30.07.2008
Contradictions, consternation...
Le mois de juillet s’achève, les vacances sont terminées pour certains et commencent pour d’autres. Toutefois, hélas, cela ne change pas grand-chose pour les autres Français de plus en plus nombreux qui eux ne partent pas, parce que le « champion du pouvoir d’achat » n’a pas tenu ses multiples promesses. Enfin, pour ceux qui ont du travail, même s’ils n’ont pas quitté leur lieu de résidence habituel, ils se seront au moins reposés… en attendant les mauvaises nouvelles de la rentrée qui, malheureusement, pourraient peser fort sur leur quotidien. Voilà où en est la France de Nicolas Sarkozy, l’homme qui affirmait il y a moins d’un an « qu’ensemble tout est possible ». Triste constat !
En attendant il y a quand même des informations importantes qui nous sont livrées par les journaux, magazines ou chaînes de télévision. Certaines même méritent une deuxième lecture tellement on a l’impression que les Français sont pris pour des pauvres crétins, notamment quand on nous dit qu’avant de partir en vacances, chaque ministre a eu en cadeau le dernier album de Carla Bruni-Sarkozy (photo ci-contre). On croit rêver ! A propos de cette dame, on découvre aussi dans tous les journaux qu’elle se moque de Madame de Gaulle parce qu’elle a découvert une photographie de Tante Yvonne servant la soupe à son mari. Et Madame Sarkozy croyant malin d’ajouter « je sers aussi de la soupe à mon mari quelques fois, mais je ne voudrais pas être photographiée de cette façon ».
Outre le fait que d’après plusieurs journaux Carla a confondu Madame de Gaulle avec Madame Coty, je n’arrive toujours pas à comprendre comment on peut publier de pareilles âneries, sauf à essayer de faire oublier le triste quotidien qui est de plus en plus le nôtre. Par exemple, on n’insiste pas beaucoup sur le fait que les petits épargnants français vont être de nouveau perdants avec la fixation du nouveau taux de l’épargne règlementée qui va sans doute passer de 3,5% à 3,75%. Autant dire qu’avec un taux de cet ordre, l’épargne investie sur le Livret A ou le Livret Bleu se situera quasiment au niveau de l’inflation, donc avec un taux d’intérêt réel de 0,2%...contre 1,8% il y a un an pour les mêmes produits. Heureusement qu’avec Nicolas Sarkozy nous avons élu le « champion du pouvoir d’achat » ! Désolé, mais en disant cela je ne fais que rester dans le registre du président de la République.
Parmi les autres nouvelles, il y aussi l’affaire Tapie dont on a beaucoup parlé. A ce propos, je voudrais simplement rappeler que si un quidam quelconque avait voulu acheter Adidas dans les conditions offertes à Tapie, cela aurait été impossible. On n’achète pas une société ou un groupe de la taille d’Adidas sans en avoir ni la capacité, ni le premier sou. En disant cela, je crois qu’on a tout dit, sauf que Bernard Tapie s’en tire infiniment mieux que nombre de patrons qui se sont ruinés pour sauver leur outil de travail. Cela n’est pas assez souligné et, pour ma part, je récuse complètement cette idée des patrons qui ne pensent « qu’à s’en mettre plein les poches » car, le plus souvent, ils prennent à titre personnel de gros risques. Evidemment, comme ils ne sont pas connus, personne ne parle d’eux et ne dit, comme Madame Lagarde à propos de Tapie, que la banque qui les a soutenus a parfois gagné de l’argent en vendant la société qu’elle a récupérée.
Enfin, comment ne pas revenir sur le livre blanc français de la défense. Comme cela s’est passé en juillet, et qu’on passe très vite sur les mauvaises nouvelles, on a peu parlé finalement de la nouvelle stratégie de notre pays en matière de défense. Nicolas Sarkozy, on le sait, a décidé de réintégrer la structure militaire de l’OTAN, tout en nous disant qu’il souhaitait développer une « véritable défense européenne » au sein de l’OTAN. Rien n’est plus contradictoire car le président français sait bien que la Grande-Bretagne et les pays de l’Est européen (Pologne, Lituanie, Lettonie…) sont hostiles à toute idée d’une défense européenne autonome. En clair, encore une fois Nicolas Sarkozy se moque de nous car, en fait, il accepte la suprématie politique des Etats-Unis, non seulement au sein de l’OTAN, mais aussi au sein de l’Union Européenne, ce qui est un changement considérable par rapport à la politique qui est menée depuis cinquante ans.
Ce que ne dit pas non plus Nicolas Sarkozy, c’est que la restructuration des armées comme dans bien d’autres domaines, se fait surtout sous la contrainte budgétaire. Nous n’avons pas les moyens des ambitions que nous affichons, et au moment où nous voulons être présents sur tous les théâtres d’opérations, y compris sur ceux où nous n’avons rien à faire, la quantité d’hommes opérationnels va passer en quelques années de 50 000 hommes à 30 000. A ce propos, la Grande-Bretagne dont on nous parle si souvent n’est guère mieux lotie, mais la Grande-Bretagne a toujours la même politique…pro-américaine ce qui n’était pas notre cas. Cela étant, je persiste à penser que les problèmes de défense et de la sécurité européenne ne devraient être discutés et résolus que par l’Union Européenne et non par l’OTAN, où les Etats-Unis défendent d’abord leurs propres intérêts. On comprend que Nicolas Sarkozy soit l’ami des dirigeants américains quels qu’ils soient.
Michel Escatafal
11:03 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
28.07.2008
La Chine et l'emploi dans le monde
Si dans les pays occidentaux nous sommes en pleine période de vacances, ce qui ne signifie pas pour autant que tout le monde en profite car nombreux sont les gens à ne pas pouvoir s’en offrir, dans les pays émergents on continue de travailler comme si de rien n’était. Mieux même en Chine avec les Jeux Olympiques, une partie de la population va être encore plus mobilisée afin de faire de ces Jeux une totale réussite, comme le veut la tradition dans tous les pays totalitaires. Et tous les observateurs sont d’accord pour dire qu’en plus du succès en matière d’organisation, les succès sportifs viendront avec. Qui aurait dit il y a une trentaine d’années que la Chine serait aussi puissante tant en matière économique que sportive ?
Trente ans ont donc suffi à une dictature communiste, devenue par ailleurs un pays utilisant toutes les ficelles du capitalisme le plus sauvage, pour commencer à rivaliser avec les Etats-Unis et l’Union Européenne dont, par parenthèse, il faut accélérer la construction politique sous peine de voir chacun des pays la composant devenir un nain à l’échelle mondiale, y compris l’Allemagne. Pourquoi parler de l’Allemagne seule ? Tout simplement parce que si la construction politique de l’Europe ne s’achève pas rapidement, l’Allemagne sera une sorte de nouvelle Suisse au milieu des états- continents que sont la Chine, l’Inde, le Brésil et les Etats-Unis d’Amérique. Elle continuera d’exporter son savoir-faire dans l’industrie automobile, mécanique, chimique etc., elle accumulera les excédents de sa balance commerciale, mais elle ne pèsera quasiment pas sur les affaires du monde.
