09.10.2008

Les effets de la crise dans le monde

Même si elle dispose de marges de manœuvre que ses grands voisins n’ont pas,  l’Allemagne n’est pas épargnée par  la crise, comme en témoigne la baisse de ses exportations (-13% sur un mois entre juillet et août). Cela étant, la situation de l’Allemagne demeure quand même nettement meilleure que celle de la France qui continue  à battre des records …de déficit. En effet, alors que les Allemands ont encore un solde positif des échanges commerciaux de 13,1 milliards d’euros, la France affiche en août un déficit de 5,4 milliards d’euros, ce qui sur les 12 derniers mois représente en cumul quasiment 50 milliards d’euros, soit un total supérieur de 25% à celui de toute l’année 2007.

En tout cas cela démontre clairement que la compétitivité de notre pays demeure très inférieure à celle de notre voisin rhénan, puisque les deux pays ont la même monnaie, offrent souvent les mêmes produits et chassent sur les mêmes marchés. Il est vrai que les Français avec leurs déficits perpétuels sont toujours à la traîne en ce qui concerne l’effort de recherche, dont on sait qu’il conditionne la croissance du futur. Et chacun sait que depuis des années, le futur pour les hommes politiques français c’est d’abord leur élection ou leur réélection. Résultat, notre pays devient peu à peu un pays d’imitation avec des technologies mises au point ailleurs, et notre commerce extérieur si longtemps excédentaire ne l’est plus depuis 2005.

Pour parler d’autre chose, le marché interbancaire restait comme paralysé ce jeudi avec l’Euribor, un des principaux taux de référence du marché monétaire de la Zone euro, qui se maintenait à 5,39% soit son niveau record depuis sa création, le 1er janvier 1999. Rappelons qu’en janvier dernier il était encore en moyenne à 4,49%, mais à 2,1% en janvier 2004 comme en janvier 2005. Le crédit devient cher, très cher. En tout cas, contrairement à ce que pense Nicolas Sarkozy et bien d’autres avec lui, il est définitivement acquis que la baisse des taux des banques centrales n’est pas la panacée pour régler les problèmes des banques et de l’économie en général. L’exemple japonais était déjà là pour en témoigner.

En effet, ce n’est plus tellement de taux bas dont les banques ont besoin, mais de liquidités. Et c’est parce qu’elles en manquent  qu’elles vendent les actions dont elles disposent, ce qui fait baisser les cours.  En outre les taux bas ont souvent pour effet d’inciter ceux qui ont de l’argent à le conserver, plutôt que d’investir dans l’économie réelle ou les actifs financiers avec des rendements qui ne sont pas du tout attractifs, ce qui ne peut qu’aggraver la récession que connaissent ou commencent à connaître l’Europe et les Etats-Unis.

Toutefois,  personne ne peut reprocher à la BCE d’avoir participé à l’action concertée des banques centrales  d’abaisser d’un demi- point leurs taux directeurs, à 3,75 pour la BCE, à 4,5% pour la Banque d’Angleterre et à 1,5% pour la Réserve Fédérale américaine. En fait il n’y a que la Banque du Japon qui n’a pas participé au mouvement…parce que son taux principal est de 0,5%. Il est vrai qu’avec les risques qui se profilent pour la croissance en Europe, aux Etats-Unis et ailleurs, les pressions inflationnistes devraient se faire moins vives.

Ceux qui commencent à être inquiets à propos de la croissance en Amérique et en Europe sont les Chinois qui, eux-mêmes,  risquent d’être touchés à travers  leurs échanges avec leurs  partenaires occidentaux, dont dépend pour une bonne part leur richesse. De plus, nombre d’entreprises occidentales présentes en Chine ont déjà commencé à réduire leurs coûts, donc prioritairement leurs effectifs et les salaires de ceux qui restent. Cela signifie que les Chinois, pour la première fois depuis longtemps,  vont  voir leur niveau de vie diminuer. Et dire qu’il y en a qui disaient encore très récemment que les économies occidentales et chinoises étaient « découplées ». Et bien non  il va falloir s’y faire, la Chine ne vit plus en autarcie et elle est intégrée totalement à l’économie mondiale.

Michel Escatafal

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