29.11.2008
La cigale ayant chanté tout un été…
C’est effectivement un titre approprié sur l’évolution de la situation dans notre pays. Nul doute que s’il était vivant La Fontaine se régalerait à la vue de ce qui se passe en France depuis un an et demi. Il n’aurait même pas besoin de se ménager des subtilités comme, paraît-il, le font les journalistes du Canard Enchaîné pour livrer de manière satirique des informations qui ne paraissent nulle part ailleurs. A ce propos j’en profite pour dire que cela fait 45 ans que je lis le Canard Enchaîné, et que je continuerai à le lire car c’est le seul journal « libre » de notre pays dans la mesure où il n’a pas besoin de la publicité pour vivre.
En tout cas le Canard Enchaîné comme les journaux étrangers vont avoir de quoi se régaler, hélas, pour parler de la politique initiée par Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée. Certains m’envoient des courriels presque incendiaires me disant que j’exagère dans mes critiques à l’encontre du pouvoir, mais je réponds une nouvelle fois que je ne fais que dire la vérité telle qu’elle apparaît objectivement. Et force est de constater que tout ce que je disais il y a un an ou plus est en train de se réaliser et là aussi, au risque de me répéter, je ne m’attribue aucun mérite. Tout ce qui arrive était écrit dans les faits : Nicolas Sarkozy est un prestidigitateur, certes de talent, mais un prestidigitateur quand même.
La meilleure preuve nous l’avons eu cette semaine : au moment où le nombre de chômeurs dépasse pour la première fois le chiffre de 2 millions depuis mai 2007, au moment où notre pays enregistre la plus forte hausse du chômage depuis…mars 1993, le chef de l’Etat en est à se demander s’il est nécessaire d’avoir deux régions Normandie. Et de donner rendez-vous au printemps (pourquoi au printemps en non en hiver ?) pour trouver un consensus sur la réforme des échelons administratifs. Bref, une nouvelle idée sortie du chapeau du président de la République, comme à l’habitude quand les affaires ne tournent pas dans le sens souhaité par le gouvernement. Il est vrai qu’il y a de quoi s’inquiéter dans notre beau pays, car entre le nombre de chômeurs qui explose, nos déficits qui deviennent abyssaux etc., tout va de mal en pis.
Dès les premiers jours qui ont suivi son élection, Nicolas Sarkozy irradiant de bonheur se croyait tout permis et exonéré de tout, tant sur le plan économique que social. On n’a pas besoin de revenir sur ses déclarations de l’époque, ni sur ses provocations notamment à l’égard des plus défavorisés qui devaient « se bouger davantage » pour trouver un travail ou simplement pour mieux « s’en sortir ». Et plus c’était gros, mieux ça passait parce que tous les commentaires ou presque faisaient dans la dithyrambe. On avait l’impression de vivre dans un pays irréel dirigé par un homme qui savait tout et qui allait résoudre tous les problèmes.
Pour commencer il allait faire revenir les riches, et ceux-ci étant revenus grâce entre autres au bouclier fiscal, ils allaient faire profiter le pays de leurs richesses. Ils allaient aussi servir d’exemple, et c’est pour cela que nous allions avoir une France de propriétaires, une France peuplée de gens qui n’avaient pas peur de prendre des risques, notamment en n’hésitant pas à s’endetter. Bref notre pays allait marcher sur les bons rails, contrairement à ce qui se passait avant l’avènement du "grand petit homme". On allait voir ce qu’on allait voir, la France retrouvant son rôle de phare de l’humanité.
Malheureusement aujourd’hui la réalité dépasse l’affliction et le roi Sarkozy est nu. Tel est le constat que l’on peut faire parce que le roi n’a pas les moyens de ses ambitions. Et comme il a fait preuve de beaucoup d’arrogance à ses débuts de président, et plus encore pendant les premiers mois de la présidence européenne de la France, ses partenaires européens lui font payer au prix fort ses rodomontades, par exemple Angela Merkel qui en est presque à refuser tout ce que propose Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’elle a pour elle l’arme absolue, à savoir un budget quasiment à l’équilibre, alors que le notre explose de toute part en partie à cause des mesures prises dans le cadre de la loi TEPA (en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat) .
Même les Chinois s’y mettent pour infliger la pire des vexations à notre président en refusant de participer à une réunion au sommet entre l’Europe et la Chine, parce que Nicolas Sarkozy va serrer la main du dalaï-lama…à Gdansk à l’occasion d’une réunion de Prix Nobel. Quelle humiliation quand on songe aux tribulations et tergiversations de Nicolas Sarkozy pour ne pas rencontrer le chef spirituel tibétain avant les Jeux Olympiques. Quelle humiliation d’être le seul dirigeant européen mis ainsi à l’index, alors que la plupart de ses collègues chefs de gouvernement se sont montrés infiniment plus critiques vis-à-vis du comportement des dirigeants chinois sur l’affaire tibétaine. Et oui cela démontre bien que Nicolas Sarkozy est surtout fort pour jouer les fiers à bras sur France 2 ou TF1. Mais qui en doutait réellement ?
Michel Escatafal
16:20 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
25.11.2008
Un exemple à méditer…
Au moment où Nicolas Sarkozy manifeste son mépris pour les petits pays de l’Union Européenne, et en rappelant que dans un peu plus d’un mois la France n’assurera plus la présidence tournante de l’Union Européenne, on a appris en début de mois une nouvelle qui n’a pas fait grand bruit en France. En effet, le gouvernement slovaque a adopté un projet de loi permettant à l’Etat d’empêcher la première compagnie gazière du pays (SPP), détenue en partie par EON l’allemand et …GDF Suez le français, d’augmenter ses tarifs de gaz pour les ménages.
« Nous avons opté pour la voie du veto pour que l’Etat en tant que propriétaire majoritaire dispose du pouvoir de décider des prix du gaz » a déclaré le Premier ministre Robert Fico. Cela démontre clairement que si l’Etat ne peut pas tout, il peut encore beaucoup à condition d’en avoir la volonté. Cela prouve aussi, comme l’a toujours affirmé François Bayrou, que des sociétés comme EDF et GDF auraient dû former une seule entité appartenant à l’Etat, car de cette manière celui-ci est libre d’imposer les tarifs qu’il juge les plus appropriés en fonction de la conjoncture...ce qui théoriquement est encore le cas, mais qu'on n'utilise pas comme on le devrait.