Et la France alors ? Mieux vaut ne point en parler surtout si nous ne changeons pas de politique et…de dirigeants. Cela dit, revenons à la Chine puisque ce pays fait l’actualité à tous points de vue, et ce n’est pas fini puisqu’en 2035 cet immense nation aura quasiment rattrapé en termes de richesses produites les Etats-Unis et l’Union Européenne, avec toutes les conséquences que cela implique en termes de vie démocratique, de marché libre, et plus globalement de valeurs. Tout le monde fait plus ou moins semblant de l’ignorer, mais la Chine comme je l’ai dit précédemment est d’abord une dictature avec tout ce que cela comporte comme force, mais aussi comme fragilités.
Avec ses fragilités, parce que dans toute dictature s’étalant sur de nombreuses années, les revendications sociales étouffées pendant des décennies finissent un jour par exploser. Ce qui s’est passé il y a presque 20 ans à la Place Tien-Anmen, n’était qu’un petit soulèvement en comparaison de ce qui pourrait arriver surtout si, comme c’est toujours le cas, les richesses produites ne bénéficient qu’à une classe dite moyenne très resserrée. On a beau dire qu’il y a 150 ou 200 millions de Chinois qui vivent beaucoup mieux grâce à l’explosion des affaires dans le pays, principal bénéficiaire de la mondialisation, mais si on fait le calcul on s’aperçoit que cela ne représente guère plus de 10 ou 12% de la population. On est donc dans les standards occidentaux, à ceci près que les plus pauvres des Chinois sont beaucoup plus démunis encore que les plus pauvres des Américains ou des Européens.
Sur le plan économique les Chinois, grâce à l’aide des pays Occidentaux, ont réussi à récupérer une bonne partie de l’offre de travail dans le monde qui, rappelons-le, a quadruplé depuis une trentaine d’années. C’est surtout d’emplois industriels qu’il faut parler, mais cela n’interdit pas aux Chinois de s’efforcer de tenter de faire la même percée sur l’économie des services. Nous entendons dire régulièrement en France et plus généralement dans les pays occidentaux, que « les services ont remplacé les usines », mais on n’oublie de dire qu’il s’agit d’un leurre. D’abord parce que l’emploi industriel reste très important dans le monde, même s’il a diminué de 17% en France et de 25% aux Etats-Unis, et d’autre part dans le cadre des grands contrats dont on nous rebat les oreilles à chaque déplacement de nos chefs d’Etat ou de gouvernement, les Chinois nous obligent à livrer une part de notre technologie dans les services.
Et tout cela dans des conditions que personne ne veut voir. Quand j’entends les gens en France ou en Europe s’extasier sur la croissance chinoise, et sur la chance que l’on a de pouvoir acheter à bas prix des produits dans l’informatique ou l’électronique, cela me donne un énorme sentiment de tristesse. Tout cela se fait, ne l’oublions surtout pas, à des conditions misérables pour les travailleurs locaux, ceux-ci figurant en grand nombre parmi ceux qui gagnent moins de 3 dollars par jour. Mais cela a aussi pour mérite, aux yeux des dirigeants des grandes entreprises occidentales, de diminuer chez eux le coût du travail. En clair les salaires chinois tirent nos salaires vers le bas, et ce n’est pas pour rien si le salaire de la plupart des travailleurs américains ou européens a diminué au cours des dernières années. Cela permet en outre de faire passer des lois qui diminuent régulièrement les acquis sociaux, comme s’y emploie si bien le pouvoir actuel en France.
Certains vont me dire que j’exagère le trait et que grâce à la mondialisation, le recul de l’extrême pauvreté dans le monde est une réalité. Sans doute, mais si la pauvreté diminue, s’il y a moins d’enfants qui travaillent dans certaines contrées, les conditions globales de vie ne s’améliorent pas, bien au contraire, dans nombre d’endroits de la planète y compris là où il y a du mieux. En Chine, pour ne citer qu’elle, on enregistre chaque année 100 000 décès suite à des accidents du travail et la pollution y tue 300 000 personnes. Voilà la réalité de notre monde d’aujourd’hui.
On produit beaucoup plus de richesses, mais l’appauvrissement frappe là où cette notion avait commencé à disparaître depuis quelques décennies, c’est-à-dire chez nous. D’ailleurs, rien qu’en France, il suffit de voir à quelle vitesse l’Etat se désengage dans son rôle social, sous la bienveillante autorité de Nicolas Sarkozy, pour en être persuadé. Il y a peu l’économie et la morale avait un lien, certes ténu, mais il existait. De nos jours cette notion n’existe plus. Pour les Français, comme pour les Européens ou les Américains il est temps de se réveiller !
Michel Escatafal
12:46 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
25.07.2008
Un triste mois de juillet pour la France et les Français…
Le mois de juillet est bien connu pour faire passer « en douceur » des mesures qui peuvent être impopulaires. Tous les gouvernements l’ont fait, et sur ce plan celui qui est en charge des affaires de notre pays ne fait que confirmer la règle. En revanche, cette année on fait plus fort que d’habitude avec le projet de loi sur le temps de travail et la réforme de la carte militaire. Loin de moi d’ailleurs l’idée de dire que sur ces deux points précis les choses devaient rester figées, mais il est clair que sur des sujets de cette importance il ne fallait surtout pas se précipiter. Mais chacun sait qu’avec Nicolas Sarkozy la précipitation et l’impréparation sont une méthode de gouvernement.
En disant cela je pense notamment aux compensations que les villes ou villages concernés par les fermetures de caserne vont recevoir, sans parler aussi des investissements qui ont été faits ces dernières années pour moderniser les installations et les matériels. A Provins, petite ville de Seine-et-Marne, le maire UMP affirme que 20 millions d’euros ont été affectés en 2004 sur le site militaire, et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres. Et que dire de Briançon, autre ville UMP, avec la fermeture du centre national d’aguerrissement en montagne à la fois très ancien et particulièrement bien équipé.
Tout cela signifie que, dans un premier temps, ces mutations de tous ordres vont coûter très cher…et le gouvernement aura beaucoup de mal à trouver les 320 millions d’euros promis par le Premier ministre pour soutenir le financement des communes concernées par les restructurations. A ce propos, ce qui est incroyable avec Nicolas Sarkozy et ses acolytes, c’est cette facilité à déverser des millions ou des milliards d’euros chaque fois qu’un sujet est sur la table. Il est vrai que si on écoute le Premier ministre, une fois la réforme aboutie, cela permettra d’économiser en année pleine 2 milliards d’euros. Mais d’où sort-il ce chiffre ? Personne ne le dit et en tout cas pas le gouvernement.
