30.08.2008

Tout est bon pour gagner une élection

mc cain et palin.jpgAlors que l’on peut lire un peu partout que la guerre est toujours une réalité entre les Ossètes et les Géorgiens, ces derniers bénéficiant au minimum de la complicité russe, nous venons d’apprendre que l’Union Européenne, qui se réunit en sommet extraordinaire lundi à Bruxelles, vient de décider qu’en aucun cas il ne sera question de mesures de rétorsion contre Moscou.  Cette nouvelle est d’autant plus surprenante que Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires étrangères, avait fait ces derniers jours une déclaration tonitruante indiquant que la Russie s’exposait à des sanctions de la part de l’Union Européenne.

Manifestement  Bernard Kouchner, comme son mentor Nicolas Sarkozy, ont « un poids qui n’est pas lourd » au sein de l’U.E., pour parler comme le général de Gaulle. Mais chacun sait que le couple Sarkozy-Kouchner aime beaucoup jouer les matamores avant de rentrer gentiment dans le rang. D’ailleurs, dans cette affaire comment aurait-il pu en être autrement, quand on sait que sur les 9,5 millions de barils importés chaque jour par les pays européens de l’OCDE en 2007, 3,6 millions venaient de Russie.

Une consolation pour les Européens, les Américains n’ont guère davantage de pouvoirs de rétorsion vis-à-vis de la Russie, qui se moque totalement des rodomontades du presque feu président Georges Bush. Il est vrai que les Etats-Unis sont déjà dans l’après Bush, puisque l’élection à la présidence aura lieu dans deux mois. C’est donc pour eux la dernière ligne droite, chaque candidat affutant ses armes et annonçant ses promesses. Et tout est bon pour essayer de convaincre les électeurs car, in fine, c’est eux qui vont décider en votant.

Quand je dis tout est bon, c’est en pensant au choix du candidat républicain John Mc Cain de désigner comme colistière, quelques jours après le discours d’investiture très réussi de son adversaire démocrate Barack Obama, une jeune femme au parcours atypique et fulgurant, Sarah Palin. Pour une surprise, c’en est une, d’autant que personne ne pensait à elle pour occuper ce poste tellement important …en cas de vacance du pouvoir. Cela signifie que si Mc Cain était élu et qu’il lui arrive malheur, les Etats-Unis auraient pour la première fois une femme installée dans le bureau ovale de la Maison Blanche.

Ce n’est pas cela d’ailleurs qui inquiéte  les observateurs américains, ni le fait qu’elle ne soit âgée  que de  44 ans (trois de moins qu’Obama) ce qui, par parenthèse, fait contre poids avec les 72 ans de McCain. C’est plutôt sa presque totale inexpérience en politique à ce niveau qui inquièterait (gouverneure de l’Alaska depuis deux ans seulement), même  si les dirigeants de son parti affirment que c’est « une dirigeante solide qui a démontré au cours de son mandat qu’elle est prête à être présidente ». Après tout, pourquoi pas?

Plus inquiétantes  en revanche  sont ses idées pour le moins ultraconservatrices, qui laissent penser qu’avec le ticket Mc Cain-Palin, c’est plutôt le changement dans la continuité qui prévaut. Ce n’est pas pour rien qu’elle appartient à l’aile conservatrice du parti, au point que Mc Cain passerait presque pour un gauchiste à côté d’elle. Cette dame en effet est farouchement hostile à l’avortement (même dans le cas de viol), elle est membre de la National Rifle Association (NRA) qui est le puissant lobby des armes à feu, et elle plaide pour la construction dans son Etat, l’Alaska, d’un pipeline pour transporter le gaz naturel.  Et pour faire bonne mesure, elle défend avec ardeur l’idée d’ouvrir la réserve naturelle arctique aux forages pétroliers, reprenant là une idée chère à Georges Bush et à Mc Cain.

Bref, ce dernier a pris pour colistière une dame bien plus conservatrice encore que lui aux yeux des Républicains, ce qui n’est pas vraiment rassurant ni pour les Américains, ni pour le reste du monde, si par malheur  « ce ticket » était élu. A ce propos, je pense que les démocrates doivent jubiler en leur for intérieur, d’autant que Sarah Palin avouait il y a quelques semaines ignorer totalement à quoi servait une vice-présidence aux Etats-Unis. Cela dit, ils auraient tort de trop se réjouir à l’avance car une élection est une élection,  et les électeurs ont des comportements pas toujours rationnels.

La démagogie pèse très lourd dans ce type de consultation…et le conservatisme aussi. Qui aurait pensé, il y a quatre ans comme aujourd’hui,  que Georges Bush serait réélu sans difficulté contre John Kerry. Et puis nous Français, comme les Italiens, sommes bien placés avec Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi, pour savoir que « les faiseurs de miracle » prennent souvent le pas sur les candidats s’appuyant sur des convictions profondes (Bayrou, Prodi…).

Michel Escatafal

28.08.2008

«Tout cela durera bien autant que moi»

louisxv.jpgsarko ravi.jpgDécidément avec Nicolas Sarkozy on va de surprise en surprise, du moins si l’on en croit les médias à ses ordres. Voilà que maintenant il serait devenu un homme de gauche. C’est effectivement un scoop, et d’aucuns osant le comparer à…Olivier Besancenot qui ne cesse de dire « qu’il veut faire payer les riches ». Et oui si l’on en croit la plupart des chaînes de radio et télé, mais aussi la quasi-totalité des journaux, le chef de l’Etat est décidé à faire payer ceux qui ont de l’argent pour financer un revenu de solidarité. Bravo l’artiste serions-nous tentés de dire, d’autant que manifestement le P.S. semble quelque peu pris de court au vu des premières réactions de ses principaux responsables. Il est vrai que,  pour le moment, le sujet principal pour ce parti est constitué par l’élection du Premier secrétaire. On ne peut pas s’occuper de tout à la fois !

Pourtant, il aurait été facile au P.S. de dénoncer  comme une supercherie ce mode de financement du Revenu de Solidarité Active, puisqu’on va créer un nouveau prélèvement sur les revenus du patrimoine (revenus fonciers, dividendes, assurance-vie…) au lieu de financer le dispositif  par des économies budgétaires, ou par des redéploiements. D’ailleurs les réactions ne se sont pas fait attendre de la part de plusieurs observateurs, y compris de personnalités de l’UMP. Même la présidente du MEDEF s’est étonnée de la création d’une taxe en plus, d’autant que Nicolas Sarkozy avait basée toute sa campagne sur la baisse des prélèvements obligatoires. Il avait même parlé de quatre  points dans les cinq années à venir.

