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19.03.2008

Quand les élus découvrent l'extension du paupérisme...

Pendant la campagne électorale des législatives où j’étais candidat pour le Mouvement Démocrate, je n’ai eu cesse de dire que si j’étais élu je serais présent aussi souvent que possible dans ma circonscription.  Quand je disais aussi souvent que possible, cela voulait dire quand je ne siègerai pas au Parlement car j’aurais été un député assidu. J’ajoutais en outre que ce serait mon seul mandat d’élu, car je suis farouchement opposé au cumul des mandats. Il est en effet inconcevable à mes yeux que l’on puisse être à la fois député, maire, conseiller général et président d’une communauté de commune et je ne sais quoi encore. Pourtant quand on regarde les fonctions électives d’une majorité de députés, il n’est pas rare qu’ils occupent  toutes ces fonctions. Parfois même, ils travaillent dans un cabinet d’avocats d’affaires.

Où trouvent-ils le temps ? Où vont-ils chercher toute cette énergie ? Franchement il y aurait de quoi être admiratif si, précisément, ils faisaient convenablement le travail pour lequel ils ont sollicité les suffrages. Or en lisant Libération on s’aperçoit qu’une députée de l’Yonne, Marie-Louise Fort, qui vient de perdre sa mairie de Sens et sans doute la présidence de la communauté de communes de Sens, vient de réaliser que « ce scrutin est le reflet de la désespérance des gens ». Ensuite elle ajoute : « Durant la campagne j’ai été frappée par la paupérisation des travailleurs pauvres et des personnes âgées et ses conséquences sur les familles ».

Qu’est-ce que cela signifie ? Tout simplement que cette élue multifonctions ne s’intéresserait  à la vie des gens qu’au moment des campagnes électorales, et que le reste du temps elle vaquerait à ses occupations de manière fatalement superficielle. Je ne dirais pas pour autant que cette dame ne travaille pas, loin de moi cette idée. Je dis simplement que toutes ces fonctions électives lui permettent, au mieux, un survol des sujets concernant sa circonscription, sa mairie autrefois etc. Certes elle a des collaborateurs payés pour cela, mais ne pas s’apercevoir que les gens de sa ville sont désespérés, que les travailleurs pauvres se paupérisent, que les personnes âgées ont de plus en plus de mal à assurer leurs fins de mois apparaît rien moins que stupéfiant.

Oui pour nos élus, il serait temps de prendre conscience de la gravité de la situation pour une fraction de la population de plus en plus large. A ce propos, Marie-Louise Fort a même oublié (apparemment) de parler de ceux qui n’ont pas de travail, mais cela ne change rien au constat que les électeurs ont fait et que nous pouvons faire. D’ailleurs je ne sais pas comment elle a pu mener sa campagne législative, parce que je puis affirmer que ce qu’elle vient de découvrir existait déjà l’année dernière au mois de juin. Elle n’est quand même pas une élue de Neuilly !

En tout cas pendant ma campagne législative, c’est cette désespérance des électeurs qui m’avait le plus frappé, au point que nombre de personnes ne cessaient de me dire que si j’étais élu je ferais comme les autres, et que je ne me soucierais  plus de leurs problèmes. Pour ma part, je considérais cela comme une insulte, mais après réflexion je me disais qu’après des années de promesses non tenues, les gens avaient bien le droit de penser ainsi. Ils étaient d’ailleurs tellement convaincus de ce qu’ils disaient, qu’ils écoutaient à peine ce que je leur répondais, et notamment qu’il n’y a pas de fatalité à la désertification des territoires, pour peu que les élus veuillent bien s’investir pour faire venir des entreprises, sur des communes ou des circonscriptions qui ne cessent d’en perdre. Et dans la circonscription du Gard où  je faisais campagne, c’était le cas.