En tout cas, si cette réforme est décidée uniquement dans le seul but de faire des économies budgétaires, il faut le dire et l’assumer. L’armée de terre va quand même perdre 20 régiments et bataillons, la marine une base aéronavale, et l’armée de l’air 11 bases aériennes, dont Garons près de Nîmes ce qui démontre à l’évidence le peu d’influence qu’a le député Yvan Lachaud, pourtant grand ami d’Hervé Morin le ministre de la Défense (ils ont trahi ensemble François Bayrou). Et tout cela au moment où la France envoie des soldats un peu partout dans le monde et, notamment, en Afghanistan avec des équipements désuets et parfois peu opérationnels, pour parler comme les militaires. C’est ce qui s’appelle de l’incohérence dans le plus pur style de Nicolas Sarkozy.
« Le rôle de l’armée, ce n’est pas l’aménagement du territoire, c’est la sécurité des Français » ont dit sur un ton martial le Président de la République et le Premier ministre. Soit, mais n’aurait-il pas mieux valu commencer par éviter les dérapages budgétaires, avant de décider de faire des économies qui ne se feront sentir au plus tôt que dans deux ou trois ans. Etait-il utile de faire des cadeaux fiscaux à ceux qui n’en avaient pas besoin, alors que de l’aveu même du président de la République et du Premier ministre « l’Etat est en faillite » ?
Répondre à cette question que nous posons aussi souvent revient à dire que, par malheur pour les populations concernées, il paraît invraisemblable que toutes les aides promises dans le cadre du « plan social des restructurations liées à la nouvelle carte militaire» soient effectives dans les délais annoncés. D’ailleurs, le président UMP de la commission de la défense à l’Assemblée juge l’affaire « délicate ». C’est dire ! « Gouverner c’est prévoir » avait dit un jour Emile de Girardin, le promoteur du journal « La Presse » créé en 1836 à un prix modique pour que le plus grand nombre puisse lire les nouvelles. Et bien ce n’est pas un slogan que Nicolas Sarkozy a fait sien, puisque pour lui gouverner c’est faire selon son bon vouloir en décidant d’une action avant d’en avoir mesuré les conséquences. Les exemples ne manquent pas depuis un an, à commencer par la suppression de la publicité pour l’audiovisuel public.
L’autre sujet évoqué au début de mon propos concerne l’enterrement du régime des 35 heures. L’électorat de droite en rêvait nous dit-on, sans que l’on soit sûr que chacun connaisse les tenants et les aboutissants de la loi, et Nicolas Sarkozy l’a fait. C’est une manière de présenter les choses. Pour ma part, je pense qu’il eût fallu opérer autrement. On ne fait pas passer un projet de loi qui met au rancart ce que beaucoup considèrent comme un acquis, même si ce n’est pas vraiment le cas, dans ces conditions. Là aussi on prend son temps, on discute, et on étudie au mieux des intérêts de chacun les solutions les meilleures.
Comme le disait François Bayrou pendant sa campagne présidentielle, « la manière dont les 35 heures ont été imposées a été une faute, qui s’est payée en pouvoir d’achat, en dépenses publiques, sans apporter les créations d’emploi promises. Mais de nombreux salariés ont trouvé un nouvel équilibre de vie dans cette organisation du temps de travail ». Il fallait donc prévoir un dispositif de remplacement qui ne pénalise pas les entreprises en termes de coût, et soutenir les négociations entre partenaires sociaux à l’intérieur des branches, l’Etat garantissant les accords trouvés par les uns et les autres.
A ce propos, je rappellerais que toutes les mesures envisagées par le président du Mouvement Démocrate avant l’élection présidentielle de 2007 demeurent d’actualité, que ce soit sur le temps de travail, sur la manière de gérer les heures supplémentaires ou sur les charges pesant sur le travail. Elles pourront servir le moment venu, en espérant que d’ici là les dégâts n’auront pas été trop considérables pour les salariés et même pour les entreprises, notamment les plus petites d’entre elles.
Nous avons toujours affirmé au MoDem que la France devait être un pays « proentreprise ». C’est plus vrai que jamais, au moment où tout est fait pour satisfaire toutes les exigences du MEDEF et des amis intimes du président de la République, ce qui en gros est du pareil au même… avec les résultats que l’on connaît. Est-ce qu’en passant la semaine de travail jusqu’à 45h pour les employés et 50h pour les cadres cela ira mieux ? Oui, mais seulement pour les gros actionnaires ! Quant aux autres…Ah s’ils avaient su !
Michel Escatafal
11:48 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
23.07.2008
Jack Lang et les radicaux dits de gauche au secours de Nicolas Sarkozy !
Je savais hélas que j’avais raison quand je disais que la réforme constitutionnelle serait adoptée. Oh certes, ce fut loin d’être un plébiscite pour le président de la République, mais le résultat est là : cinquante ans tout juste après la naissance de la 5è République, la nouvelle Constitution entrera en vigueur dans quelques mois. Cela permettra à Nicolas Sarkozy de venir à Versailles s’exprimer solennellement devant les députés et les sénateurs, et de devenir officiellement le seul patron de la majorité parlementaire et de l’exécutif ce qui, dans les faits, était déjà le cas depuis son arrivée à l’Elysée. A ce propos, puisque le Premier Ministre n’a plus aucun rôle, que se passerait-il en cas de cohabitation ?
Bien sûr, on va me faire remarquer que depuis l’adoption du quinquennat cela relève presque de l’utopie, mais le cas peut quand même se présenter. Cela dit, Nicolas Sarkozy a eu ce qu’il voulait et c’est bien là l’essentiel pour lui. Il a gagné d’une voix certes, mais il a gagné grâce à l’apport de quelques voix venues de ce que l’on appelle la gauche. Passe encore que des gens comme Bernard Debré et quelques fidèles de Dominique de Villepin, hostiles au texte, se soient laissé convaincre par le président de la République au motif fallacieux de ne pas vouloir prendre le risque d’une crise politique. Mais que dire des radicaux dits de gauche ou de Jack Lang, dont les voix ont été déterminantes pour l’adoption de ce texte ?
Il est vrai que ce n’est une surprise pour personne de voir ces parlementaires s’affranchir des consignes de leur parti ou de leur groupe, dans la mesure où cela fait déjà un certain temps qu’ils flirtent avec la majorité UMP. Simplement, par rapport à d’autres (Besson, Kouchner…) ils franchissent le Rubicon à petits pas. Ils se hâtent lentement, mais ils avancent. Vers quoi ? Sans doute vers quelques postes ministériels ou présidences au contenu qu’ils jugeraient suffisamment prestigieux pour leur auguste personne. On parle pour Jack Lang du poste de « défenseur des droits des citoyens ». A mon avis, je ne pense pas qu’il postule pour un tel poste, trop peu médiatisé, mais il y en a tellement d’autres…
En tout cas Jack Lang aura prouvé définitivement qu’il n’a aucune conviction, ce que pour ma part j’ai toujours pensé. C’est le type même de l’opportuniste qui a fait carrière parce qu’il a été socialiste au bon moment. Il doit pourtant beaucoup à ce parti, car n’oublions pas qu’outre ses fonctions ministérielles, il a été député dans plusieurs circonscriptions par la volonté du P.S. y compris dans des endroits où il n’avait sans doute jamais mis les pieds. Que serait-il allé faire à Boulogne sur Mer, lui qui est beaucoup plus un homme du Trocadéro ou des Champs-Elysées. Enfin, il y a chez les socialistes de telles incongruités (Strauss-Kahn élu de Sarcelles) qu’on n’est pas à une près. Et puis c’est aussi aux électeurs à donner leur opinion en refusant de voter pour « un parachuté » qui n’habite pas dans le département.
