un déficit budgétaire de 70 milliards d’euros, cela voulait dire qu’il serait de 80 milliards. Et bien j’avais encore sous-estimé les chiffres puisque maintenant le gouvernement prévoit pour l’an prochain un déficit de 80 milliards…mais avec une croissance de 0,2 à 0,5%. Etant entendu que celle-ci sera beaucoup plus faible, le chiffre du déficit l’an prochain sera donc très proche de 100 milliards, voire même le dépassera, ce qui sera sans précédent dans l’histoire de notre pays comme l’a reconnu le ministre du Budget, Eric Woerth. Bas les masques !
Ce qui ne nous console pas pour autant, c’est de voir la panique qui s’installe aux Etats-Unis au point qu’on peut lire un peu partout cette phrase de Georges W. Bush, toujours président des Etats-Unis : « J’ai abandonné les principes de l’économie de marché pour sauver le système d’économie de marché ». C’est clair et net, et dit autrement cela se traduit par : « Il faut protéger le capitalisme des capitalistes ». Au fait c’est curieux, mais on n’entend plus Nicolas Sarkozy sur le sujet, lui qui voulait refonder le capitalisme en cent jours. Il est vrai qu’aujourd’hui notre président est passé à autre chose, et que ce qu’il a dit il y a quelques semaines ne compte plus…comme d’habitude.
Pour revenir à l’Amérique, il y a quand même une question que nous sommes nombreux à nous être posés il n’y a pas si longtemps, à savoir ce que l’on va faire quand les taux seront à zéro. Ils y sont à présent, ce qui fait dire à certains économistes que l’Amérique est devenue le Japon, ce qui est à la fois vrai et faux. Vrai parce que les taux japonais sont restés longtemps à ce niveau, ce que les Etats-Unis d’Amérique envisagent s’ils l’estiment nécessaire, mais faux parce que s’il le faut la Réserve Fédérale (FED) va déployer toute une série de mesures, par exemple des achats de titres à long terme pour guider de manière active les anticipations des marchés.
Par ailleurs si l’on en croit son président, Ben Bernanke, la FED est prête à oublier pendant quelques temps les risques inflationnistes, parce qu’il faut à tout prix ne pas laisser s’installer la déflation. Le risque en effet avec les taux zéro est de laisser se développer une bulle spéculative, avec à la fois abondance de liquidités bon marché et leur afflux sur les marchés financiers. Bien entendu, pour ne pas risquer de voir se développer cette bulle de manière anarchique, donc pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets que dans un passé récent, la FED nous promet que l’on va installer « des garde-fous à travers une conduite prudente de la politique monétaire, budgétaire et de supervision bancaire ». Sur ce plan on nous permettra quand même d’être quelque peu sceptiques, surtout avec les mesures annoncées par la nouvelle administration Obama.
Toutefois comme je le dis souvent, le pire n’est jamais sûr, et même si l’on voit une banque centrale alimenter les anticipations d’inflation, alors que son rôle est plutôt de les contenir, rien n’indique que l’inflation va repartir et ce, pour plusieurs raisons. Tout d’abord les banques ne semblent guère disposées pour le moment à ouvrir en grand les vannes du crédit, aux Etats-Unis comme en Europe et en France, et d’autre part parce que dans la conjoncture actuelle rien n’indique que la demande de crédits de la part des consommateurs puisse suivre, les ménages américains étant dans l’ensemble largement surendettés. En France on n’en est pas là, mais dans notre pays ce sont les inquiétudes sur l’évolution conjoncturelle qui freinent la demande de crédit, malgré les efforts du gouvernement pour cacher la situation.
