22.12.2008
La prochaine crise c'est pour quand?
En lisant les journaux on apprend que Nicolas Sarkozy restera en vacances au Brésil après son déplacement officiel dans le pays, alors que son Premier ministre se trouve lui en Egypte. Même si les têtes de l’exécutif de notre pays ont le droit de se promener et de partir en vacances à l’étranger au soleil, je pense que dans la période actuelle il eut mieux valu que nous ne fussions pas informés de ces déplacements, au moment où notre pays s’enfonce dans une crise historiquement grave. Peut-être est-ce encore une autre façon de nous indiquer qu’il ne faut pas s’affoler, et qu’il faut continuer à consommer comme si de rien n’était. Et puis hier on a travaillé partout le dimanche, ce qui a dû faire plaisir à notre président de la République et l’a consolé de l’affront que lui ont fait les députés, y compris UMP, en édulcorant sévèrement le texte qu’il avait concocté sur le travail dominical à l’unanimité de lui-même…comme d’habitude.
Mais en lisant les journaux on a aussi continué à évoquer le roi incontesté de l’arnaque financière, Bernard Madoff, dont personne ou presque ne connaît le nom, mais dont tout le monde a entendu parler car il a reconnu lui-même avoir organisé une fraude portant sur une cinquantaine de milliards de dollars. Evidemment, arrivé à certains niveaux, les chiffres ont du mal à être parlants pour nombre d’entre nous. Pour donner un ordre d’idées je dirais que c’est à peu près 4 fois le PNB d’un pays comme l’Ethiopie, et presque celui de la Slovaquie. C’est énorme et scandaleux. Ce l’est d’autant plus que ce Monsieur affirmait sans rire il y a un peu plus d’un an que, « compte tenu de la régulation en place dans le système financier, il est virtuellement impossible d'enfreindre les règles. C'est quelque chose que le grand public ne comprend pas. Les gens pensent que tous les financiers peuvent violer les règles. Mais il est impossible qu'une violation reste ignorée, surtout si elle s'étale sur une longue période.» On ne pouvait pas être plus cynique !
Et le pire est que tout ce qui compte dans le monde financier applaudissait à ces propos en apparence pleins de sagesse. Mais plus pire encore, si j’ose m’exprimer ainsi, c’est qu’on trouve à ce Bernard Madoff des circonstances presque atténuantes parce qu’après tout s’il a fraudé depuis des années, c’est parce qu’on l’a laissé faire. Et puis nombreux ont été et sont encore à lui reconnaître beaucoup d’humour, puisque pour lui le seul moyen d’éliminer tout risque d’arnaque consistait à confier la régulation des transactions financières à un ordinateur. En effet, il fallait y penser …sauf si pour parler comme lui « l'ordinateur est programmé pour violer les règles!». Hilarant ! Et pendant ce temps dans toutes les entreprises on serre la vis sur les salaires, pour rémunérer davantage le capital prêt à s’investir dans des fonds véreux.
Décidément comme l’a répété maintes fois ces derniers temps Nicolas Sarkozy, il faut réformer le capitalisme financier. Notre président avait plus que raison, mais c’est dommage qu’il n’en parle plus aujourd’hui. Il est vrai que depuis, il y a eu la loi sur l’audiovisuel, celle relative au travail du dimanche et maintenant les vacances au Brésil. Gageons que moins d’un mois et demi après ses fortes paroles sur la question, il ait réalisé qu’on ne réforme pas comme cela le capitalisme financier. D’ailleurs comment pourrait –on le faire puisque personne ne veut ou ne peut mettre en place un autre mécanisme pour réguler la finance internationale.
Et malheureusement chacun devine bien ce qui va se passer. Dès que les effets de la crise commenceront à s’estomper, ceux qui nous y ont plongé vont de nouveau recommencer à jouer, aidés en cela par ceux qui vont s’appliquer à diminuer le coût du travail pour offrir un maximum d'argent à la spéculation internationale. De leur coté nombre de politiques, qui ne sauraient rien refuser à ces apprentis sorciers, s’appliqueront à rogner sur ce qui reste d’avantages acquis et de programmes sociaux. En outre, ils trouveront même le moyen de culpabiliser les gens en leur disant "qu’on ne peut pas vider des caisses déjà vides".
Michel Escatafal
19:28 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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