Quant aux radicaux de gauche, il y a longtemps que je pense comme Krivine (cela peut m’arriver), à savoir « qu’ils n’ont rien à voir avec la classe ouvrière ». Quelle différence y-a-t’il en effet entre des gens comme Baylet et Borloo ? Aucune, et ils ont le même appétit de pouvoir. D’ailleurs certains disent que Tapie, de nouveau riche, pourrait être le fédérateur aux élections européennes de ce qui reste d’un parti, aujourd’hui séparé en deux groupuscules, qui a compté dans ses rangs des gens comme Gambetta ou Herriot. Je dis cela en ayant conscience du caractère outrageant pour ces deux hommes d’évoquer leur nom à côté de Tapie, Baylet ou Borloo.
A côté de ces gens sans foi qui n’ont pas hésité à voter contre leur camp, car n’oublions pas qu’ils ont été élus contre des candidats de la majorité UMP aux dernières élections législatives, il en est d’autres qui ont respecté les consignes de leur parti, mais qui regrettent que ce dernier (le Parti Socialiste) ait donné une consigne de vote. Ceux-là aussi nous les connaissons, notamment Manuel Valls le député-maire d’Evry, car déjà l’an passé ils se posaient des questions quant à franchir le pas qui les mènerait à rejoindre Nicolas Sarkozy. Ils ont résisté l’an passé et ils ont continué encore lors de ce congrès, mais à quel prix. Ils ont été jusqu’à dire qu’ils ont presque été obligés (les pauvres) à voter contre un texte qu’ils jugeaient à peu près acceptable. Ils en ont même rajouté une couche en parlant, à propos du PS « d’incapacité à s’abstraire d’une forme d’antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République ».
Mais pourquoi Manuel Valls n’a-t-il pas soutenu François Bayrou l’an passé, seul candidat à regretter ce clivage bloqué droite-gauche ? En fait en agissant ainsi, ces parlementaires ont pensé assurer leurs arrières pour 2012. Soit Nicolas Sarkozy est réélu et leurs chances seront grandes d’avoir un poste ministériel très important, soit c’est le candidat socialiste et ils se sentiront fort pour exiger le même poste compte tenu du fait qu’ils auront dit non à une certaine époque au tentateur de l’Elysée. Et si c’est François Bayrou qui est élu ? J’espère dans ce cas que ce dernier saura choisir avant tout des hommes qui seront là d’abord pour servir le pays. Je n’en dirais pas davantage. Cela dit, ces misérables sentiments me font penser à ce qui s’est passé en 1869, quand Clément Duvernois et Emile Ollivier se mirent en tête de rallier leur cause à celle de l’Empire.
Michel Escatafal
12:03 Publié dans institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
21.07.2008
Sur l'Afghanistan...
Pendant que notre président de la République s’active sur tous les fronts, notamment en Irlande où il va essayer de réparer une de ses multiples bourdes diplomatiques, mais aussi à propos de la réforme des institutions qui va donner aux Français une nouvelle occasion de voir jusqu’où peut aller la duplicité de leurs élus, il y a dans le monde des évènements autrement plus importants dans lesquels nous sommes impliqués. Je veux parler bien évidemment de ce qui se passe en Afghanistan qui a fait la une de nombreux titres, surtout à l’étranger, en raison de la visite de Barack Obama dans le pays.
Avant d’aborder ce sujet, revenons toutefois un instant sur la réforme des institutions qui sera entérinée ce jour en fin de soirée, car n’en doutons pas le vote sera positif. Entre des gens comme Jack Lang ou les Radicaux dits de gauche qui n’aspirent qu’à récupérer un maroquin, et les parlementaires UMP à qui l’on peut tout demander, tellement ils ont peur de perdre les faveurs du pouvoirs et des investitures qui vont avec, gageons qu’il manquera quelques voix pour infliger au président de la République un sévère camouflet. En tout cas, si on ne le savait pas jusque-là, les Français sont édifiés quant au courage politique du Premier ministre. Quelque soit le résultat du vote, il ne démissionnera pas. Courageux, pais pas téméraire notre Premier ministre !
En ce qui concerne l’Afghanistan, la situation n’évolue pas dans le bon sens et tout le monde a l’impression que l’on nous cache la vérité, comme en témoignent les fortes paroles du candidat démocrate à la Maison Blanche qui estime qu’il faut renforcer les troupes « maintenant ». Cela confirme ce que nous lisons çà et là sur un conflit qui a commencé fin 2001, et qui n’en finit pas de susciter des interrogations. On a beau nous dire que les talibans ont été défaits militairement en quelques semaines, il n’en reste pas moins que ceux-ci se sentent de plus en plus forts et de plus en plus sûrs d’eux. Cela signifie une nouvelle fois ce que j’ai toujours dit, à savoir qu’on ne peut pas gagner une guerre quand on a tout un pays contre soi.
L’histoire est là pour démontrer qu’il est impossible d’asservir tout un peuple quels que soient les moyens employés. On va remporter quelques batailles, mais in fine l’envahisseur finit par partir. Annibal, considéré comme le plus grand capitaine de l’Antiquité écrasa les Romains au Lac Trasimène en -217, puis à Cannes en Apulie en- 216, mais il ne put prendre Rome et finit par être vaincu à Zama en -202. Plus près de nous, c’est bel et bien en Espagne que l’Empire de Napoléon commença à s’effondrer à partir de 1808, les Espagnols faisant ce que d’autres n’avaient pas fait, à savoir résister à celui qui voulait leur imposer ses volontés. Plus près de nous, les Américains ont découvert au Vietnam et en Irak, l’impossibilité de lutter contre un peuple qui refuse l’asservissement à une nation qui veut lui imposer son système économique et politique. Il est curieux que Georges Bush et ses « va-t-en-guerre » n’y aient pas pensé.
En Afghanistan, tous les observateurs avisés savent bien que cette guerre est sans issue, et que les Américains et leurs alliés, dont la France, ne contrôlent réellement que les pourtours de Kaboul. Après 7 ans de guerre cela fait peu, surtout avec un corps expéditionnaire qui approche les 70 000 hommes. De plus, pour couronner le tout, les bavures se multiplient avec des épisodes meurtriers qui frappent les populations civiles (64 civils tués par deux frappes aériennes mal ciblées dans le Nord-Est en début de mois), ce qui ne contribue pas à rendre populaire l’action des alliés. La semaine dernière encore, dans la province de Farah, des policiers d’une part et des soldats afghans et des forces de l’OTAN d’autre part, se sont pris réciproquement pour des talibans. On imagine hélas le décor, mais cela illustre aussi le défaut de coordination évident entre des troupes appartenant à 37 pays.
