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08.05.2008

Il devient pathétique !

1895814530.jpgCe matin en écoutant la radio,  j’ai entendu qu'hier  Nicolas Sarkozy s’en était  pris  violemment  à Jacques Chirac au cours d’une réunion avec les députés UMP. Cela devient obsessionnel,  et s’il continue notre minuscule président va finir par faire regretter Chirac qui, reconnaissons-le, avait au moins maintenu une certaine indépendance de la France en matière de politique étrangère. Mais Jacques Chirac n’a pas été le seul à subir les foudres du président de la République. Celui-ci  s’en est pris aussi à Dominique de Villepin, il fallait s’en douter, et … à plusieurs journaux qui ont l’outrecuidance de ne pas applaudir béatement  à toutes ses décisions politiques. Toutefois, certains font toujours preuve de la même complaisance à l’égard de Nicolas Sarkozy, Paris-Match par exemple, puisqu’il  paraît que sa nouvelle épouse  a été partie prenante du reportage marquant le premier anniversaire de l’arrivée à l’Elysée de notre président. On croit rêver !

Le malheur, c’est que nous ne rêvons pas. C’est bien Nicolas Sarkozy qui est  président de la République pour quatre ans encore et, comme je le dis souvent ici-même, il y a de quoi être inquiet,  pour ne pas dire plus, quant aux résultats de sa politique à horizon 2012. D’ailleurs nous ne sommes pas les seuls à l’être, car la Commission européenne l’est autant que nous en ce qui concerne notamment les finances publiques.  A ce propos, en réponse à plusieurs courriels m’accusant de faire de l’antisarkozysme primaire, je voudrais préciser que je ne me réjouis nullement d’avoir eu raison dès le mois de juin à propos des méfaits de la politique économique et sociale de Nicolas Sarkozy car ce sont les Français, et les plus vulnérables d’entre eux en premier, qui en subissent les conséquences.

Dans tous les domaines le fiasco est total. Encore hier le ministre des Affaires étrangères, ce pauvre Bernard Kouchner, s’est fait surprendre en flagrant délit d’ignorance sur France Inter quand il a dit : « il y a un gros livre de (l’organisation de défense des droits de l’Homme) Human Rights Watch qui paraît tous les ans pour faire l’état des droits de l’Homme dans le monde : la Tunisie n’y figure même plus ». Or la Tunisie figure bien encore dans ce livre. L’ennui, c’est que ce type de couac est monnaie courante avec ce gouvernement qui, à quelques exceptions près (Nathalie Kociusko-Morizet, Alain Joyandet),  est composé de gens pour le moins incompétents dans les fonctions qu’ils occupent.

Dans ces conditions, il n’est pas  étonnant que certains organes de presse aient envisagé pour François Fillon une reconversion à la tête... de la Fédération Internationale Automobile, quand il aura quitté ses fonctions de Premier ministre. C’était bien sûr une plaisanterie ou un simple fantasme de notre Premier ministre,  car en tant qu’amateur de sport automobile, je ne veux surtout pas voir Monsieur Fillon président de la FIA. Cela dit, quitte à avoir un poste, il le vaudrait mieux là qu’à Matignon car les responsabilités ne sont pas tout à fait les mêmes. Malgré tout, je pense quand même à la sécurité des pilotes, à celle des spectateurs etc.

Trêve de plaisanterie, on aura quand même tout vu en très peu de temps avec Nicolas Sarkozy au pouvoir. Pour une rupture, c’en est une même si ce n’est pas celle  que nous souhaitions. Il y a un an, nous entendions des phrases du genre : « Je serai le président du pouvoir d’achat », « je serai le président des droits de l’homme », « je nommerai les plus compétents » etc. Tout cela aujourd’hui appartient au passé, mais pas pour tout le monde et c’est pour cela que contrairement à ce que pensent de nombreux observateurs, Nicolas Sarkozy ne peut pas rebondir.

Rappelons-nous ce qui s’est passé avec Jacques Chirac et sa fameuse « fracture sociale ». Elle l’a aidé à être président de la République, mais elle a plombé tout le reste de son temps à l’Elysée. Et il n’y aura pas à chaque élection un épouvantail nommé Le Pen pour faire illusion quelque temps encore. Nicolas  Sarkozy a tellement promis qu’il a suscité de l’espoir jusque dans les pays africains. Les démocrates africains  comptaient beaucoup sur lui pour faire avancer les droits de l’homme dans des pays traditionnellement très proches de la France.  Ils espéraient, naïvement, qu’il resterait quelque chose des fortes paroles prononcées par un homme à qui rien ne semblait résister. Ils espéraient…

A présent, comme la grande majorité des Français, ils sont déçus et se sentent floués, trahis par un homme qui s’est servi d’eux pour arriver au pouvoir.  C’est ce qui explique l’ampleur du rejet que suscite toute action ou initiative prise par Nicolas Sarkozy. Il y a, au mieux  de la méfiance dans tout ce qu’il entreprend,  et cela se ressent aussi dans les relations internationales. Heureusement que notre pays est protégé par son appartenance à l’Union Européenne et à la Zone euro, ce qui limite les dégâts d’une politique aussi désastreuse.  Quelle merveilleuse idée ont eu les pères fondateurs de l’Europe, et que ne l’ont-ils eu auparavant ?

Michel Escatafal