Cela précisé, pour revenir à la comparaison entre les Etats-Unis et le Japon des années 90, il y a quand même une grande différence, à savoir que la demande pour les emprunts d’Etat reste énorme si l’on en croit les économistes Outre-Atlantique (ceux qui ont de l’argent doivent bien l’investir quelque part), même si leur rendement sera durablement faible. Tout le monde s’accorde à dire que les rendements des emprunts à 10 ans resteront proches de 2% au début de l’année 2009, et ce n’est que vers le milieu de l’année qu’ils pourraient remonter quelque peu. Par ailleurs les Etats-Unis bénéficient de la part des agences de notation de la meilleure note, ce qui garantit les emprunts d’Etat d’une prime de risque minimale (surplus d’intérêt demandé par les prêteurs), même si celle-ci a beaucoup progressé ces derniers mois.
Au passage j’en profite pour espérer que les dérives budgétaires françaises ne vont pas trop peser sur cette prime de risque qui est déjà très supérieure à celle de l’Allemagne (+ 0,43% pour la dette française par rapport à la dette allemande). Cela il faut le savoir, même si on n’en parle pas (ou si peu dans les médias), et comme je le disais précédemment ce ne sont pas les perspectives économiques et budgétaires de notre pays pour l’année à venir qui vont améliorer les choses. Encore une fois bravo à Nicolas Sarkozy et son gouvernement de nous avoir placé dans une telle situation de faiblesse. Ah, si seulement le président de la République acceptait de revenir sur le paquet fiscal et reconnaissait qu’il nous « mène droit dans le mur ». Mais n’est-ce pas trop lui demander, et pour parler comme les mauvaises langues, est-il réellement conscient de la situation ? On finirait presque par en douter.
Michel Escatafal
10:12 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
17.12.2008
Pourquoi les Français ne seraient-ils pas aussi adultes que leurs voisins?
Finalement il n’y a qu’en France où l’on ne juge pas la situation économique aussi sérieuse qu’elle l’est réellement, sauf pour ceux hélas de plus en plus nombreux qui sont touchés. C’est toute la différence avec ce qui se passe dans les autres pays. Chez nous, aux informations télévisées on parle de tout, de Noël qui s’approche, de la pluie ou de la neige et du beau temps, on parle aussi de l’importantissime réforme de l’audiovisuel, aux yeux du chef de l’Etat, alors que personne ne lui avait rien demandé, bref on évoque mille sujets…sauf les sujets économiques. Et pour cause, parce que si on disait la vérité aux Français il est vraisemblable qu’ils pourraient avoir mal à la tête. Et pourtant, est-ce que les Français sont plus débiles que leurs voisins européens où on essaie de leur dire la vérité sur ce qui les attend? Sûrement pas.
Quand on lit les informations données aux Allemands, aux Britanniques, aux Italiens ou aux Espagnols pour ne citer qu’eux, on s’aperçoit qu’on essaie de préparer les populations à une crise qui va être à la fois durable et très difficile à supporter. On prévient même que cela pourrait être sans précédent depuis des décennies, et que la reconstruction sera lente et exigera des sacrifices, d’une manière ou d’une autre. En France, rien de tel. On passe son temps depuis quelques jours dans les milieux gouvernementaux et les médias, à se féliciter d’avoir un président comme Nicolas Sarkozy, l’homme qui a changé l’Europe. On s’autocongratule en faisant semblant de penser que la France est redevenue le phare du monde, et que son président « est un des deux ou trois personnages les plus importants sur notre planète », dixit un des proches de Nicolas Sarkozy.
Ce ne serait plus de l’amour que la France porterait à son président, mais presque de la vénération. Voilà le type de balivernes que l’on peut entendre et lire quotidiennement dans notre beau pays. Et pourtant la situation est grave, au point que les Etats-Unis viennent d’abaisser hier le taux de la Réserve Fédérale (la FED) au niveau le plus bas de son histoire (entre 0% et 0,25%), et les autorités américaines de déclarer que ces taux seront maintenus ainsi pendant un certain temps. De plus, non contente de cela, la FED affirme de manière explicite qu’elle mettra tout en œuvre pour faciliter le fonctionnement des marchés, et stimuler l’économie. Des mesures non pas de crise, mais quasiment des mesures de guerre. Elle va encore accroître le volume de ses achats d’actifs hypothécaires, et envisage la possibilité d’acheter des bons du Trésor à long terme, afin de réduire le coût du financement de l’économie.