Et pendant ce temps, les talibans se permettent de lancer des insurrections meurtrières contre lesquelles apparemment la coalition ne peut pas faire grand-chose, sauf tuer un certain nombre de personnes prises pour des terroristes. A ce propos, on observera que notre ministre de la Défense, l’ineffable et nullissime Hervé Morin, en visite lui aussi ce week-end en Afghanistan (sans faire aucune ombre à Barack Obama !) a affirmé que « l’essentiel des forces rebelles provient des pays voisins, notamment du Pakistan ». Dans ces conditions on comprendra que le conflit soit loin d’être terminé, et qu’il serait mieux que la France ne participe plus à cette guerre dont les médias canadiens ont affirmé, dès 2006, que « c’était une intervention de type colonial ».
Il en est même qui disent que les militaires sont engagés dans une opération « visant à terroriser une population hostile à la présence d’une force d’occupation étrangère dans leur pays pour occuper une position géostratégique importante ». Sans aller aussi loin, le 26 avril 2007, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas dit sur France 2 « qu’il était certainement utile qu’on les envoie (les troupes) dans la mesure où il y avait un combat contre le terrorisme. Mais la présence à long terme des troupes françaises à cet endroit ne me semble pas décisive ». Encore une fois Nicolas Sarkozy a menti aux Français… .
Michel Escatafal
11:09 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
19.07.2008
Angela, l'anti Nicolas
L’été si l’on veut s’informer réellement de ce qui se passe, il faut chercher un peu, comme on le fait dans les vieilles librairies. Et en cherchant bien, on trouve une masse d’informations qui passent inaperçues au plus grand nombre. Evidemment, évoquer la misère dans le monde est moins croustillant pour les médias français que dire que Carla Bruni-Sarkozy a vendu en deux jours 14000 exemplaires de son nouvel album ce qui, par parenthèse, n’est pas beaucoup compte tenu du matraquage publicitaire qui a accompagné son lancement. Et puis sans être méchant, je suis sûr que sur ces 14000 fans, il y a de nombreux cadres ou militants UMP.
En parlant de l’UMP, je suis impatient d’être à lundi pour avoir les résultats du vote du Congrès réuni à Versailles. Théoriquement, la révision de la Constitution à la mouture Sarkozy ne devrait pas avoir l’ombre d’une chance de passer, ce qui serait un nouvel échec du président de la République. Il serait d’ailleurs ressenti d’autant plus fort qu’il aurait l’impression que cette fois, ce sont les politiques qui le condamnent. Quand c’est le peuple qui réclame sur le pouvoir d’achat, il s’en moque. Quand ce sont les syndicalistes, c’est la même chose comme en témoigne sa tirade sur le fait que dans notre pays « quand il y a une grève, plus personne ne s’en aperçoit ». Mais quand ce sont des gens comme lui qui vivent par, pour et avec la politique, ce serait à coup sûr différent.
Alors, compte tenu du fait que le Parti Socialiste devrait (théoriquement) voter comme un seul homme ou femme contre la réforme, que François Bayrou et les amis qui lui sont restés fidèles devraient faire de même, que les Verts et les Communistes y sont opposés, plus quelques gaullistes fidèles à l’esprit qui a présidé à la mise en œuvre de la Constitution de la 5è République, sans oublier ceux qui sont en colère parce qu’on leur a supprimé le tribunal, l’hôpital ou la caserne, cela fait quand même peu de chance de voir 3/5 des parlementaires aider Nicolas Sarkozy à se sortir de ce mauvais pas. Cela dit, ce n’est pas moi qui vais le plaindre d’autant que dans notre pays il y a des problèmes beaucoup plus urgents à résoudre qu’une modification de la Constitution.
En tout cas, compte tenu du bruit que font ces messieurs pour empêcher le départ du régiment de Dieuze, je suppose que le député Alain Marty et le sénateur Philippe Leroy vont voter contre la révision de la Constitution en guise de représailles. Si je dis cela, c’est parce qu’avec le maire de cette ville, lui aussi UMP, ils ne cessent de dire qu’on les prend pour des idiots. Cela étant, je ne me fais pas beaucoup d’illusions et il ne faut pas que les habitants de Dieuze s’en fassent eux aussi, car je suis persuadé que ces messieurs, comme d’autres dans le même cas, ne penseront qu’à leur avenir politique et qu’ils ne sanctionneront pas Nicolas Sarkozy. Mieux même, ils diront qu’il ne faut pas tout confondre, la révision de la Constitution étant une chose et le départ du régiment une autre. Pour mémoire, rappelons que Dieuze a voté au second tour de l’élection présidentielle à 63% pour Nicolas Sarkozy.
Et voilà je continue de parler de Nicolas Sarkozy, ce que je me reproche parfois, car après-tout ce n’est pas lui le maître du monde, même s’il se comporte parfois comme tel. Il suffit de voir la posture qu’il prend vis-à-vis des Irlandais en tant que président du Conseil européen pour s’en rendre compte. « Les Irlandais devront revoter et je mettrai le veto à tout élargissement (de l’Union) tant qu’il n’y aura pas de nouvelles institutions ». Cette phrase extrêmement maladroite a eu pour principal effet de provoquer la colère des partisans du « non », et de mettre dans l’embarras le gouvernement irlandais. Mais Nicolas Sarkozy n’a cure de ces considérations, dans la mesure où il confond constamment l’UMP avec la France ou l’Union Européenne.
Quel contraste avec Angela Merkel qui, pourtant, peut se targuer de résultats économiques ou diplomatiques autrement meilleurs que ceux de Nicolas Sarkozy. La chancelière, malgré des prises de position fermes sur des sujets touchant notamment aux droits de l’homme, s’attire la sympathie ou la considération de tous les grands de ce monde. Au mieux, on l’apprécie beaucoup, et au pire, on la respecte. Notre président peut-il en dire autant ? Et pourtant que d’efforts déployés en vain, y compris auprès de quelques uns des dictateurs les plus décriés de la planète pour en arriver toujours… à un constat d’impuissance.
Angela Merkel, sans faire de bruit, sans accolades chaleureuses, sans coup de menton, est toujours saluée comme une dirigeante de tout premier plan. Il suffit de voir la manière dont elle a été reçue cette semaine par le président algérien Bouteflika, pour s’apercevoir que lui comme les autres apprécient la rigueur et la méthode dont sait faire preuve en toutes circonstances la chancelière allemande. Cela permet à l’Allemagne de signer dans la discrétion, « comme si de rien n’était », de nombreux accords de partenariat pour le plus grand bonheur des PME allemandes. Et pendant ce temps, en France…
Michel Escatafal
10:45 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
16.07.2008
Des infos qui n'en sont pas et d'autres sur lesquelles on passe trop vite
De quoi allons-nous parler aujourd’hui, alors que la presse fait ses unes avec un flot d’informations, dont il faut bien admettre que beaucoup d'entre elles ne présentent guère d’intérêt. Il est vrai que nous sommes le 16 juillet, et la période est peu propice aux lourdes réflexions. Alors, après être très vite passé sur la révision à la baisse de la croissance pour 2008, on parle beaucoup des millions que va toucher Bernard Tapie, certains disent 20, d’autres 40, ce qui dans les deux cas représente beaucoup d’argent. Tous les surendettés ne sont pas traités de cette manière.