Cela étant, je trouve quand même dommage qu’on ne souligne qu’en passant la seule remarque vraiment importante qu’on aurait dû faire : les plus riches bien évidemment ne vont rien payer de plus…parce que protégés par le bouclier fiscal. Cela signifie que « la solidarité envers ceux qui sont en difficulté »,  pour parler comme un des porte-parole de l’UMP,  ne va concerner en gros que ceux qui appartiennent à ce que l’on appelait autrefois la classe moyenne. Or cette classe moyenne se paupérise de plus en plus,  parce que depuis des années c’est elle qui supporte la quasi-totalité de la solidarité nationale. Et dire que cette classe moyenne a voté en majorité pour le candidat à la présidence de la République,  Nicolas Sarkozy !

En disant cela, je repense à tous ceux qui nous répétaient,  pendant la dernière campagne présidentielle, qu’ils préféraient voter pour Nicolas Sarkozy et ses mirobolantes promesses parce que  François Bayrou n’avait pas de programme. Il est vrai que dernier  ne cessait de dire « que  la dette est un combat social, qu’on ne peut  pas la combattre en multipliant les promesses à tous et les cadeaux à chacun », et qu’il refusait  « de baisser le bouclier fiscal qui ne profite qu’aux plus riches ».

Cela étant, un an et demi plus tard, les mêmes se retrouvent Gros-Jean comme devant, comme aurait dit La Fontaine ou Rabelais, avec une hausse des prélèvements obligatoires, une augmentation conséquente des charges de la vie courante et, au total, une baisse du pouvoir d’achat sans précédent. Ils sont employés, ouvriers, cadres ou retraités. Ils gagnent pour la plupart entre un et trois fois le SMIC et, jusqu’à ces derniers temps, tous avaient le sentiment d’être relativement privilégiés.

Mais le pire est à venir pour ces personnes qui ont cru de bonne foi aux mirages du sarkozysme,  car la situation sur le front de l’économie ne va pas s’améliorer dans les mois à venir, même si c’est un sujet dont on parle le moins possible dans notre pays. L’indice IFO, qui mesure la confiance des entrepreneurs  allemands, a chuté en août à son plus bas niveau en 3 ans. De plus, la confiance des consommateurs allemands est à son plus bas niveau depuis 5 ans, selon une enquête d’un des principaux instituts de consommateurs.

Et il est bien évident que le net ralentissement conjoncturel dans la première économie de la Zone euro n’augure rien de bon pour les pays voisins, à commencer par la France, n’en déplaise à Madame Lagarde qui se refuse à croire que nous serons en dessous de 1,5% de croissance à la fin de l’année. Gouverner c’est mentir, tel semble être le slogan de Nicolas Sarkozy et son gouvernement qui, apparemment, semble avoir pris le parti de la fuite en avant, un peu comme un homme qui a gouverné avant lui et qui, lui aussi, était obsédé par sa popularité : Louis XV. Néanmoins, celui-ci avait une qualité que n’a pas Nicolas Sarkozy, à savoir qu’il était lucide sur l’état dans lequel il laisserait la France, puisqu’il lui arrivait souvent de dire : «tout cela durera bien autant que moi», ce que les manuels d’histoire ont traduit par le célèbre : «Après moi le déluge ».

Michel Escatafal

26.08.2008

Moscou et Bruxelles : le nécessaire rapprochement

Encore une fois je vais commencer mon propos en faisant de l’antisarkozysme, mais c’est l’actualité qui le commande. Deux faits qui n’ont strictement rien à voir l’un avec l’autre suffisent à démontrer que notre pays est véritablement en train de sombrer. Le premier, tout à fait anecdotique, touche aux médias et nous informe d’un coup de fil passé par Barack Obama à Nicolas Sarkozy...pour bénéficier de ses conseils en matière de politique internationale. Oui, on ne rêve pas, c’est une information donnée sur RMC qui, elle-même, l’aurait relevée dans le Parisien. Pour être honnête, en écoutant les infos de France Culture à 7h, je n’ai pas entendu parler de cette ineptie. Cela rassure sur la qualité du service public !

Le second, beaucoup plus grave, nous apprend que désormais le handicap ne suffit plus pour accéder à une bourse d’études, ce qui est jugé à la fois scandaleux et aberrant par les associations. Et tout cela bien sûr pour faire des économies sur le budget de l’Etat, comme si  les aides aux handicapés  dont tout le monde souligne les insuffisances, représentaient une part significative du budget de notre pays.  Cela étant, il est évidemment  plus facile pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement de s’attaquer aux populations les plus en difficulté, plutôt que d’imposer quoi que ce soit au patronat et d’augmenter les impôts des plus fortunés.

Voilà où nous en sommes aujourd’hui après 16 mois de pouvoir de Nicolas Sarkozy. Et dire que les Français ont pu se laisser endormir par un homme qui n’a cessé durant toute sa carrière politique de leur mentir  et,  plus encore,  qui a échoué jusque là dans toutes les fonctions gouvernementales qui lui ont été confiées. A la place de Barack Obama je me méfierais, car si le candidat démocrate à la présidence des Etats-Unis a besoin de conseils, il vaudrait mieux qu’il s’adresse à des dirigeants qui ont obtenu des résultats, plutôt qu’à ceux qui ont plongé leur pays dans des difficultés sans nom. C’est évidemment une plaisanterie, car Barack Obama comme les autres dirigeants de la planète savent mieux que quiconque que notre président est surtout à l’aise dans ses débats …avec l’UMP.

Il est vrai qu’il est plus aisé d’obtenir un consensus ou une unanimité dans un congrès de l’UMP, qu’auprès de l’Union Européenne sur la politique russe dans les anciennes républiques de l’Union Soviétique, sujet sur lequel on pourrait penser a priori que l’UE puisse rester unie,  d’autant que celle-ci n’a rien à gagner d’une Russie redevenue impérialiste et belliqueuse. Pourtant, tous les observateurs s’accordent à reconnaître que c’est peut-être un des sujets sur lequel les dirigeants européens  s’accordent avec le plus de difficultés. Il faut dire que sur ce plan, quoiqu’on puisse lire dans la presse française, Nicolas Sarkozy y a mis du sien en négociant  à la va-vite, comme d’habitude, un cessez-le-feu dans la crise géorgienne tout à l’avantage de Moscou.

