30.12.2008
Des voeux pour que Barack Obama améliore les choses aux Etats-Unis
Au fur et à mesure que sa prise de fonction approche, Barack Obama semble avoir de plus en plus de pain sur la planche pour redresser le pays qui vient de l’élire président des Etats-Unis. Si j’osais une parenthèse, c’est d’ailleurs ce qui attendra le nouveau président de la République française en 2012, même si les problèmes ne sont pas tout à fait les mêmes parce que la France n’est plus aujourd’hui qu’une puissance moyenne. Pour revenir à Barack Obama, en plus de voir son pays confronté à une des crises économiques les plus graves que l’on ait connues depuis plus d’un siècle, en plus d’hériter de deux conflits qui n’en finissent pas et qu’il sait perdus d’avance en Irak et en Afghanistan, voilà qu’il va devoir essayer d'éteindre au plus vite un énième épisode du conflit israélo-palestinien.
C’est peut-être sur ce dernier point qu’on va savoir très rapidement si le nouveau président américain ne se contente pas d’avoir un charisme qui a le don d’électriser les foules. En effet avoir du charisme c’est bien, mais être efficace et pragmatique l’est davantage. Si son charisme ne lui sert qu’à gagner des élections, et bien les Américains ne sont pas sortis de l’auberge et des jours difficiles les attendent. De plus, compte tenu du poids des Etats-Unis d’Amérique dans le monde, cela signifie que par ricochet les autres régions de la planète en souffriront aussi.
Pour autant accordons-lui quand même le bénéfice du doute, d’autant qu’il semble avoir conscience que ce ne sont pas les mots qui font réellement avancer les choses. Il suffit de lire les déclarations de son conseiller Axelrod pour en être convaincus : « Manifestement, la situation (au Proche-Orient) est devenue encore plus compliquée au cours des deux derniers jours et des dernières semaines. Mais c'est une chose (la paix) pour laquelle il est déterminé à œuvrer ». Acceptons-en l’augure. En tout cas pour un baptême du feu, c’en sera vraiment un, car personne n’imagine, hélas, que ce nouvel épisode de la guerre que se livrent les Israéliens et les Palestiniens va s’arrêter d’un coup. Hélas, trois fois hélas, parce que comme toujours ce sont les populations civiles qui vont d'abord en subir les conséquences.
Cependant, il y a quand même quelque chose qui incite à la prudence en ce qui concerne Barack Obama, même si sa situation est assez inconfortable depuis son élection. Il est le président élu, mais pour encore quelques jours il n’est qu’élu et non en fonction. Cela lui permet de botter en touche sur certains sujets, comme disent les observateurs, en affirmant qu’il n’y a qu’un président des Etats-Unis, et que pour le moment celui-ci s’appelle Georges Bush. Cette interminable transition est ennuyeuse, mais à bien y réfléchir cela permet d'appréhender en totalité les dossiers et avancer très vite une fois investi.
Et il faudra qu’il avance très vite tant sur le plan national qu’international, d’autant que le monde entier doute de plus en plus de la capacité des Etats-Unis à maintenir une politique de leader mondial sur le plan économique, politique et militaire. Déjà sur le plan politique et militaire chacun sait que les Etats-Unis se voient de plus en plus contester leur leadership, même s’ils ont encore beaucoup d’avance sur un pays comme la Chine, et plus encore sur l’Union Européenne qui est encore loin d’être une puissance politique en rapport avec son poids économique. Ceux qui affirment que grâce à Nicolas Sarkozy la voix de l’Europe se fait davantage entendre qu’auparavant se trompent et nous trompent lourdement. Pour l’instant la voix de l’Europe pèse uniquement sur le plan économique et grâce à sa monnaie, comme je le disais dans mon précédent billet.
Barack Obama pour sa part sait très bien que les Etats-Unis, comme les autres pays développés, doivent changer radicalement d’optique sur le plan économique s’ils veulent que les choses évoluent positivement, à savoir en acceptant une fois pour toutes de considérer que les salaires ne doivent pas être le seul moyen de protéger les profits…destinés à s’investir sur les marchés financiers. Tout le reste ce ne sont que billevesées car au final c’est la demande qui en pâtit, et cette insuffisance de la demande rejaillit sur les pays émergents qui, à leur tour, auront des problèmes qui génèreront chez eux colère et révolte contre ceux qui seront la cause de tous leurs maux...au grand bénéfice des régimes en place, souvent peu en phase avec la démocratie.
Bien entendu nous pourrions disserter pendant des heures sur ces sujets, en espérant que la dure crise que nous vivons fera réfléchir non seulement l’administration Obama, mais aussi les Européens. De toute façon Américains et Européens n’ont pas vraiment le choix, car l’endettement public atteint des niveaux tels que les Etats ne pourront pas assumer très longtemps leur rôle de pompier au service exclusif des banques et des grandes entreprises. Et ces dernières seront bien obligés de prendre en compte le fait que l’endettement des ménages qui supplée l’insuffisance des salaires a ses limites. De plus si les Etats distribuent l’argent des contribuables aux puissances financières, cela se fait nécessairement au détriment des classes moyennes et des services publics.
L’actualité dans notre pays est là chaque jour pour nous rappeler où mène cette politique. Décidément Barack Obama a du travail devant lui, et nous Français devons impérativement essayer le plus possible d’atténuer les effets de la politique de Nicolas Sarkozy et sa majorité UMP. C’est l’occasion de formuler des vœux pour que cette majorité reçoive une sévère leçon aux prochaines élections européennes, et que les électeurs n’hésitent pas à voter pour ceux qui leur promettent de gouverner un jour autrement, les candidats du Mouvement Démocrate. En attendant je vous présente mes meilleurs vœux pour l’année 2009.
Michel Escatafal
18:03 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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