30.09.2008
Les temps sont durs pour ceux qui ne sont pas responsables…
"Le gouvernement promet pour 2009 une amélioration du pouvoir d’achat, des baisses d’impôts et un chômage très faible". De qui est cette phrase, de Nicolas Sarkozy ? Cela aurait pu être, puisqu’il n’a cessé d’en parler pendant sa campagne présidentielle, et même quelque temps après son élection. En réalité, ce sont les prévisions du gouvernement…néerlandais. Le projet de budget présenté au Parlement par le ministre des Finances, prévoit un solde positif de 1,2% du PIB, une réduction de la dette publique à 39,6%, et un taux de croissance situé dans une fourchette assez large allant de 1,2% à 2%. Toutefois le gouvernement a quand même une inquiétude : il craint une carence de main d’oeuvre dans certains secteurs, tels que la santé et l’enseignement, ce qui le pousse à stimuler par tous les moyens le taux d’emploi de la population.
On imagine déjà les cocoricos en France de nos gouvernants, de l’UMP et des médias si nous étions dans cette situation. Nicolas Sarkozy serait considéré par tous comme le plus grand stratège que la France ait eu depuis Charlemagne. Hélas, tout ce que je viens de dire ne se passe pas en France. Au contraire, notre "grand", notre "immense" président et son gouvernement de bénis oui-oui, ne peuvent que nous annoncer des mauvaises nouvelles avec pêle-mêle une baisse du pouvoir d’achat, une augmentation de notre déficit public, une hausse de la dette publique, et un chômage dont "les chiffres sont très mauvais", pour parler comme Madame Lagarde. Bref c’est la Bérésina, chaque ministre essayant sans convaincre de nous expliquer que tout ce qui nous arrive n’est pas de leur faute.
Alors que font-ils pour essayer d’enrayer cette spirale négative ? Ils parlent, ils organisent des réunions de crise, ils s’agitent et invectivent ceux, nombreux, qui ne sont pas d’accord avec eux. Ils en appellent, comme ce pauvre François Fillon, à la nécessaire cohésion nationale devant une situation aussi grave. C’est pitoyable venant de la part de quelqu’un qui a osé dire, en novembre dernier, qu’il fallait supprimer les régimes spéciaux de retraite parce que "c’était l’injustice la plus criante" dans notre pays. Au vu des évènements actuels, si cela avait été effectivement le cas nous serions plutôt dans une situation à la néerlandaise, et non dans celle que nous connaissons aujourd’hui. A ce propos, qui ne cessait de nous vanter le modèle ultralibéral sinon Messieurs Sarkozy, Fillon et leurs amis, qui regrettaient que dans notre pays il y ait trop d’Etat, trop de fonctionnaires, trop de régulations etc. ?
Cependant nos gouvernants ont une particularité par rapport à leurs collègues européens : ils persistent dans leurs erreurs, au point qu’on se demande s’ils sont réellement conscients des problèmes qui affectent notre pays. En effet pendant que Belges, Allemands et Luxembourgeois nationalisent des banques en faillite, comme aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, que la CDC et les banques populaires renflouent des établissements comme Dexia, banque des collectivités territoriales, ou Natixis, le pouvoir envisage de privatiser…la Banque Postale. Ahurissant ! Ils sont dans une démarche encore plus libérale que celle des plus conservateurs des conservateurs britanniques ou américains, ces derniers refusant le rachat des grandes institutions en faillite de la City ou Wall Street, mais n’allant pas jusqu’à demander la privatisation d’organismes qui sont encore dans le giron public.
Evidemment tout le monde comprend pourquoi on envisage ce type de privatisation dans notre pays. C’est un bon moyen de récolter quelques milliards d’euros supplémentaires, afin que le taux d’endettement public ne franchisse pas la barre des 70% du PIB qui ferait hurler encore un peu plus Bruxelles. Espérons, sans trop y croire, qu’on ne fera pas un nouveau bradage du type de celui qui a été fait pour les autoroutes ou pour Suez-GDF. Espérons enfin et surtout, que les grands de ce monde prendront conscience que cette crise qui va une nouvelle fois toucher les plus faibles et les plus vulnérables, servira d’avertissement aux apprentis sorciers qui nous ont tant vanté le système de l’argent roi et du laissez-faire. En attendant le taux interbancaire continue de monter, traduction de la réticence des établissements financiers à se prêter de l’argent, ce qui renchérit d’autant l’accès au crédit des banques ayant besoin de liquidités...et par là même à leurs clients. Quant à l’Euribor, il atteint aujourd’hui 5,2% alors qu’il n’avait pas dépassé 5% depuis l’an 2000. Décidément les temps sont durs…pour ceux qui ne sont pour rien dans cette crise.
Michel Escatafal
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28.09.2008
Comment en est-on arrivé là?
Finalement Nicolas Sarkozy n’a rien inventé à Toulon jeudi dernier en disant qu’il s’engageait à faire en sorte que pas un Français ne perdrait un euro, si par malheur une banque faisait faillite. En fait, il s’est contenté de reprendre ce que répètent les dirigeants européens en ce moment, puisque je viens de découvrir que le Premier ministre belge, Yves Leterme, vient de déclarer exactement la même chose ces derniers jours : "Je m'en porte garant, les intérêts des épargnants belges seront assurés même en cas de problèmes de solvabilité des banques." Qui a copié sur l’autre ?
Aucun des deux sans doute, puisque Gordon Brown l’avait dit avant eux quand il avait nationalisé la Northern Rock (8è banque britannique) en février de cette année, en employant quasiment les mêmes mots : « Il est important pour les épargnants et les titulaires d'un compte bancaire d'être assurés que leur argent est sain et sauf. Nous aurions pu laisser couler la banque mais les risques encourus par l'ensemble du système financier, par les petits porteurs et le grand public étaient inacceptables ».