Cette négociation mal ficelée,  et décidée apparemment sans concertation avec les autres responsables de l’UE,  a été l’objet de nombreuses critiques notamment en provenance des dirigeants des pays Baltes et de la Pologne, pour qui Moscou demeure le premier danger pour leur pays.  En fait ces pays, comme la Russie, réagissent avec les vieux réflexes d’autrefois. Raison de plus pour affirmer qu’avant de mener en solo une négociation fatalement compliquée, il eut mieux valu que Nicolas Sarkozy se concertât avec ses partenaires européens. Mais chacun sait que ce type de réflexion n’est pas compatible avec le côté « m’as-tu-vu » de notre président de la République.

Voyant son erreur, ce dernier décide donc de convoquer un sommet  communautaire, le 1er septembre, pour faire en sorte que l’Union puisse parler ( a minima) d’une même voix avec  Vladimir Poutine. Celui-ci, en effet, sait trop bien que l’Europe a plus que jamais besoin de la Russie et de ses énormes ressources énergétiques, ce qui signifie que la marge de manœuvre européenne est très faible, pour ne pas dire inexistante.  Cela dit  la Russie elle-même n’a pas intérêt à une confrontation, même diplomatique, avec l’Union Européenne quelle que soit la faiblesse de cette dernière sur ce plan, car l’U.E.  est ne l’oublions pas la 1ère puissance économique dans le monde. Or si l’Europe n’a pas beaucoup de divisions à opposer aux troupes russes, en revanche son pouvoir d’attraction pour des pays comme l’Ukraine ou la Moldavie, voire même à terme la Biélorussie, est tout à fait gigantesque,  ce qu’au demeurant on ne souligne jamais assez.

En résumé, et au risque de me répéter, je pense qu’il est plus que jamais nécessaire que nous fassions une Europe beaucoup plus intégrée qu’elle ne l’est  sur le plan politique, seule condition pour qu’elle puisse peser sur les affaires du monde et parler d’égal à égal avec les Américains, les Chinois et les Russes, qui sont les trois grandes puissances politiques dans le monde. L’Union Européenne  est beaucoup trop divisée, comme en témoigne son engagement dans les conflits qui inondent le monde. Certains de ses pays sont en Irak, d’autres non et c’est la même chose pour l’Afghanistan.

De plus jusqu’à présent la France, pour ne citer qu’elle, avait une politique assez indépendante vis-à-vis des Etats-Unis, qui pouvait servir d'exemple. On sait à présent que ce n’est plus le cas. Tout cela permet aux Russes de dire que le front occidental s’est reconstitué comme dans les années  40 et 50. Si l’on continue comme cela, pour eux,  l’U.E.  et  l’OTAN ce sera la même chose, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent.  Or  Européens et Russes ont un intérêt commun à s’entendre pour la stabilité du continent tant sur le plan économique que sur celui de la sécurité. N’oublions pas que, contrairement aux Américains, l’Europe et la Russie ont une histoire commune, certes compliquée, mais bien réelle. Raison de plus pour que les deux acteurs finissent par se rapprocher durablement, sans pour cela perdre leur âme.

Michel Escatafal

25.08.2008

Les bienfaits de la mondialisation

Aujourd’hui 25 août, c’est jour de rentrée pour nombre de Français. Cela signifie que la vie va reprendre son cours après des vacances dont on dit qu’elles furent moroses pour beaucoup, la météo s’ajoutant aux problèmes de pouvoir d’achat. Après aussi la période des Jeux Olympiques où le chauvinisme de chacun d’entre nous a trouvé matière à s’exercer. Si nous n’avons pas eu davantage de médailles d’or c’est, évidemment, la faute des arbitres, des autres qui se dopent, et aussi parce que les Français n’ont pas de chance. Bref, tout est bon pour faire en sorte de se mettre un peu de baume au cœur, en oubliant que notre pays vit en grande partie de bricolage…dans le sport comme ailleurs. Et ce n’est pas avec Nicolas Sarkozy que cela va changer, d’autant qu’il achève « de vider des caisses déjà vides », pour reprendre une de ses formules célèbres.

Après cette entrée en matière très franco-française, essayons de voir ce qui se passe ailleurs que chez nous sur le plan économique,  en remarquant une nouvelle fois que les économies émergentes prennent de plus en plus de poids dans la croissance mondiale ce qui, en soi, est plutôt une bonne nouvelle. Jusqu’à la fin des années 70, les Etats-Unis pesaient quasiment un tiers de l’économie mondiale, mais aujourd’hui c’est à peine un peu plus d’un cinquième (21,5%), tout comme l’Union Européenne. Pendant la même période, le poids de la Chine est passé de 4 à 10% en parité de pouvoir d’achat, l’Asie en développement  se situant pour sa part quasiment au niveau des Etats-Unis et de l’U.E. Cela signifie que de nos jours, une analyse de l’économie mondiale ne peut plus se faire en faisant abstraction des grands pays émergents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil, la Russie.

C’est la raison pour laquelle une récession aux Etats-Unis ou en Europe a fatalement moins d’impact dans l’économie du monde que cela en avait il y a trente ou quarante ans. Nous pouvons donc espérer, sans faire preuve d’un optimisme béat, que la tendance négative que nous connaissons depuis quelques mois, ne dure pas autant que certains le craignent.  Pour autant, cela ne nous exonère pas de faire les efforts nécessaires pour profiter des bienfaits de cette mondialisation. Comme le disait, avec juste raison, François Bayrou pendant la campagne présidentielle, « la France est globalement bénéficiaire  de cette situation nouvelle, à condition de s’y adapter ». Dit autrement, cela signifie que la France a plus gagner de la mondialisation qu’à y perdre.