Bien entendu le français GDF Suez, peu habitué chez nous à être malmené de la sorte, a considéré cette initiative comme « une restriction des droits managériaux contractuels » obtenus lors de la privatisation de 2002. Cependant si privatisation du gaz il y a eu, l’Etat slovaque s’est gardé 51% des parts de la nouvelle compagnie SPP dont GDF Suez et EON Ruhrgas possèdent 49%. A ce propos, il faut noter que le gouvernement social-démocrate au pouvoir en Slovaquie avait même proposé de racheter le mois dernier les parts détenues par GDF Suez et EON au prix payé par les deux compagnies. On imagine la réponse des gaziers français et allemands, d’autant que les conditions de cette privatisation ont été beaucoup critiquées à l’époque.
En disant cela, je pense qu’en France on pourrait proposer la même chose pour la privatisation des autoroutes, car là aussi on ne pouvait qu’être très critique sur la façon dont l’Etat français avait bradé une partie de son patrimoine…pour le plus grand profit des nouveaux actionnaires privés. Au passage je rappelle que sur ce sujet également, François Bayrou avait été le seul à manifester bruyamment son hostilité envers cette privatisation. Il est vrai qu’à cette époque on préparait l’élection présidentielle et que les esprits étaient tournées ailleurs que sur les intérêts de l’Etat français.
Aujourd’hui l’élection présidentielle est déjà loin et on s’aperçoit que, crise ou pas, il se passe exactement ce que nous avions prévu, à savoir un pouvoir ne cessant de dépenser de l’argent qu’il n’a pas. Pire même, cet argent ne sert nullement à tenir quelques unes des mirifiques promesses du candidat Sarkozy. Au contraire, jamais on a autant restreint le budget de l’Etat pour ce qui est du service social ou de l’éducation, alors que les besoins se font tellement pressants. L’actualité est là hélas pour nous le rappeler avec le froid qui sévit sur notre pays, sans qu’aucune mesure nouvelle ne soit prise pour héberger des sans-abris de plus en plus nombreux.
Et pendant ce temps la Parti Socialiste continue de se déchirer avec ardeur. La guerre fait rage entre Ségolène et Martine, et leurs partisans affutent leurs armes pour mieux détruire le camp adverse. Voilà où nous en sommes réduits dans notre beau pays. Il y a des problèmes comme jamais nous n’en avons connu de puis des décennies, et les deux principaux partis représentés au Parlement soit nous cachent la vérité, soit s’entretuent, le tout bien évidemment au nom de la responsabilité, un mot que nous n’avons jamais autant entendu que ces derniers jours.
Néanmoins, et ce sera ma conclusion, je voudrais répondre à ceux nombreux qui m’ont dit par courriel que « tout cela était bon pour le MoDem ». Je veux simplement rappeler que le MoDem est d’abord un parti de propositions, et qu’il faudra se réjouir le jour où ces propositions auront l’aval des Français. Cela démontre clairement que nous avons du travail devant nous d’ici 2012. Et j’en profite pour dire que nous ne serons jamais de trop pour aider à faire connaître les propositions du Mouvement Démocrate par quelque moyen que ce soit, chacun à sa façon. C’est comme cela que nous gagnerons, et non en attendant de ramasser les morceaux d’un parti qui ne sait plus où il habite.
Michel Escatafal
10:47 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.11.2008
Le Parti Socialiste amuse la galerie et pendant ce temps...
Pour une fois nous allons parler du Parti Socialiste, non pas en versant des larmes de crocodile comme on le fait à l’UMP, mais surtout pour voir à quel point un grand parti peut en arriver à se déchirer…sur des querelles de personne. En disant cela je ne fais que reprendre ce que beaucoup de commentateurs et de militants ou sympathisants du Parti Socialiste disent amèrement, car eux aussi savent bien que derrière tout cela il n’y a aucune proposition destinée à améliorer la vie des Français. Il n’y a même aucune proposition tout court.
J’ajoute même qu’il faut avoir le militantisme chevillé au corps pour continuer à appartenir à un parti qui en est arrivé à un tel point de déliquescence, et en affirmant pareille chose je n’exagère nullement. On en est même arrivé à contester la régularité des opérations de vote et redemander aux militants de voter pour trancher une nouvelle fois. C’est dire! L’ennui c’est que tout cela serait risible si, par malheur pour nous, le Parti Socialiste n’était pas le seul parti d’opposition au Parlement.
Voilà qui donne une nouvelle fois raison à François Bayrou, car effectivement au Parlement on discute quasi exclusivement entre l’UMP de Nicolas Sarkozy, qui mène notre pays dans un gouffre dont il aura beaucoup de mal à sortir, et le Parti Socialiste qui de son coté ne mène nulle part. Ce n’est quand même pas avec Martine Aubry que le Parti Socialiste va faire du neuf, pas plus qu’avec ses soutiens type Laurent Fabius, qui va devenir sous peu le roi des navigateurs dans la pensée et l’idéologie politique. Aujourd’hui il s’affirme résolument de gauche, et c’est pour cela qu’il soutient Martine Aubry, mais celle-ci est-elle plus de gauche que Ségolène Royal ?
Certes elle a mis en place (contre son idéologie) les 35 heures, ce qui ne fut quand même la réussite du siècle surtout de la manière dont cela a été imposé. Mais Ségolène Royal n’a-t-elle pas fait carrière en politique grâce à François Mitterrand, dont tout le monde savait qu’il n’était pas de gauche, mis qui a quand même été le seul à promouvoir une « union de la gauche » durable. Bref, tout cela pour dire qu’après une campagne interne aussi dure où les coups bas tombaient comme à Gravelotte, il sera vraiment très difficile de diriger le PS, même si les instances ont théoriquement juste besoin d’une majorité pour gouverner.