Même si nous sommes rassurés sur ce plan, en revanche à Toulon le président de la République nous a annoncé tout bonnement que c’était le début de la fin des illusions. Il ne peut plus en donner car les faits sont têtus. La France va mal et même très mal, comme nous sommes nombreux à le dire depuis longtemps, et la crise financière n’a fait qu’ajouter à l’impéritie des décisions gouvernementales. Du coup, les déficits sont en hausse et le chômage aussi. Bref, on est dans la situation la plus difficile qui puisse se concevoir, et elle l’est d’autant plus que Nicolas Sarkozy se refuse à prendre les mesures qui s’imposent, faute d’avouer qu’il s’est trompé.
De toute façon, qu’il l’avoue ou pas, ses marges de manoeuvre sont nulles avec un déficit qui a explosé au cours de l’année 2008, passant de 42 milliards prévus initialement à environ 50 milliards d’euros. Bien entendu le gouvernement s’exonère de toute responsabilité en parlant du ralentissement de la croissance mondiale qui entraîne des recettes fiscales moindres, ce qui n’est pas faux, mais jamais il ne parle du fiasco que représente le paquet fiscal qui, cette année, va coûter une dizaine de milliards d’euros. Et pour quel résultat ? Aucun, comme on peut le vérifier par exemple sur l’emploi. Le chômage, en effet, est en train d’exploser comme en témoigne le chiffre du mois d’août puisque le gouvernement annonce 30 à 40 000 chômeurs en plus. A ce propos, il faut noter l’étendue de la fourchette, 30 à 40 000. Ahurissant de mauvaise foi !
Le pire est donc à venir parce dans ces conditions la dette va aller croissant, celle-ci étant une des principales sources alimentant le déficit. Mais comment Nicolas Sarkozy et son gouvernement ont-ils pu en arriver là ? Comment un homme au pouvoir pendant quatre ans entre 2002 et 2007, de surcroît ministre des Finances en 2004, a-t-il pu prendre aussi facilement la responsabilité d’obérer durablement nos finances publiques ? Incroyable, mais vrai hélas. Que le candidat Nicolas Sarkozy ait fait des promesses intenables, qu’il ait utilisé toutes les ficelles pour être élu, est certes dommageable car cela amène les Français a avoir du dégoût pour la chose publique, mais qu’à peine arrivé au pouvoir, alors que la crise se profilait et était déjà bien présente aux Etats-Unis, il ait pris de tels risques est le signe à la fois d’une vanité puérile, et d’une inconscience indigne d’un chef de l’Etat.
La seule consolation que puissent avoir les adversaires de Nicolas Sarkozy est qu’il finira par payer cher toutes ces folies, et ce malgré l’appui quasi-total des médias. N’oublions pas que malgré une situation bien meilleure à l’époque qu’aujourd’hui, le général de Gaulle a été chassé du pouvoir en 1969, à peine un après des élections législatives triomphales. N’oublions pas non plus que Valéry Giscard d’Estaing fut battu à l’élection présidentielle de 1981, alors que sous l’action de Raymond Barre la situation économique de la France était la meilleure de celle des pays occidentaux, juste derrière l’Allemagne fédérale, avec une dette publique fin 1980 de 17%... contre 66% de nos jours. Et pourtant à cette époque, on ne supprimait pas des dizaines de milliers de fonctionnaires et on ne mégotait pas sur les dépenses sociales.
Oh certes d’ici 2012 la situation économique mondiale peut s’améliorer, il faut vivement l’espérer, et si c’est le cas on peut imaginer que le pouvoir fera feu de tout bois pour embellir au maximum son bilan, mais il sera facile aux candidats qui s’opposeront à Nicolas Sarkozy de démontrer que ce dernier n’aura tenu aucune des promesses qu’il avait faites. Réduire les impôts sera impossible, d’autant que Bruxelles aura les yeux fixés sur notre pays qui sera toujours parmi les plus mauvais élèves de la Zone euro avec l’Italie de Berlusconi, autre démagogue patenté. Assurer une croissance à 3% sera hélas un leurre, faute d’avoir pu développer la recherche et l’investissement comme cela aurait du l’être. Enfin, dans quel état seront nos services publics d’autant que pour le pouvoir c’est le seul moyen de serrer les dépenses.
Alors si avec de tels résultats, un candidat de l’opposition n’est pas capable de battre Nicolas Sarkozy en 2012, c’est à désespérer de tout. Encore faudrait-il ne pas aller dans le sens des décisions du chef de l’Etat, par exemple sur la guerre en Afghanistan, ou encore sur l’acceptation du démantèlement de notre modèle social. Il y a quand même dans notre pays beaucoup à s’opposer, mais pour cela il ne faut pas avoir peur de le faire. Et ce n’est pas en faisant un show dans le style de celui qu’a fait hier soir Ségolène Royal au Zénith que les Français se mobiliseront. La pauvre dame ne se rend-elle pas compte qu’elle évolue dans le registre de Nicolas Sarkozy ? Il y a vraiment des moments où on se sent déprimé dans notre beau pays.
Michel Escatafal
10:03 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
26.09.2008
La crise a bon dos...
Il a parlé devant un auditoire essentiellement UMP, et qu’a-t-il dit ? Rien de nouveau en vérité, ce qui n’est une surprise pour personne. D’ailleurs qu’aurait-il pu bien dire qu’il n’ait déjà dit ? Rien, et c’est bien ce qui est le plus regrettable, car à force de parler de tout et sur tout en disant un jour une chose et le lendemain son contraire, notre président de la République en est arrivé à perdre toute crédibilité. Oh certes les médias s’efforcent, aussi bien qu’ils le peuvent, de faire semblant de relayer l’information présidentielle comme si elle comportait des nouveautés, mais à voir les réactions des observateurs objectifs on est obligé de constater que cette méthode a atteint ses limites. Et ce n’est pas parce que les membres du gouvernement, assis au premier rang, font la claque comme pour une rock star que les Français vont être impressionnés et avoir l’illusion que le message passe mieux.