Tout cela signifie que les autorités monétaires américaines ne ménageront aucun effort pour relancer une économie engluée dans la récession, à un niveau sans précédent depuis l’après-guerre. Et ce que prépare l’administration Obama va aussi dans ce sens avec un ensemble de mesures fiscales qui représentent 7 à 8% du PIB en deux ans, sans parler de prêts hypothécaires subventionnés à 4,5% par Fannie Mae qui est à présent dans le giron de l’Etat fédéral. Bien entendu, on pourrait discuter à l’envie l’efficacité de ces mesures.
Pour ma part je ne suis pas sûr que cela règlera les problèmes, car je suis de ceux qui pensent que c’est d’abord l’épargne qui finance la croissance durable et non le crédit à outrance. Par ailleurs, à quel niveau va se trouver le dollar dans quelques mois ? Voilà beaucoup de questions qui se posent à propos des décisions de la FED qui montrent, à l’évidence, que les Américains sont en train de brûler leurs derniers vaisseaux, en espérant que les Européens n’en pâtiront pas exagérément. Mais chacun sait que, Barack Obama ou un autre, les Américains pensent d’abord à eux, avant de penser aux autres.
De toute façon les autres, nous Européens compris, vont souffrir, même s’il est interdit d’en parler en France. En Italie, une étude de la Confindustria (Confédération générale de l’industrie italienne) révèle que le PIB italien baissera de 1,3% en 2009 contre 0,5% cette année, ce qui pourrait entraîner la perte de 600 000 emplois entre 2008 et 2010. Quant à l’Allemagne, elle s’attend à un plongeon de 3% de son PIB, du jamais vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale, ce qui explique qu’Angela Merkel envisage un deuxième plan de relance destinée cette fois à soutenir un renouvellement des infrastructures (routes, écoles..) et la recherche.
Elle a redit aussi récemment que les états doivent faire attention à ne pas creuser davantage la dette, mais plutôt encourager l’investissement des entreprises. Cela va sans dire… Et pendant ce temps dans notre pays on fait tout le contraire, presque comme si la crise n’existait pas, et on suit pas à pas Nicolas Sarkozy, on parle de ses échanges au Parlement européen avec Cohn-Bendit, du report de la réforme des lycées, de la fraîcheur des relations entre socialistes, de la chute dans les sondages de popularité de Bernard Kouchner etc. Mais quand nous prendra-t-on pour des citoyens adultes ?
Michel Escatafal
10:27 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.12.2008
Nicolas Sarkozy est-il européen ?
Nicolas Sarkozy est-il un authentique européen ? Voilà la question que l’on peut se poser après les six mois de présidence de la France du Conseil européen. Bien entendu la presse française, dans un bel ensemble, répond quasiment à l’unanimité que la présidence française fut une grande réussite. Et d’ajouter dans la foulée que Nicolas Sarkozy a plus fait avancer les choses en six mois que pendant des années auparavant. On n’en attendait pas moins de nos médias, dont je maintiens qu’ils sont de plus en plus nombreux à être à la botte de notre président de la République, au point que les femmes et hommes politiques français ont parfois des difficultés à exprimer un point de vue serein face à eux.
Pour ma part, je pense que la réponse à la question sur les convictions européennes de Nicolas Sarkozy est négative. Pour moi Nicolas Sarkozy n’est pas européen, parce qu’il est d’abord « sarkozyste ». En fait il se sert de l’Europe quand ça l’arrange…ou quand ça le dérange. C’est tout le contraire d’une véritable attitude européenne. Nicolas Sarkozy s’est servi de sa présidence du Conseil européen, comme il s’est servi de son poste de ministre de l’Intérieur avant son élection en 2007. De plus, il a eu la chance de voir l’Europe confrontée à la crise dans le Caucase et à la crise financière, particulièrement bienvenue pour lui pour occulter sa responsabilité dans les difficultés économiques que rencontre notre pays.
