« Le début de la fin d'un modèle | Page d'accueil | Démocrates français et italiens, même combat ! »

22.04.2008

De l'amateurisme en politique...

1976758252.jpgCertains d’entre vous m’ayant reproché gentiment de trop parler d’économie, nous allons aujourd’hui évoquer une nouvelle fois la politique internationale de la France. Disons tout de suite que celle-ci, il fallait s’en douter, est au diapason de tout le reste, avec  un sentiment d’amateurisme qui ne fait que s’amplifier au fil des mois. Pendant sa campagne électorale présidentielle, Nicolas Sarkozy n’avait de cesse de parler de rupture avec ce qui se faisait précédemment, y compris sur la question des droits de l’homme. En fait de rupture, il y a eu surtout un alignement sur la politique des Etats-Unis, à l’instar de la Grande-Bretagne, mais cela ne nous vaut pas pour autant l’estime des autres nations, au contraire.

Je disais il y a peu que, malgré des déclarations beaucoup plus dures que les nôtres sur la question des droits de l’homme, l’Allemagne avait le respect des dirigeants chinois parce que les Allemands ne changeaient pas constamment d’avis,  au gré des négociations commerciales ou selon l’endroit où ils se trouvent, en Chine ou dans leur pays.  Tout le contraire de la France avec des déclarations parfois fracassantes à Paris, et d’une extrême gentillesse en Chine. Et cela ne concerne pas seulement Nicolas Sarkozy, car Ségolène  Royal y était allé aussi de son couplet lors de son voyage en Chine il y a un peu plus d’un an. Elle avait même vanté la justice chinoise !

En tout cas, les Français pourraient à force de duplicité et de louvoiements devenir persona non grata dans l’Empire du Milieu. La France en effet devient la cible principale de la fièvre antioccidentale qui sévit en Chine, ce qui est à la fois un comble et le signe que notre diplomatie à géométrie variable est carrément tournée en dérision. Après des appels au boycott des produits français, cette fois ce sont des manifestations qui ont lieu devant l’ambassade de France, le centre culturel français à Pékin et…les magasins Carrefour, malgré les efforts du groupe pour ne pas dire de mal de la Chine, où il compte 122 magasins. Compte tenu de la nature du régime politique chinois, il est impensable que ces manifestations ne soient pas organisées avec l’aval des autorités. Et ce n’est sans doute pas fini, avec le fait que le Dalaï Lama soit devenu citoyen d’honneur de la ville de Paris.

Cela étant pour ce qui concerne nos athlètes, ils n’ont a priori rien à craindre au niveau de l’accueil comme ont pu en témoigner nos deux représentantes de la natation synchronisée,  en reconnaissance à Pékin. En effet, ces deux jeunes femmes ont constaté de visu qu’on n’en voulait pas aux futurs participants français aux Jeux Olympiques, mais uniquement à nos dirigeants politiques. C’est mieux ainsi, même si quelques contrats soi-disant signés ou sur le point de l’être pourraient en souffrir. C’est du moins ce que dit notre gouvernement, comme si les Chinois n’étaient pas des gens pragmatiques en affaires. La preuve avec l’Allemagne, ce qui signifie que si l’on a de bons produits à offrir à nos clients chinois, ils achèteront.

En attendant, notre président de la république champion de la rupture a envoyé des émissaires à Pékin, entre autres Jean-Pierre Raffarin, l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, et Christian Poncelet, le président du Sénat. Ils doivent remettre au président chinois des lettres de Nicolas Sarkozy et…de Jacques Chirac destinées à rassurer « nos amis chinois » sur les vrais sentiments des gouvernants français. Au passage, l’ancien président de la République a dû savourer. Pour une fois, Nicolas Sarkozy ne trouve pas son prédécesseur trop ringard. Il est vrai que Jacques Chirac a toujours entretenu des liens amicaux avec les dirigeants chinois, et surtout il les assumait.

On peut imaginer que le président de la République abordera le sujet dans sa prochaine émission télé prévue jeudi, comme il en abordera d’autres. Il essaiera une nouvelle fois de convaincre les Français qu’il fera ce qu’il a dit qu’il ferait et, de nouveau, ces derniers ne le croiront pas parce qu’il leur a déjà trop menti, sur le pouvoir d’achat, sur la politique sociale, sur les impôts et les prélèvements obligatoires,  sur les services publics, sur l’aide au logement, sur la politique familiale, mais aussi la politique étrangère et la défense en  affirmant  notamment qu’on n’avait pas vocation à rester en Afghanistan. Comment peut-on se renier à ce point ? Sur ce plan, Nicolas Sarkozy aura surpassé tous ses prédécesseurs de la 5è République. Espérons que le moment venu les Français lui rappelleront qu’on n’a pas le droit de se moquer d’eux à ce point.

Michel Escatafal

Trackbacks

Voici l'URL pour faire un trackback sur cette note : http://michelescatafal.hautetfort.com/trackback/1585966

Commentaires

'avec un sentiment d'amateurisme qui ne fait que s'amplifier au fil des mois' ... opoint de détail très important ;) merci pour ce bbillet ! continue !

Ecrit par : laure manaudou | 03.05.2008

Ecrire un commentaire