Il y a quand même quelques phrases qui méritent qu’on s’attarde un peu sur le discours présidentiel de Toulon, parce qu’elles valent leur pesant de mauvaise foi et d’hypocrisie. Tout d’abord il veut, lui Nicolas Sarkozy, remettre à plat le système financier mondial. Rien que cela ! Et comment faire ? En proposant « un nouvel équilibre entre l’Etat et le marché ». Voilà qui est nouveau de la part de quelqu’un qui nous vantait il y a peu encore les vertus du libéralisme à la mode anglosaxonne. Et pour faire bonne mesure, il a ajouté avec des accents martiaux : « Le laissez-faire, c’est fini. Le marché tout-puissant qui a toujours raison, c’est fini ». On croirait entendre feu Georges Marchais !
Il en a profité pour proposer, si besoin est, une loi qui règlerait le problème des rémunérations de ceux qui prennent « des risques insensés ». Faire une telle annonce ne mange pas de pain, d’autant que la loi n’est pas encore proposée et, même si elle devait l’être, elle ne serait sans doute pas facile d’application. Mais peu importe, l’essentiel est d’annoncer. Plus fort encore l’Etat, donc lui-même, s’engage à garantir les dépôts des épargnants si leur banque était amenée à se déclarer en faillite. Dire cela à une réunion UMP a sans doute une certaine portée, mais le moins que l’on puisse dire est que l’hypothèse est assez improbable. Et puis quoi de plus normal si, par malheur, cela devait arriver.
Mais le summum a été atteint quand il a abordé le volet international de son plan en proposant la convocation d’une conférence internationale des grands pays. Problème, ses propositions déjà formulées à New-York laissent de marbre tous ses interlocuteurs potentiels…qui commencent à connaître le personnage. D’ailleurs, tout le monde est d’accord pour dire qu’en tant que président en exercice de l’Union Européenne, il eut mieux valu qu’il proposât qu’Américains et Européens se réunissent ensemble pour adopter un minimum de règles communes, afin de mettre en place des dispositifs empêchant qu’à l’avenir pareilles dérives ne se reproduisent. Après tout l’essentiel des transactions sur les marchés financiers se font aux Etats-Unis et dans l’Union Européenne.
L’ennui est que sur ce point, comme bien d’autres, l’Europe est très loin de parler d’une seule voix. Et pour qu’elle s’accorde un peu mieux sur des mesures à prendre il faudrait déjà que les Européens, et notamment ceux appartenant à la Zone euro, commencent déjà par parler entre eux avant que l’Union Européenne ne participe à une conférence internationale. Bref, encore une fois Nicolas Sarkozy a mis la charrue avant les bœufs. De plus, depuis combien de temps entend-on parler du rôle des paradis fiscaux, de celui des agences de notation, et même de l’instabilité monétaire plus particulièrement celle engendrée par les mouvements sur le dollar ?
Bien évidemment, le président de la République en a profité pour faire un nouveau numéro d’équilibriste sur le plan national. D’ailleurs pour lui cette crise c’est presque pain bénit, dans la mesure où il s’exonère de toutes responsabilités dans la faillite qui est celle du pouvoir sur le plan économique. Cela lui a permis d’annoncer que la croissance sera de 1% cette année, et sans doute l’an prochain. Ce n’est pas de sa faute, nous dit-il, c’est celle de la crise. Il y a certes une part de vrai, mais la crise a bon dos. En tout cas une chose est sûre : les baisses d’impôts de 2007 n’ont servi à rien, sinon à creuser encore davantage des déficits déjà très importants. Sur ce plan l’échec est total car le paquet fiscal représente presque un tiers du déficit budgétaire annoncé pour 2009.
Par ailleurs, et c’est sans doute notre plus grande source d’inquiétude, Nicolas Sarkozy a donné l’illusion de ne plus savoir quoi faire pour redresser l’économie française. Le navire semble en perdition, mais on ne veut pas prendre de mesures pour le remettre sur le bon cap. Compte tenu du fait qu’il paraît difficile de faire une relance par l’endettement, en raison du niveau très élevé de celui-ci, il reste comme solution, aux yeux de Nicolas Sarkozy, de réduire drastiquement les dépenses de l’Etat notamment en faisant des coupes sombres dans la fonction publique, ce qui devrait permettre de financer des «investissements massifs dans les technologies propres ». C’est comme si c’était fait !
Il y a pourtant une mesure qui paraît aller de soi dans une conjoncture si difficile, par exemple revenir sur le paquet fiscal. Apparemment, il semble interdit d’aborder le sujet. Alors ne nous étonnons pas si à la place nous aurons la multiplication d’impôts en tous genres, à l’image de tout ce qui a été voté ces derniers mois. Et dire que Nicolas Sarkozy avait promis de diminuer de quatre points les prélèvements obligatoires ! En fait, si l’on devait résumer d’un mot les résultats de 16 mois de présidence Sarkozy, on dirait ceci : les déficits s’accumulent parce qu’une minorité bénéficie d’avantages exorbitants, que les ponctions supplémentaires subies par les ménages et les entreprises ne peuvent contrebalancer. Qui a envie de dire bravo ?
Michel Escatafal
11:06 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
24.09.2008
"La science de gouverner est toute dans l'art de dorer les pilules". A. Thiers
« Qu’ils soient sanctionnés et rendent des comptes et que nous les chefs d’Etat, assumions nos responsabilités ». Voilà ce qu’a dit Nicolas Sarkozy hier à New-York. Fortes paroles, relayées avec zèle par tous les médias. Pour ma part je dirais que c’est du Sarkozy dans le texte. Comme il est facile de critiquer a posteriori ! En disant cela, je pense au modèle économique anglo-saxon que Nicolas Sarkozy n’a cessé de nous donner en exemple…quand tout semblait aller bien. Il prétendait même que notre modèle social français était ringard.
Il n’y a d’ailleurs pas que lui qui souhaite des mesures pour que pareille crise ne se renouvelle pas. Le président brésilien Lula s’est invité dans la discussion en appelant « à rebâtir les institutions financières internationales afin de pouvoir prévenir les crises à l’avenir ». Pour sa part, le ministre des Finances britannique a déjà annoncé que le gouvernement allait déposer d’ici 15 jours un projet de loi visant à réformer un système bancaire, dont on disait il y a quelques mois qu’il était le plus performant de la planète. Parfois, comme dirait Nicolas Sarkozy, on aurait envie de châtier ceux qui trompent le peuple avec autant de constance.