Essayons donc de voir comment et pourquoi celui que certains n’hésitent pas à comparer à Bonaparte, ce qui est quand même très exagéré à tous points de vue, a tellement impressionné nos médias. Je dis bien nos médias, parce que contrairement à une idée répandue en France, il n’est pas tellement encensé dans les autres pays, notamment en Allemagne, en Grande-Bretagne ou aux Etats-Unis. Dans ces pays en effet, notre président représente allègrement tous les défauts qui sont attribués aux Français, à savoir un coté « m’as-tu-vu » qui ne ferait que masquer nos faiblesses, ce qui n’est pas faux.
Il est vrai que l’on n’est pas habitué dans les chancelleries à des phrases du style : « Je n'ai pas envie de négocier jusqu'à 4 heures du matin pour trois cacahuètes », ou encore comme il l’a rapporté en conférence de presse, d’après un journaliste du Monde, à propos du président polonais qui se vit refuser le micro : « Quand on est vingt-sept, on prend la parole une fois et pas six fois". Cette remarque est d’autant plus amusante que Nicolas Sarkozy n’aimerait pas qu’on lui fasse subir pareil traitement, y compris quand il dit à des dirigeants peu enclins à l’idée d’accepter un compromis dont ils ne veulent pas : « C'est non négociable ? Prépare-toi à annoncer l'échec ». Tout cela fait dire à l’étranger : « Mais pour qui se prend-il ? », les même pouvant ajouter avec perfidie, « avec tous ses déficits ».
Ce qui est plus gênant encore dans notre pays, c’est cette propension à ne voir que ce que fait notre président…en bien naturellement, et à délivrer par avance une mauvaise note aux autres, par exemple à la présidence tchèque au premier semestre 2009. Certes entre le président de la République de ce pays Vaclav Klaus, et son ministre des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg, il est difficile de trouver a priori dirigeants plus eurosceptiques, de surcroît prêts à faire beaucoup d’efforts pour soutenir une adhésion rapide de la Turquie à l’Union Européenne. Cela dit respectons les règles du fonctionnement actuel de l’Union, et laissons les Tchèques se préparer à assurer cette présidence. Peut-être ne démériterons-ils pas dans ces fonctions, et se montreront-ils plus constructifs que la presse française le prétend.
Et oui, voilà où nous en sommes avec les autres à force de vouloir encenser notre président de la République, dont je rappellerai au passage qu’un authentique européen ne peut pas critiquer l'euro comme il sait si bien le faire. Dans la situation où se trouve notre pays, imaginons ce qui pourrait se passer sans la monnaie unique. Non, il vaut mieux ne pas y penser. De plus, un authentique européen ne se serait pas montré aussi profondément atlantiste. Par ailleurs, un authentique européen voudrait que les instances communautaires ne soient pas confinées dans un rôle, ô combien restrictif, de gardiennes des traités.
Enfin, et c’est sans doute le plus important, un président profondément européen chercherait à ce que son pays respecte au minimum ses engagements en ce qui concerne ses finances publiques, ce que nous ne faisons pas et qui est assimilé à un extraordinaire aveu de faiblesse. Rien que cela suffit à démontrer que Nicolas Sarkozy fait, comme on dit familièrement, « de l’esbroufe ». Il est vrai que pour lui comme pour ses laudateurs, il suffit d’affirmer pour que ce soit réalité. Hélas tout cela ne dure qu’un temps, car ce n’est pas forcément « en croyant aux roses qu’on les fait éclore ».