Elle a d’autant plus à gagner que si le ralentissement économique a des effets partout dans le monde, ceux-ci sont plus modérés dans les pays émergents. La croissance des exportations dans les pays  asiatiques en développement a certes fléchi, mais elle reste à un niveau encore convenable. De plus, compte tenu des excédents financiers dont disposent ces pays, ils peuvent se permettre de réaliser des investissements en infrastructures pour soutenir si nécessaire la conjoncture  ce que,  par parenthèse,  nous sommes tout à fait incapables de faire chez nous. En fait, dans les pays émergents, le seul vrai problème qui puisse inquiéter les pays occidentaux réside dans l’état des bourses, gonflées par les spéculations de tous ordres, et par les amortissements exigées par la crise que subissent les instituts de refinancement hypothécaires.

En tout cas le boom économique  que connaissent les pays émergents ces dernières années, est en train de profiter en premier lieu…à un pays asiatique, le Japon.  Depuis l’année dernière, la Chine est devenue le premier destinataire des exportations japonaises. Cela signifie pour le Japon qu’il n’aura plus la même dépendance vis-à-vis des Etats-Unis,  comme c’était le cas depuis 1945. En juillet de cette année, les exportations nipponnes vers la Chine ont progressé de presque 17% par rapport à la même période de l’an passé, alors qu’elles ont reculé de 11,5% vers les Etats-Unis. La progression a été sensible également vis-à-vis de la Russie, de l’Inde et du Brésil. Cela dit, malgré les bienfaits de cette moindre dépendance  vis-à-vis des Etats-Unis, cela n’empêche pas le Japon de subir les effets de la crise mondiale, d’autant que ce pays qui importe toutes ses matières premières, ou presque, subit  de plein fouet les effets de l’inflation des prix de l’énergie et des matériaux. Et cela a pesé sur les dépenses des consommateurs, comme ailleurs.

Un mot enfin pour les gens qui, comme Nicolas Sarkozy, prétendent que la croissance ne dépend que des taux d’intérêt de la banque centrale. Les Etats-Unis qui vont probablement entrer en récession au second semestre ont abaissé à 2% leur taux d’intérêt directeur.  Quant au Japon dont la croissance s’est contractée de 2,4% au second trimestre, il a maintenu le taux principal de la Banque du Japon à 0,5%. Décidément avec Nicolas Sarkozy tous les arguments sont bons pour masquer les multiples erreurs qu’il a pu faire depuis son arrivée au pouvoir. Cela étant, comment peut-on accorder  confiance à un homme qui ne cesse de dire et faire tout et son contraire ?

Michel Escatafal

22.08.2008

Balayer les certitudes du monarque...

Après une tragédie comme celle que nous avons vécue, la mort de 10 jeunes soldats Français en Afghanistan, on a le droit de se poser beaucoup de questions à la fois politiques et morales. Parmi celles-ci on peut se demander comment un homme seul, fut-il président de la République, peut  décider d’envoyer des soldats, qui plus est mal préparés, se battre à des  milliers de kilomètres de notre territoire dans le seul but de complaire au président des Etats-Unis. Autre question, comment un institut de sondage (CSA qui appartient à Bolloré) peut-il immédiatement profiter de la situation pour montrer aux Français que 48% d’entre eux font confiance au président de la République sur ce dossier, contre 46% qui ne lui font pas confiance. Comme si cela pouvait présenter la moindre importance. On croit rêver, mais hélas ce n’est pas le cas.

Je me doutais bien que ce drame n’allait pas infléchir la politique de Nicolas Sarkozy, mais je m’imaginais en revanche que, peut-être, cela allait susciter un débat au Parlement, qui aurait pu un tant soit peu ébranler ses soi-disant  convictions. Je dis ses soi-disant convictions parce qu’en avril 2007, il avait une position contraire à celle d’aujourd’hui, estimant que nous n’avions pas vocation à rester en Afghanistan. Or de débat il n’y aura point car, pour ce Monsieur, il n’est pas question de contrôle du Parlement…la réforme constitutionnelle ne s’appliquant pas rétroactivement. Voilà où nous en sommes dans notre beau pays : le président de la République décide et personne ne peut s’opposer à ses décisions, ni même les discuter, y compris si celles-ci sont  susceptibles  de coûter la vie à ses compatriotes. On appelait cela autrefois de l’absolutisme ou encore le fait du prince.

Ce qui interpelle aussi dans l’attitude de Nicolas Sarkozy, c’est ce qu’il a dit devant les cercueils des dix soldats. On avait l’impression d’écouter Georges Bush devant ceux de l’armée américaine en provenance d’Irak ou d’Afghanistan. La rhétorique est exactement la même, avec des formules toutes faites comme « je n’ai pas de doute »,  ou encore « si c’était à refaire je le referais », ou bien  « il se joue ici la liberté du monde », à l’exception toutefois de deux ou trois  phrases  que le président français emploie à tout bout de champ, à savoir que « tous les enseignements seront tirés »  du désastre de lundi, que les familles « sauraient tout » du déroulement de l’opération, ajoutant qu’il voulait que leurs « collègues ne se retrouvent jamais dans une telle situation ». Qu’est-ce que cela veut dire ?

Déjà, il faudrait que l’on commence par nous dire la vérité sur ce qui s’est réellement passé, s’il y a eu ou non des tirs fratricides, si ces soldats étaient bien préparés  à une mission aussi périlleuse puisque la nature de l’engagement français a changé. Le devoir de vérité commence par là. Ensuite pour que nos soldats ne soient plus confrontés à la même situation, il vaudrait mieux que leur mission s’achève le plus rapidement possible. Au moins ils ne seront  plus exposés au feu comme ils le sont depuis quelques semaines.  Enfin, comment ne pas s’inquiéter quand on sait que les violences ont redoublé en Afghanistan depuis quelques mois, alors que les renforts sont toujours plus nombreux.

Rien que cela démontre que cette  guerre ne mène à rien et que, quel que soit le nombre de soldats envoyés là-bas, on ne peut pas « sécuriser » ni le pays, ni une quelconque région de l’Afghanistan car les combattants, talibans ou autres, ont le soutien de la population. Et aujourd’hui les talibans, un temps confinés dans les montagnes, opèrent avec facilité jusqu’aux portes de Kaboul, la capitale, comme malheureusement les troupes françaises ont pu le vérifier.

