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10.02.2008

Le Mouvement Démocrate a sa propre vision...

cd617fb95818b716f91dcb43a6dc73b2.jpgAujourd’hui pour changer,  je voudrais faire un petit tour d’horizon sur l’actualité dans notre pays, et pour commencer parler un peu de nous, le Mouvement Démocrate. Tout d’abord, je veux souligner combien la situation est difficile pour nous, parce que la presse ne nous fait vraiment aucun cadeau. Quand j’entends le service public,  qui vit grâce à nos redevances, se moquer ouvertement de François Bayrou à propos de la situation à Corbeil-Essonnes, où une candidate MoDem s’est inscrite sur la liste de Dassault, je me dis que ces gens-là ne font pas leur travail. En effet, des candidats qui ont leur carte dans un parti politique, et qui n’hésitent pas à quitter la liste de leur parti pour aller chez le plus offrant, c’est quelque chose hélas de très banal, et je suis bien placé pour le savoir.  Mais parce qu’il s’agit d’une adhérente du MoDem, on en fait toute une histoire.

Cela démontre à l’évidence ce que je ne cesse dénoncer ici-même, la main mise du pouvoir sur le service public, ce qui est scandaleux. Mais ce qui l’est encore plus, c’est de voir les journalistes travaillant pour les chaines de radio ou de télé publiques, suivre aveuglément les directives gouvernementales. Je suis d’autant plus outré d’un tel comportement, qu’il est inimaginable en Italie ou en Grande-Bretagne. Et pourtant en Italie, quand Berlusconi est au pouvoir c’est tout l’appareil audiovisuel de la péninsule qu’il a sous sa haute-main. Vérité au-delà des Alpes et mensonges dans l’hexagone !

Pour terminer sur le sujet, je voudrais dire à ces journalistes qu’ils devraient au contraire faire front face au pouvoir de Nicolas Sarkozy car, outre la crédibilité qu’ils gagneraient, ils seraient mieux à même de lutter contre ce qui les attend avec la suppression de la publicité sur le service public. Je n’ai pas besoin de faire un dessin. Et oui, Mesdames et Messieurs, il va falloir se préparer de plus en plus à résister face à ce pouvoir personnel qui ne dit pas son nom, face aussi à un homme prêt à tout pour le garder. Certes, en sept ou huit mois, notre président de la République a beaucoup perdu de sa superbe, mais il n’en reste pas moins le maître du pays, et il a plus de quatre ans devant lui sur le plan constitutionnel.

Cela m’amène à évoquer un évènement qui ne manque pas de piquant, et qui redonne quelque peu le sourire dans une conjoncture ô combien morose. Cela concerne ce qui se passe à Neuilly, ville qui vote à droite à 85%, ville qui est l’ancien fief de Nicolas Sarkozy, ville enfin qui ne veut pas, mais alors pas du tout, de l’ineffable Martinon, dauphin désigné par le chef de l’Etat lui-même. Pour un camouflet c’en est un, d’autant plus que la liste de Monsieur Martinon (avec ou sans lui) risque fort d’être battue par une liste dissidente. Décidément, le président de la République n’a plus la main !

Puisque nous parlons du président de la République, revenons un instant sur « le plan banlieue », dont le moins que l’on puisse en dire est qu’il n’a suscité aucun enthousiasme, y compris chez les élus UMP. Cela va du scepticisme à la désagréable impression de « déjà vu, déjà entendu » pour parler comme François Bayrou. Notre leader en a d’ailleurs profité, hier, pour souligner « l’immense distance qu’il y a entre les promesses qui avaient été faites et la réalité ». Où sont les milliards d’euros promis pendant la campagne présidentielle ? Nulle part, pour la simple raison que nous ne les avons pas.

En fait Nicolas Sarkozy s’est contenté de parler au futur, comme d’habitude, en utilisant la vieille antienne sécuritaire consistant à dire : « on va rajouter des policiers dans les banlieues ». On est loin de ce que François Bayrou avait proposé pendant sa campagne présidentielle, insistant notamment sur l’école et la formation. Au fait, Nicolas Sarkozy n’avait-il pas dit il y a cinq ans, lors de sa nomination au Ministère de l’Intérieur, qu’il n’y aurait plus de zones de non-droit dans les banlieues et ailleurs. Ont-elles disparues ?

Dans un tout autre domaine,  qui ne concerne pas que la politique, Monsieur Mestrallet le PDG de Suez qui s’exprimait en tant que président de l’Europlace (association de promotion de la place financière de Paris), s’est dit préoccupé par « le manque de régulation du système financier, principalement américain », souhaitant que des progrès soient faits dans la régulation.  On croirait entendre Nicolas Sarkozy !  Si le sujet n’était pas aussi sérieux, nous dirions que  cela prête à sourire de la part d’un dirigeant comme Monsieur Mestrallet qui, rappelons-le,  est un des principaux protagonistes de la fusion Suez-Gaz de France, opération qui s’est faite sur des critères purement financiers.

Enfin, pour terminer, en tant que militant du Mouvement Démocrate, je voudrais dire un mot sur ce que certains appellent l’éventualité « d’un Epinay du Centre ». Sur ce point, François Bayrou s’est exprimé en rappelant qu’il veut construire « un centre indépendant », et non un centre qui serait de nouveau une partie de la droite. Ce serait évidemment un retour en arrière suicidaire que, sous prétexte de rassembler tout le centre, vouloir reconstituer l’ancienne UDF courroie de transmission et strapontin de l’UMP.

Notre Mouvement après quelques semaines d’existence, et je suis heureux de le rappeler,  compte plus de militants que l’UDF n’en a jamais compté. Alors, si centre il doit y avoir ce sera autour, par et avec le Mouvement Démocrate, avec des élus, des militants, des courants indépendants à la fois de l’UMP, du Parti Socialiste ou de tout autre mouvement. Nous devons revendiquer notre autonomie parce que nous avons une démarche originale, qui n’a rien de commun avec celle des autres partis même si certains, en France ou en Italie, essaient de nous imiter. Nous voulons rassembler dans la liberté, et je suis heureux de pouvoir témoigner chaque jour de cette liberté de ton que m’offre l’appartenance au Mouvement Démocrate. C’est sur cette base que ceux qui veulent ou voudront un jour nous rejoindre peuvent le faire. Pour cela il n’y a pas besoin d’un « Epinay du Centre ».

Michel Escatafal

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