Michel Escatafal
10:31 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
13.12.2008
La relation franco-allemande n'est plus ce qu'elle était
Depuis l’époque De Gaulle-Adenauer, à partir de 1958, en passant par le couple Giscard-Schmidt dans les années 70, puis Mitterrand Kohl dans les années 80 et 90, jusqu’à la relation très amicale entre Chirac et Schroeder, le couple franco-allemand avait été le moteur d’une certaine idée de l’Europe. Une Europe qui avançait pas à pas, une Europe qui se construisait à coups de compromis, une Europe qui avait réalisé un de ses grands projets avec la monnaie unique, une Europe enfin où il semblait que les deux grands partenaires historiques de la construction européenne, la France et l’Allemagne, avançaient ou essayaient d’avancer dans le même sens, y compris sur le plan économique.
Oh certes, j’ai employé à dessein le mot économique pour souligner les difficultés de convergence entre deux pays au départ très différents. Cependant, si l’on excepte la parenthèse de 1981-1983, les deux pays ont fait beaucoup pour arriver à ce qu’il y ait un minimum de convergence entre eux, ce qui a débouché sur le Système monétaire européen (1978) à l’époque Giscard-Schmidt et sur la monnaie unique (traité de Maastricht 1992) à l’époque Mitterrand-Kohl. En effet, ne soyons pas dupes : si l’euro est la monnaie de 15 et bientôt 16 des 27 pays formant l’Union Européenne, c’est au couple franco-allemand qu’on le doit, et cela a été possible parce que telle était la volonté des deux pays et de leurs dirigeants. Sans cela rien ne se serait passé.
Aujourd’hui, l’attitude de la France et de l’Allemagne semble moins claire et plus floue qu’autrefois. Pourquoi ? Tout simplement parce que Nicolas Sarkozy n’arrive pas à s’entendre avec Angela Merkel, au point que l’on assiste à une redistribution des cartes en Europe, où le partenaire privilégié de la France est la Grande-Bretagne. Le problème c’est que la Grande-Bretagne reste une île, certes rattaché au continent par l’Eurostar, mais une île quand même. De plus, il semble aux yeux de tous les observateurs que cette alliance de circonstance entre Nicolas Sarkozy et Gordon Brown est la réunion de « deux bras cassés », face à une Allemagne qui comme entre 1974 et 1979 va sortir renforcée de cette crise.
Tout d’abord, entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, il y a déjà une grande différence de pratique démocratique. Angela Merkel ne peut rien décider toute seule face à des landers qui sont ne l’oublions pas des états dans l’Etat, face aussi à son parti (CDU) et notamment à l’aile droite bavaroise de ce dernier, face enfin à son gouvernement de coalition où le deuxième parti (SPD) pèse presque aussi lourd sur le plan électoral que la CDU. Bref, en Allemagne la démocratie n’est pas un vain mot, et les décisions ne se prennent pas à la légère, juste sur une envie… comme c’est plus que jamais le cas en France. C’est d’ailleurs ce qui étonne le plus les observateurs étrangers qui se demandent toujours si la France ne ressuscite pas l’Ancien Régime, alors que c’est le pays des Révolutions de 1789 et 1848.
Bien entendu ce mode de gouvernement est une source de divergence entre les deux pays. On a d’un coté les dirigeants allemands qui raisonnent toujours sur le moyen et le long terme, et de l’autre un président français qui est aussi Premier ministre, ministre de l’intérieur, de la Défense, des Finances etc. et qui réagit constamment en fonction des sondages d’opinion ou en fonction des intérêts de ceux qui lui sont proches. C’est pour cela que les médias ont l’impression que Nicolas Sarkozy est beaucoup plus prompt à réagir sur tout qu’Angela Merkel qui, par la force des choses, doit agir ou réagir avec prudence. A ce propos, et n’en déplaise aux thuriféraires de notre président de la République, on peut constater tous les jours que l’activisme ne fait pas nécessairement une bonne politique. On peut même ajouter qu’il est source de multiples erreurs puisque tout se fait, ou presque, à l’intuition et dans l’improvisation.