Un dernier mot enfin pour ceux qui estiment que la France doit tenir sa place au sein de l’OTAN en Afghanistan, que c’est un impératif de civilisation, et autres âneries de ce style : qu’ils aillent combattre là-bas s’ils en ont envie, ou qu’ils envoient leurs propres enfants. Je rappellerais aussi à ces « va-t-en guerre de salon »,  que nombre de jeunes  qui comptent parmi les effectifs de l’armée française  ont choisi cette carrière faute de mieux… parce qu’ils ne trouvaient pas de travail. Pour eux l’armée était un pis-aller, raison de plus pour qu’ils ne meurent pas pour une cause qui n’en vaut pas la peine. Il y a mieux à faire dans notre pays que  mourir pour l’Afghanisan.  Cela paraît simpliste, mais c’est l’évidence.

Michel Escatafal

20.08.2008

Des soldats inutilement sacrifiés sur l'autel de la lutte du bien contre le mal

Décidément cette présidence de Nicolas Sarkozy est devenue la calamité du nouveau siècle pour les Français. Ce n’est pas moi évidemment qui suis surpris par ce désastre mais, comme je ne cesse de le répéter, nombre de Français ne se rendent pas compte vers quel abîme on est en train de les mener. Abîme politique d’abord, car je ne crois pas que notre peuple aura foi de sitôt en la politique après cinq années passées à assister au numéro « du mensonge perpétuel ». Abîme économique aussi, avec des inégalités qui ne cessent de se creuser au fur et à mesure de l’abandon programmé de notre modèle social, toutes les décisions prises allant dans le sens des amis du pouvoir, donc des plus riches.  Abîme dans nos relations extérieures,  après une cinquantaine d’années passées et vécues dans une certaine indépendance vis-à-vis des Etats-Unis, ce qui nous a valu de ne participer qu’a minima aux multiples conflits qui ont marqué l’histoire de la planète depuis la fin de la guerre d’Algérie.

Hier, hélas, nous avons pu constater les premiers effets dramatiques des décisions prises par un président de la République, dont l’ego n’a d’égal que l’incompétence et l'incurie. Et en disant cela qu’on ne vienne pas me dire, comme je l’entends ou le lis un peu partout,  que le temps est au recueillement et non à la polémique. Dix jeunes parachutistes sont morts mardi dans une vallée afghane, pris au piège de combattants qui n’ont aucune difficulté à se mouvoir dans une région qu’ils connaissent parfaitement…parce qu’ils sont chez eux.  Voilà pour les faits et c’est cela qui me fait horreur.

Alors quand j’entends parler de guerre contre le terrorisme, comme savent si bien le dire les présidents Bush et Sarkozy, je ne peux qu’être encore plus en colère, car  l’offensive entamée en 2001 pour traquer  les militants d’Al Qaida est devenue rien d’autre qu’une guérilla,  avec son cortège de morts civils et militaires…destinée à maintenir au pouvoir des personnages complètement discrédités dans leur propre pays, parce qu’à la solde de l’occupant. D’ailleurs s’ils avaient réellement le souci de l’avenir de l’Afghanistan, les plus riches d’entre eux auraient essayé d’investir dans leur propre pays plutôt qu’à Dubai par exemple.

Jusqu’à présent la présence française se limitait à un maintien de la sécurité et à la formation des troupes afghanes, enfin celles qui sont payées par le gouvernement afghan. Mais avec la décision de Nicolas Sarkozy d’envoyer des renforts dans les zones de combat, uniquement dans le but de montrer que nous voulions faire partie intégrante de l’OTAN, cette mission française est devenue infiniment plus dangereuse pour nos troupes qui sont « au contact » comme disent les militaires. D’ailleur notre nullissime ministre de la Défense a dit, avec cette candeur ridicule dont il a le secret, que « si nos troupes ont été attaquées c’est parce qu’elles  dérangeaient les talibans ». Pour sortir pareille ânerie, on se demande bien où Morin a fait son service militaire. Enfin ce n’est pas nous, militants du MoDem, qui allons découvrir  son incapacité.

Le pire est que malheureusement ces morts inutiles ne  serviront pas  à infléchir la position de Nicolas Sarkozy qui, par ailleurs, en fera des tonnes comme d’habitude dans le compassionnel à l'occasion des obsèques de nos malheureux soldats. Pourtant, tout indique que la situation devient de plus difficile pour les 70 000 hommes qui occupent le pays. Adossés à leur sanctuaire pakistanais  les talibans, qu’on le veuille ou non, ont la sympathie de la population, principale victime de cette sale guerre, notamment à travers les bombardements aériens à l’aveugle lancés par les troupes de la coalition, mais aussi parce qu'on veut leur imposer un type de civilisation très différent du leur. A ce sujet, qui sommes-nous pour juger ce qui est bien et ce qui est mal dans ces régions ? Les droits de l’homme dans nos pays occidentaux, y compris en France, sont-ils à ce point respectés pour donner des leçons ? Quand des policiers vont chercher des enfants de sans-papiers à la sortie des écoles, c’est cela la civilisation ? Qu’en pense Brice Hortefeux ?

Mais de tout cela le président de la République n’a cure. Lui, il veut faire plaisir à Georges Bush et à son successeur, et accessoirement montrer qu’il a un poids sur la scène internationale. D’ailleurs, sa première réaction officielle n’a-t-elle pas été de dire : « Ma détermination est intacte. La France (lui en vérité) est résolue à poursuivre la lutte contre le terrorisme, pour la démocratie et la liberté ». Et il aurait dû ajouter quel qu’en soit le prix à payer en termes de vies humaines. Rappelons une nouvelle fois qu’en avril 2007, le candidat Nicolas Sarkozy estimait que nous n’avions pas vocation à rester en Afghanistan. Il est vrai que s’il avait dit que nous allions renforcer notre contingent de soldats là-bas pour le faire évoluer dans les zones de combat, l’impact électoral n’aurait pas été neutre. Alors, il valait mieux mentir une nouvelle fois.

Un dernier mot enfin, à propos des réactions politiques à cette tragédie. Comme de coutume, le Parti Socialiste est resté sur une prudente réserve mais les autres partis, y compris les plus petits, ont tous demandé au chef de l’Etat le retrait de nos troupes. Je n’ai pas encore entendu le président du MoDem, François Bayrou, s’exprimer sur la question. Je souhaite simplement qu’il ne fasse pas la même erreur qu’il a faite lors du vote sur la motion de censure déposée par le PS à propos de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. J’espère qu’il se démarquera clairement de la politique du président de la République et qu’il ne soutiendra pas cet engagement…comme il l’a fait au mois d’avril. Jouer au futur chef d’Etat responsable serait dans son cas irresponsable, car décider contre l’avis du peuple français sur une question comme celle-là est contraire au slogan « gouverner autrement ». Et c’est un militant engagé du MoDem que le dit, et ils sont nombreux à penser comme moi.