D’autres nous reparlent de la révision constitutionnelle et des réticences des gaullistes à voter pour un texte qui détricote la 5è République, sans pour autant corriger la seule chose qui devrait l’être, à savoir l’introduction d’une dose significative de proportionnelle pour les élections législatives. Certains se risquent à se demander ce qui se passe avec le Premier ministre. De quoi souffre-t-il ? En a-t-il assez d’être maltraité ? Enfin, comme je l’ai entendu ce matin sur France Info, on parle d’une information qui n’en est pas une, à savoir une exposition à Madrid d’un peintre totalement inconnu, mais qui porte le nom de son fils : Monsieur Sarkozy père, dont j’ai oublié le prénom.
Cela fait déjà pas mal de sujets, auxquels il faut en ajouter un beaucoup plus inquiétant et dramatique pour ceux qui vont en être les victimes : les 400 licenciements programmés pour septembre chez Goodyear Amiens, soi-disant par la faute de la CGT qui a refusé une révision des accords sur le temps de travail. Je ne suis pas là pour défendre la CGT, mais dans cette affaire elle devient un excellent alibi pour faire sans ménagement ce que Goodyear avait décidé depuis longtemps.
Enfin, comment ne pas dire un mot sur la demande de cessation de paiement du promoteur…espagnol Martinsa-Fadesa dont la dette se monte à 5,2 milliards d’euros, ce qui n’est pas rien. Comme quoi la crise immobilière ne touche pas que les Etats-Unis, et donne raison, hélas, à ceux qui comme moi affirmaient depuis longtemps que la croissance espagnole avait quelque chose de malsain, voire même d’artificiel. Certains, n’en doutons pas, commencent à penser aux bonnes affaires qu’ils vont réaliser dans les mois à venir. Il est vrai qu’acheter 400 000 euros un appartement, fut-il de bon standing, à Gérone relevait quelque part de la folie douce. Combien cela vaudra-t-il à la revente quand les acquéreurs ne pourront plus payer les échéances ?
Tout cela fait déjà une actualité conséquente, mais pour moi une des informations les plus importantes de la journée, c’est l’assemblée qui va entériner la fusion entre Suez et Gaz de France car cela ne sera pas, évidemment, sans conséquence pour nous consommateurs de base et ce, quoique puissent en dire les initiateurs du projet. Rappelons à ce propos qu’au départ, celui-ci a été conçu dans le seul et unique but d’éviter que Suez, entreprise essentiellement française, ne soit rachetée par l’entreprise italienne Enel. C’était dans une autre époque, avec Jacques Chirac comme président de la République et Dominique de Villepin comme Premier ministre, mais aussi Nicolas Sarkozy numéro 2 du gouvernement, cela pour dire que sur ce plan il n’y a pas rupture.
Pour résumer l’opération, disons que le nouvel ensemble Suez-GDF aura comme premier actionnaire l’Etat français, à hauteur de 37,5%, ce qui fait dire à certains que Suez va passer sous contrôle de l’Etat français, parce que ce mariage entre Suez et GDF ne peut se faire que si les actionnaires de GDF donnent leur feu vert à ce mariage. Or GDF est (encore) détenu à 80% par l’Etat français avant sa mise en bourse le 22 juillet.
Cette opération qui a quand même nécessité deux ans de négociations pour être effective, a pour don de mécontenter beaucoup de monde et de susciter les plus vives inquiétudes. Passons sur le fait que certains reprochent à l’Etat français d’avoir refusé une absorption à l’échelle européenne entre le géant de l’énergie italien Enel et Suez, sous prétexte qu’il y a un grand marché européen et que cela va dans le sens de l’histoire. En revanche, plus justifiées sont les peurs engendrées par cette fusion que nombre d’observateurs qualifient « de véritable spoliation des actifs publics » de GDF « au profit des intérêts privés de Suez ». Tout cela évidemment avec pour conséquence principale, comme je l'ai déjà souligné, le montant de la facture de gaz pour les consommateurs.
Bien sûr, la main sur le cœur, on va nous dire que la concurrence est faible dans le domaine énergétique et que ce sont plutôt les fluctuations du cours mondial du gaz qui détermineront notre facture. Ce sont là les arguments des partisans de la fusion. Ce qu’ils oublient de nous dire en revanche, c’est que la solution de bon sens défendue en 2006 par François Bayrou, à savoir constituer un grand pôle public EDF-GDF, garanti par un pays tout entier, aurait permis à la France d’être mieux armée en face des risques d’instabilité du marché. Ils auraient aussi laissé aux pouvoirs publics la maîtrise des tarifs offerts aux entreprises et aux usagers. Et par les temps qui courent, cela n’aurait pas été un luxe !
Michel Escatafal17:03 Publié dans général | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
14.07.2008
Freddie et Fannie, ces jolis noms…
Décidément le capitalisme à l’occidentale vit de mauvais moments et, comme toujours, par la faute de ses propres turpitudes. Il y a encore quelques semaines, sans doute pour rassurer les marchés, on nous disait que la crise financière liée aux crédits hypothécaires américains était derrière nous. Et de fait, il n’y avait que quelques observateurs un peu plus avisés, ou un peu moins niais, qui se risquaient à dire et écrire qu’en faisant de telles affirmations on se trompait lourdement. En tout cas ceux-là ne se trompaient pas, car cette fois la crise touche « du lourd, voire même du très lourd » avec Freddie et Fannie, les deux géants américains du refinancement hypothécaire qui sont quasiment en faillite.
En effet, depuis le début de la crise des crédits hypothécaires américains, les deux titres ont perdu 90% de leur valeur en Bourse, et les 10% restants ne tiennent qu’à un fil…tenu par l’Etat américain. Rappelons que ces deux organismes ont pour mission de racheter aux établissements de crédit leurs créances hypothécaires, ce qui permet aux banques de dégager des fonds propres et d’accorder de nouveaux prêts…destinés à entretenir la bonne santé du marché immobilier américain. En apparence tout cela apparaît réglé comme du papier à musique et, de fait, cela a semblé le cas pendant de nombreuses années, au point que Fannie Mae et Freddie Mac détiennent aujourd’hui 40% des prêts immobiliers consentis aux Etats-Unis. Et pour donner un ordre de grandeur encore plus précis, cela représente 5200 milliards de dollars soit 38% du PNB global des Etats-Unis, ou si l’on préfère la quasi-totalité de celui de la France et de l’Allemagne réunies. Ce n’est pas rien !
