23.07.2008
Jack Lang et les radicaux dits de gauche au secours de Nicolas Sarkozy !
Je savais hélas que j’avais raison quand je disais que la réforme constitutionnelle serait adoptée. Oh certes, ce fut loin d’être un plébiscite pour le président de la République, mais le résultat est là : cinquante ans tout juste après la naissance de la 5è République, la nouvelle Constitution entrera en vigueur dans quelques mois. Cela permettra à Nicolas Sarkozy de venir à Versailles s’exprimer solennellement devant les députés et les sénateurs, et de devenir officiellement le seul patron de la majorité parlementaire et de l’exécutif ce qui, dans les faits, était déjà le cas depuis son arrivée à l’Elysée. A ce propos, puisque le Premier Ministre n’a plus aucun rôle, que se passerait-il en cas de cohabitation ?
Bien sûr, on va me faire remarquer que depuis l’adoption du quinquennat cela relève presque de l’utopie, mais le cas peut quand même se présenter. Cela dit, Nicolas Sarkozy a eu ce qu’il voulait et c’est bien là l’essentiel pour lui. Il a gagné d’une voix certes, mais il a gagné grâce à l’apport de quelques voix venues de ce que l’on appelle la gauche. Passe encore que des gens comme Bernard Debré et quelques fidèles de Dominique de Villepin, hostiles au texte, se soient laissé convaincre par le président de la République au motif fallacieux de ne pas vouloir prendre le risque d’une crise politique. Mais que dire des radicaux dits de gauche ou de Jack Lang, dont les voix ont été déterminantes pour l’adoption de ce texte ?
Il est vrai que ce n’est une surprise pour personne de voir ces parlementaires s’affranchir des consignes de leur parti ou de leur groupe, dans la mesure où cela fait déjà un certain temps qu’ils flirtent avec la majorité UMP. Simplement, par rapport à d’autres (Besson, Kouchner…) ils franchissent le Rubicon à petits pas. Ils se hâtent lentement, mais ils avancent. Vers quoi ? Sans doute vers quelques postes ministériels ou présidences au contenu qu’ils jugeraient suffisamment prestigieux pour leur auguste personne. On parle pour Jack Lang du poste de « défenseur des droits des citoyens ». A mon avis, je ne pense pas qu’il postule pour un tel poste, trop peu médiatisé, mais il y en a tellement d’autres…
En tout cas Jack Lang aura prouvé définitivement qu’il n’a aucune conviction, ce que pour ma part j’ai toujours pensé. C’est le type même de l’opportuniste qui a fait carrière parce qu’il a été socialiste au bon moment. Il doit pourtant beaucoup à ce parti, car n’oublions pas qu’outre ses fonctions ministérielles, il a été député dans plusieurs circonscriptions par la volonté du P.S. y compris dans des endroits où il n’avait sans doute jamais mis les pieds. Que serait-il allé faire à Boulogne sur Mer, lui qui est beaucoup plus un homme du Trocadéro ou des Champs-Elysées. Enfin, il y a chez les socialistes de telles incongruités (Strauss-Kahn élu de Sarcelles) qu’on n’est pas à une près. Et puis c’est aussi aux électeurs à donner leur opinion en refusant de voter pour « un parachuté » qui n’habite pas dans le département.
Quant aux radicaux de gauche, il y a longtemps que je pense comme Krivine (cela peut m’arriver), à savoir « qu’ils n’ont rien à voir avec la classe ouvrière ». Quelle différence y-a-t’il en effet entre des gens comme Baylet et Borloo ? Aucune, et ils ont le même appétit de pouvoir. D’ailleurs certains disent que Tapie, de nouveau riche, pourrait être le fédérateur aux élections européennes de ce qui reste d’un parti, aujourd’hui séparé en deux groupuscules, qui a compté dans ses rangs des gens comme Gambetta ou Herriot. Je dis cela en ayant conscience du caractère outrageant pour ces deux hommes d’évoquer leur nom à côté de Tapie, Baylet ou Borloo.
A côté de ces gens sans foi qui n’ont pas hésité à voter contre leur camp, car n’oublions pas qu’ils ont été élus contre des candidats de la majorité UMP aux dernières élections législatives, il en est d’autres qui ont respecté les consignes de leur parti, mais qui regrettent que ce dernier (le Parti Socialiste) ait donné une consigne de vote. Ceux-là aussi nous les connaissons, notamment Manuel Valls le député-maire d’Evry, car déjà l’an passé ils se posaient des questions quant à franchir le pas qui les mènerait à rejoindre Nicolas Sarkozy. Ils ont résisté l’an passé et ils ont continué encore lors de ce congrès, mais à quel prix. Ils ont été jusqu’à dire qu’ils ont presque été obligés (les pauvres) à voter contre un texte qu’ils jugeaient à peu près acceptable. Ils en ont même rajouté une couche en parlant, à propos du PS « d’incapacité à s’abstraire d’une forme d’antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République ».
Mais pourquoi Manuel Valls n’a-t-il pas soutenu François Bayrou l’an passé, seul candidat à regretter ce clivage bloqué droite-gauche ? En fait en agissant ainsi, ces parlementaires ont pensé assurer leurs arrières pour 2012. Soit Nicolas Sarkozy est réélu et leurs chances seront grandes d’avoir un poste ministériel très important, soit c’est le candidat socialiste et ils se sentiront fort pour exiger le même poste compte tenu du fait qu’ils auront dit non à une certaine époque au tentateur de l’Elysée. Et si c’est François Bayrou qui est élu ? J’espère dans ce cas que ce dernier saura choisir avant tout des hommes qui seront là d’abord pour servir le pays. Je n’en dirais pas davantage. Cela dit, ces misérables sentiments me font penser à ce qui s’est passé en 1869, quand Clément Duvernois et Emile Ollivier se mirent en tête de rallier leur cause à celle de l’Empire.
Michel Escatafal
12:03 Publié dans institutions | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



Trackbacks
Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://michelescatafal.hautetfort.com/trackback/1716034
Ecrire un commentaire