25.11.2008

Un exemple à méditer…

Au moment où Nicolas Sarkozy manifeste son mépris pour les petits pays de l’Union Européenne, et en rappelant que dans un peu plus d’un mois la France n’assurera plus la présidence tournante de l’Union Européenne, on a appris en début de mois une nouvelle qui n’a pas fait grand bruit en France. En effet, le gouvernement slovaque a adopté un projet de loi permettant à l’Etat d’empêcher la première compagnie gazière du pays (SPP), détenue en partie par EON l’allemand et …GDF Suez le français, d’augmenter ses tarifs de gaz pour les ménages.

« Nous avons opté pour la voie du veto pour que l’Etat en tant que propriétaire majoritaire dispose du pouvoir de décider des prix du gaz » a déclaré le Premier ministre Robert Fico. Cela démontre clairement que si l’Etat ne peut pas tout, il peut encore beaucoup à condition d’en avoir la volonté. Cela prouve aussi, comme l’a toujours affirmé François Bayrou, que des sociétés comme EDF et GDF auraient dû former une seule entité appartenant à l’Etat, car de cette manière celui-ci est libre d’imposer les tarifs qu’il juge les plus appropriés en fonction de la conjoncture...ce qui théoriquement est encore le cas, mais qu'on n'utilise pas comme on le devrait.

Bien entendu le français GDF Suez, peu habitué chez nous à être malmené de la sorte, a considéré cette initiative  comme « une restriction des droits managériaux contractuels » obtenus lors de la privatisation de 2002. Cependant si privatisation du gaz il y a eu, l’Etat slovaque s’est gardé 51% des parts de la nouvelle compagnie SPP dont GDF Suez et EON Ruhrgas possèdent 49%. A ce propos, il faut noter que le gouvernement social-démocrate au pouvoir en Slovaquie avait même proposé de racheter le mois dernier les parts détenues par GDF Suez et EON au prix payé par les deux compagnies. On imagine la réponse des gaziers français et allemands, d’autant que les conditions de cette privatisation ont été beaucoup critiquées à l’époque.

En disant cela, je pense qu’en France on pourrait proposer la même chose pour la privatisation des autoroutes, car là aussi on ne pouvait qu’être très critique sur la façon dont l’Etat français avait bradé une partie de son patrimoine…pour le plus grand profit des nouveaux actionnaires privés. Au passage je rappelle que sur ce sujet également, François Bayrou avait été le seul à manifester bruyamment son hostilité envers cette privatisation. Il est vrai qu’à cette époque on préparait l’élection présidentielle et que les esprits étaient tournées ailleurs que sur les intérêts de l’Etat français.

Aujourd’hui l’élection présidentielle est déjà loin et on s’aperçoit que, crise ou pas, il se passe exactement ce que nous avions prévu, à savoir un pouvoir ne cessant de dépenser de l’argent qu’il n’a pas. Pire même, cet argent ne sert nullement à tenir quelques unes des mirifiques promesses du candidat Sarkozy. Au contraire, jamais on a autant restreint le budget de l’Etat pour ce qui est du service social ou de l’éducation, alors que les besoins se font tellement pressants. L’actualité est là hélas pour nous le rappeler avec le froid qui sévit sur notre pays, sans qu’aucune mesure nouvelle ne soit prise pour héberger des sans-abris de plus en plus nombreux.

Et pendant ce temps la Parti Socialiste continue de se déchirer avec ardeur. La guerre fait rage entre Ségolène et Martine, et leurs partisans affutent leurs armes pour mieux détruire le camp adverse. Voilà où nous en sommes réduits dans notre beau pays. Il y a des problèmes comme jamais nous n’en avons connu de puis des décennies, et les deux principaux partis représentés au Parlement soit nous cachent la vérité, soit s’entretuent, le tout bien évidemment au nom de la responsabilité, un mot que nous n’avons jamais autant entendu que ces derniers jours.

Néanmoins, et ce sera ma conclusion, je voudrais répondre à ceux nombreux qui m’ont dit par courriel que « tout cela était bon pour le MoDem ». Je veux simplement rappeler que le MoDem est d’abord un parti de propositions, et qu’il faudra se réjouir le jour où ces propositions auront l’aval des Français. Cela démontre clairement que nous avons du travail devant nous d’ici 2012. Et j’en profite pour dire que nous ne serons jamais de trop pour aider à faire connaître les propositions du Mouvement Démocrate par quelque moyen que ce soit, chacun à sa façon. C’est comme cela que nous gagnerons, et non en attendant de ramasser les morceaux d’un parti qui ne sait plus où il habite.

Michel Escatafal

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