D’ailleurs au delà des belles paroles, on n’entend personne remettre en question la création de nouveaux instruments financiers, ni même leur complexité croissante. Simplement, il faudra que les organismes bancaires s’engagent à plus de transparence, ce qui ne mange pas de pain. Et du coup tout le monde sera content, et prêt à repartir au front de la spéculation dès que les spasmes actuels qui affectent les marchés financiers se feront moins sentir, ce qui ne manquera pas d’arriver un jour ou l’autre.
Ne nous faisons surtout pas d’illusions, même s’il faudra sans doute beaucoup de temps pour effacer les effets de la crise que nous vivons, la leçon ne sera pas retenue…parce que le capitalisme s’est toujours nourri de ces turbulences. On s’adapte toujours, même dans les périodes de crise, et on repart de plus belle avec pour but premier de récupérer ses mises, avant de les faire croître et se multiplier. Gageons que le jour où tout cela se produira, on entendra de nouveau tous les Nicolas Sarkozy, Gordon Brown, Harry Paulson etc. se féliciter d’accompagner un système qui, in fine, est toujours gagnant…pour la plupart des spéculateurs.
Et puisque l’on parle de Nicolas Sarkozy, et de son désir de voir sanctionner ceux qui ont mis la finance internationale dans l’état où elle se trouve, il serait peut-être bien qu’il se sanctionne lui-même parce qu’il a mis notre pays dans une situation qui, avec les prolongements de la crise, va devenir à très court terme intenable. Qui a décidé du paquet fiscal et de son coût de 10 à 15 milliards d’euros, alors que tout indiquait que l’on allait vers une crise majeure de l’économie mondiale ? Qui a multiplié les promesses coûteuses alors que l’endettement de la France atteignait déjà des sommets ? Bref qui a fini de vider des « caisses déjà vides » grâce à l’action de gouvernements auxquels appartenaient Nicolas Sarkozy, François Fillon, Xavier Bertrand, Christine Lagarde, Michèle Alliot-Marie etc. ?
Il est vrai que pour eux la sanction ne peut pas exister avant au moins trois ans et demi, c’est-à-dire jusqu’à la prochaine élection présidentielle. D’ici là le président de la République, et ceux qui l’accompagnent, auront le temps de peaufiner leurs arguments pour vaincre une nouvelle fois une opposition qui ne s’oppose pas vraiment, et qui réagit en calculant l’impact que cela pourrait avoir sur l’opinion de ses militants et très accessoirement des Français. Cela fait quand même 16 mois que les socialistes ne pensent qu’à la succession de François Hollande. Mais parler de la motion de Bertrand Delanoë, de Martine Aubry ou je ne sais qui, ne permet pas de proposer des solutions pour sortir notre pays de ses difficultés. Mais au fait, ces gens-là veulent-ils réellement le pouvoir ?
Michel Escatafal
08:59 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
22.09.2008
Qui va payer ?
La Chine vient de saluer les efforts américains pour stabiliser les marchés financiers. C’est une information en apparence anodine, mais quand on sait que la Chine est parmi les plus importants détenteurs d’obligations du Trésor américain, on comprend que les autorités chinoises soient intéressées au premier chef par un retour à des eaux plus calmes, après la tempête qui a affecté le monde de la finance ces derniers jours. Mais les mesures décidées, en cours de finalisation, sont-elles suffisantes ?
A vrai dire rien n’est moins sûr, même si un montant de 700 milliards de dollars peut effectivement contribuer à ramener un peu de sérénité sur les marchés financiers. Par ailleurs, pour que ce plan soit réellement efficace, il faut que les principales autorités politiques aux Etats-Unis y donnent leur aval. En effet, plusieurs hauts responsables démocrates au Congrès veulent absolument amender ce texte, notamment pour que les mesures prises profitent également aux propriétaires victimes de la crise des crédits hypothécaires, confrontées à des mesures de saisie. Les démocrates ont raison, d’autant que la campagne électorale bat son plein aux Etats-Unis, et que les propriétaires en question sont quand même davantage victimes que les banques qui leur ont prêté.
Par ailleurs, personne ne semble vraiment évaluer ce à quoi peut correspondre cette somme de 700 milliards, pour assainir durablement la situation. Certaines agences ou cabinets s’y sont quand même essayé pour aboutir à des chiffres tout à fait discordants, allant de 540 milliards de dollars à 1500 milliards, ce qui n’est pas la même chose. D’ailleurs comment pourrait-on faire précisément ce type de calcul puisque les banques elles-mêmes ne peuvent pas le faire. N’oublions pas que la crise a éclaté parce que les banques ont multiplié leurs mises sur des produits pour le moins hasardeux, en s’endettant pour y investir. En tout cas, comme je l’ai souvent souligné ici même sur ce site, les petits épargnants ne seront pas épargnés.
N’oublions pas que ceux-ci ont investi massivement sur des fonds monétaires qu’ils estimaient peu risqués, à tort, puisque le plus vieux de ces fonds a perdu les deux tiers de sa valeur dans la faillite de Lehman et Brothers. Il y a aussi problème pour les caisses de pension, qui ont vu le montant de leurs avoirs fondre comme neige au soleil depuis plus d’un an. Certains évaluent les pertes à 10-15%, d’autres pensent que c’est beaucoup plus. On ne sait pas qui a raison, mais ce que nous savons c’est que les pertes sont considérables.
Certes, ces pertes ne sont pas toujours réelles car les fonds de pension n’ont pas nécessairement vendu les titres détenus dans leurs portefeuilles. Il n’empêche, après une débâcle comme celle que nous venons de connaître, il serait étonnant que les pensionnés bénéficient en fin d’année d’une hausse de leurs revenus. Et dire que Nicolas Sarkozy et ses amis voulaient absolument créer ce type de fonds de pension qui, in fine, auraient fini par se substituer aux caisses de retraite gérés par l’Etat. Au moins cette crise aura-telle permis aux Français de s’apercevoir que notre système a du bon, et qu’il vaut mieux ne pas y toucher. Il faut toujours se méfier des apprentis sorciers !
