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14.04.2008
Où va le Modem?
Décidément le président de la République ne sent pas très serein en ce moment. En effet entre autres occupations, au milieu de la cacophonie générale qui habite son gouvernement, il est en train de manœuvrer en coulisses pour abattre définitivement le Mouvement Démocrate et son leader François Bayrou. Celui-ci est assailli de toutes parts après les résultats très mitigés que le MoDem a enregistrés lors des élections municipales. Il l’est d’autant plus que les derniers amis qui lui restaient s’en vont les uns après les autres, ou s’en prennent à lui pour mieux pouvoir le quitter le moment venu.
Triste constat qui n’est que la résultante de ce qui s’est passé aux dernières élections avec ces alliances impossibles que l’on a infligé à nos électeurs et à nos adhérents. J’ai toujours dit, ici même, que si François Bayrou devait avoir une chance de remporter l’élection présidentielle de 2012, ce serait au prix d’une union sans faille de son parti derrière lui. Or cette union n’existe pas au niveau des instances dirigeantes, pas davantage au niveau des élus, et elle est en train de voler en éclats chez les adhérents. Même les militants s’y mettent avec des groupes de francs-tireurs qui se croient soudain investis d’une mission, sans d’ailleurs savoir laquelle.
Mon goût pour l’histoire me fait penser à ce qui s’est passé en février 1793, quand tous les pays d’Europe se sont attaqués à la Révolution française, notamment l’Angleterre, la Hollande, l’Autriche et l’Espagne. Comme si la République risquait de mettre les rois des autres pays en danger ! Mais en plus, tous ces pays comptaient parmi leurs alliés des Français, les Vendéens. Qu’a fait la République pour lutter et résister à ce double ennemi, celui qui attaquait de l’extérieur et celui qui nous rongeait de l’intérieur ? Et bien elle a organisé un gouvernement uni et déterminé à faire la guerre, et elle comptait sur les patriotes du faubourg Saint-Antoine qu’on allait appeler les « sans-culottes ».
Si je fais ce rappel historique que certains vont trouver exagéré, c’est pour bien montrer que François Bayrou n’a plus besoin de ces élus de toutes sortes qui ne pensent qu’à le quitter, parce qu’il ne peut pas leur apporter pour le moment les honneurs et les portefeuilles qu’ils attendent. Il n’a pas besoin non plus de gens de la société civile ou militaire fraîchement retraités, qui se disent que le MoDem est un bon strapontin pour faire une nouvelle carrière. Franchement j’enrage quand je pense que François Bayrou a fait de J.M. Cavada ou du général Morillon des députés européens. Je me dis qu’il y avait au sein de son mouvement (à l’époque l’UDF) des militants qui méritaient beaucoup plus cet honneur.
Il faut donc que notre leader s’appuie sur ceux qui le suivent, sans penser à une quelconque gratification électorale, sur ceux qui se sont battus pour lui au moment des dernières élections législatives ou municipales en sachant parfaitement qu’ils n’avaient aucune chance d’être élus, mais heureux de porter fièrement le drapeau orange de notre mouvement. Ce sont eux, et eux seuls, ces nouveaux « sans-culotte » qui doivent être le levain qui permettra à François Bayrou de lutter à armes égales au moment de l’échéance présidentielle.
C’est sur ces gens là, et non sur des alliés de circonstance, que François Bayrou doit s’appuyer lors des prochaines élections européennes et régionales pour remonter la pente, et augmenter significativement le nombre de nos élus. C’est avec eux qu’il élaborera sa stratégie électorale, et c’est eux qui se battront pour remporter enfin une victoire significative comme les troupes de Jourdan le firent le 25 vendémiaire an II (16 octobre 1793) à Wattignies, ou celles de Marceau quand elles écrasèrent les Vendéens au Mans le 22 frimaire an II (12 décembre 1793). Qu’on ne s’y trompe pas, je ne me prends pas pour Fouquier-Tinville, mais en revanche je veux bien être de ceux qui réclament la levée en masse de tous ceux qui veulent se mobiliser, pour amener un jour au pouvoir notre mouvement et son leader, car la France a, et aura de plus en plus besoin d’eux.
Je pense donc, plus que jamais, que le MoDem doit s’organiser en ordre de bataille autour de François Bayrou et éliminer tous ceux qui ont des arrière-pensées électoralistes. Franchement qu’est ce qu’un Cavada a pu apporter à l’UDF et au Mouvement Démocrate ? Rien de positif parce que d’une part il n’était ni adhérent, ni militant, et parce que beaucoup d’entre nous (je n’étais pas le seul) savaient que son apparentement était un tremplin pour être propulsé à un poste important. D’ailleurs, dès qu’il a senti qu’il fallait attendre au minimum quatre ans il est parti rejoindre l’UMP, sans grande réussite au demeurant. Mais beaucoup d’autres ont fait ou sont prêts à faire de même.