Michel Escatafal

18.08.2008

L'été n'est pas encore fini...

Parmi les informations que l’on a pu lire ces derniers jours dans tous les journaux français, il y en a une qui démontre que l’on est encore en été, et une autre qui fait pitié pour celle qui en est la protagoniste. La première concerne le diner sur la Côte d’Azur entre les couples Chirac et Sarkozy à l’invitation de ces derniers, et la seconde, est relative au désir de Ségolène Royal de se rendre au Tibet, apparemment dans les meilleurs délais. Bien entendu, en informant les Français de pareils évènements, on donne moins d'importance au «ralentissement accéléré » (si j’ose dire) de la croissance française, mais aussi de la Zone euro, ce qui aura à n'en pas douter des conséquences dans les mois à venir sur le chômage qui devrait repartir à la hausse…même si les statistiques sont passées à la lessiveuse.

Revenons donc à ce diner chez les Sarkozy qui démontre une nouvelle fois que la politique ressemble à un vaudeville digne de Labiche. « Embrassons-nous Folleville », ont du se dire les participants à ce repas, dont deux au moins se sont cordialement détestés depuis une ou deux décennies, sans parler des chausse-trapes  qui ont agrémenté cette brouille. Compte tenu de cela, il est souhaitable que beaucoup de Français n’aient pas accordé beaucoup d'importance à cette information,  car cela les dégoûterait encore un peu plus de la politique.

Ensuite la question que l’on pourrait se poser est celle-ci : de quoi ont-ils pu parler ? De politique intérieure, de l’état de la France qu’ils ont si largement contribué, l’un et l’autre, à mettre dans la situation catastrophique dans laquelle elle se trouve, notamment en termes de finances publiques ? De politique étrangère et de la misérable gestion du dossier tibétain ? Ou alors tout simplement ont-ils évoqué le nombre d’albums vendus par Carla, celle-ci leur offrant en cadeau un petit concert ?

 A propos du CD de Madame Sarkozy, aux dernières nouvelles, il ne devrait pas atteindre les chiffres de vente espérés. Pourtant, on nous apprend que le président de la République lui-même surveille personnellement l’évolution des ventes du disque de son épouse, demandant même à ses conseillers de vérifier que la maison de disques fait le nécessaire en matière de promotion. On croit rêver ! N’a-t-il donc rien d’autre à s’occuper que du CD de son épouse ? Reconnaissons, pour une fois,  qu’il n’a pas menti quand il disait qu’avec lui, président de la République, ce serait la rupture.

L’autre évènement concerne Ségolène Royal.  Là, on est un peu moins dans « le people », heureusement, mais elle a quand même fait fort en disant qu’elle allait se rendre au Tibet pour faire évoluer les choses. Les dirigeants chinois doivent déjà trembler s’ils ont appris la nouvelle ! En tout cas, pour le bon peuple dont je fais partie, on se demande bien ce qu’elle va faire là-bas, sinon découvrir une contrée qu’elle ne connaît pas. A ce propos, je pose une question triviale : qui va payer le voyage ? Le Parti Socialiste ou elle-même ?

Trêve de plaisanterie, comment les Français ont-ils pu qualifier au second tour de l’élection présidentielle deux pareils démagogues ? Pourtant en quelques mois de campagne, il était facile de deviner que ni l’un, ni l’autre, n’avait les capacités pour occuper la fonction de chef de l’Etat. Ils n’ont cessé durant toute la campagne d’accumuler les bourdes, les inexactitudes, les mensonges par action et par omission, voire même les dérapages verbaux. Bref, on aurait dû comprendre que l’avenir de notre pays ne pouvait pas passer par eux jusqu’en 2012. On aurait dû d’autant mieux le comprendre que,  malgré les mises en garde de plus en plus nombreuses relatives à notre endettement et à nos déficits, y compris celles de Thierry Breton le ministre des Finances de l’époque, ils multipliaient les promesses coûteuses…comme s’ils devaient rester dans l’opposition.

En tout cas, je suis fier pour ma part d’avoir participé activement à la campagne présidentielle de Français Bayrou,  et d’avoir évoqué un peu partout sa détermination sans faille à vouloir s’attaquer à ce problème de la dette,  dont il avait  fait son credo. Il avait d’ailleurs réussi à faire prendre conscience aux Français de la gravité de la situation. Il avait même dit que la diminution de la dette publique nécessitait certains sacrifices, et un effort sur le long terme. C’était courageux, mais les Français ont préféré entendre le champ des sirènes. Dommage pour eux car, outre le sentiment d’avoir été trompés ce qui n’est jamais bon pour la confiance,  dans trois ans et demi la situation sera beaucoup plus grave encore qu’aujourd’hui. Espérons simplement qu’ils auront compris la leçon et qu’ils ne se laisseront plus abuser par les bonimenteurs.

Michel Escatafal

15.08.2008

Rétablir la vérité n'est pas seulement une nécessité, mais aussi un devoir

Plusieurs courriels me sont parvenus ces derniers jours me faisant le reproche d’être devenu un « antisarkozyste primaire ». Ces lecteurs, qui sont aussi parfois des amis, oublient simplement que  comme beaucoup d’autres bloggeurs  je ne fais  qu’essayer, à mon modeste niveau, de rétablir la vérité sur ce qui se passe réellement en France et ce, dans tous les domaines. En outre dans un pays comme le nôtre, où les médias sont quasiment tous détenus par les amis du pouvoir, je dirais que c’est presque la seule arme dont disposent les opposants à Nicolas Sarkozy. Enfin, même si je ne connais pas le nombre de blogs politiques actifs,  je me dis que nous arrivons à toucher suffisamment de monde pour espérer faire comprendre aux Français qu’on les mène en bateau, comme cela ne s’est jamais fait auparavant.