Enfin, je ne voudrais pas terminer ce petit mot sans parler de tout autre chose, les élections sénatoriales. A titre personnel, j’ai toujours pensé que le général de Gaulle mais aussi Lionel Jospin, pour ne citer qu’eux, avaient de bonnes raisons d’estimer que cette « haute assemblée » n’avait rien de vraiment démocratique avec des sénateurs élus pour 6 ans… dont certains avec seulement 25 voix (Français de l'étranger). Sans faire de démagogie, cela fait cher la voix. Cette assemblée est vraiment d’un autre âge ! Cependant, chacun sait bien qu’elle permet aux politiciens professionnels, souvent en fin de carrière c’est-à-dire au-delà de 65 ou 70 ans, de pantoufler encore quelques années dans les ors de la République. Pauvre démocratie !
Michel Escatafal
18:22 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
19.09.2008
La mode des flagorneurs ne date pas d'aujourd'hui
La mode des flagorneurs patentés qui ne pensent qu’à servir le pouvoir ne date pas d’aujourd’hui. Avec Vincent Voiture, contemporain de Richelieu, on atteint même des sommets. Cela lui valut de faire partie de l’Académie française dès sa fondation, et d’être l’écrivain le plus admiré et écouté de l’hôtel de Rambouillet. C’est d’ailleurs pour cela que la postérité n’a voulu retenir que quelques bribes de son œuvre, ses Lettres et ses poésies, pourtant tellement vantées de son vivant.
La meilleure illustration de cet éloge au pouvoir est contenue dans l’Apologie de Richelieu. Bien qu’il s’en défende, Vincent Voiture porte ses louanges à l’action du Cardinal au-delà de l’entendement. A l’écouter, Richelieu ne cesse de faire des miracles. Et pour convaincre ses lecteurs, il n’hésite pas à s’inventer un correspondant adversaire de la politique de Richelieu, afin d’avoir lui-même un prétexte apparent pour mieux la défendre. Il va même tellement loin dans la flatterie qu’il n’hésite pas à dire que deux cent ans après, tout le monde ne parlera du Cardinal « qu’en l’affectionnant ».
Pourtant, contrairement à ce que prétend Voiture, si Richelieu vivait à notre époque il serait sévèrement jugé car les finances de l’Etat furent dans une situation beaucoup moins prospère qu’à l’époque de Sully, au point que le peuple, accablé d’impôts et poussé par la misère, se révolta dans plusieurs provinces du Royaume. Cela n’empêcha pas Voiture d’affirmer péremptoirement : « toutes les grandes choses coûtent beaucoup ». Et il ajoutera : « quand tout ce qui doit être fait le sera, il (le Cardinal) ne s’occupera désormais qu’à rétablir le repos, la richesse et l’abondance ».
Ainsi après avoir loué Richelieu de ses mérites, Voiture lui octroie par avance ceux dont il ne doute pas que son héros en fasse preuve bientôt. C’est habile, mais la flatterie a ses limites car cela veut dire que les vertus dont le Cardinal fera preuve à l’avenir lui ont manqué jusque là, et qu’il serait désirable qu’il les acquît enfin. A vouloir trop en faire ou en dire, on finit par tomber dans l’affectation et le vide. C’est dommage parce que l’œuvre de Voiture a montré qu’il était capable d’idées intéressantes et de sentiments sincères, ce que n’ont pas nécessairement de nos jours ceux qui se comportent à sa manière…vis-à-vis de Nicolas Sarkozy.
Un dernier mot enfin : avec les modifications que veut introduire notre président de la République sur la règlementation relative aux médias, c’est-à-dire avec l’émergence de trois ou quatre grands groupes (amis du pouvoir) détenant la totalité des journaux, radios et chaînes de télévision, les journalistes n’auront même plus besoin de s’inventer des contradicteurs. Ils n’écriront plus que des odes à Nicolas Sarkozy pour célébrer sa grandeur, comme Malherbe l’avait si bien fait « au roi Louis XIII allant châtier la rébellion des Rochelois ». Cela étant la comparaison s’arrête là, car la place de Malherbe est grande dans l’histoire de notre littérature.
Michel Escatafal
17:47 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : polyique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
18.09.2008
"Les gouvernements sont de retour"
Depuis quelques mois le monde traverse une crise boursière comme il n’en avait pas connue depuis bien longtemps, même si elle n’est sans doute pas du niveau de celle de 1929. De fait aujourd’hui plus personne, à part Madame Lagarde, ne se veut rassurant sur l’ampleur de la déflagration. L’inquiétude est en train de faire place à la panique et il y a de quoi. Après la faillite de plusieurs institutions financières dont j’ai déjà largement parlé, cette fois c’est le tour de l’assureur AIG. Et pas n’importe quel assureur !
AIG, en effet, assure des centaines de milliards de dollars d’actifs financiers et son réseau s’étend à plus de 130 pays, donc si l'on n'avait pas sauvé cette institution de la faillite, c'étaient autant de titres dévalorisés qui seraient venus plomber le bilan de ses banques clientes. On comprend dans ces conditions la décision de la FED (Réserve Fédérale) de prêter 85 milliards de dollars à AIG, sous contrôle du Trésor, ce qui va permettre à l’Etat américain de détenir presque 80% de son capital. Le prêt est garanti par les actifs d’AIG, y compris nous dit-on dans les activités les plus profitables. En cas de rebond des affaires, certains pensent qu’in fine l’Etat pourrait même retirer quelques profits de l’opération, ce qui reste à démontrer.
Cela étant, les tenants du libéralisme pur et dur qui ne cessent de dénoncer le rôle néfaste de l’Etat, peuvent constater que les autorités financières fédérales ou nationales ont quelque utilité, notamment pour jouer le rôle de dernier recours quand le système a été anéanti par la dérégulation et les excès. Pour autant, quelle que soit la puissance d’une banque centrale, y compris celle de pays comme le Japon, les Etats-Unis, ou d’une zone comme la Zone euro, les moyens demeurent limités face à une crise comme celle que nous vivons en ce moment.