Bien entendu ces chiffres font peur à tout le monde, à commencer par le gouvernement fédéral américain. Et celui-ci faisant fi de ses idées libérales est intervenu afin « de soutenir Fannie et Freddie dans leur forme actuelle ». Cela signifie que, pour le moment, on écarte l’hypothèse d’une nationalisation, terme honni et banni du vocabulaire aux Etats-Unis…parce que dans ce cas les actionnaires perdraient tout. En outre, cela aurait pour conséquence un doublement de la dette pour les Etats-Unis. On comprend dans ces conditions les inquiétudes des marchés financiers.
Et cela nous amène à évoquer, une fois de plus, les folies ayant engendré cette situation qui paraît sans solution tellement le ver est dans le fruit. Rappelons-nous ce que disait Ronald Reagan à l’époque où il venait d’être élu président des Etats-Unis en 1981 : « L’Etat n’est pas la solution, mais le problème ». Combien de fois depuis cette époque n’avons-nous pas entendu cette sentence, au point qu’elle est même devenue le credo de certains dirigeants socialistes. Certes, comme je le dis très souvent ici ou ailleurs, je ne suis pas de ceux qui pensent que l’Etat a vocation à tout faire. Comme le disait si justement François Bayrou pendant la campagne présidentielle, citant Durckheim : « si l’Etat est partout, l’Etat est nulle part ».
L’Etat n’a certes pas vocation à tout diriger, mais ne doit pas non plus laisser tout faire et s’abandonner complètement aux forces du marché avec tout ce que cela comporte, à savoir le recul social et des inégalités insupportables se creusant de plus en plus. Il suffit de voir ce qui se passe dans notre pays, depuis l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, lui-même représentant de ce que les médias appellent bêtement « la droite décomplexée ». L’ennui pour cette droite dite décomplexée, c’est qu’elle n’avait pas vu venir la crise financière, et qu’elle est dans la plus totale incapacité de tenir les promesses que son candidat s’était cru autorisé à faire, par exemple sur le pouvoir d’achat.
Près de 30 ans après la devise reaganienne ou thatchérienne en Europe, vient l’heure des bilans. La finance et les marchés de capitaux dérégulés ont déclenché une crise sans précédent depuis des décennies à l’échelle de la planète, mondialisation oblige, dont l’ampleur oblige les contempteurs de l’Etat à revoir complètement leur position sur le dogme de l’ultralibéralisme. En réalité, je devrais dire à faire appel à l’Etat pour sauver ce qui peut l’être pour eux. Ils oublient simplement que le stock de dettes « pourries », qui a servi de support à la gabegie financière de ces dernières années, est tel qu’aucune institution publique n’est capable de reprendre à son compte cette dette, quand bien même elle le voudrait. Ah l’ultralibéralisme, ah la droite décomplexée !
Il paraît que cela fait démodé de dire que l’argent doit servir d’abord à soutenir des projets industriels, à investir dans la recherche et à créer de la richesse. En tout cas c’est toujours mieux que de vouloir créer des richesses pour générer de nouvelles richesses pour le seul profit des actionnaires. Pire même, certains parmi les plus petits de ces actionnaires se prêtent au jeu des plus gros. Outre le fait qu’ils contribuent eux aussi à ne plus rien produire, ils ne s’aperçoivent même pas qu’ils sont délestés du peu qu’ils ont pu investir parce que dans les jeux boursiers, l’argent des perdants sert à rémunérer les gagnants. Et les petits porteurs sont toujours du côté des perdants.
Michel Escatafal
11:31 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société
13.07.2008
L'économie mondiale échappe de plus en plus à l'Occident
Alors que tous les médias en France ne parlent que de l’Union pour la Méditerranée et du rassemblement à Paris de plus de 40 chefs d’Etat ou de gouvernement, il n’est peut-être pas trop tard pour revenir sur les conclusions du G8 de Toyako qui ont révélé, une nouvelle fois, l’impuissance des pays dits les plus riches du monde. Celui-ci en effet a bien changé depuis 1975, époque où le président Giscard d’Estaing avait conçu le G6, devenu aujourd’hui G8, pour répondre au choc pétrolier de 1973. Il a tellement changé que les pays appartenant à ce club fermé sont aujourd’hui dans la plus totale incapacité de peser sur les cours des matières premières, par exemple le pétrole, ni même d’imposer leur loi dans les négociations à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
Extraordinaire retournement de l’histoire, de nos jours ce sont les économies émergentes qui ont pratiquement la clé de l’évolution économique sur notre planète. Mieux même, les dirigeants de ces pays n’hésitent pas à faire remarquer aux dirigeants occidentaux que les « fondamentaux sont déterminés par les marchés »… ce qui est le concept même du capitalisme tel que nous l’avons appliqué et enseigné un peu partout. On continuera donc entre dirigeants des pays les plus industrialisés à regretter la faiblesse du dollar, notamment par rapport à l’euro, mais aussi la sous-évaluation du yuan chinois, sans que personne n’essaie de modifier quoi que ce soit, ce que d’ailleurs on ne pourrait pas faire, sauf à mettre le feu aux taux de change.
Cette impuissance se retrouve aussi dans l’impossibilité pour les pays du G8 à respecter leurs engagements en matière d’aide économique, comme je l’indiquais hier ici même. Par exemple le Japon a diminué son aide de 30% en 2007, mais la France elle-même n’est guère en meilleure posture puisqu’elle a diminué la sienne de presque 16%, ce qui n’a pas empêché Nicolas Sarkozy de promettre d’allouer 2,5 milliards d’euros sur cinq ans au secteur privé africain. Toujours des promesses de la part de notre président…
Une autre preuve de l’impuissance des pays riches à peser sur l’évolution du monde en a été donné par ce qu’a dit Georges Bush au sommet du G8, à propos des efforts que les Etats-Unis étaient prêts à consentir dans la lutte contre le réchauffement climatique : « Les Etats-Unis lient le sort des discussions (sur le réchauffement climatique) à l’attitude de l’Inde et la Chine ». C’est clair et net, et j’ajoute compréhensible, dans la mesure où les deux géants asiatiques pèsent de plus en plus lourd dans le bilan des affaires du monde. Rappelons que la Chine est aujourd’hui la 4è puissance économique du monde derrière l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon, mais tous les experts pensent qu’en 2035, quel que soit le mode de calcul retenu pour l’évaluation du PIB, la Chine aura rattrapé l’Union Européenne et les Etats-Unis. Quant à l’Inde, elle se situe déjà presque à un niveau équivalent à celui de l’Italie, mais son rythme d’expansion est tel qu’elle va se rapprocher très rapidement de pays comme la France ou la Grande-Bretagne.