La deuxième grande différence entre les chefs de l’exécutif français et allemand, tient de la santé économique des deux pays et des mesures que l'on est amené à prendre. D’un coté l’Allemagne soucieuse de préserver ses intérêts et sa situation dans les années à venir, se veut extrêmement pragmatique face aux conséquences de la crise. De l’autre la France, par la voix et la volonté de son président, n’a d’autre alternative que la fuite en avant pour essayer de faire meilleure figure possible…en attendant des jours meilleurs. Il est évident que sur ce plan, l’Allemagne qui s’appuie sur un déficit budgétaire parfaitement contenu, sur un marché du travail qui continue à évoluer positivement et sur de remarquables performances en termes de commerce extérieur, est dans une situation infiniment plus favorable que la France, où la situation commence à devenir rien moins que catastrophique.
Dans ces conditions, il est tout à fait normal que les demandes de la France pour relancer la machine économique au niveau européen aient été prises de haut par les Allemands, et d’autres. Ceux-là en effet ont fait de gros efforts pour faire de vraies réformes, que certains ont payées d’une défaite aux élections, alors que les Français depuis 2002 n’ont rien fait pour améliorer leur situation, bien au contraire. Malgré des déficits considérables, proches de 3% du PIB, en période de croissance continue, dans notre pays on a continué à faire comme si de rien n’était, sans préparer l’avenir, en dépit de la volonté affichée par Dominique de Villepin d’essayer de réduire la dette, mais chacun sait que ce n’était pas lui qui avait la main.
Mieux même, au moment où la crise commençait à faire sentir ses effets, Nicolas Sarkozy a diminué les impôts pour ceux qui en avaient le moins besoin creusant encore davantage nos déficits. Comment dans ces conditions pourrait-on s’entendre avec les Allemands, et comment Angela Merkel pourrait-elle prendre Nicolas Sarkozy au sérieux ? Les uns ne veulent donner qu’une partie de ce qu’ils ont engrangé pendant plusieurs années afin de préserver l’avenir, et les autres ne cessent de distribuer de l’argent qu’ils n’ont pas. Pire encore, dans une période difficile ils trouvent le moyen de faire ce qu’ils appellent des réformes qui vont coûter à l’Etat et que personne ne leur demande, par exemple la suppression de la publicité dans l’audiovisuel public. Il est vrai qu’avec un déficit budgétaire annoncé de 70 milliards d’euros en 2009, donc en réalité d'au moins 80 milliards, on n’est plus à quelques centaines de millions près. Et vogue la galère ! Heureusement que nous avons l’euro comme bouclier protecteur, sinon…
Michel Escatafal
18:27 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
12.12.2008
A propos d’une émission de télévision…
Hier soir j’ai regardé l’émission « A vous de juger » sur France 2, dont l’invité principal était François Bayrou. Pour ma part je n’aime pas beaucoup cette émission, et après ce qui s’est passé hier soir je l’aime encore moins. En effet, alors que pour une fois nous avions l’occasion de voir et entendre François Bayrou, Arlette Chabot a trouvé le moyen d’inviter Arnaud de Montebourg et Jean-François Copé pour apporter la contradiction au président du MoDem. Jusque là il n’y a pas grand-chose à redire, sauf que le traitement n’a pas été le même entre Arnaud Montebourg et Jean-François Copé, et cela ne laisse présager rien de bon de la future télévision publique telle que l’a voulue Nicolas Sarkozy.
Tout d’abord le moins que l’on puisse dire est que la présentatrice de l’émission, Arlette Chabot, fait bien son travail au service du pouvoir ce que nous savions déjà depuis longtemps. Ce ne fut donc pas une surprise de la voir faire intervenir un des leaders du Parti Socialiste pendant un peu moins de deux minutes, alors que Jean-François Copé est resté sur le plateau pendant un laps de temps infiniment plus long. De plus si le mini-débat entre François Bayrou et Arnaud Montebourg a été à la fois correct et digne, ce ne fut absolument pas le cas entre le leader du Mouvement Démocrate et Jean-François Copé, par la faute de ce dernier, dont on rappellera qu’il est le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale, mais aussi maire de Meaux, tout en étant aussi avocat d’affaires, sans parler des travaux divers qui lui sont confiés par le président de la République. Ouf, on comprend qu’il ait les traits tirés !