Reste l’arme des taux que d’aucuns pensent être la plus efficace, ce qui est loin d’être évident. Certains analystes se sont étonnés que la FED n’ait pas décidé une baisse des taux, mais un tel geste aurait pu être interprété comme un aveu que la situation était désespérée, ce qui aurait pu entraîner un vent de panique encore plus fort, compte tenu de la globalisation du système financier international. Et puis l’efficacité de taux extrêmement bas est loin d’être prouvée, comme en témoigne l’exemple japonais dans les années 90 avec ses taux quasiment à zéro, même si cela peut faciliter le refinancement des banques à moindre coût.
En tout état de cause, cette crise pourrait avoir pour principal mérite de corriger les abus les plus criants. Déjà beaucoup se félicitent aux Etats-Unis, et ailleurs, que les autorités fédérales américaines n’aient pas fait pour Lehman Brothers ce qu’elles ont fait pour Fannie Mae et Freddie Mac qui ont été nationalisées. Il est vrai que les enjeux étaient moins importants, et que Lehman Brothers est d’abord une banque d’affaires qui, en principe, doit assumer les risques qu’elle a pris. Ensuite il semble, mais cela demande confirmation, que les Etats-Unis soient décidés à introduire un minimum de régulation dans la finance internationale, un peu à l’image de ce que l’Europe essaye de faire.
A ce propos, hier à Bruxelles, le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker s’est écrié : « les gouvernements sont de retour », en soulignant au passage que pour lui « les marchés financiers seuls n’avaient pas toutes les solutions ». On ne saurait mieux dire. Cela ne signifie pas pour autant qu’il défend l’idée « d’une supervision européenne centralisée », mais plutôt une harmonisation de la surveillance des marchés financiers au niveau national, afin que chacun applique les mêmes règles, à tout le moins en Zone euro. En tout cas une chose est sûre : si l’on ne fait rien, le pire est devant nous et de nouvelles crises ne manqueront pas d’arriver, plus importantes encore que celle que nous connaissons aujourd’hui.
Enfin, pour ne pas terminer sur une note pessimiste, il faut noter qu’il y a au moins une conséquence positive pour nous consommateurs, même si ce n’est qu’une consolation minime : le pétrole pourrait continuer à baisser. D’ailleurs, prenant acte de la persistance du ralentissement économique aux Etats-Unis, mais aussi en Europe et en Asie, l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole) a révisé une nouvelle fois ses prévisions relative à la demande de pétrole brut. En tout cas, les prix élevés à la pompe auront eu pour effet en France, si l’on en croit l’Union des Industries pétrolières, de faire subir à la consommation de carburants, en août, une chute historique de 12,3%, ce qui ne va pas faire du bien à nos rentrées fiscales. Cela dit au stade où nous en sommes…
Michel Escatafal
09:33 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.09.2008
Il court, il parle et pendant ce temps...
A peine le pape avait-il pris l’avion pour Rome que Nicolas Sarkozy est passé à autre chose. C’est ainsi qu’il gouverne depuis le mois de mai 2007, et c’est aussi ce qu’il a toujours fait dans ses nombreux postes de ministre. Aujourd’hui on ne parle que de la libération de deux otages français après intervention d’un commando de l’armée française et cela, en des termes que n’auraient pas désavoués les correspondants de guerre. Et dans la foulée, notre président d’annoncer qu’il allait demander la création d’une force internationale pour lutter contre la piraterie. A priori cela part d’une bonne intention, mais en pleine crise financière avec les conséquences qu’elle implique pour l’économie mondiale, je doute que cet appel soit réellement la préoccupation des grands de ce monde. Mais l’essentiel n’est pas là : ce qui compte c’est l’annonce.
En revanche pas un mot de Nicolas Sarkozy sur la crise financière comme si le sujet était tabou. Il l’est d’ailleurs pour notre président qui ne veut manifestement pas en parler. Il est vrai qu’il a de quoi s’inquiéter vu l’état des finances publiques de notre pays. Alors il laisse parler ses ministres, ceux-ci alimentant la chronique avec des poncifs, comme Madame Lagarde qui affirme que les taux d’intérêt devraient monter, ou des phrases toutes faites comme celles d’Eric Woerth, le ministre du Budget, qui affirme sans rire « qu’on peut arriver à l’équilibre des finances publiques en 2012 ». On serait tenté de lui répondre que si c’était si facile pourquoi ne l’a-t-on pas fait depuis 2002, d’autant que c’est à peu près la même équipe qui est au pouvoir. En 2004, c’était même Nicolas Sarkozy le ministre des Finances.
A propos de Nicolas Sarkozy, et dans la continuité de ce que je disais précédemment, il se rendra après-demain dans un département que je connais bien, le Jura. Cela permet au quotidien régional local, le Progrès, d’annoncer cet évènement comme s’il avait une portée planétaire, mais apparemment personne ne connaît le programme de cette visite, mis à part le fait qu’il visitera la maison médicalisée de Bletterans (entre Dôle et Lons-le-Saunier), et qu’il y prononcera un discours sur le thème de la santé. Il faut aussi ajouter que, comme de coutume, il sera accompagné de plusieurs ministres. Ils en ont de la chance mes amis jurassiens !
Que dira-t-il dans ce discours ? Tout d’abord que la réforme est en marche, que tout va de mieux en mieux dans le domaine de la santé, et que notre pays a bien fait de le choisir comme président de la République, car avec les autres c’était l’immobilisme assuré… comme c’était le cas avec ses prédécesseurs. Avec Nicolas Sarkozy, on ne sait jamais ce qu’il va décider dans les jours et les mois à venir, mais en revanche on connaît la teneur des discours. Nous savons qu’avec lui on n’aborde jamais les sujets qui peuvent porter atteinte au moral des Français. Les 4000 emplois qui vont être supprimés chez Renault, la croissance en panne, et le pouvoir d’achat laminé, sont des questions trop sérieuses pour être traitées dans des discours destinés au peuple.