Toujours à propos de la Chine, il faut aussi redire que son influence est de plus en plus importante en Afrique, sur un continent extrêmement riche en matières premières, dont une bonne part n’est pas encore exploitée. Mais la Chine n’est pas la seule puissance émergente à se positionner sur le continent africain. Il ne faut surtout pas oublier la Russie, riche des ses immenses réserves de gaz qui lui donnent de nouveau le sentiment qu’elle est une grande puissance. Gazprom, le géant gazier sous contrôle étroit du Kremlin, veut en effet se porter acquéreur de toutes les quantités disponibles et futures de gaz et de pétrole en Lybie. Et ce n’est sans doute qu’un début, ce qui signifie que l’Europe sera en fait de plus en plus dépendante du bon vouloir de Gazprom qui, non content de contrôler et d’exploiter la quasi-totalité du gaz russe, va également exploiter une grande partie des réserves africaines, en attendant sans doute de se positionner sur les champs gaziers iraniens , les Russes étant comme chacun sait parmi les rares pays qui soutiennent l’Iran dans son bras de fer avec l’Occident.
Comme on le voit, nous sommes effectivement à la fin d’une époque, et il semble que le déclin de l’Occident soit désormais irréversible, et ce ne sont pas les gesticulations diplomatiques de Nicolas Sarkozy qui vont beaucoup peser sur les affaires du monde autour de la Méditerranée et ailleurs. J’ai toujours dit que l’état dans lequel se trouve l’Occident (Europe, Amérique du Nord) de nos jours, me fait penser à celui de la fin de la période des Antonins (180 après J.C.) à l’époque de l’Empire romain. J’espère qu’en disant cela je ne suis pas trop optimiste.
On le voit, les défis qui nous attendent sont à la fois nombreux et variés (sociaux, climatiques, alimentaires etc.). Il faudra donc mettre en place de nouveaux équilibres où les Etats-Unis et l’Europe devront composer avec la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil et, sans doute, proposer des valeurs différentes ce celles que nous proposons depuis si longtemps, par exemple réconcilier de nouveau l’économie et la morale ? Certains vont me dire que je rêve, mais rêver c’est aussi espérer. C’est d’ailleurs pour cela que je suis militant du Mouvement Démocrate.
Michel Escatafal
11:25 Publié dans économie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débtas de société
12.07.2008
A propos du respect des engagements internationaux...
Pendant que Nicolas Sarkozy prépare son rassemblement de personnalités diverses à Paris, dont certaines très controversées comme le président syrien, Bachar El Assad, à l’occasion du lancement de l’Union pour la Méditerranée, l’Espagne se rappelle au bon souvenir de tout le monde en annonçant officiellement, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, qu’elle souhaite voir Barcelone abriter le siège du Secrétariat général de cette nouvelle institution méditerranéenne. C’est aussi pour le gouvernement espagnol une façon de rappeler que c’est à Barcelone qu’est né le processus de l’Union pour la Méditerranée en 1995, mais aussi peut-être de récupérer la nouvelle version du projet, revu et corrigé par Angela Merkel et la Commission Européenne… au grand dam de Nicolas Sarkozy.
Il est vrai que l’Espagne est de plus en plus un interlocuteur crédible tant sur le pourtour méditerranéen qu’en Afrique, d’autant que sa proximité avec le continent noir est avérée en raison d’une part de ses liens historiques avec certains pays (anciennes colonies), mais aussi parce que l’Espagne reste par son implantation géographique en Afrique (Canaries, Ceuta et Mellila) ou à l’extrême sud de l’Europe, la terre favorite de milliers de migrants essayant de gagner l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure ce qui, par les temps qui courent, n’est pas forcément le cas. Cette situation particulière a autorisé Jose Luis Zapatero à pousser cette semaine ce qu’on appelle vulgairement « un coup de gueule », qui va faire plus pour son autorité morale que tous les sommets de Paris ou d’ailleurs, parce qu’on touche à la réalité du monde tel que nous le vivons. Et ce monde là n’est pas beau du tout.
Mais qu’a donc dit de si important le président du Gouvernement espagnol ? Tout simplement, il a exhorté jeudi dernier les pays riches à tenir leurs engagements contre la pauvreté en Afrique, seul moyen à ses yeux de freiner l’immigration clandestine qui, chaque année, entraîne la mort de milliers de personnes, sans que cela interpelle beaucoup les consciences des pays riches. Jose Luis Zapatero a aussi qualifié de « tragédie insupportable pour l’esprit humain » la mort de quinze clandestins, dont neuf enfants âgés de 12 mois à 4 ans, au large de l’Espagne annoncée en début de semaine, survenant deux jours après le chavirement d’une embarcation au Sud de l’Espagne qui a coûté la vie à une quinzaine de personnes.
Il a même profité d’un déplacement en Grèce, autre pays où l’immigration clandestine est importante, pour affirmer : « nous sommes dans un situation alarmante. Ou nous aidons l’Afrique à lutter contre l’extrême pauvreté, ou notre Etat de solidarité, notre Etat social sera en danger ». C’est exactement ce que disait François Bayrou pendant sa campagne présidentielle qui, comme Jose Luis Zapatero, regrettait qu’au moment où l’extrême pauvreté augmente en Afrique, l’aide au développement continue de baisser. A ce propos, le chef du gouvernement espagnol a rappelé dans son intervention à Athènes que les pays riches s’étaient engagés à consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide au développement et que cet engagement, y compris celui de l'Espagne, était loin d’être tenu. Cependant, l’Espagne compte tenir cet engagement d’ici la fin du mandat de Jose Luis Zapatero en 2012, sa contribution se situant actuellement à 0,5% ce qui représente environ 5 milliards d’euros.
La France pour sa part est très loin du compte, comme je le soulignais ici même il y a quelques semaines. Théoriquement, sa contribution devrait être de presque 13 milliards d’euros, et si elle donnait en comparaison de la contribution actuelle de l’Espagne cela représenterait environ 9 milliards d’euros. Or en 2007, l’aide publique française s’est élevée à 7 milliards d’euros…soit une baisse de 15,9% par rapport à l’année précédente. A ce propos, il faut noter que c’était la première fois depuis 2000 que l’aide publique française était en baisse, ce qui signifie clairement que Nicolas Sarkozy tourne le dos à l’engagement de la France à consacrer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement. Décidément, pour Nicolas Sarkozy, il y a un monde entre les paroles et les actes. Mais qui s’en étonne ?
En tout cas, ce n’est pas avec des dirigeants comme lui que nous allons apporter un début de solution aux problèmes que pose l’immigration clandestine. En France, en effet, nous en sommes encore à essayer de nous enfermer, comme le répète sans cesse François Bayrou, « dans une forteresse qui aurait vocation, comme toutes les forteresses, à être assiégée ». Et ce n’est pas l’immigration choisie, ni les quotas d’expulsion chers à Nicolas Sarkozy et Brice Hortefeux, qui vont apporter la solution aux problèmes que pose l’immigration clandestine. Cela étant, établir des quotas d’expulsion pour les étrangers en situation irrégulière est beaucoup plus facile que respecter ses engagements internationaux. Pauvre France…
Michel Escatafal
10:27 Publié dans géopolitique | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société