Ce Monsieur en effet est arrivé sur le plateau avec des idées particulièrement belliqueuses, voire mêmes agressives, n’hésitant jamais à couper la parole à François Bayrou qu’il a qualifié à de nombreuses reprises « d’homme de droite », l'empêchant en outre de développer ses propositions pour donner un peu plus de pouvoir d'achat aux Français qui souffrent le plus de la crise. Bref, Jean-François Copé rentabilisait au maximum la tribune supplémentaire que l’on offrait sur un plateau à l’UMP pour expliquer sa politique à coup de contre-vérités, comme d’habitude serais-je tenté de dire, par exemple quand il s’est essayé à rapprocher le programme présidentiel de François Bayrou des mesures prises par Nicolas Sarkozy depuis son arrivée à l’Elysée.
François Bayrou a eu raison de relever ces contre-vérités, notamment sur la réforme de la télévision publique, même s’il s’est quelque peu loupé sur la création de la Haute- autorité. Cela étant, sur le sujet, il a eu tout à fait raison de souligner que le premier président de la République à avoir libéré l’audiovisuel du carcan de l’Etat fut bel et bien Valéry Giscard d’Estaing. En effet, c’est lui qui le 7 août 1974 fit éclater l’ORTF en sept sociétés indépendantes, dont 4 sociétés de programme (TF1, A2, FR3 et Radio-France). Toutefois, si la loi avait instauré les principes de concurrence entre les chaînes, elle maintenait le monopole d’Etat qui sera supprimé par la loi du 29 juillet 1982, avec création de la Haute autorité qui accordait les autorisations d’exploitation des stations de radio et télévision et qui, théoriquement, nommait les présidents des chaînes publiques, établissait le cahier des charges et veillait aux règles de concurrence.
J’ai dit théoriquement car dans les faits les pouvoirs de gauche ont nommé des gens de sensibilité plutôt à gauche, et les pouvoirs de droite des gens de sensibilité plutôt à droite. Cependant j’aurais tendance à dire que le pluralisme était relativement bien respecté, et je n’hésite pas à dire mieux qu’aujourd’hui et sans doute mieux encore que demain. Car enfin quoi qu’en dise Monsieur Copé, c’est le pouvoir politique qui va de nouveau désigner le président de la télévision publique, un retour en arrière de 27 ans, et en plus c’est ce même pouvoir politique qui attribuera les moyens destinés à son fonctionnement.
Pour ma part j’avoue que je ne regarde jamais la publicité à la télévision, mais je reconnais que cela permet aux chaînes publiques de disposer de moyens supplémentaires et garantis pour assurer son minimum d’autonomie. En revanche dans le futur, cette télévision publique sera totalement entre les mains du pouvoir, et comme les autres grandes chaînes sont la propriété des amis du président, il va falloir se lever de bonne heure pour que les gens soient réellement informés de ce qui se passe dans le pays. Nicolas Sarkozy qui aime à faire semblant de jouer les martyrs vis-à-vis des journalistes, aura ainsi à sa disposition une véritable armée pour distiller « sa bonne parole » et se tailler des postures sur mesure.
C’est pour cette raison que je dis et redis sans cesse que les militants des partis d’opposition, et notamment ceux du MoDem, vont avoir un énorme travail à réaliser si l’on veut espérer pouvoir battre Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle, car bien sûr tout le sens de la réforme de l’audiovisuel public est là. On fait un beau cadeau aux chaînes privées qui en seront fatalement reconnaissantes, et on prend le contrôle des chaînes publiques…en vue de 2012. C’est ce qui s’appelle le pluralisme à la mode Sarkozy, Fillon et Copé. Même en Italie, avec Silvio Berlusconi, on n’est pas allé aussi loin ! Et je sais de quoi je parle, car je regarde la RAI tous les jours.
Michel Escatafal
09:09 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