Jusqu’à l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, on avait l’impression que parfois les médias les plus lus ou entendus pouvaient être impertinents. Oh certes, ce n’était rien à côté du Canard Enchaîné ou Charlie Hebdo, mais quand il y avait problème on en parlait. Aujourd’hui, à part le Canard Enchaîné et à un degré moindre Marianne parmi les hebdos, il n’y a plus aucun journal qui ose réellement affronter le pouvoir. Même Charlie Hebdo semble être rentré dans le rang. Alors il reste les bloggeurs qui, chacun dans leur coin, prennent de leur temps pour lire et écouter ce qui se dit en France, en Europe, et dans le monde,  afin d’en tirer « la substantifique moelle » comme aurait dit Rabelais. Et c’est vrai qu’en faisant cet effort, on arrive à connaître certaines vérités qu’on nous cache soigneusement.

Prenons le cas des informations économiques qui font partie du domaine que je privilégie tout particulièrement sur ce site. Où trouve-t-on les bonnes informations ? Réponse, dans les statistiques de l’OCDE, du FMI,  d’Eurostat ou de la BCE. Là, on ne peut pas tricher car le pouvoir n’a pas de prise sur ces institutions, ce qui ne veut pas dire que ces informations sont publiées par les médias, surtout si elles sont défavorables. De plus, si elles sont effectivement publiées, on s’arrange pour que cela passe très vite entre deux infos concernant des faits divers ou du sport. Résultat, quand on discute avec un quidam de telle ou telle information qui concerne la politique économique et sociale du gouvernement, cette personne semble tomber des nues si on lui révèle tel ou tel aspect de la question. Dans ce cas, au mieux elle nous écoute, ce qui peut l’interpeller, ou au pire elle ne fait pas attention à nos remarques car cela dépasse son entendement.

L’avantage du blog est que l’on touche des personnes qui acceptent déjà de lire ce qui est écrit, même si parfois les textes sont trop longs ou rentrent trop dans le détail. C’est toute la difficulté de l’exercice, mais comment faire simple, voire même très simple, quand on essaie d’expliquer  la crise financière liée aux crédits hypothécaires américains ? Et bien il faut s’appliquer, et c’est là tout l’intérêt d’avoir un site. Et si on s’applique on aura des lecteurs, et ces lecteurs seront peut-être ébranlés dans leurs convictions, et ils en feront part à leurs amis qui eux-mêmes se diront qu’on ne cesse de leur raconter des histoires à la télévision…pour finir par adhérer aux idées que le bloggeur défend.

C’est ainsi sans doute que l’on arrivera à faire battre Nicolas Sarkozy à la prochaine élection présidentielle car, ne nous faisons pas d’illusions, tous les moyens vont être bons pour discréditer ses adversaires et, parmi ceux-ci, le candidat que je soutiendrai, François Bayrou. Je pense même que jamais dans l’histoire de notre République, nous aurons un tel flot de désinformation  et donc de louanges à la gloire de Nicolas Sarkozy. Ce sera ainsi, j’en prends tous les paris. D’ailleurs il suffit de voir ce qui s’est passé depuis le début de la campagne présidentielle 2007 pour se rendre compte que je ne galèje pas.

A propos, je répondrai aussi à ceux qui me reprochent gentiment une certaine exagération, que je ne fais que me situer sur le terrain choisi par le pouvoir, pour tromper les Français. Nos gouvernants nous cachent la vérité, et bien nous la rétablissons et nous le faisons sur des bases indiscutables. C’est ce qui s’appelle la démocratie. Nous ne faisons qu’utiliser notre liberté d’expression,  et il est simplement dommage que ce soit seulement quelques milliers de bloggeurs qui en profitent pleinement.  Et pendant ce temps « le Sarko show » continue, « comme si de rien n’était » pour reprendre un titre que l’on essaie par tous les moyens de nous vendre.

Michel Escatafal

12.08.2008

Le bateau France prend l'eau de toutes parts, mais il n'y a personne à la barre

Il y a un an, sur un autre site, j’écrivais que la crise des crédits hypothécaires américains pourrait se propager beaucoup plus qu’on ne l’imagine à travers le monde, opinion qui était loin d’être celle qui prévalait chez nombre d’observateurs, et plus encore chez les politiques. Tous ces gens-là, en effet, donnaient l’impression de nous refaire « le coup du nuage de Tchernobyl », en disant que cette crise  était d’abord et avant tout l’affaire des Américains.  Pourtant on aurait dû se méfier car,  à peu près à la même époque (début août 2007), la BCE injectait des dizaines de milliards d’euros dans le circuit monétaire de la Zone euro pour renflouer des banques asphyxiées par manque de liquidités.

Mais rien n’y faisait, et surtout pas en France où on surfait sur la vague de l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. En écoutant les médias quasi unanimes, celui-ci était capable de marcher sur l’eau ou de transformer le plomb en or, ce qui voulait dire que l’avenir s’annonçait radieux pour notre pays pendant les prochaines années. On connaît le résultat de toutes ces élucubrations et aujourd’hui, à part le gouvernement, tout le monde s’accorde à dire que tous les voyants sont au rouge, à commencer par la croissance que personne ne voit atteindre le chiffre de 1,5% sur l’année.

Rappelons pour mémoire que le budget a été bâti sur une hypothèse de croissance de …2,25%, qualifiée de prudente à l’époque par Monsieur Fillon, alors que tous les économistes affirmaient que c’était exagérément optimiste.  On imagine les dégâts sur nos finances publiques, ce qui explique les inquiétudes de Bruxelles sur l’ampleur de nos déficits à la fin de l’année. Cela dit, on n’avait pas besoin d’être devin pour savoir que la situation serait très rapidement catastrophique sur ce plan comme sur d’autres, et seuls les inconditionnels laudateurs de Nicolas Sarkozy ont dû être quelque peu surpris par la tournure des évènements.

Et le pire est que la crise financière est loin d’être terminée, d’autant qu’aux Etats-Unis « une deuxième vague » est attendue, qui pourrait bien affecter plus durement encore l’emploi et le revenu des ménages. Dans ce cas, comme pour la première vague, le reste du monde ne serait pas épargné y compris la France et, une nouvelle fois, les salariés subiront les effets du fort ralentissement de la conjoncture mondiale, ce qui ne pourra que détériorer un peu plus la situation. Néanmoins, il n’est évidemment pas question pour Nicolas Sarkozy et son gouvernement de revenir sur les mesures fiscales prises en juillet 2007, au bénéfice exclusif des plus riches,  qui vont nous priver de 10 à 15 milliards d’euros de recettes. C’est ce qui s’appelle du dogmatisme !