Cela étant avec une élection gagnée… pour 48 voix, il y a de gros risques d’implosion d’autant qu’il y a déjà longtemps que ce parti n’a plus de position commune sur la plupart des sujets. Nous l’avons constaté au moment du référendum sur la Constitution européenne, mais on l’a vu aussi sur la réforme des institutions. En fait les socialistes ne semblent s’unir…qu’au moment des élections pour assurer, à titre personnel, leur survie politique. Jack Lang a beau n’être pas d’accord avec tel ou tel hiérarque du PS, il s’est quand même fait parachuter l’an passé à Boulogne, où il n’avait peut-être jamais mis les pieds.
C’est cela qui explique que le PS n’ait pas encore éclaté en plusieurs morceaux. Et pendant ce temps la liberté de la presse n’en finit pas de se restreindre dans notre beau pays, au point de ressembler bientôt à celle qui était censée exister du temps de l’Empire libéral (à la fin du règne de Napoléon III). En effet, pour ne pas froisser le bon peuple, on gomme sur les photos de plusieurs grands quotidiens ou hebdomadaires, tout ce qui pourrait apparaître défavorable aux gens qui nous gouvernent.
Ainsi le Figaro a-t-il fait disparaître d’une photo de Rachida Dati, une bague que celle-ci aurait acheté 15000 euros. C’est du grand n’importe quoi, comme quand je ne sais plus quel autre journal avait fait disparaître les bourrelets de Nicolas Sarkozy pour lui faire paraître un physique plus avantageux. Comme si les Français attendaient de leur président de la République qu’il soit d’abord un « bellâtre ». Dans ce cas ils auraient élu quelqu’un d’autre…à condition toutefois qu’il ait pu se présenter. En attendant les déficits se creusent, la dette enfle, et notre pays prend l’eau de toute part. Triste, aussi triste que le temps ce week-end.
Michel Escatafal
17:27 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.11.2008
Quelques réflexions à propos d'un fait divers tragique
Pour une fois je vais parler d’un fait divers qui, toutefois, touche à la politique. En effet toute la journée d’hier, il n’y a pas eu un bulletin d’information qui n’ait parlé du drame de Thionville. Car il s’agit avant tout d’un drame épouvantable qui a entraîné la mort d’une femme, mère de deux enfants, et d’un homme qui ne pouvait qu’être déprimé pour en arriver à tuer sa compagne. En disant cela, je ne fais que refléter la pensée de tous ceux qui ont connu l’ancien maire de Thionville, et j’en fais partie pour avoir vécu dans cette agréable cité pendant presque six ans.
Plus que l’information, ce sont les commentaires qui en sont faits qui m’interpellent, notamment dans le journal Le Monde qui en a même fait un forum. Je pense sincèrement que c’était inutile, tout comme d’ailleurs la minute de silence faite à l’Assemblée Nationale avec, en outre, la phrase d’un responsable de l’UMP (le député Paillé) parlant à propos de la mort de Jean-Marie Demange « d’une perte pour l’UMP ». C’était tout simplement indécent.
Cela dit, une des raisons du drame serait la profonde dépression dans laquelle était tombé le député de Thionville, suite à son échec aux dernières municipales. Et cela m’amène à rappeler une nouvelle fois le credo auquel je crois plus que tout en politique, à savoir le non-cumul des mandats. Les hommes politiques de nos jours non seulement n’acceptent pas l’échec dans une élection, ce qui est quand même le premier risque à courir dans un régime démocratique, mais en outre le mandat que les électeurs leur ont confié est un dû. Pour Jean-Marie Demange, comme pour la plupart des hommes politiques, être député-maire allait de soi.
Si l’on avait interdit le cumul de ces deux fonctions, il aurait bien fallu que Jean-Marie Demange, et tant d’autres, fassent un choix. Peut-être aurait-il choisi de continuer à exercer son métier de médecin spécialiste en angiologie, ce qui aurait été bienvenu dans la mesure où il est quasiment impossible d’obtenir un rendez-vous chez les médecins spécialistes…parce qu’il n’y en a pas assez. A ce propos, je n’ai jamais compris la fascination qu’exerce la politique sur le corps médical, y compris sur ses plus brillants représentants. En disant cela je pense par exemple à Philippe Douste-Blazy, cardiologue de renom devenu un politicien nullissime. Tout le monde n’est pas Clémenceau !
Certaines personnes pensent que les honneurs en politique transforment la psychologie des élus au point de se comporter de manière tragique quand survient un échec. Il y a sans doute du vrai, mais dans ce cas je suis de ceux qui pensent que ces gens-là n’ont rien à faire en politique parce qu’avant de penser à leurs électeurs, ils pensent d’abord à eux. Toujours ce syndrome de la propriété d’un mandat que l’on peut assimiler à une charge. Et plus il y a de mandats, plus le phénomène est visible. Quand on songe que le maire d’une ville petite, grande ou moyenne, peut aussi être député et président d’une communauté de communes, sans oublier la présidence de l’hôpital, on se dit qu’il faudrait être un surhomme pour accomplir correctement ces multiples tâches.
Et dire que Nicolas Sarkozy avait l’occasion de changer tout cela au moment de la réforme des nos institutions. Au lieu de se perdre dans les méandres de la Constitution pour la transformer à son avantage, il eut mieux valu qu’il se consacrât à supprimer le cumul des mandats, seul véritable moyen pour renouveler en profondeur le personnel politique. Cela dit, comment Nicolas Sarkozy et nombre de ses amis ou ennemis pourraient-ils aller dans ce sens, eux qui n’ont jamais vécu que par, pour et avec la politique.
Combien d’hommes politiques de premier plan ont « réellement » travaillé après un premier mandat de député ou de sénateur ? Très peu, parce que quand on entre en politique, c’est un peu comme si on entrait en religion. Qu’on ne s’étonne pas après un tel constat, si des députés perdent la raison après avoir été battus à une élection…ou si les électeurs ne font pas confiance à ceux qui théoriquement sont leurs représentants. Cependant c’est aussi un peu la faute des électeurs si on en est là, parce qu’après tout c’est bien eux qui glissent leur bulletin dans l’urne. Et chacun sait l’importance de la prime au sortant.
