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30.03.2008

Il aura fait tout ce qu’il ne faut pas faire !

Aujourd’hui, je dirais comme d’habitude, nous allons encore parler de Nicolas Sarkozy, mais il est difficile de faire autrement tellement il a accaparé le pouvoir à son usage exclusif. Et comme les problèmes de notre pays et de ses habitants s’accumulent les uns à la suite des autres, il est normal pour ne pas dire justifié que nous en parlions. Ces problèmes sont d’autant plus aigus que depuis son accession à la présidence de la République, Nicolas Sarkozy et son gouvernement n’ont cessé de prendre des décisions qui, pour la quasi-totalité d’entre elles, vont à l’encontre des mirifiques promesses qu’il avait faites au moment de la campagne présidentielle.

Certes, nous lui accorderons l’excuse que la situation économique dans le monde n’est pas des plus favorables, mais justement il fallait éviter certaines promesses et erreurs qui vont polluer tout son quinquennat. Quel crédit peut-on accorder à un responsable qui s’écrie, en conférence de presse devant des journalistes du monde entier, « qu’il n’est pas le Père Noël », lui dont le slogan de campagne était : « Ensemble tout est possible ». Lui aussi, qui avec son Premier ministre actuel, n’a cessé de brocarder François Bayrou quand ce dernier disait que la priorité des priorités, c’est la dette, et que par conséquent on ne pouvait pas promettre de baisses d’impôts.

D’un côté on avait un homme d’Etat sérieux, conscient des difficultés que rencontrait le pays, et de l’autre de joyeux démagogues assoiffés de pouvoir, qui voulaient se faire passer pour des réformateurs. Le hic, c’est qu’avant de faire et d’imposer des réformes, il faut assainir les finances publiques. Il ne faut pas dépenser en premier l’argent qu’on n’a pas.  Où allait-on prendre les 60 ou 70 milliards nécessaires à la baisse des prélèvements obligatoires ? Où allait-on prendre l'argent pour les aides promises à toutes les catégories sociales de la société, y compris à ceux qui sont les plus favorisés ? Nulle part, bien entendu, puisqu’il n’y a pas d’argent dans les caisses.

Alors dans ces conditions, les promesses ne sont pas tenues et tout le monde est mécontent. En fait, il n'y a qu'une promesse qui ait  été tenue : le paquet fiscal qui favorise les plus aisés,  et surtout les plus riches familles de notre pays. Et pour satisfaire cette catégorie de la population, et bien on creuse  encore un peu plus les déficits déjà très importants de notre pays.

La nouvelle est tombée jeudi ou vendredi, on a dépassé les 2,5% de déficit public en 2007 au lieu des 2,3% attendus. Du coup le taux d’endettement public va se situer quasiment à 65%. Voilà pour les chiffres officiels, qui pourraient s’avérer en dessous de la réalité, tout comme le déficit prévu en 2008 qui serait estimé à 2,7%, mais qui en réalité devrait approcher les 3%. Rappelons que le budget était basé sur une croissance de 2,25%, alors qu’elle atteindra à peine 1,5%.

Bien entendu, malgré les dénégations du gouvernement, tout cela ne sera pas sans conséquence pour la plus grande majorité des Français qui n’avaient pas imaginé qu’on puisse les tromper à ce point. Pourtant, ils auraient dû être avertis et même immunisés contre les promesses non tenues. Entre celles de la gauche en 1981, puis la réduction de la fracture sociale de Jacques Chirac, sans oublier la lutte contre l’insécurité initiée à grand renfort de publicité par le ministre de l’Intérieur Sarkozy, le moins que l’on puisse dire était que les Français avaient payé pour savoir que les hommes qui se sont partagés le pouvoir depuis 27 ans avaient beaucoup menti.

Hier par exemple, nous avions à Paris une grosse manifestation (entre 15 et 30000 personnes) à l’appel d’une centaine d’associations de handicapés et de victimes de maladies invalidantes. Que réclamaient-ils ? Tout simplement des conditions de vie décentes,  comme le leur avait promis Nicolas Sarkozy. A peine élu, celui-ci s’était déplacé spécialement au Congrès National de l’UNAPEI pour annoncer une augmentation de 25% de l’allocation d’adulte handicapé. Or si augmentation il y a bien eu, celle-ci a atteint 1,1%. Pour quoi faire des effets d’annonce et donner de l’espoir à des personnes en grande difficulté, en sachant très bien que l’objectif ne sera pas tenu ?

C’est cela que les Français reprochent au président de la République, et pas autre chose. Ils se moquent complètement de sa vie privée, ils n’ont rien à faire de ses problèmes ou de ses bonheurs sentimentaux. Peu importe avec qui il est marié ou pas, avec qui et où il part en vacances, ce qui compte pour nos compatriotes  c’est le pouvoir d’achat dont ils peuvent disposer pour vivre décemment. Pour ne citer qu’eux,  car ils sont loin d’être les seuls, il y a des milliers et des milliers de personnes handicapés n’ayant que le RMI pour vivre. Et comment font-ils pour se soigner quand ils sont contraints de prendre un traitement au long cours tous les jours ?

Dans ces conditions il ne faut pas s’étonner si les manifestations de toutes sortes se multiplient, et si l’on entend parler à longueur de journée des 9 milliards de cadeaux fiscaux octroyés aux plus aisés en 2008, ou de l’augmentation de salaire de 200% que s’est octroyé le président de la République. De plus, que peuvent penser les Français quand on leur dit qu’il y a des contraintes budgétaires partout, qu’il faut supprimer des postes de fonctionnaires parce que ces derniers coûtent trop cher, et qu’à côté de cela on va augmenter  le contingent français en Afghanistan de 1000 hommes ? Oui, même si nous savons bien que la réalité des choses est plus compliquée en matière budgétaire, tous les messages envoyés par le pouvoir sont brouillés.  Et la situation hélas ne peut qu’empirer si l’on continue sur cette voie. Jusqu’à quand ?

Michel Escatafal

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