Cela étant, si Madame Fort vient de découvrir que le paupérisme était loin de s’éteindre dans sa circonscription ou sa commune, le gouvernement en revanche semble faire comme si de rien n’était. Nicolas Sarkozy a dit la semaine dernière à Toulon qu’il tiendrait compte de ce que les Français exprimeraient dans les urnes. Or qu’elle est la réponse donnée par le président de la République ? Tout simplement  créer  six secrétariats d’Etat confiés à des personnalités bien connues dans les milieux politiques et proches du président de la République. On notera à ce propos que l’ouverture semble bel et bien finie, et qu’à présent il faut resserrer les rangs autour de Nicolas Sarkozy. On notera également que pour un président qui devait limiter au strict minimum le nombre de membres du gouvernement, on doit se retrouver à peu près au niveau de ce qui était fait précédemment.

En faisant ce constat, on se demande bien comment un homme politique qui se veut responsable peut en arriver à se contredire à ce point. C’est ahurissant ! Il n’y a pas un domaine où Nicolas Sarkozy a mis en application ce qu’il avait dit, mis à part quelques réformettes faciles comme celle des régimes spéciaux. Partout il dément ce qu’il avait dit qu’il ferait. Il devait nommer les meilleurs aux postes à responsabilité, il devait restaurer l’impartialité de l’Etat, il devait, il devait… Résultat, rien n’a changé sauf en pire.

Le président de la République est même allé jusqu’à confier un secrétariat d’Etat à Nadine Morano, sévèrement battue dimanche dernier à Toul, ce qui est manière d’entendre ce que disent les Français, et qui entre autres controverses s’est faite remarquer dernièrement en soulignant le besoin de légiférer, pour faire mieux contrôler les blogs politiques. On voit bien quelle est la conception démocratique de cette dame qui, reconnaissons-le, voue une admiration sans borne à Nicolas Sarkozy, et ne manque jamais une occasion de voler à son secours.

En conclusion nous pourrions dire en étant défaitiste, qu’il paraît très difficile de changer la société tellement celle-ci paraît sclérosée autour de ses élus. Ces derniers qu’ils soient de droite ou de gauche semblent avoir oublié le sens des réalités de notre pays. Ils vivent bien de leurs mandats, ils se battent pour les conserver au moment des élections, mais pour ce qui est de régler les problèmes au quotidien de leurs administrés ou de leurs concitoyens, il n’y a plus personne. De toute façon, ils savent que les risques sont minimes car les électeurs se sont habitués peu ou prou à ce système bipolaire qui nous fait tellement de mal.

Alors quand  l’UMP gouverne, ils votent à gauche et quand c’est le Parti Socialiste, ils votent à droite. Pour les électeurs il n’existe aucune alternative à la médiocrité de ceux qui occupent le pouvoir depuis bientôt trois décennies. A nous militants du Mouvement Démocrate de démontrer le contraire, mais ce n’est pas en faisant des alliances contre nature ou politiciennes que nous y parviendrons. Restons nous-mêmes, continuons à promouvoir nos idées, mettons en avant nos projets et les électeurs finiront par s’apercevoir qu’il est possible de gouverner autrement.

Michel Escatafal

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Commentaires

je vous donne l'url de la fédération internet je pense que vous devriez en faire partie.
A bientôt Marien

http://www.federation-internet.fr/

Ecrit par : marien | 19.03.2008

Je suis assez sidéré par la façon dont vous sortez des propos de leur contexte. Je pense que vous devriez vous renseigner davantage sur les actions concrètes des élus dont vous parlez avant de commenter leurs actions. Ca sent le parti pris tout cela. Bien sûr, il est plus facile de stigmatiser les gens que de vraiment travailler pour eux. Souhaitons que vous puissiez exercer bientôt une fonction électorale afin d'etre moins.... comment dire... partial et aigri.

Ecrit par : Remy Nicolas | 27.03.2008

Je ne suis ni partial, ni aigri car ma carrière est faite, et pas dans la politique. Cela étant je maintiens ce que j'ai toujours dit, à savoir qu'il n'est pas sérieux de cumuler trois ou quatre mandats.

Ecrit par : escatafal | 27.03.2008

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