Michel Escatafal
18:51 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.11.2008
Les chiffres du commerce exterieur ne trompent pas
Alors que les socialistes s'apprètent à vivre une longue nuit... qui pourrait être à couteaux tirés, et au moment où le G20 adopte un plan de mesure qui doit être achevé avant mars 2009 (ce qui ne mange pas de pain), en France nos gouvernants flirtent avec les limites pour parler comme les sportifs. Et de fait, il y a de quoi être étonné avec 2,9% de déficit public en 2008 et 3,1% en 2009, 0,14% de croissance (on remarque la précision) pour le trimestre passé etc,etc. En revanche on parle très peu du commerce extérieur, car ce sont des statistiques auxquelles le gouvernement n’accorde pas une grande publicité, et pour cause. Après une année 2007 calamiteuse où le déficit a atteint 39,7 milliards d’euros (soit 1,9 point de PIB), l’année 2008 sera celle de tous les records puisqu’en déficit cumulé sur les 12 derniers mois, le déficit atteint déjà 54 milliards. On comprend pourquoi Nicolas Sarkozy préfère parler de la refondation du capitalisme mondial plutôt que du solde commercial français. Mais comment en est-on arrivé là ?
En l’an 2000 le déficit s’était creusé, après une longue période d’excédents, en raison essentiellement d’une demande intérieure très dynamique. Tel n’est plus le cas aujourd’hui, ce qui signifie que les raisons sont toutes autres à commencer par la hausse des prix des matières premières surtout en début d’année, mais aussi et surtout par la dégradation de la performance des entreprises françaises sur les marchés extérieurs. D’ailleurs entre 2002 et 2007, la France a perdu 15% de parts de marché à l’exportation et ce, dans la plupart des secteurs y compris ceux où nous étions en pointe tels l’industrie automobile, la chimie ou l’agroalimentaire.
Alors bien sûr nos gouvernants, au pouvoir rappelons-le depuis 2002, ont essayé de trouver des boucs-émissaires tels que l’euro fort, sans oublier l’augmentation des prix du pétrole ce qui n’était pas faux, mais tout cela demeure insuffisant comme explication. Avec la même monnaie et une facture pétrolière qui a augmenté dans les mêmes proportions, l’Allemagne enregistre des excédents et gagne des parts de marché. De plus il faudrait cesser une fois pour toutes d’exagérer l’impact de l’euro dans ces mauvaises performances à l’export, dans la mesure où la part de la Zone euro dans les exportations françaises est de 50%.
Cela signifie clairement que le creusement du déficit français est d’origine structurelle, et que si l’on en est là c’est tout simplement que nos produits sont de moins bonne qualité et sont moins innovants que ceux de nos principaux concurrents. C’est difficile à admettre mais c’est ainsi, et cela ne peut aller qu’en se dégradant. En matière de balance commerciale il ne suffit pas de faire « le joli cœur », pour parler comme Raymond Barre qui lui-même avait été l’artisan d’un redressement spectaculaire de notre commerce extérieur à la fin des années 70, grâce à de gros efforts faits pour la recherche et l’innovation.
Cela dit un tel effort est coûteux en termes de finances publiques, et même si la loi votée en 2007 sur l’autonomie des universités renforçant les liens entre la recherche et les entreprises va dans le bon sens, cela sera insuffisant pour nous permettre de retrouver rapidement un meilleur positionnement sur les marchés étrangers. De plus, comme je le disais il y a quelques jours, l’effort de l’Etat doit être beaucoup plus conséquent qu’il ne l’est actuellement envers notre tissu de PME, notamment celles qui ont vocation à exporter, si nous voulons les voir lutter à armes égales contre leurs concurrentes européennes ou étrangères. Les pays émergents par exemple ont des besoins considérables, et même s’ils sont aussi touchés par la crise, ils afficheront quand même en 2009 une croissance située entre 5 et 10%.
Il est quand même dommage que la France, contrairement à l’Allemagne, ne profite pas au mieux de cette manne en provenance d’Asie ou d’Amérique du Sud, faute de savoir proposer des produits à la fois haut de gamme et innovants. Par ailleurs, il faudrait aussi que la répartition des exportations entre les grands groupes industriels (85%) et les PME (15%) s’inverse quelque peu au profit de ces dernières, ce qui est le souvent cas chez nos voisins. Et là aussi l’Etat pourrait beaucoup…s’il le voulait réellement. Après tout qui délocalise le moins, qui embauche ou ne débauche pas dans la période que nous vivons, sinon les PME et plus particulièrement les plus performantes, alors que les grands groupes voient leurs chiffres d’affaires et leurs profits de plus en plus tirés par leur implantation à l’étranger. Et chacun sait que ces profits « faciles » sont loin d’être orientés chez nous vers l’investissement. Au contraire, on délocalise encore plus.
Michel Escatafal
20:43 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvemlent démocrate, débats de société
12.11.2008
La baisse des taux a ses limites
Nicolas Sarkozy veut imposer aux banques une aide accrue aux entreprises et aux particuliers en contre partie de l’aide fournie par l’Etat. Voilà une bonne idée…qu’il reste toutefois à faire mettre en application, et ce ne sera pas le plus facile. Tout d’abord même si l’Etat est venu à leur secours, les banques vont dire qu’il n’est pas possible de faire n’importe quoi (sauf sur les marchés financiers !), et qu’elles doivent plus que jamais être vigilantes quant aux crédits qu’elles mettent en place, y compris ceux qu’elles accordent avec OSEO (ex SOFARIS). Pour mémoire, je rappellerais qu' OSEO est un établissement public apportant sa garantie pour des financements bancaires destinés aux PME mais qui, par manque de moyens, ne peut pleinement accomplir son rôle. Comme on peut le constater, tout cela n’est pas aussi simple que semble le dire le président de la République, car dans ce domaine les mots ne suffisent pas.
