26.12.2008
L'hôpital se porte de plus en plus mal dans notre pays
Décidément l’hôpital va de plus en plus mal dans notre pays et ce n’est pas la faute des infirmières ou des praticiens. Un fait divers horrible pour les parents, avec la mort d’un enfant à qui a été administré du chlorure de potassium au lieu du chlorure de magnésium, vient de le prouver ces dernières heures. Du coup ce matin on ne parle que de cela à la radio ou à la télévision. Cela étant, on apprend aussi que l’infirmière qui a administré ce médicament est en garde à vue…et que la ministre de la santé, toujours contente d'elle-même, trouve cela tout à fait normal.
C’est tellement commode de s’exonérer de tous les problèmes qui touchent au ministère dont elle a la responsabilité, derrière une décision comme celle qui affecte cette infirmière, certainement une des plus malheureuses de ce qui est arrivé. C’est surtout tellement commode à travers une décision de cet ordre, d’éviter de se poser la question sur l’avenir de l’hôpital public et plus généralement sur le système de santé que nous voulons dans notre pays. Et en disant cela je ne fais que reprendre ce que soulignent depuis des mois et des mois les professionnels de santé, à savoir que plus on exigera des personnels soignants et plus il y aura d’accidents.
Hier Madame Bachelot était sans doute en train de fêter Noël en famille, comme beaucoup de Français, ce que je ne saurais lui reprocher, alors que des milliers d’infirmières ou de médecins-urgentistes étaient à leur poste pour s’occuper de malades. Pendant ce temps ceux qui nous gouvernent au plus haut niveau sont partis dans des destinations dites de rêve…pour se reposer. Très bien, sauf que nombre d’infirmières ou autres personnels hospitaliers n’ont pas la chance de pouvoir aller dans ces destinations ensoleillées au moment des fêtes de fin d’année, sans parler du fait qu’ils n’en ont pas le plus souvent les moyens. C’est cela le principe d’inégalité, et c’est aussi à cela que s’applique le fameux « selon que vous serez puissant… ».
Si le président de la République ou son Premier ministre, ou encore un ministre des Finances, prennent des dispositions qui vont plomber durablement les finances publiques du pays, alors même que s’annonce une crise dont tout le monde pressent qu’elle sera une des plus graves depuis près d’un siècle, personne ne songerait à les accuser de tous les maux et eux-mêmes ne pensent pas une seconde à s’appliquer la seule sanction qui vaille, à savoir qu’ils démissionnent de leur poste. Ils vont même jusqu’à répliquer que les Français les ont élus pour appliquer le programme qu’ils avaient annoncé, ce qui est d’ailleurs tout à fait faux.
En effet, combien de Français ont voté pour Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle en imaginant qu’il allait essayer de démolir tout ce qui touche aux services publics de notre pays. Les Français ont ils été bien informés sur la suppression de milliers de postes dans la fonction publique, qu’il s’agisse de l’enseignement, de la santé ou des transports ? Les Français ont-ils été prévenus qu’on allait faire des coupes drastiques dans le remboursement des médicaments ? S’attendaient-ils à ce que l’on ferme autant de services hospitaliers dans les zones rurales ? Sûrement pas, et je ne fais que citer que quelques exemples.
Et le pire est que tout cela intervient au moment où notre pays aurait précisément le plus besoin du soutien des pouvoirs publics sur le plan social. En disant cela je ne fais aucune démagogie, et je ne suis toujours pas converti au « tout Etat ». Loin de moi cette idée d’imaginer que l’Etat doit s’occuper de tout, mais en revanche je suis tout à fait en accord avec François Bayrou quand il dit que l’Etat est de moins en moins présent là où il faudrait qu’il soit, et de plus en plus présent là où on n’a pas besoin de lui. La santé est un domaine quand même primordial de la vie des Français. Je dirais la même chose de l’éducation et l’enseignement, pour ne citer qu’eux, et curieusement ce sont les domaines où le gouvernement décide de pratiquer à grande échelle des coupes claires dans les budgets…pour faire des économies.
Alors ne nous étonnons pas si les personnels des hôpitaux n’en peuvent plus, si l’enseignement dans notre pays produit chaque année des diplômés qui ne trouvent pas de travail, ou plus simplement des étudiants sortant sans diplôme du collège ou de l’université. En revanche on apprend que les budgets liés aux services de la présidence de la République, mais aussi des deux Assemblées sont en progression importante, voire même explosent…pour les résultats que l’on connaît (100 milliards de déficit budgétaire en 2009 !). Je pense, et je suis persuadé, que si les gens élisent François Bayrou à la présidence de la République en 2012, ils ne feront pas un constat aussi catastrophique un an et demi après.
En tout cas, et parce que j’y aurai contribué à mon modeste niveau, je serais de ceux qui seront très vigilants pour qu’enfin notre pays soit « gouverné autrement », et notamment que les domaines prioritaires pour la vie et l’avenir de nos enfants ne soient pas sacrifiés sur l’autel de la rigueur… au profit exclusif des plus riches et des plus puissants. Après tout si je suis tellement fier d’avoir servi et suivi Raymond Barre à la fin des années 70, dans une conjoncture presque aussi difficile qu’aujourd’hui, c’est parce que la France se portait plutôt mieux que les autres pays développés sur le plan économique et social. Mais à l'époque tout le monde était obligé de mettre la main à la poche, y compris les plus favorisés.
Michel Escatafal
11:11 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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Commentaires
L'hopital va mal certes mais Je ne pense pas qu'il aille si mal que cela .Ce qui va mal
ne sont pas tant les conditions de travail des personnels qui le font vivre, voire survivre, mais leurs reconnaissances en terme de salires mais de professionnels. (Les salaires sont dérisoires, si l'on fait reférence aux responsabilités).Il est révolu le temps des "bonnes soeurs" et de la "foi".
Il serait également judicieux, dans cette triste affaire de l'infirmiere responsable de la mort d'un enfant, de ne pas la charger mais d'étudier le processus qui a conduit au déces de ce petit.
En France , la notion de Faute est toujours associée à celle de sanction.
Avant de jetter la pierre, posez un diagnostic des conditions de travail, des moyens mis en oeuvre pour associer sureté des soins, efficience et qualité.
L'hopital ne fait plus recette, pour preuve cette pénurie de personnels. Messieurs les responsables du gouvernement, posez vous les vraies questions du" pourquoi", interrogez le terrain, auditez non par des têtes pensantes bien faites, certes mais deconnectées du terrain, confiez cette mission à des personnes qui ont le nez dans le cambouis, vous aurez en plus des réponses à vos questions , des solutions.
Cadre de santé, j'ai quotidiennement à gerer le casse tête, de la qualité des soins et de la sécurité associé au manque de personnel. Les arcanes des prise de décisions du pur bonheur du comment faire compliqué!!!!!
Ecrit par : chauvancy marie claire | 26.12.2008
L'hopital va mal et c'est normal car personne ne veut faire confiance à ceux qui le connaisse. C'est pour ça que personne est content malgré le dévoument des gens qui y travaille et ça il faut le dire.
Ecrit par : coco rico | 26.12.2008
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