Le pire, c’est que toute cette mise en scène marche relativement bien, comme en témoignent non pas les sondages, mais les élections partielles disputées ça et là, que l’UMP finit généralement par emporter. Les responsables de cette formation y voient d’ailleurs un plébiscite à l’action et aux réformes du président de la République. C’est bien évidemment archi faux, mais cela devrait faire réfléchir les responsables des partis d’opposition car, si cela continue, Nicolas Sarkozy sera réélu en 2012. Mais où sont donc les responsables de l’opposition ? Au Parti Socialiste, personne ne sait qui représente le parti depuis la fin de l’élection présidentielle. Donc cela fait 16 mois que la formation politique d’opposition la plus représentée au Parlement ne joue plus son rôle. Résultat, elle perd toutes les élections intermédiaires.
Ensuite, il y a le MoDem. Là il n’y a pas de problème de leadership, dans la mesure où chacun dans le mouvement se reconnaît en François Bayrou. Cela étant on n’entend pas beaucoup la voix du MoDem, parce que François Bayrou est perçu comme le principal danger pour Nicolas Sarkozy, le seul même pour le moment, en vue de la prochaine élection présidentielle. Là ce sont les médias qui jouent leur rôle, qu’il s’agisse de la presse nationale et plus encore régionale, mais aussi les radios et la télévision. On invite François Bayrou à parler à partir du moment où on peut le mettre en difficulté, avec à chaque fois un petit rappel disant que la plupart de ceux qui étaient ses amis l’ont quitté.
Alors que faut-il faire ? Et bien souhaiter qu’enfin l’opposition se comporte comme telle et, comme il lui arrive parfois de le faire, de s’unir sur l’essentiel. Elle l’a fait sur le fichier « Edvige » et, comme par miracle, le pouvoir semble reculer sur certains aspects de la question. Elle l’a fait aussi sur la laïcité, bien avant la venue du Pape, et là aussi le président de la République semble avoir mis un peu d’eau dans son vin. En revanche sur bien d’autres sujets, les multiples courants du Parti Socialiste ont empêché une action commune avec le MoDem.
On citera simplement la timidité des critiques sur le RSA, le Parti Socialiste ayant d’entrée de jeu mordu à l’hameçon que lui tendait Nicolas Sarkozy. Voilà pourquoi François Bayrou a eu raison de dire que seul un vaste rassemblement incluant le Parti Socialiste pouvait faire échec à Nicolas Sarkozy en vue des échéances qui nous attendent. Il reste trois ans et demi pour mettre en œuvre ce rassemblement, sans que quiconque perde son âme et ses valeurs, sinon ce qui s’est passé dimanche à Chartres dans une élection législative partielle se renouvellera souvent dans les mois et les années à venir. Et les gens se diront « qu’à part Nicolas Sarkozy il n’y a personne ». C’est le pire qui pourrait arriver.
Michel Escatafal
17:27 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politqiue, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
15.09.2008
Et de quatre !
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Et de quatre, après Bear Stearns, Fannie Mae et Freddie Mac, c’est au tour de Lehman Brothers de jeter l’éponge et d’aller vers une liquidation judiciaire. Décidément le système bancaire américain vit des heures sombres depuis quelques mois, et ce n’est sans doute pas fini si l’on en croit l’ancien président de la Réserve Fédérale, Alan Greenspan. Celui-ci, toujours très écouté dans le milieu, affirmant « que la crise financière était un évènement d’importance séculaire » dépassant tout ce qu’il avait vu jusque là. On ne saurait être plus optimiste.
En tout cas sur ces affaires, on peut constater de nouveau que les Américains n’hésitent pas à faire ce qu’ils savent si bien reprocher aux autres, quand les temps sont meilleurs pour eux, c’est-à-dire nationaliser provisoirement sans trop d’états d’âme des entités privées agonisantes ou cliniquement mortes. Cela étant dans les cas que nous venons de citer, il n’y a pas tellement le choix dans la mesure où les sommes en jeu sont considérables, et aussi parce qu’elles concernent le monde entier. Et on ne parlera même pas du sort des milliers d’employés travaillant dans ces banques, ce qui est loin d'être la préoccupation première de ceux qui sont chargés de mettre en œuvre les montages destinés à sauver ce qui peut l’être. Ah le modèle anglo saxon dont on nous rebat sans cesse les oreilles et qui fait tant rêver Nicolas Sarkozy !
Si je dis cela c’est parce que le but ultime du sauvetage de Lehman Brothers est de trouver un repreneur pour la seule partie saine des activités de cette banque, le négoce d’actions. Cela étant, toute reprise ne peut être conditionnée que par un soutien financier de l’Etat américain (les ultra libéraux aiment l'Etat dans ces cas là!), car les actifs de la banque sont pour une bonne partie ce que l’on appelle des « actifs pourris ». En fait, et c’est la loi du capitalisme pur et dur anglo saxon, seuls les actifs sains intéressent les éventuels repreneurs…à condition en outre que ces repreneurs puissent faire la meilleure affaire possible.
Si le système avait un semblant de logique morale, ce serait aux banques elles-mêmes à venir en aide à celles qui sont en difficulté, mais cela suppose l’obligation de mutualiser des fonds très importants comme cela existe en Europe, mais qui est contraire aux principes américains. Cela dit, en cas de liquidation précipitée d’une banque de la taille de Lehman Brothers, c’est tout le système financier qui en subit les conséquences, avec notamment l’obligation de recapitaliser les établissements les plus vulnérables.
Toutefois, et toujours dans la logique du capitalisme pur et dur, si des actionnaires ont perdu la plus grande partie de leur investissement, les plus petits en premier bien évidemment (les benêts!), certains en revanche y ont trouvé un moyen de gagner encore beaucoup d’argent. Ce sont les détenteurs d’obligations dites « senior* » et même « subordonnées* » que l'on câline gentiment sous le prétexte de ne pas trop les effrayer parce qu'ils en détenaient des montants importants avant la crise. En tout cas, ceux qui peuvent être effrayés ce sont les contribuables américains qui vont devoir mettre la main à la poche.