Il en est de même pour la baisse des taux directeurs des banques centrales, dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle atteint très vite ses limites, ce qu’apparemment notre gouvernement semble oublier. D’ailleurs si la baisse des taux était la panacée, le Japon avec ses taux négatifs ou presque aurait depuis longtemps une croissance largement supérieure à celle de ses partenaires occidentaux. Or ce n’est pas le cas, et chacun sait bien que les baisses de taux de la Réserve Fédérale américaine ne suffiront pas à éviter une récession aux Etats-Unis. Mais alors que peuvent faire très concrètement les pouvoirs publics vis-à-vis des banques?
Tout d’abord ils peuvent exercer des moyens de pression plus importants qu’on ne l’imagine, notamment vis-à-vis des établissements financiers qu’ils ont aidés, pour que ces derniers abaissent les taux variables sur les prêts immobiliers. Plusieurs gouvernements l’ont fait, par exemple en Grande-Bretagne, avec des incitations plus pressantes que ce qui a été fait chez nous où, comme chacun sait, le verbe présidentiel remplace souvent l’action sur le terrain. Toutefois, cela devient beaucoup plus difficile pour ce qui concerne les prêts immobiliers à taux fixes, les crédits à la consommation ou les prêts aux PME…pour la simple raison que cela serait fait au détriment des marges des banques et de leur rétablissement économique, d’autant que celui-ci est impératif pour les pouvoirs publics qui ont prêté... en empruntant.
D’ailleurs malgré la baisse conséquente du taux directeur de la BCE, malgré toutes les mesures prises en faveur du système bancaire, les banques ont encore beaucoup de mal à assurer leur financement. Il leur sera donc difficile de relancer la distribution de prêts au niveau de celui de l’an passé, et cela même si la BCE continue à baisser ses taux directeurs dans les prochains mois (3,25% depuis le 6 novembre). Cela signifie que l’impact de cette décision que tout le monde appelle de ses vœux sera nécessairement limité…comme nous l’avons toujours dit. En tout cas sur ce plan, la BCE est la seule des grandes banques centrales à avoir une petite marge de manœuvre.
Dans ces conditions, nombreux sont ceux qui pensent que les mesures d’aides accordées aux banques en France, comme ailleurs, sont insuffisantes…ce qui est loin d’être rassurant. Il faudra donc que l’Etat se décide à mettre beaucoup plus d’argent qu’il ne le fait dans les organismes comme OSEO, afin de garantir les prêts des banques aux entreprises dans des proportions nettement supérieures à ce qui est fait aujourd’hui. C’est la seule condition pour réellement soutenir l’économie réelle. Bien sûr certains vont me demander où nous allons trouver l’argent. Certes, mais on l’a bien trouvé pour les banques, alors il est impératif d’en trouver aussi pour les PME. Il n’y a pas d’autres solutions à court terme.
Après tout ce n’est pas la faute des PME, notamment les plus petites, si le gouvernement a été aussi imprévoyant et dispendieux en distribuant avant et peu après son arrivée au pouvoir de l’argent qu’il n’avait pas. Et comme il faudra bien payer un jour l’addition, et bien ce sera aux électeurs à le faire savoir en remplaçant cette équipe de cigales qui n’ont chanté qu’un été, au seul profit des plus riches, par des gens qui ont d’abord le souci de l’avenir des Français, de tous les Français, par des gens qui ne promettent pas tout et son contraire pour se faire élire ou se maintenir au pouvoir. En écrivant cela, je viens de m'apercevoir que je suis déjà en campagne électorale !
Michel Escatafal
06:48 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
10.11.2008
L'Etat peut encore beaucoup, surtout en ce moment
Si l’on en croit les sondages la cote de confiance de Nicolas Sarkozy serait en hausse de 7 points en octobre à 47% et, plus fort encore, celle du Premier ministre augmenterait de 5 points. C’est cela surtout qui m’interpelle car, que je sache, tout le monde se demande ce que le Premier ministre peut bien faire…de ses journées. Cela étant je ne veux pas polémiquer sur le sujet, car après-tout cela n’est pas très important pour les Français. Il n’empêche, si ce sondage reflète l’opinion de nos concitoyens, il y a quand même de quoi s’inquiéter pour l’avenir, et les prochaines élections pourraient encore se jouer sur la communication et non sur les idées.
Certes il y a bien longtemps que les pouvoirs en place, quels qu’ils soient, se servent de l’information pour se maintenir au pouvoir, mais on aurait pu imaginer que l’école obligatoire et l’augmentation considérable du nombre d'années d'études, auraient donné un esprit critique que l’on pouvait difficilement avoir au 19è siècle, pour ne pas remonter plus loin dans le temps. Et bien apparemment ce n’est pas le cas, puisque le pouvoir jouit d’une popularité assez conséquente dans une période où les choses vont très mal. Et sur ce plan il faut reconnaître que la crise est bienvenue, car elle paraît exonérer nos gouvernants de toutes leurs fautes passées.
Cela est d’autant plus curieux que Nicolas Sarkozy et son gouvernement n’essaient même pas d’avancer une quelconque solution, à l’échelon national, pour gérer cette crise affectant le système financier international, à l’exception toutefois du plan d’aide au système bancaire. En revanche, et là la communication fait son œuvre, on voit le président de la République partout dans le monde, y compris en France…quand il trouve un moment. Et que dit-il ? Rien ou si peu, à part des poncifs indiquant « qu’il faut et qu’il n’y a qu’à ». Il faut refonder le capitalisme international, il n’y a qu’à s’entendre sur une régulation à l’échelle planétaire etc. Au besoin Nicolas Sarkozy est prêt à faire don de sa personne pour être l’acteur principal de ces réformes à l’échelle planétaire. En tout cas, il n’hésite pas à se déclarer candidat à la présidence d’un gouvernement économique européen, ce qui ne l’empêche pas de s’exonérer de respecter les critères de Maastricht sur les déficits et la dette.