Il faut donc créer une sorte de Comité de salut public, et décider que tous ceux qui se ne sentent pas bien dans le mouvement le quittent. Nous n’avons pas besoin d’eux et ils sèment le trouble. Je suis sûr qu’il y en a encore beaucoup, notamment autour des instances dirigeantes, comme ceux qui veulent que leur groupuscule continue d'exister. Cap 21, c’est combien de divisions en état de marche ? Si elles existent, elles ne font peur à personne. J’ai d’ailleurs du mal à comprendre comment certains ont pu parler à propos du mode de fonctionnement du MoDem de « déficit démocratique », alors que précisément c’est un excès de démocratie qui permet à certains d’exister, et de jouer un jeu pour le moins ambigu vis-à-vis de notre leader.
En conclusion, je demande instamment à François Bayrou de se pencher très rapidement sur la création de ce Comité, que j’appellerais celui de la dernière chance, car le terme est moins révolutionnaire. Que ceux, élus et militants, qui n’accepteraient pas les directives de ce comité, aillent chercher ailleurs les honneurs et la reconnaissance que peuvent leur donner un Nicolas Sarkozy ou un François Hollande. A propos, que sont devenus les anciens centristes ralliés à l’UMP ? Quel est leur poids dans l’UMP ? Pour parodier Rouget de Lisle, je dirais que ces hordes étrangères ne font pas la loi dans leur nouveau foyer. Elles n’y font que de la figuration. Ce n’est pas moi qui les plaindrais.
Michel Escatafal
19:18 Publié dans politique française | Lien permanent | Commentaires (7) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, bayrou, mouvement démocrate, débats de société



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Commentaires
Cher Michel
En ces temps difficiles pour notre mouvement , je retrouve dans ton dernier article la verve du miltant et la détermination du candidat , nous sommes nombreux a penser qu'il est temps de réagir et ce dans les plus brefs délais ! .
Ecrit par : Philippe BARTHE | 14.04.2008
Je suis, comme certainement des milliers d'adhérents-militants de France, revigorée par cette mise au point de François Bayrou aujourd'hui.
Je partage ton point de vue quant à clarifier le maintien de certains adhérents "élus" ou rêvant de l'être, dans notre Mouvement Démocrate.
Et nous en avons quelques-uns dans le Gard!
A bientôt
Geneviève
Ecrit par : Geneviève GARCIA | 14.04.2008
Pour avoir eu le plaisir de te connaître depuis bien longtemps, je sais que tu as beaucoup de détermination. Je retrouve aussi les accents de la Révolution, période que tu aimes tant, même si tu n'as rien d'un Fouquier-Tinville comme tu as raison de le rappeler. Pourtant je me demande si tu n'exiges pas trop des adhérents du Modem. Nous ne sommes pas habitués à être bousculés de cette manière et j'ai peur que nous perdions beaucoup d'adhérents si on avance dans cette voie. Les adhérents vont déjà pouvoir s'exprimer avec ce que propose François Bayrou. Pour le moment je pense que c'est suffisant. Amitiés.
Ecrit par : Rosa W | 15.04.2008
Pour l'action de Sarkozy cela ne me surprend pas,le bi-partisme agit de la même façon lorsqu‘il s‘agit d‘éviter une concurrence crédible, regardez ce qui s’est passé avec Tapie de la part de la gauche pour le PRG.(15% avec lui…).
Pour la clarification du MoDem et de ses militants elle est d'une justesse presque chirurgicale,les bons mots pour les bonnes situations(je parle en connaissance de cause.).
Amicalement Marien (je ne serais pas à Paris le 26 Avril mais probablement le 14 Mai)
Ecrit par : Marien Lovichi | 15.04.2008
Je suis désolé de vous le dire mais le Modem n'a pas besoin de Sarko pour se torpiller soi-même. Les tristes scores aux municipales le prouvent. Ce parti n'a aucune lisibilité politique car Bayrou veut bouffer à tous les rateliers : un coup il s allie avec le PS, un coup avec l'UMP, une autre fois avec les cocos, une autres avec les verts... C'est pitoyable!
En ce qui me concerne, je serai le premier ravi a ce que le Modem disparaisse! Ce parti est comme son leader...ridicule!
Ecrit par : Christophe | 18.04.2008
Bizarre... Mon commentire n'a fait aucun émule... A croire qu il doit faire l unanimité!
Ecrit par : Christophe | 30.04.2008
Votre commentaire a été repris par courriel par plus d'une dizaine de lecteurs. Les réactions sont d'ailleurs mitigées, certains regrettant ce qui se passe dans les fédérations (crise de croissance), mais sans vouloir bien entendu que le Modem disparaisse. Vous êtes le seul à avoir dit cela.
Ecrit par : michel E | 01.05.2008
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