En revanche, pour tenter de limiter (un peu) le déficit budgétaire, on ne va pas hésiter à sacrifier des pans entiers de ce que l’on appelait, il y a peu encore, notre pacte social grâce auquel a priori chacun avait sa chance, et qui devait nous protéger contre les grands risques de la vie. Certes ce système s’essoufflait depuis plusieurs années, mais il suffisait d’un peu de courage politique pour qu’il se régénère dans les années à venir, comme François Bayrou l’avait proposé pendant sa campagne présidentielle.

N’oublions quand même pas que jusqu’à ces derniers mois, même dans les périodes les plus difficiles, c’est la consommation des ménages qui a tiré la croissance vers le haut,  et que cela n’était possible que grâce à un certain niveau de protection sociale, tout le contraire de ce que notre gouvernement met en place. Aujourd’hui on réforme, mais…au seul profit des grandes entreprises et de quelques uns qui détiennent l’essentiel de la richesse du pays.

En tout cas ces réformes font déjà la preuve de leur totale inefficacité comme beaucoup le craignaient. Non seulement elles ne règlent aucun problème, mais au contraire elles les aggravent. Le pouvoir d'achat, dont Nicolas Sarkozy affirmait qu’il serait le champion, est en berne, tout comme la croissance qu’il  devait aller « chercher avec les dents », alors que nous sommes quasiment en récession. Bref, c’est le fiasco le plus total sur tous ces sujets…comme sur les autres.   

La venue du dalaï lama en apporte une preuve supplémentaire. Le candidat Sarkozy affirmait qu’il ne transigerait pas sur les droits de l’homme, mais le président Sarkozy refuse d’accueillir le dalaï lama devant l’hostilité exprimée par le gouvernement chinois. Certes  le dignitaire tibétain n’aura pas tout perdu, puisque Nicolas Sarkozy va déléguer son épouse, Carla, à une cérémonie religieuse où sera inauguré le 22 août un temple à Roqueredonde, petite commune située dans l’Hérault. Cela suffira-t-il à le consoler de n’avoir pas rencontré le président de la République française, alors qu’il a été reçu ces derniers mois par Georges Bush, Angela Merkel ou Gordon Brown au grand dam des autorités chinoises ? Sans doute pas, mais avec Nicolas Sarkozy il faut se faire une raison…

Michel Escatafal

10.08.2008

la Russie face à la Géorgie...

Bernard Kouchner va donc prendre l’avion, dans les heures qui viennent, pour tenter de mettre fin au conflit qui ensanglante l’Ossétie et l’Abkhazie. Bien entendu, le monde entier ne va guère prêter attention à cette gesticulation supplémentaire de notre petit ministre des Affaires étrangères. Tout le monde hélas se moque pas mal de ce que peuvent faire Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner. Il suffit d’ailleurs de voir comment notre président de la République est considéré à Pékin ou à Moscou pour savoir qu’hélas, malgré cette démarche française, la machine de guerre semble bien lancée dans cette région qui appartenait autrefois à l’Union Soviétique. Cela dit, si elle n’appartient plus à la Russie, elle reste quand même dans sa zone d’influence.

 

La Russie n’a plus, loin de là, la puissance militaire et diplomatique de l’URSS mais, grâce à l’envolée des prix du gaz et du pétrole, son poids devient de plus en plus lourd sur la scène internationale. De plus une bonne partie des gisements de ces matières premières, tellement indispensables de nos jours, se situe dans ces contrées avec les pipe-lines qui vont avec. On voit que l’enjeu politique et économique est considérable d’autant que le président géorgien, pro-occidental, veut absolument s’affranchir du grand frère russe. Mais ce n’est pas si simple car la Georgie, bien qu’étant une toute petite nation (un peu moins de 4,5 millions d'habitants), est un ensemble disparate où cohabitent plusieurs nationalités avec de nombreux habitants d’origine russe.

 

Dans ces conditions, la marge de manœuvre des Géorgiens est extrêmement faible face au désir ( ?) d’indépendance des Abkhazes ou des Ossètes. Elle est d’autant plus faible que l’Union Européenne a soutenu il y a peu la décision d’indépendance unilatérale du Kossovo vis à vis de la Serbie. La Russie n’avait pas manqué à cette occasion de faire remarquer aux Européens que cette décision pouvait donner des idées à d’autres. En fait, cet appui délivré par les Occidentaux au Kossovo était pain béni pour la Russie, celle-ci se sentant légitime pour aider l’Ossétie et l’Abkhazie à s’autoproclamer indépendants, donc à revenir dans le giron de Moscou.

 

Que faut-il conclure de tout cela ? Tout d’abord que la diplomatie américaine n’a plus le poids nécessaire pour faire régner l’ordre dans le monde. On l’a vu au Darfour, on le voit en Géorgie, et c’est le cas à peu près partout depuis que Georges Bush, l’ami de Nicolas Sarkozy, s’est mis le monde à dos à travers sa guerre en Irak. De plus, il y a quasiment vacance du pouvoir aux Etats-Unis jusqu’au mois de janvier. Il y a donc de la place pour faire pas mal de choses avant de voir quelle va être la future politique extérieure des Etats-Unis, ceux-ci n’ayant visiblement plus les moyens de jouer les gendarmes du monde.

 

Et l’Europe ? Et bien comme d’habitude elle s’agite, mais montre ses divisions et son impuissance. La Pologne et les Etats baltes veulent absolument que l’Union Européenne condamne fermement la Russie, qui reste à leurs yeux un ennemi honni, pour son action en Géorgie. Les autres Européens sont plus beaucoup plus prudents à l’image de la France qui, au delà des moulinets de son ministre des Affaires étrangères, ne veut pas s’attirer les foudres de la Russie. Résultat, l’Union Européenne est incapable de faire quoi que ce soit. Cela étant cette même France, qui assure la présidence du Conseil européen, a quand même décidé de convoquer un sommet extraordinaire européen…à la demande de la Pologne. Manifestement la voix de cette dernière paraît plus forte dans cette affaire que la nôtre.

 

Michel Escatafal

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