Et tout cela sous les applaudissements de la presse française. On se croirait dans une émission de feu Jacques Martin, l’école des fans. Pendant ce temps dans notre pays les licenciements se multiplient, les déficits se creusent à une vitesse vertigineuse, et on supprime des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires, là où ceux-ci seraient le plus nécessaire. On invente des nouvelles taxes au nom du développement durable ou de l’aide aux plus démunis, mais on se refuse obstinément de toucher au bouclier fiscal, parce qu’un bouclier sert à protéger ceux qui en bénéficient, en l’occurrence les plus riches des Français…pour le résultat que l’on connaît. Et malgré tout cela, la cote du président de la république remonte en flèche. Stupéfiant !
Cela signifie que, même si ces enquêtes d’opinion doivent être prises avec circonspection, les Français estiment qu’ils ne peuvent pas être gouvernés autrement ou par quelqu’un d’autre, et ce constat n’est pas seulement la faute de la grande presse. D’ailleurs s’il en fallait une preuve, il suffit de regarder les résultats des dernières élections partielles, sondages réels, pour s’apercevoir que l’UMP n’accuse pas la baisse dans les urnes que nous pourrions imaginer compte tenu de la situation. Et là c’est la faute des partis d’opposition qui passent leur temps à se chamailler sur fond de querelles de personnes, ce qui les empêche de s’opposer. Même le Parti Communiste, tout monolithique qu’il paraisse, n’échappe pas à la règle, alors on imagine le Parti Socialiste et les Verts…
Au moins au MoDem nous n’avons pas ce type de problèmes, dans la mesure où nous acceptons tous le leadership de François Bayrou. C’est déjà ça, et maintenant que nos élections sont passées il nous reste à nous mettre au travail en vue des élections européennes. Il nous reste surtout à mieux afficher nos propositions qui, avec le recul, étaient et sont toujours les mieux adaptées à la situation à laquelle nous devons faire face, même si nous n’avons pas la solution miracle face à la crise. Faut-il baisser les impôts et pour qui ? Faut-il faire en sorte d’augmenter les salaires à un niveau supérieur à l’inflation ? Ces questions sont cruciales mais il y en a d’autres, notamment les diverses formes d’aides à l’investissement pour restaurer la compétitivité de nos entreprises, tellement préjudiciable à notre balance commerciale.
Pour ma part, je pense qu’il ne fallait pas et qu’il ne faut surtout pas baisser les impôts des plus riches, car une baisse des impôts pour cette catégorie ne favorise en aucune manière la croissance, sans parler de l'impact négatif que cela peut avoir sur les finances publiques. Quelqu’un qui gagne 10 ou 20.000 euros mensuels ne va pas consommer davantage s’il bénéficie d’une baisse d’impôts de 1.000 ou 2.000 euros dans l’année. Cela ne fera que renforcer son épargne. En revanche diminuer les impôts de ceux qui paient 1000 ou 2000 euros annuels se retrouvera nécessairement dans la consommation, même si certains affirment avec juste raison que si cet argent supplémentaire dans le porte-monnaie sert à acheter un téléviseur importé de Chine, l’impact pour l’économie en France ne sera pas grand.
Cela dit, on n’achète pas un ordinateur ou un téléviseur tous les jours. En fait des allègements fiscaux ciblés sur les familles et les bas et moyens revenus serviraient surtout à rétablir la confiance…qui elle-même favorise réellement la consommation. Si ceux qui nous gouvernent n’avaient pas mis l’Etat « en faillite », comme a si bien dit François Fillon, on pourrait aussi aider davantage ceux qui perdent leur emploi, où ceux qui vivent des minimas sociaux. Or chacun sait que les bénéficiaires de ces aides dépensent tout ce qu’ils perçoivent, et tout supplément est entièrement consommé.
De même l’Etat devrait donner l’exemple en matière de rémunérations, en acceptant des hausses de salaires supérieures à l’augmentation des prix pour ses fonctionnaires, ce qui rejaillirait fatalement sur les négociations dans la sphère privée. Et puis même si l’Etat ne peut pas tout, il peut quand même beaucoup surtout si on a besoin de lui. N’oublions pas les milliards d’euros donnés aux banques, voire aux entreprises même si on est dans l’infiniment petit par rapport aux banques. Bref au lieu de se livrer à ses incantations habituelles, Nicolas Sarkozy ferait mieux de dire la vérité aux Français, et de s’attaquer aux vrais problèmes de l’économie française, faute de quoi nous allons tout droit vers une récession durable et cette crise n’aura servi à rien.
Michel Escatafal
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08.11.2008
A propos de certaines victoires ou défaites...
Parmi les informations qui nous interpellent en ce moment, il y en a une qui va bien sûr passer inaperçue malgré son contexte favorable : le président sénégalais Abdoulaye Wade, bien que très francophile, a carrément accusé la France de vouloir « fermer la porte de la France et de l’Europe aux Noirs ». Et de fait, quand on voit les efforts faits par la France pour faire adopter le Pacte européen pour l’immigration (le 16 octobre dernier) qui durcit la politique migratoire de l’Europe en pleine crise mondiale, on se dit qu’avec Nicolas Sarkozy il y a bien quelque chose de changé au pays des Lumières. C’est un constat qui, hélas, ne fait même pas parler et encore moins s’indigner.