Avec un déficit budgétaire qui dépasse déjà les 400 milliards de dollars, soit un pourcentage légèrement supérieur au notre déjà très excessif, la marge de manœuvre des autorités américaines n’est pas extensible, même s’il faut tenir compte du rôle joué par le dollar qui reste, malgré la progression de l’euro, la monnaie de réserve internationale. Or qui détient la plus grande part de la dette des grandes banques de crédit immobilier américaines ? Réponse les banques centrales étrangères, qui n’ont donc pas intérêt à voir leurs actifs se déprécier. En conséquence, on peut compter sur elles pour souscrire encore aux émissions d’emprunt que les autorités financières américaines mettent et mettront en place, dans le cadre du sauvetage du système financier de leur pays. Cela remplira de contentement Nicolas Sarkozy, car cette accumulation de capitaux aux Etats-Unis profitera aussi au dollar. Je parie qu’il n’ y avait pas pensé.
Michel Escatafal
* Une dette est dite subordonnée lorsque son remboursement dépend du remboursement initial des créanciers privilégiés, ce qui explique que le taux appliqué à cette dette soit supérieur à la dette senior qui est une dette privilégiée.
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09:54 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
13.09.2008
Une visite du Pape qui méritait mieux que cela
Il faut reconnaître que Nicolas Sarkozy a l’art et la manière de susciter les polémiques et de diviser les Français. Au moment où notre pays semblait en avoir fini définitivement avec loi de 1905, voilà que notre président en rajoute sur la laïcité positive, concept qui entre parenthèse ne veut strictement rien dire, mais qui a pour but de faire évoluer la stricte laïcité à la française. Et à voir la réaction des uns et des autres tant au plan politique que sur les différents forums de journaux, le moins que l’on puisse dire est que cette visite du Pape ne passe pas inaperçue, et qu’elle méritait mieux que ce que nous avons vu hier. D’ailleurs le discours qu’il a prononcé hier soir au Collège des Bernardins, devant un parterre de personnalités, a montré à la fois que Benoît XVI est un érudit et un homme qui peut savoir manier le consensus.
Cela ne m’empêche pas, comme beaucoup de chrétiens pratiquants ou non, d’être en totale opposition avec le Pape sur différents sujets de société, l’avortement par exemple, et d’être un ardent défenseur de la laïcité car dans une société laïque il y a une place pour tous, que l’on croit au ciel ou que l’on n’y croit pas. J’ajouterais même que la laïcité favorise au plus haut point un sens moral commun qui peut relier les individus d’un même groupe. Et sur ce plan, je pense que notre pays pouvait en remontrer à beaucoup d’autres. Je parle au passé parce que si cela continue, la laïcité telle que nous la connaissons et qui garantit notre liberté de conscience, est en train de s’étioler doucement, sous la houlette d’un chef de l’Etat tout puissant qui, semble-t-il, a décidé de jouer avec ce concept.
Avec Nicolas Sarkozy rien n’est gratuit, et tout ce qu’il fait a pour but de le servir. Si le Pape vient à Lourdes pour fêter l’anniversaire des apparitions de Lourdes, supposées ou réelles selon la foi de chacun, le président de la République s’arrange pour qu’il fasse le détour par Paris où il est reçu en grande pompe. Même si on peut toujours discuter là-dessus, je pense qu’il eut été mieux que le président de la République se déplaçât à Lourdes, pourquoi pas en pèlerin s'il en ressentait le besoin, et rencontre le Pape à cette occasion plutôt que faire tout ce tralala… pour satisfaire son ego, et passer une fois de plus à la télévision. Beaucoup d’hommes politiques à sa place auraient agi comme cela. Lui, hélas, ne peut pas se résoudre à transformer une manifestation qui se déroule sur le territoire national sans en faire une affaire personnelle.
En agissant ainsi, il y voit un bon moyen de détourner une nouvelle fois l’attention sur les vrais problèmes du pays, quitte à diviser les Français si nécessaire. Ce qui est rassurant, c’est qu’apparemment ceux-ci sont finalement plus raisonnables que ne le croit notre président. Ceux qui sont catholiques pratiquants n’attendent pas Nicolas Sarkozy pour aller à la rencontre du Pape à Lourdes ou ailleurs. Quant aux autres qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou athées, et bien ils se sentent plus ou moins concernés, mais pour eux non plus ce n’est pas une affaire d’Etat. De toutes façons qu’on le veuille ou non, et personne n’a attendu Nicolas Sarkozy pour le comprendre, notre culture est à la fois catholique et romaine.
Le plus cocasse dans cette affaire est que tout cela est organisé par un président qui revendique haut et fort ses convictions catholiques mais qui, à ce que je sache, est loin d’être un pratiquant assidu. Sa pratique est même très lointaine, si on se fie à ce qu’on appelle dans la religion catholique, « les commandements de l’Eglise ». En outre le credo de l’argent-roi, cher à Nicolas Sarkozy, n’a strictement rien à voir avec les valeurs chrétiennes telles que décrites dans l’Evangile. Quant aux mensonges…Je n’insiste pas davantage sur le sujet, mais c’est le constat que l’on peut faire. En fait, la religion semble d’abord utile pour ramasser des voix, un peu comme aux Etats-Unis où le fait d’invoquer Dieu exonère de toutes les fautes.
Et pour couronner le tout la télévision d’Etat est entièrement mobilisée (France 2), avec en plus retransmission en direct sur la chaîne parlementaire Public-Sénat. Tout cela évidemment avec des commentaires adaptés à l’évènement où Nicolas Sarkozy, l'oeil rivé sur les caméras, était omniprésent dans ses pompes comme dans ses œuvres. Une occasion supplémentaire de tirer la couverture à lui, et de s’approprier ce qui à l’origine devait être une fête d’abord religieuse dans notre pays. Décidément nous n’avons pas fini de souffrir et de nous indigner avec pareil responsable à la tête de notre pays !
Michel Escatafal
09:09 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débat de société


