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06.05.2008

Un an déjà, mais surtout encore quatre ans!

Je ne vais pas faire aujourd'hui ce que tout le monde fait, à savoir consacrer mon billet à l'anniversaire de l'arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy. Tout d'abord parce que je maintiens que ce fut la plus grande erreur que les électeurs français aient pu faire depuis l'instauration du suffrage universel dans notre pays. Si je devais faire une comparaison, cela rappelle l'élection à la présidence de la République de Louis-Napoléon Bonaparte en 1848. Espérons que nous ne sommes pas partis pour un règne de 22 ans ! Ensuite parce que dans le monde il y a d'autres nouvelles qui méritent beaucoup plus de considération.

Parmi celles-ci il y a l'ouragan qui a dévasté la Birmanie avec sans doute la mort de 10.000 persnnes et beaucoup plus de sans-abris. C'est une catastrophe humanitaire majeure, une de plus dans un continent et un pays qui n'avaient pas besoin de ça. A ce propos, on retiendra que la France a envoyé une aide d'urgence de 200.000 euros, soit à peu près le prix d'un appartement à Nîmes ou à Avignon. C'est aussi cela la France de Nicolas Sarkozy! Certes je veux bien que, comme le disent nos gouvernants, les caisses soient vides, mais tout de même il y a des limites à ne pas franchir, d'autant que Bernard Kouchner est prêt à se rendre là-bas. Reconnaissons que l'argent dépensé pour ce déplacement serait beaucoup plus utile s'il était envoyé pour l'aide aux sinistrés.

Dans un tout autre ordre d'idées, et c'est beaucoup moins dramatique, il commence à y avoir en Europe une prise de conscience concernant les salaires et impôts payés par les personnes les plus riches des pays qui composent l'Union Européenne, plus particulièrement en Zone euro. Après la publication sur internet de la feuille d'impôts de tous les contribuables italiens par le ministère des Finances, publication qui a fait grand bruit, il y a en Allemagne un consensus qui se dégage pour que les entreprises qui versent des salaires, primes et dividendes énormes à leurs dirigeants soient pénalisées fiscalement. Il s'agit en effet de limiter à un million d'euros la déduction des revenus et des primes des grands patrons sur les impôts des entreprises. Au delà de cette limite, ils ne seraient déductibles qu'à 50%.

C'est sans doute une bonne nouvelle pour le fisc allemand, même si nous savons bien qu'une grande offensive va être lancé par les intéressés en invoquant la liberté liée à la valeur du travail. J'ai même lu quelque part qu'un grand patron allemand en faisait une "question de justice sociale". Cela rappelle ce que disait François Fillon à propos des régimes spéciaux de retraite, indiquant que "c'était l'injustice la plus criante". Décidément le gouvernement français est bien sur la même longueur d'ondes que le patronat allemand ou français ou autre.

En France, et je terminerai là-dessus, le gouvernement veut essayer de récupérer quelque argent frais sur les multiples niches dans lesquelles se sont engouffrés les contribuables les plus riches. Le problème est qu'au-delà des belles paroles, cela concerne essentiellement des gens qui soutiennent Nicolas Sarkozy et ses amis. Dans ces conditions, gageons que cette "chasse au gaspi" va représenter peu de choses, et qu'elle va toucher les niches les plus faciles à atteindre, c'est-à-dire celles dans lesquelles "il n'y a pas un chien méchant qui sommeille" pour parler comme Jacques Chirac. Il est vrai qu'il est tellement plus facile de traquer les chômeurs qui refusent un travail à moins de trente kilomètres de chez eux. C'est cela la gouvernance de Nicolas Sarkozy et ses amis. Et dire qu'il y en a encore pour quatre ans !

Michel Escatafal