| Et pourtant, comme le dit Abdoulaye Wade, « au moment où les Etats-Unis réussissent l’exploit d’élire pour la première fois un Noir à la présidence », que n’entend-on pas dans notre pays sur cet évènement historique, y compris dans les rangs de l’UMP. Cela d’ailleurs suffit à démontrer la duplicité de ce parti qui, ne l’oublions- pas, a conquis le pouvoir en partie grâce à des thèmes qui jusque-là étaient l’apanage du Front National. Aujourd’hui ces thèmes sont entrés dans le quotidien de notre vie politique, tout comme apparemment chacun a accepté ce principe inique d’immigration choisie qui consiste, pour parler comme Abdoulaye Wade, « à fermer la porte aux Noirs, sauf aux cadres, aux ingénieurs, aux médecins, les gens dont ils (les Français) ont besoin ». En effet pour les Africains, même si le gouvernement français se défend en disant que ce Pacte européen pour l’immigration est européen, comme son nom l’indique, c’est d’abord Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui ont cette conception de l’immigration. Et cela pourrait avoir beaucoup plus de conséquences économiques qu’on ne l’imagine. Flatter les électeurs dans le sens du poil est une chose, penser à l’avenir en est une autre, mais cela nos gouvernants n’en ont cure. Pourtant la France qui a déjà perdu une part importante de son influence en Afrique devrait se méfier, car cette place d’autres sont prêts à la reprendre à leur compte, et pas seulement les Chinois ou les Emirats arabes. Les Espagnols par exemple, mais ils ne sont les seuls en Europe, ont une approche beaucoup plus diplomatique et réaliste sur le sujet de l’immigration, comme en témoignent les négociations qu’ils ont imposées à la présidence française pour rendre le Pacte un peu plus acceptable. Le moment venu, je suis persuadé que les responsables africains sauront s’en souvenir. Cela dit, ce type de question n’est pas abordé dans les sondages, et « la communication » sur des sujets pareils n’est pas payante électoralement. Alors pour nos gouvernants tout cela n’a pas grande importance, d’autant que le principal parti d’opposition à l’Assemblée Nationale a lui aussi d’autres chats à fouetter. Il vient juste de terminer ses élections internes pour désigner son nouveau Premier secrétaire et, compte tenu du résultat, il ne faut pas attendre du Parti Socialiste qu’il s’occupe de sitôt des problèmes liés à l’immigration ou autres. Pour le moment c’est la guerre des chefs qui continue, d’autant que c’est…Ségolène Royal qui a damé le pion à tout le monde dans cette élection, bousculant au passage tous les sondages en infligeant un cruel désaveu aux « éléphants », dont certain (B. Delanoë) se voulait à la fois « socialiste et libéral ». Quelque fois cela ne sert à rien de vouloir jouer « les modernes », ou alors il faut avoir le talent pour le faire. Manifestement le maire de Paris ne l’a pas, contrairement à Ségolène Royal qui a, semble-t-il, profité pleinement de son meeting de la « fraternité » au Zénith où elle était à la fois femme politique et actrice de théâtre, ce qui n’est pas forcément contradictoire, qui avait suscité les moqueries de ses chers camarades candidats au poste de Premier secrétaire, lesquels se retrouvent aujourd’hui Gros Jean comme devant. Pour autant il ne faut jurer de rien avec le Parti Socialiste, et il est encore possible que les battus se retrouvent gagnants au Congrès de la semaine prochaine à Reims…s’ils décident de s’allier pour faire barrage à Ségolène Royal. On le voit l’idéologie prédomine au Parti Socialiste, alors les questions de l’immigration et tant d’autres qui touchent à la vie des Français ce sera pour plus tard. Pour autant l’UMP ne devrait pas se moquer comme elle le fait de ces joutes d’un autre âge, surtout quand son principal responsable, le président de la République, estime avoir fait le « coup du siècle » en ayant soi-disant obtenu de Georges Bush que le G20 ait lieu en plein congrès du P.S. à Reims. Avec de telles victoires, on comprend que les Français aient perdu l’espoir et soient écoeurés. A nous dirigeants, élus et militants du Mouvement Démocrate de savoir parler différemment pour susciter cet espoir, comme on a su si bien le faire outre-Atlantique. Michel Escatafal |
09:34 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
06.11.2008
Avec l'Obamania on parle et on va moins parler de Nicolas Sarkozy
Je connais au moins un Français qui pourrait ne pas être très heureux en ce moment : il s’agit de Nicolas Sarkozy. Certes il y a bien en France quelques journalistes qui essaient de faire la comparaison entre la Sarkomania en 2007 et l’Obamania d’aujourd’hui, comme c’était le cas sur Canal + dans une émission qui a lieu à 13h, mais ce n’est pas très crédible. Au contraire même, dans d’autres émissions quelques journalistes se lâchent quelque peu, comme on a pu s’en rendre compte sur BFM TV ce matin, où nous avons entendu une commentatrice se moquer gentiment de Nicolas Sarkozy, à l’issue d’un reportage où l’on découvrait les talents de danseur de Barack Obama. Cette dame et sa collègue près d’elle, sans trop réfléchir apparemment, n’ont pas pu s’empêcher d’imaginer l’étendue des dégâts si le président français avait été à la place du nouveau président américain.
Celui-ci a aussi un autre avantage sur Nicolas Sarkozy, et pas seulement son physique avantageux et ses pas de danse sexys comme ont dit les journalistes, il est le président élu de la première puissance mondiale, d’un pays dont le PIB représente 21,4% de l’ensemble du monde, et 37,9% de la totalité des économies avancées (31 pays*). Par comparaison la France est toute petite avec son PIB qui pèse seulement 3,2% de l’ensemble du monde et 5,6% des économies avancés. De quoi effectivement être jaloux. Cela étant, je ne sais pas si Nicolas Sarkozy l’est effectivement, mais pour le moment et ce pourrait être le cas encore dans les semaines à venir, il n’occupe plus la une des journaux français et encore moins étrangers car il n’y en a que pour Barack Obama.
De plus, pour le malheur de notre président de la République, Barack Obama ne va entrer en fonction que le 20 janvier, ce qui signifie que la fameuse conférence dite du G20 qui aura lieu le 15 novembre sera celle de Georges Bush et, compte tenu de la situation, que Barack Obama y participe ou non, cette réunion ne ressemble pas à grand-chose dans la mesure où d’une part elle se situe à une date plutôt incongrue, et d’autre part parce que s’il faut étudier « la possibilité d’introduire de nouvelles structures ou d’autres outils pour éviter les très importants déséquilibres » comme dit Jean-Claude Trichet, «c’est une méditation de long terme ». Néanmoins sur le plan franco-français, gageons que nos médias vont se surpasser pour donner à cette réunion beaucoup plus d’importance qu’elle n’en aura en réalité. Il n’empêche, même en France, les prochaines semaines vont être occupées à scruter les faits et gestes de Barack Obama, la composition de son cabinet, la moindre de ses déclarations, etc.
