29.11.2008
La cigale ayant chanté tout un été…
C’est effectivement un titre approprié sur l’évolution de la situation dans notre pays. Nul doute que s’il était vivant La Fontaine se régalerait à la vue de ce qui se passe en France depuis un an et demi. Il n’aurait même pas besoin de se ménager des subtilités comme, paraît-il, le font les journalistes du Canard Enchaîné pour livrer de manière satirique des informations qui ne paraissent nulle part ailleurs. A ce propos j’en profite pour dire que cela fait 45 ans que je lis le Canard Enchaîné, et que je continuerai à le lire car c’est le seul journal « libre » de notre pays dans la mesure où il n’a pas besoin de la publicité pour vivre.
En tout cas le Canard Enchaîné comme les journaux étrangers vont avoir de quoi se régaler, hélas, pour parler de la politique initiée par Nicolas Sarkozy depuis son accession à l’Elysée. Certains m’envoient des courriels presque incendiaires me disant que j’exagère dans mes critiques à l’encontre du pouvoir, mais je réponds une nouvelle fois que je ne fais que dire la vérité telle qu’elle apparaît objectivement. Et force est de constater que tout ce que je disais il y a un an ou plus est en train de se réaliser et là aussi, au risque de me répéter, je ne m’attribue aucun mérite. Tout ce qui arrive était écrit dans les faits : Nicolas Sarkozy est un prestidigitateur, certes de talent, mais un prestidigitateur quand même.
La meilleure preuve nous l’avons eu cette semaine : au moment où le nombre de chômeurs dépasse pour la première fois le chiffre de 2 millions depuis mai 2007, au moment où notre pays enregistre la plus forte hausse du chômage depuis…mars 1993, le chef de l’Etat en est à se demander s’il est nécessaire d’avoir deux régions Normandie. Et de donner rendez-vous au printemps (pourquoi au printemps en non en hiver ?) pour trouver un consensus sur la réforme des échelons administratifs. Bref, une nouvelle idée sortie du chapeau du président de la République, comme à l’habitude quand les affaires ne tournent pas dans le sens souhaité par le gouvernement. Il est vrai qu’il y a de quoi s’inquiéter dans notre beau pays, car entre le nombre de chômeurs qui explose, nos déficits qui deviennent abyssaux etc., tout va de mal en pis.
Dès les premiers jours qui ont suivi son élection, Nicolas Sarkozy irradiant de bonheur se croyait tout permis et exonéré de tout, tant sur le plan économique que social. On n’a pas besoin de revenir sur ses déclarations de l’époque, ni sur ses provocations notamment à l’égard des plus défavorisés qui devaient « se bouger davantage » pour trouver un travail ou simplement pour mieux « s’en sortir ». Et plus c’était gros, mieux ça passait parce que tous les commentaires ou presque faisaient dans la dithyrambe. On avait l’impression de vivre dans un pays irréel dirigé par un homme qui savait tout et qui allait résoudre tous les problèmes.
Pour commencer il allait faire revenir les riches, et ceux-ci étant revenus grâce entre autres au bouclier fiscal, ils allaient faire profiter le pays de leurs richesses. Ils allaient aussi servir d’exemple, et c’est pour cela que nous allions avoir une France de propriétaires, une France peuplée de gens qui n’avaient pas peur de prendre des risques, notamment en n’hésitant pas à s’endetter. Bref notre pays allait marcher sur les bons rails, contrairement à ce qui se passait avant l’avènement du "grand petit homme". On allait voir ce qu’on allait voir, la France retrouvant son rôle de phare de l’humanité.
Malheureusement aujourd’hui la réalité dépasse l’affliction et le roi Sarkozy est nu. Tel est le constat que l’on peut faire parce que le roi n’a pas les moyens de ses ambitions. Et comme il a fait preuve de beaucoup d’arrogance à ses débuts de président, et plus encore pendant les premiers mois de la présidence européenne de la France, ses partenaires européens lui font payer au prix fort ses rodomontades, par exemple Angela Merkel qui en est presque à refuser tout ce que propose Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’elle a pour elle l’arme absolue, à savoir un budget quasiment à l’équilibre, alors que le notre explose de toute part en partie à cause des mesures prises dans le cadre de la loi TEPA (en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat) .
Même les Chinois s’y mettent pour infliger la pire des vexations à notre président en refusant de participer à une réunion au sommet entre l’Europe et la Chine, parce que Nicolas Sarkozy va serrer la main du dalaï-lama…à Gdansk à l’occasion d’une réunion de Prix Nobel. Quelle humiliation quand on songe aux tribulations et tergiversations de Nicolas Sarkozy pour ne pas rencontrer le chef spirituel tibétain avant les Jeux Olympiques. Quelle humiliation d’être le seul dirigeant européen mis ainsi à l’index, alors que la plupart de ses collègues chefs de gouvernement se sont montrés infiniment plus critiques vis-à-vis du comportement des dirigeants chinois sur l’affaire tibétaine. Et oui cela démontre bien que Nicolas Sarkozy est surtout fort pour jouer les fiers à bras sur France 2 ou TF1. Mais qui en doutait réellement ?
Michel Escatafal
16:20 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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