Cependant à quelque chose malheur est bon, car cette vague obamaniaque va presque faire oublier les mauvaises nouvelles qui vont affecter le moral des Français, ces derniers n’ayant d’autre choix pour la plus grande partie d’entre eux qu’à se serrer la ceinture. En effet non seulement les caisses sont vides, mais la maison France va devoir encore plus vivre à crédit. Tout l’argent dépensé et distribué, par exemple aux banques, provient de nouveaux emprunts. Et ce n’est pas fini avec une croissance avouée par Madame Lagarde de 0,2 à 0 ,5% en 2009. Quand on connaît l’optimisme en la matière de notre ministre des Finances, on peut penser qu’on sera en dessous de ces chiffres (le FMI prévoit une contraction de -0,5%), ce qui signifie des rentrées fiscales bien moindres, et donc une explosion du déficit public qui devrait être fin 2009 plus près de 4% que des 3,1% calculés par Monsieur Woerth.
En disant cela, hélas je n’ai aucun mérite comme je n’en avais pas quand je disais il y a un an que le budget bâti sur une prévision de 2 à 2,25% de croissance n’était pas du tout sincère, ni quand j’affirmais que dès cette année nous serions quasiment à 3% de déficit public. En fait, je ne faisais que regarder ce qui se passait aux Etats-Unis et dans le reste du monde, y compris en France, pour être sûr qu’une crise comme celle qui s’est développée ces derniers mois ne pouvait que déboucher sur une récession dans les économies développées, même si le mot récession était banni du vocabulaire gouvernemental français.
Et ce ne sont pas les coups de menton ou les rodomontades de Nicolas Sarkozy, ni son ambition de devenir le président de l’Eurogroupe qui allaient changer quelque chose dans la situation de notre pays qui, en plus, figurait déjà parmi ceux qui avaient le plus de difficultés dans la maîtrise de leurs finances publiques. Toutefois les Français auront au moins une consolation dans ce paysage très sombre, à savoir que si l’on diminue drastiquement les effectifs dans la fonction publique…on embauche dans les ministères et les primes y ont explosé de 20% entre 2007 et 2008, si l'on en croit le journal Le Monde. Il y a au moins un secteur dans notre pays où sans forcément travailler davantage, on gagne plus. C’est déjà ça me direz-vous…
Michel Escatafal
*Economies avancées : Australie, Canada, Danemark, Hong-Kong, Islande, Israël, Japon, Corée, Nouvelle-Zélande, Norvège, Singapour, Suède, Suisse, Taïwan, Etats-Unis, Royaume-Uni et Zone Euro (15 pays). (Source : FMI)
18:54 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
05.11.2008
Obama dans l'histoire...

De quoi allons-nous parler aujourd’hui ? Des élections américaines bien sûr. Pas pour les commenter, car tous les médias vont le faire à longueur de journée et de colonnes. Non ce que je voudrais raconter c’est le sentiment que peut ressentir une personne lambda…qui a l’impression de vivre un des plus grands évènements de ces derniers siècles. Pour moi qui suis amateur d’histoire, j’ai l’impression que le triomphe d’un homme de couleur à la présidence des Etats-Unis a une portée comparable à celle de la Révolution de 1789. En disant cela je pense à la fois à l’accélération de l’histoire et au symbole que cela représente.
En 1789, la Révolution est arrivée tellement vite qu’on ne l’a pas vu venir. Il suffit de se rappeler que Louis XIV est mort en 1715, et que ce dernier fut le symbole de l’absolutisme royal en France et en Europe. A peine 74 années plus tard, l’Assemblée Constituante abolissait les droits et privilèges féodaux, même si l’on peut effectivement discuter de la portée réelle de ce décret, y compris de nos jours. Aux Etats-Unis, la lutte pour l’égalité raciale symbolisée au 20è siècle par le célébrissime discours de Martin Luther King le 28 août 1963, a atteint son paroxysme entre cette date et celle de son assassinat le 4 avril 1968. Quarante ans après les Etats-Unis d’Amérique, première puissance mondiale, élisent un président d’origine afro-américaine. Quelle magnifique image pour la démocratie !
Rien que pour cela je suis heureux d’avoir passé la nuit dans l’attente des résultats, même si ceux-ci ne faisaient plus guère de doute très tôt dans la soirée. Cependant si tout le monde paraissait confiant, du moins les partisans d’Obama en Amérique et dans le reste du monde, personne n’osait le proclamer vainqueur avant la confirmation officielle. C’est un peu comme dans les compétitions sportives, on a gagné qu’une fois la ligne d’arrivée franchie. Il y avait donc une sorte de peur latente qui empêchait les gens de s’extérioriser par crainte de passer à coté de l’histoire. Heureusement ce ne fut pas le cas, d’autant qu’il n’y avait finalement aucun risque que cela arrivât.
Evidemment aujourd’hui, on va laisser le nouveau président et ceux qui ont fait la campagne avec lui, ses conseillers, ses militants, savourer cette victoire. Tous l’ont bien mérité car cela fait presque un an que la campagne a commencé pour eux avec, notamment, des élections primaires interminables face à Hillary Clinton, dont on pouvait se demander parfois si elle appartenait bien au Parti Démocrate. La suite en revanche fut plus facile pour Barack Obama, d’autant que son aisance sur les problèmes économiques lui permit d’être très réactif sur la crise qui frappe son pays. Par ailleurs, comme je l’ai dit dans un précédent billet, il fit un véritable sans-faute tout au long de cette campagne, en évitant le plus possible de faire des promesses inconsidérées.
Nous allons donc souhaiter bonne chance à Barack Obama, en espérant qu’il reste lui-même sans se laisser griser par le pouvoir comme tant d’autres l’ont fait avant lui. Nous espérons aussi qu’il soit le rassembleur tant attendu de la nation américaine, mais aussi un homme de paix contrairement à son prédécesseur qui n’a cessé de jouer les va-t-en guerre au cours de ses deux mandats, ce qui a largement contribué à affaiblir la diplomatie américaine dans le monde. Enfin, nous comptons sur cette élection pour faire comprendre aux autres pays que, comme aux Etats-Unis, la richesse d’une nation se situe aussi dans sa diversité.
Michel Escatafal
08:36 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


